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Nigeria

Série d'attaques de Boko Haram contre l'armée dans le Nort-Est

Une camionnette de police brûlée abandonnée sur le bord d'une route déserte à Damaturu, dans l'État de Yobe, le 7 novembre 2011.

Le groupe jihadiste Boko Haram a multiplié ces derniers jours les attaques contre des bases militaires dans le nord-est du Nigeria, envahissant trois d'entre elles et volant des armes, a-t-on appris lundi de sources sécuritaires.

Des combattants présumés de la faction de Boko Haram affiliée au groupe Etat islamique, l'ISWAP, ont attaqué en tout quatre bases entre vendredi et dimanche, ont indiqué des sources au sein de l'armée et d'une milice.

On ignorait dans l'immédiat le bilan humain de ces attaques survenues dans l'Etat du Borno.

Dimanche, les assaillants ont échoué à s'emparer d'un camp dans la ville de Dikwa.

"Les terroristes ont attaqué des troupes à Dikwa vers 4H00 (03H00 GMT) mais l'attaque a été repoussée sans avoir fait de victimes de notre côté", a déclaré à l'AFP un responsable de l'armée qui a demandé à garder l'anonymat.

Les jihadistes sont venus à bord de 13 camions équipés de mitrailleuses lourdes, a précisé un autre officier.

Dikwa, située à 90 km de Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno, abrite plus de 70.000 déplacés vivant de l'aide humanitaire, dans plusieurs camps.

Précédemment, tard samedi soir, les jihadistes avaient fait irruption dans une base de la ville de Marte, à 40 km de là, chassant les forces armées après des échanges de tirs prolongés, ont indiqué les deux sources militaires.

Ils ont pillé les lieux, emportant les armées abandonnées par les soldats en fuite avant de mettre le feu à la base. Les soldats se sont repliés sur Dikwa.

Sur leur chemin de retour vers le lac Tchad, les insurgés ont mis à sac une autre base, dans le village de Kirenowa, à 30 km de Marte.

"Les soldats de Kirenowa ont été évacués à Dikwa après l'attaque", a indiqué le premier officier.

Les jihadistes ont vraisemblablement lancé ces attaques à partir de leur enclave de la région du lac Tchad, où l'armée nigériane a intensifié ses attaques aériennes contre les camps de l'ISWAP.

Enfin, les forces armées basées dans le village de Dalwa, à 16 km de Maiduguri, ont été délogées après une bataille de six heures contre des combattants de l'ISWAP qui s'est poursuivie jusqu'à dimanche, selon les sources militaires et au sein d'une milice anti-jihadiste.

Les combats ont contraint les habitants de Marte à fuir dimanche à Maiduguri, ont indiqué des habitants.

Des troupes sont cependant revenues à Marte tard dimanche soir, avec des renforts en provenance de Maiduguri.

Depuis juillet 2018, l'ISWAP a attaqué des dizaines de bases militaires, faisant de nombreux morts parmi les soldats.

L'insurrection lancée par Boko Haram il y a une dizaine d'années dans le nord-est du Nigeria et sa répression par l'armée ont fait plus de 27.000 morts et 1,8 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Elle a aujourd'hui gagné le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins.

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Un dirigeant chiite parti se faire soigner en Inde rentre au Nigeria après une querelle sur son traitement

Des étudiants iraniens et nigériens brandissent des affiches du religieux chiite nigérian, l'ayatollah Ibrahim Zakzaky, lors d'une manifestation devant l'ambassade du Nigéria à Téhéran le 17 juillet 2019.

Un dirigeant de la minorité chiite du Nigeria qui avait été autorisé à se rendre en Inde pour y être soigné a pris l'avion vendredi pour revenir dans son pays après une querelle à propos de son traitement médical, a-t-on appris auprès de sa famille et ses partisans.

Ibrahim Zakzaky, fondateur du Mouvement islamique du Nigeria (MIN, pro-iranien) et son épouse Zeenah Ibrahim ont embarqué à New Delhi sur un vol d'Ethiopian Airlines, ont précisé ses proches.

"Ils ont pris un vol Ethiopian Airlines", a déclaré à l'AFP Suhailah Zakzaky, fille du dirigeant chiite.

Ibrahim Zakzaky avait été autorisé le 5 août par la justice à se rendre sous caution en Inde pour se faire soigner, après des mois de manifestations parfois sanglantes pour réclamer sa libération. Le fondateur du MIN et son épouse étaient détenus depuis leur arrestation en décembre 2015 après la répression d'une manifestation qui avait fait plusieurs centaines de morts.

Le couple était parti lundi pour l'Inde. Mais une querelle est survenue sur les conditions du traitement, le MIN se plaignant que M. Zakzaky se soit vu refuser l'accès aux médecins de son choix et ait été placé sous surveillance étroite. Jeudi, M. Zakzaky a annoncé s'être vu enjoindre de quitter l'Inde.

Selon les avocats du dirigeant chiite qui serait âgé d'environ 65 ans, il a perdu son œil droit et risque de perdre le gauche. Il a aussi dans le corps des éclats de balle reçues en 2015.

Le MIN est un groupe représentant la minorité chiite du Nigeria où la majorité des musulmans est d'obédience sunnite.

Inspiré par la révolution iranienne et revendiquant des millions de fidèles dans le nord du Nigeria, il a manifesté quasi quotidiennement ces derniers mois dans la capitale Abuja pour obtenir la libération de son dirigeant.

Au moins huit personnes, six manifestants, un journaliste et un policier, avaient été tués le 22 juillet dans des violences pendant une marche. Le MIN, qui avance un bilan de 20 morts dans ses rangs, a été interdit par la présidence nigériane quelques jours plus tard et le groupe qualifié d’"organisation "terroriste" par la police.

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a affirmé qu'au moins trois personnes arrêtées pendant les manifestations du 22 juillet étaient mortes des suites de blessures par balle, après s'être vues refuser tous soins en détention.

Le MIN, apparu comme un mouvement étudiant en 1978 avant de muer en groupe révolutionnaire, est aujourd'hui encore proche de Téhéran et suscite une grande hostilité au Nigeria, où l'élite musulmane sunnite ne cache pas ses affinités avec l'Arabie saoudite.

La minorité chiite nigériane compterait environ 4 millions de fidèles sur les quelque 190 millions d'habitants du pays dont le Sud est majoritairement chrétien.

Le chef d'un comité anti-corruption suspendu pour "indélicatesses financières"

Des avocats passent devant des policiers qui montent la garde devant un tribunal qui doit statuer sur la demande de libération sous caution du dirigeant chiite Zakzaky à Kaduna, au Nigeria, le 29 juillet 2019.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a suspendu mercredi soir de ses fonctions le responsable du comité chargé de recouvrir les biens spoliés de l'Etat, accusé de corruption et d'avoir falsifié ses diplômes.

Okoi Obono-Obla a été suspendu "avec effet immédiat", dans l'attente des résultats de l'enquête menée par la Commission gouvernementale chargée des affaires de corruption, l'ICPC, a annoncé la présidence sur Twitter.

Il fait face à une série d'accusations, dont "la falsification de dossiers et des indélicatesses financières", selon une lettre qui lui a été adressée par le gouvernement.

Il est notamment soupçonné d'avoir utilisé à son bénéfice des fonds saisis dans le cadre de ses fonctions, ainsi que d'avoir falsifié son dossier d'entrée à l'université.

Okoi Obono-Obla proclame son innocence, assurant qu'il est victime d'une cabale montée par des personnes poursuivies par ses services.

L'enquête qui le vise constitue un test pour M. Buhari, 76 ans, réélu en février pour un second mandat.

L'ancien général s'est engagé à lutter contre la corruption endémique au Nigeria, mais ses critiques l'accusent d'avoir surtout visé ses opposants au cours de son premier mandat.

Le Nigeria, première puissance pétrolière du continent, est placé au 148e rang des pays les plus corrompus au monde (sur 180) par Transparency International. La corruption y est un "cancer" selon les propres mots de M. Buhari.

L'ex-dictateur Sani Abacha, qui a dirigé le pays entre 1993 et 1998, aurait détourné à lui seul environ 4 milliards de dollars (soit 2 à 3% du PIB du pays chaque année, selon l'agence des Nations unies contre la drogue et le crime).

Début juin, le gouvernement de l'île anglo-normande de Jersey avait annoncé que près de 267 millions de dollars (238 millions d'euros) détournés par Sani Abacha avaient été saisis sur un compte bancaire hébergé dans ce territoire de la couronne britannique.

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