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Salon du livre d’Abidjan : Tadjo veut inciter à lire en Afrique francophone

12e Forum à Abidjan, le 4 avril 2019. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)

L'écrivaine ivoirienne à succès Véronique Tadjo, invitée d'honneur du 11e salon du livre d'Abidjan (15-19 mai), veut inciter à lire en Afrique francophone, région où le taux d'alphabétisation reste faible.

"Je suis persuadée qu'une fois qu'on apprend à lire, cela donne envie d'aller vers les livres, qui sont un accès au savoir et un droit au savoir", explique l'auteure qui a signé de nombreuses oeuvres pour la jeunesse inspirés de l'imaginaire de contes africains.

En Côte d'Ivoire, le taux d'alphabétisation des adultes de plus de 15 ans était de 44% en 2017. Le pays fait partie des vingt pays dont le taux est le plus bas, aux côtés du Sénégal (43%), du Burkina Faso (35%), du Bénin (33%) et du Niger (15%) selon les données de l'Unesco pour l'année 2017.

"La littérature générale n'a pas encore percé en Côte d'Ivoire, mais le recul de l'analphabétisme représente un potentiel énorme", assure Véronique Tadjo.

Auteure d'une dizaine de romans traduits dans plusieurs langues dont "Loin de mon père" et "L'ombre d'Imana", Véronique Tadjo plaide aussi pour la création de bibliothèques, peu nombreuses dans les capitales et souvent inexistantes dans les villes de moindre importance ou villages.

"Nous n'avons pas encore développé toutes les bibliothèques nationales, y compris les bibliothèques de proximité", dit-elle.

Elle souligne aussi que "la chaîne du livre n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Mais il y a un potentiel, auquel je crois".

"Il faut mettre en valeur le travail des éditeurs africains, qui doivent faire face à de nombreux défis", a défendu l'écrivaine franco-ivoirienne.

Le secteur de l'édition en Afrique francophone fait face à des difficultés comme le problème de distribution dans le pays et entre les pays, la concurrence européenne ou encore le piratage.

"Publier sur le sol africain est une proposition de plus en plus attrayante", a conclu la romancière.

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Les enseignants du public mettent fin à leur grève

Les enseignants du public mettent fin à leur grève
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Fin de la grève des enseignants du public

Un accord a été trouvé pour stopper la grève des syndicats de la santé, à Bamako, Mali, le 16 avril 2017. (VOA/Kassim Traoré)

Le gouvernement malien et les syndicats de l'Education nationale, dont la grève faisait planer le spectre d'une "année blanche", ont signé un accord prévoyant la reprise des cours dès lundi matin, ont annoncé les deux parties.

Depuis plusieurs mois, les enseignants déclenchent des mots d'ordre de grève très suivis, qui ont notamment entraîné des manifestations de professeurs et d'étudiants.

L'accord en dix points a été conclu au cours d'une rencontre sur la crise scolaire samedi avec le Premier ministre Boubou Cissé.

"Nous avons décidé de mettre fin à la grève. Les cours reprendront lundi 20 mai sur tout le territoire national", a déclaré à l'AFP Adama Fomba, responsable d'un des huit syndicats d'enseignants signataires du procès verbal de conciliation avec le gouvernement.

Cet accord, consulté par l'AFP, prévoit notamment l'octroi aux enseignants d'une prime de logement et d'une prime de documentation, ainsi que "l'adoption immédiate du projet de décret portant plan de carrière du personnel enseignant" en Conseil des ministres.

Selon un communiqué du gouvernement, les parties sont notamment convenues de "20.000 FCFA (environ 30 euros) de majoration de l'indemnité de résidence".

"Il n'y a ni perdant, ni gagnant, c'est le Mali qui gagne. La fin de cette grève permettra à nos enfants de reprendre le chemin de l'école, et aux enseignants de jouer leur rôle", a déclaré à l'AFP le ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, Oumar Hamadoun Dicko.

Auparavant, les cheminots maliens de la voie ferrée Dakar-Bamako, avaient repris le travail le 13 mai après presque cinq mois d'arrêt, dont un mouvement de grève de la faim, pour le paiement de nombreux mois d'arriérés de salaires.

"Pour Sama": le témoignage bouleversant d'une jeune mère à Alep, caméra au poing

Lupita Nyong'o lors du 68e festival internationational du film de Cannes, le 13 mai 2015.

Malgré les bombardements, un jeune couple syrien décide de rester avec leur bébé dans Alep assiégé et dévasté. Elle pour filmer, lui pour soigner. Un choix que Waad al-Kateab tente d'expliquer dans un documentaire qui a arraché des larmes aux spectateurs cannois.

"Pour Sama", le nom de sa petite fille, "sera à n'en pas douter un des chocs de cette sélection", avaient prédit les organisateurs du festival, qui ont vu juste.

Présenté en séance spéciale, le documentaire, coréalisé avec Edward Watts, a fait l'effet d'un électrochoc et se pose en candidat sérieux à l'Oeil d'or qui récompense depuis 2015 un documentaire à Cannes, toutes sections confondues.

"Le film est pour expliquer à Sama le choix incroyablement difficile que nous avons dû faire", explique Waad al-Kateab, qui n'a pas encore 30 ans. Celui de rester en Syrie pendant la période la plus meurtrière du conflit, dans l'hôpital où exerce son mari Hamza, cible des bombardements.

Sorte de lettre adressée à sa fille reprenant des vidéos extrêmement fortes qu'elle a tournées dans la rue ou à l'hôpital, "Pour Sama" suit le parcours de Waad, d'étudiante à femme mariée puis mère.

En 2011, ce petit bout de femme étudiait le marketing à l'université d'Alep, ayant abandonné l'idée d'être journaliste. Trop dangereux, avaient décrété ses parents. "Tout a changé quand ont commencé les premières manifestations" contre le régime de Bachar el-Assad, réprimées dans le sang.

"Dans les journaux télévisés, on ne parlait pas de manifestants, mais de terroristes. A l'université, il n'y avait pas de médias pour expliquer la situation. L'idée était de prendre son téléphone et de documenter ce qu'on voyait", explique-t-elle, lors d'un entretien sur la Croisette.

A partir de 2012, quand la ville est coupée en deux, entre l'est tenu par les rebelles et l'ouest sous contrôle gouvernemental, elle met la main sur sa première caméra.

- "N'importe qui ferait la même chose" -

Le virus ne va pas la quitter. Waad enregistre tout: les bombardements comme les babillements de son nouveau-né, les arrivées de blessés comme la naissance d'un bébé apparemment mort-né ou deux garçonnets pleurant leur jeune frère décédé. Des vidéos qui lui vaudront plusieurs récompenses, notamment le trophée télévision au festival de Bayeux des correspondants de guerre en 2017.

"Quand j'ai montré le film aux gens qui étaient avec nous à Alep, ils m'ont tous dit: c'est notre histoire, ce qui m'a convaincu que ce par quoi j'étais passé pour le réaliser valait le coup".

Caméra au poing, elle filme également son retour incroyablement périlleux à Alep en juillet 2016, avec son bébé, après un aller-retour de quelques jours en Turquie, pour voir son beau-père malade.

"Nous avons vécu avec les gens (que l'on voit dans le documentaire) pendant cinq ans, nous avons partagé des expériences notamment les bombardements. Sachant utiliser une caméra et ayant des contacts avec des chaînes étrangères, je pouvais faire beaucoup pour mettre un coup de projecteur sur la situation à Alep", souligne-t-elle, comme une évidence. "N'importe qui ferait la même chose".

De ses cinq années, elle a accumulé des centaines d'heures d'images. Elle en a partagé une petite partie sur internet en prenant soin de cacher son identité, par peur d'être arrêtée.

"Je suivais ses vidéos sur Channel 4. Quand je l'ai rencontrée début 2017, ce fut un véritable choc. On était dans un pub à Londres et je me disais +c'est elle, Waad ?+. Je m'attendais à une personne plus guerrière", se souvient Watts, qui a travaillé pendant deux ans pour mettre sur pied le film.

Car quand la ville est tombée au main du régime en décembre 2016, Waad, Hamza et Sama sont contraints de quitter le pays. Ils sont aujourd'hui installés à Londres et Waad travaille pour Channel 4.

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