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Sept tortionnaires présumés écroués à Brazzaville


Une formation des policiers contre la torture, à Djambala dans les Plateaux, 1er décembre 2021.

Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Brazzaville, André Ngakala Oko, a inculpé le 6 janvier sept personnes pour "association de malfaiteurs et coups et blessures volontaires". Ces personnes ont été identifiées comme tortionnaires des jeunes présumés bandits.

Il s’agit de quatre agents de police dont deux adjudants, responsables des commissariats de police à Djiri, un arrondissement de Brazzaville, et de trois civils.

A travers une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux et qui a choqué les Brazzavillois, ces présumés malfaiteurs ont torturé des jeunes délinquants appelés communément dits "Bébés Noirs" à l’aide de marteaux, sous le viaduc de Kintele, à Djiri.

Les témoins affirment qu’ils leur ont "brisé les os au niveau de genoux et des chevilles".

Le procureur de la République a ouvert une procédure en flagrance et a décidé d’écrouer les sept personnes à la maison d’arrêt de Brazzaville, attendant leur procès.

"Interrogés sur les faits qui leur sont reprochés, ils ont tous reconnu sans ambages ces faits. Au terme des dispositions de l’article 55 du code de procédure pénale, ces présumés auteurs sont tous poursuivis devant mon parquet selon la procédure de crime de flagrance", a-t-il expliqué.

"Un pas important"

Tout en saluant les efforts de la police, Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif du Centre d’action pour le développement (CAD), appelle à la requalification des faits et à l’application stricte de la loi.

"L’arrestation de ces tortionnaires est un pas important vers la justice pour les victimes et les parents des victimes. Toutefois, les motifs retenus contre ces tortionnaires nous révoltent. C’est minimiser la gravité des faits. Nous espérons une requalification des faits. La justice est face à ses responsabilités", a plaidé Trésor Nzila Kendet, qui a invoqué l’application de la Convention des Nations Unies contre la torture et que le Congo a ratifiée.

Pour Georges Nguila, le directeur exécutif de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme, OCDH, le mal est plus profond. La police brille régulièrement par ce genre de bavures. Il suggère une grande réflexion sur le comportement des policiers.

"Que la direction générale de la police, que le ministère de la Justice se réunissent et qu’ils essaient de voir ce qui ne va pas au niveau de la police. Ce n’est pas un fait isolé, mais c’est plutôt des cas à répétition", a fait constater le directeur exécutif de l’OCDH.

Récemment, le procureur de la République avait apporté son soutien à la population, alors que les ONG de défense des droits de l’Homme accusaient les policiers d’avoir maltraité des détenus en cellule. Six d’entre eux étaient d’ailleurs décédés au commissariat central de Brazzaville.

Dans la nuit du 22 au 23 juillet 2018, 13 jeunes appréhendés par la police avaient été retrouvés morts dans le commissariat de Chacona, à Brazzaville. Six policiers avaient été condamnés et la justice avait ordonné le dédommagement des familles des victimes.

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