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Des milliers de femmes dans la rue contre les "idées rétrogrades" du congrès des familles à Vérone

Manifestante lors d'une marche de protestation contre le Congrès mondial des familles à Vérone, Italie, 30 mars 2019.

Des milliers de femmes venues d'Italie et de toute l'Europe sont descendues dans la rue samedi à Vérone pour protester contre les "idées rétrogrades" du Congrès mondial des familles, réunion de militants ultra-conservateurs, anti-avortement et défenseurs d'un modèle familial traditionnel.

Le cortège pacifique et multicolore, estimé à 20.000 personnes, a sillonné dans l'après-midi le centre ville pour dénoncer les thèses défendues par les congressistes réunis dans la cité de Vénétie (nord-est) pour cette réunion qui fracture la majorité au pouvoir en Italie formée par la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème).

A l'initiative du mouvement féministe "Non una di Meno" ("Pas une de Moins"), un flash mob (rassemblement éclair) avait eu lieu un peu plus tôt à proximité du bâtiment où se déroulent les débats. L'édifice est entouré par un important dispositif des forces de l'ordre pour empêcher d'éventuels affrontements.

Des militantes venues d'Espagne, d'Allemagne, de Croatie, de Suisse, de Grande-Bretagne, de Pologne ont entonné des chants, fustigeant idées "anachroniques, discriminatoires, rétrogrades et homophobes". Certaines brandissaient une banderole sur laquelle était écrit: "Pour nos corps et nos désirs, c'est nous qui décidons".

"Ici à Vérone, des lobbies internationaux comme ce Congrès mondial et des groupes néolibéraux veulent imposer le modèle selon lequel chaque homme doit avoir une femme", a déclaré l'Argentine Marta Dillon, fondatrice de "Pas une de Moins".

"C'est pourquoi ils se battent pour une famille fermée qui est une machine à violence", a-t-elle ajouté.

L'intervention du populaire ministre de l'Intérieur et chef de la Ligue, Matteo Salvini, a constitué le point fort de cette 2e journée, également marquée par le lancement d'un comité réclamant un référendum pour l'abrogation de la loi dite "194", qui a légalisé l'avortement en Italie en 1978.

"Nous ne sommes pas ici pour supprimer des droits à qui que ce soit: il n'y a pas de débat ni sur l'avortement, ni sur la mariage, chacun fait l'amour avec qui il veut et dîne avec qui il veut", a déclaré Matteo Salvini à la tribune.

"Je suis bien le dernier à pouvoir témoigner de la famille traditionnelle: je suis séparé, divorcé. J'ai fait des erreurs mais on apprend de ses erreurs et je ne permets pas de juger ce que font les autres", a-t-il poursuivi.

- 'Vision du Moyen Age' -

Le pape François a lui aussi commenté le congrès de Vérone depuis l'avion qui le menait samedi au Maroc pour une visite de deux jours.

Le souverain pontife a jugé "équilibrée" la vision exprimée il y a quelques jours sur l'événement par le cardinal Pietro Parolin, numéro 2 du Vatican. "La substance (le sujet de fond) est correcte mais la méthode est mauvaise", avait déclaré Mgr Parolin.

La polémique s'est poursuivie samedi au sujet d'un petit "gadget" anti-avortement en caoutchouc remis en "cadeau" aux participants du congrès et représentant un foetus de 10 semaines portant la mention "l'avortement arrête un coeur qui bat". Une initiative dénoncée comme "monstrueuse" par la militante féministe et ancienne présidente de la Chambre des députés italiens, Laura Boldrini.

Inauguré en 1997 par l'Américain Brian Brown, président de l'Organisation internationale de la famille, le congrès mondial réunit chaque année depuis 2012 les défenseurs de la famille traditionnelle. Son credo: "affirmer, célébrer et défendre la famille naturelle comme seule unité fondamentale et durable de la société".

Les précédentes éditions ont eu lieu l'an dernier en Moldavie, sous le patronage du président moldave Igor Dodon, présent à Vérone, et en 2017 à Budapest avec la participation du Premier ministre hongrois, Viktor Orban.

Le choix de l'Italie cette année a toutefois fait des vagues dans la péninsule, y compris au sein du gouvernement.

Sous la pression, la présidence du Conseil des ministres a retiré son patronage, accordé néanmoins par le ministère de la Famille, dirigé par Lorenzo Fontana, membre de la Ligue (extrême droite) et ardent défenseur de la famille traditionnelle.

Et si Matteo Salvini, qui est aussi vice-président du Conseil italien, a apporté son soutien aux familles "composées d'un papa et d'une maman", son homologue du gouvernement Luigi Di Maio a clairement pris ses distances.

"La vision défendue par ce congrès à Vérone est une vision du monde appartenant substantiellement au Moyen Âge, qui considère la femme comme soumise", a déclaré M. Di Maio, chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème).

Au nombre des participants cette année figurent, outre le président moldave, la ministre ultra-conservatrice hongroise de la Famille, Katalin Novak, ou un dirigeant de l'Eglise orthodoxe russe, Dmitri Smirnov.

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Bombardement de Bouaké en 2004 : pas de poursuites judiciaires contre les ministres français

Member of Les Republicains (LR) right-wing party Michele Alliot-Marie smiles as she attends a national council of LR party at the "Palais de l'Europe" in Menton, southeastern France, on June 30, 2018. (Photo by VALERY HACHE / AFP)

La commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à juger les actes des ministres dans l'exercice de leurs fonctions, a décidé le 17 mai qu'il n'y avait pas lieu de saisir la commission d'instruction de la Cour, selon cette source.

Cette décision n'est pas susceptible de recours.

Le bombardement, le 6 novembre 2004, du camp de Bouaké par les forces du président ivoirien d'alors Laurent Gbagbo avait causé la mort de neuf militaires français et d'un civil américain, et blessé 38 soldats. L'armée française avait immédiatement détruit l'aviation ivoirienne, provoquant une vague de manifestations antifrançaises.

Peu après, quinze mercenaires russes, bélarusses et ukrainiens avaient été arrêtés à Abidjan par l'armée française, mais relâchés quatre jours plus tard. Puis, le 16 novembre 2004, huit Bélarusses avaient été arrêtés au Togo, parmi lesquels deux pilotes des avions Sukhoï-25 qui avaient mené le bombardement. Gardés à la disposition des autorités françaises, ils avaient pourtant été libérés.

Au cours de l'enquête, la juge d'instruction avait pointé le rôle des trois ministres dans les dysfonctionnements ayant permis ces libérations. Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin et Michel Barnier étaient alors ministres de la Défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères.

Ne pouvant instruire sur leurs actes, la juge avait demandé en février 2016 la saisine de la CJR. Mais le procureur général d'alors, Jean-Claude Marin, s'était abstenu.

Finalement saisie en janvier par son successeur François Molins, la commission devait se prononcer sur l'éventualité d'ouvrir une enquête contre les ministres pour "recel de malfaiteurs", "entrave à la manifestation de la vérité" et "non-dénonciation de crime".

Mais, selon la source judiciaire, la commission a estimé que l'inaction des ministres ne suffisait pas à constituer l'infraction de recel, que l'entrave supposait un acte positif, ici non démontré, et que la non-dénonciation impliquait de pouvoir prévenir ou limiter les effets du crime.

En janvier, François Molins avait lui aussi estimé que "les éléments constitutifs de l'infraction n'étaient pas là". Toutefois, "par souci d'impartialité" - il fut directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie au ministère de la Justice -, il avait saisi la commission des requêtes pour qu'elle se prononce à son tour.

Le 7 janvier, un ex-mercenaire bélarusse et deux officiers ivoiriens, qui n'ont jamais été remis à la France, ont été renvoyés aux assises dans ce dossier.

Brexit: la sortie se rapproche pour Theresa May qui perd une autre ministre

Andrea Leadsom,une fidèle parmi les fidèles de Theresa May, qui quitte le bateau de la première ministre britannique, dans la tourmente.

La sortie semblait se rapprocher pour la Première ministre britannique Theresa May dont le plan de la "dernière chance" pour mettre en oeuvre le Brexit n'a convaincu ni sa majorité ni l'opposition, et lui a valu une nouvelle démission fracassante au sein de son gouvernement.

A la veille des élections européennes en Grande-Bretagne, qui s'annoncent difficiles pour les conservateurs, la ministre chargée des relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, a annoncé mercredi soir sa démission estimant "ne plus croire" que le gouvernement puisse mettre en oeuvre le résultat du référendum de juin 2016 en faveur du Brexit.

Le départ de cette eurosceptique de 56 ans, entrée en 2016 au gouvernement et restée jusqu'alors loyale à sa cheffe, est un coup dur de plus pour Theresa May, qui s'accroche désespérément à son poste.

Il intervient au lendemain de la présentation par Mme May d'un plan de la "dernière chance" pour le Brexit. Il prévoit une série de compromis, dont la possibilité de voter sur un second référendum et le maintien dans une union douanière temporaire avec l'UE, pour tenter de rallier la majorité des députés.

Mais en lâchant du lest, Theresa May a hérissé les eurosceptiques de son camp, dont Andrea Leadsom.

"Combien peut-elle encore encaisser?", s'interroge en Une le Daily Express jeudi alors que le Daily Mirror choisit de publier une photo de Theresa May les larmes aux yeux. "Mme May sait qu'elle est sur le point d'être lâchée" par son parti, écrit le journal.

Acun doute également pour The Sun, qui titre: "May sur le point de partir après le fiasco du Brexit".

- Un second référendum clivant -

Mme Leadsom explique dans sa lettre de démission publiée sur Twitter qu'elle ne pense pas qu'avec le projet de Brexit de Theresa May, le Royaume-Uni serait "pleinement souverain", l'un des objectifs des pro-Brexit. Elle pense aussi qu'un second référendum "diviserait dangereusement" le pays.

"Je ne suis pas d'accord avec vous sur le fait que l'accord que nous avons négocié avec l'Union européenne signifie que le Royaume-Uni ne deviendra pas un pays souverain", lui a rétorqué Mme May.

Selon un sondage YouGov publié mercredi par le Times, les élections européennes de jeudi placeraient les Tories à une humiliante cinquième place (7%), 30 points derrière le Parti du Brexit de Nigel Farage, en tête.

Ce départ érode l'autorité déjà bien fragile de Theresa May, qui a vu partir au fil des mois une trentaine de membres de son gouvernement.

Le "comité 1922", responsable de l'organisation des Tories, s'est réuni dans l'après-midi pour discuter d'un éventuel changement de règles pour évincer Theresa May, déjà sommée la semaine dernière par cette instance de préparer son départ.

Graham Brady, le président de ce comité, a déclaré à des journalistes qu'il rencontrerait la Première ministre vendredi, une réunion qui pourrait bien sceller le sort de Theresa May.

- "Politique paralysée" -

Jeudi, en votant pour les élections européennes, les Britanniques risquent bien de faire payer au Parti conservateur ses divisions et son incapacité à mettre en oeuvre la sortie de l'UE, près de trois ans après le référendum.

L'accord négocié par la Première ministre avec Bruxelles a été rejeté à trois reprises par les députés, ce qui a contraint l'exécutif à repousser au 31 octobre au plus tard le Brexit, et à organiser le scrutin européen en catastrophe.

Face aux députés, Theresa May a présenté mercredi son plan comme le seul moyen de respecter la volonté des Britanniques.

En l'adoptant, "nous pouvons mettre fin à des mois - des années - de disputes et de divisions de plus en plus amères qui ont à la fois polarisé et paralysé notre politique", a-t-elle déclaré.

Ces arguments n'ont pas convaincu le chef des travaillistes, Jeremy Corbyn, pour qui ce plan n'est "à peine plus qu'une version réchauffée" du Traité de retrait de l'UE que Theresa May avait conclu avec Bruxelles.

Appuyant là où cela fait mal, M. Corbyn a dépeint un gouvernement "trop faible, trop divisé pour sortir ce pays du pétrin qu'il a lui-même créé".

"Il est temps que la Première ministre s'en aille", a aussi déclaré Ian Blackford, député du parti nationaliste SNP, pro-UE.

Dans le cas improbable où les députés approuveraient le projet de loi, Mme May entend les faire voter sur la tenue d'un second référendum sur le Brexit.

Ce second référendum porterait sur l'accord de sortie négocié par Theresa May, mais la presse britannique soulignait que les députés pourraient inclure la possibilité d'un maintien dans l'UE.

Le Parlement a rejeté à la mi-mars cette idée d'un second référendum, défendue par plusieurs partis mais rejetée par les pro-Brexit et redoutée par d'autres, qui craignent que les divisions du pays s'aggravent.

Si la Chambre des communes adopte le projet de loi et refuse encore la tenue de cette consultation, le Royaume-Uni pourra quitter l'UE fin juillet.

Avec AFP

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