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Gabon

Abandonné, le centre des civilisations Bantou désormais squatté par des Librevillois

Des habitants se rassemblent dans la zone d'habitation en partie inondée à l'intérieur du Centre international des civilisations bantoues (CICIBA), dans la commune d'Akanda, près de la capitale gabonaise Libreville, le 9 octobre 2021.

Des dizaines d'enfants portent sur des brouettes des jerricans remplis d'eau au milieu d'habitations de fortune. Au cœur de la capitale gabonaise Libreville, le Centre international des civilisations bantu (Ciciba), conçu pour être la vitrine de la culture africaine, est aujourd'hui squatté par des centaines de familles.

Les murs en béton sont décatis, des fils électriques rafistolés pendent entre les baraques et des poubelles s'amoncèlent le long d'une route. "Plus de 2.000 personnes vivent ici" dans une grande précarité, témoigne Apollon Mekoghi, président de l'association des squatteurs du Ciciba.

Dans les années 1980, le Ciciba voit le jour pour promouvoir le patrimoine culturel des peuples africains au sud de l’Equateur. Onze pays (Angola, Burundi, Centrafrique, Comores, Congo Brazzaville, Gabon, Guinée Équatoriale, RDC, Rwanda, Sao-Tomé et Principe, Zambie) s'unissent pour créer une vaste banque de données accessible aux chercheurs et au grand public. Objectif: promouvoir la culture des Bantous, présents en Afrique centrale et australe, qui partagent des racines linguistiques ainsi que certaines traditions et croyances.

Sous l'impulsion du président Omar Bongo Ondimba, le Gabon, pays hôte, dépense quelque 10 milliards de francs CFA, environ 15 millions d'euros, pour construire le centre au nord de Libreville. Deux immenses défenses d'éléphant en béton hautes de plusieurs mètres symbolisent l'entrée. Un théâtre est érigé.

Mais les moyens ne sont pas suffisants - plusieurs pays en guerre civile sont incapables de financer le projet - et seuls quelques bâtiments sortent de terre, laissés à l'abandon pendant plusieurs années. Le Ciciba devient un "éléphant blanc", un projet démesuré qui ne voit pas le jour. Les premiers squatteurs arrivent en 2013.

"Catastrophe humanitaire"

"Le campus de l'université où je me trouvais a été détruit, je me suis retrouvé sans logement et je suis venu ici", souligne M. Mekoghi.

Aujourd'hui, plus de 400 familles vivent au Ciciba. "Dès que quelqu'un souhaite s'installer, il dépose son dossier. S'il est accepté, il peut venir construire son habitation", explique M.Mekoghi. Des maisons de fortune sans raccordement à l'eau courante sont bâties dans les allées du centre, véritable labyrinthe en béton qui s'étend sur plusieurs niveaux.

Les habitants du Ciciba s'entassent parfois à une dizaine dans quelques mètres carrés. Un terrain propice à la diffusion de nombreuses maladies, comme la fièvre typhoïde.

Françoise Moughola, 40 ans, vit dans le squat depuis 7 ans. Mère de 12 enfants, elle vient tout juste de perdre son mari. "C'est dur pour nous tous", témoigne-t-elle, affairée au lavage et repassage de vêtements. "Je ne sais pas comment vivre avec douze gosses, je n'ai même pas les moyens de les mettre à l'école", poursuit-elle. Au Gabon, l'inscription dans les établissements scolaires coûte environ 10.000 francs CFA, 15 euros.

L'immense majorité des habitants du Ciciba sont Gabonais, mais certains squatteurs sont étrangers. A l'image de Sika, un Centrafricain de 34 ans, arrivé en 2016 après avoir fui la guerre civile dans son pays. "On vit très mal", se plaint-il. "Nous avons de l'eau livrée une seule fois par jour par des citernes, ce n'est pas suffisant, il faut parfois faire des choix entre se laver ou faire à manger", raconte-t-il.

"Envie de partir"

Le Gabon, petit pays d'Afrique centrale de 2 millions d'âmes, est un des plus gros producteurs de pétrole du continent, et un des plus riches par habitant de la région. Mais selon la Banque mondiale, un tiers de la population vivait en 2017 sous le seuil de pauvreté.

Dans les allées du centre, des bars, échoppes et églises ont été érigés. Les squatteurs du Ciciba ne payent aucun loyer, mais doivent s'acquitter chaque mois de 20.000 francs CFA, environ 30 euros, pour l'électricité. Et le courant est coupé dès que les habitants sont incapables de payer. "Je n'ai pas les moyens donc je vis sans électricité, je suis tout le temps dans le noir à la maison", relate Lilly Loundou, 31 ans, arrivée au Ciciba il y a deux mois.

"Tout le monde a envie de partir", soutient Marc Malomba, membre de l'association des squatteurs du Ciciba. "J'avais honte au début de dire que je vivais ici, je le cachais", se remémore Jessye Angounié, qui vit avec sa femme et ses deux enfants dans le squat depuis deux ans.

Malgré les conditions de vie difficiles, "nous avons encore de nombreuses familles qui attendent pour s'installer ici", souligne Apollon Mekoghi.

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Les supporters du Gabon et de la Guinée équatoriale affluent au Cameroun pour les 8e de finale

Des supporters de la Guinée équatoriale célèbrent après la victoire de leur équipe lors du match entre la Sierra Leone et la Guinée équatoriale au stade Omnisports de Limbe, le 20 janvier 2022.

Selon le Cameroun, en l'espace de quatre jours, au moins 1 500 supporters sont entrés dans le pays depuis le Gabon et la Guinée équatoriale voisins pour soutenir leurs équipes qui se sont qualifiées pour les huitièmes de finale de la Coupe d'Afrique des Nations de football.

Le Gabon affronte le Burkina Faso dimanche, tandis que la Guinée équatoriale joue contre le Mali mercredi. Les organisateurs du tournoi exigent que tous les supporters passent un test COVID-19 avant d'entrer dans les stades.

La police des frontières du Cameroun a déclaré samedi que des bus transportant au moins 900 supporters de football du Gabon et de Guinée équatoriale sont entrés dans le pays en 48 heures. Le Gabon et la Guinée équatoriale sont les voisins du sud du Cameroun.

Les autorités camerounaises ont déclaré qu'environ 600 autres supporters de football du Gabon et de la Guinée équatoriale sont arrivés au Cameroun par mer et par air cette semaine.

Selon le Cameroun, l'afflux est dû à la qualification du Gabon et de la Guinée équatoriale pour la phase à élimination directe de la Coupe d'Afrique des Nations de football.

Prosper Ebang, 30 ans, fait partie de ces supporters qui, selon la police camerounaise, sont entrés au Cameroun. Il dit qu'il est venu assister au succès de l'équipe nationale de football de son pays, les Panthères du Gabon. Confiant, il assure que le Gabon atteindra la finale.

Felix Nguele Nguele est le gouverneur de la région du Sud du Cameroun qui borde le Gabon et la Guinée équatoriale. Il affirme que des responsables du Gabon et de la Guinée équatoriale l'ont informé que des centaines d'autres supporters sont toujours en route pour le Cameroun.

M. Nguele Nguele dit avoir demandé à la police et à l'armée à la frontière sud du Cameroun d'assurer la sécurité des supporters venus du Gabon et de la Guinée équatoriale. Il dit savoir que des personnes mal intentionnées pourraient vouloir perturber les supporters en visite depuis que la tension est montée entre le Cameroun et la Guinée équatoriale en novembre.

Le 30 novembre 2021, le Cameroun a déclaré que la Guinée équatoriale expulsait des milliers de Camerounais qui vivaient illégalement dans l'État voisin, invoquant des problèmes de sécurité nationale.

Kisito Esua est le président de l'organisation non gouvernementale South West Youth League, dont le siège se trouve à Limbe, une ville anglophone du sud-ouest. Il dit que la ligue apprend aux jeunes à être hospitaliers envers les fans qui viennent au Cameroun pour soutenir leurs équipes de football. Il s'est exprimé via une application de messagerie depuis Limbe.

"L'afflux de fans et de supporters du Gabon et de Guinée équatoriale est tellement massif", a déclaré M. Esua. "Les supporters sont venus en nombre par voie aérienne, terrestre et maritime et nous pensons que l'affluence sera spectaculaire. Nous avons donc fait en sorte que l'environnement soit si amical, convivial et propice."

Le ministère camerounais de la santé publique indique que les supporters qui sont arrivés au cours des dernières 48 heures doivent respecter les directives de restriction du COVID-19 imposées par la Confédération africaine de football.

Selon la CAF, toute personne désirant assister aux matchs doit fournir un test covid négatif ne datant pas de plus de 24 heures ainsi que la preuve qu'elles ont été vaccinées contre le coronavirus.

Les ambassades du Gabon et de la Guinée équatoriale à Yaoundé affirment que tous les supporters visiteurs ont accepté de respecter les lois camerounaises et les restrictions liées au COVID-19 instituées par le Cameroun et la CAF pendant leur séjour.

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