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Rwanda

25 rebelles présumés inculpés pour tentative de renversement du gouvernement

Kayumba Nyamwasa aux côtés du président Paul Kagame à Kigali le 4 juillet 2000. (Archives)

Un tribunal militaire rwandais a inculpé mercredi 25 hommes soupçonnés d'appartenir à un groupe rebelle, pour avoir tenté de renverser par la force le gouvernement et comploté avec un pays étranger.

Les accusés appartiendraient tous au Congrès national rwandais (RNC), un parti d'opposition en exil formé par d'anciens proches du président rwandais Paul Kagame, que Kigali accuse d'avoir créé un groupe armé pour mener des attaques au Rwanda depuis la République démocratique du Congo (RDC).

Les suspects encourent une peine de prison allant de 25 ans à la perpétuité.

Ils ont été "inculpés pour avoir tenté de renverser le gouvernement en recourant à la force militaire, collaboré avec un gouvernement étranger dans l'intention de mener la guerre, formé et rejoint une entreprise criminelle, et rejoint un groupe armé illégal", a annoncé le panel de trois juges.

Certains des inculpés ont été capturés après de violents combats en RDC, ont indiqué les procureurs au tribunal. D'autres se sont rendus à la mission de l'ONU en RDC (Monusco).

Trois d'entre eux se sont identifiés devant le tribunal comme étant burundais, deux ougandais et un venant du Malawi. Ils ont comparu sans être assistés d'avocats.

Un procureur militaire a déclaré que les suspects étaient "tous membres du RNC et ont été recrutés par Kayumba Nyamwasa et ses agents".

Ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise, Faustin Kayumba Nyamwasa est l'un des fondateurs et le chef du RNC. Il est réfugié depuis 2010 en Afrique du Sud, où il a été victime de plusieurs tentatives d'assassinat.

Selon les Nations unies, M. Nyamwasa pourrait chercher à lever une armée en RDC.


Ce dernier avait fondé le RNC avec son ami Patrick Karegeya, ex-chef des services secrets rwandais, qui avait été retrouvé étranglé en 2014 dans un hôtel de luxe de Johannesburg.

Le parquet sud-africain a établi que des "liens étroits" existaient entre les suspects de cet assassinat et le régime Kagame.

Kigali est régulièrement accusé de s'en prendre à ses opposants établis à l'étranger, notamment en cherchant à les tuer. Paul Kagame l'a toujours nié.

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Le génocide au Rwanda de nouveau en procès en Belgique

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Un Rwandais jugé à Bruxelles pour sa participation au génocide de 1994

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Un Rwandais jugé à Bruxelles pour sa participation au génocide de 1994

L'abbé Emmanuel Rukundo est escorté par la garde des Nations unies au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha, Tanzanie, 26 septembre 2001.

Le procès d'un ancien haut fonctionnaire rwandais accusé d'avoir pris part au génocide dans son pays en 1994 s'est ouvert lundi devant la cour d'assises de Bruxelles, en présence de proches de victimes qui attendent depuis 25 ans d'obtenir justice.

Fabien Neretsé, interpellé en France en 2011 et qui comparaît libre à ce procès où il encourt la prison à vie, est accusé de treize meurtres et de trois tentatives de meurtres au Rwanda, d'avril à juillet 1994. Il nie les faits.

Vêtu d'un imperméable clair cet homme de 71 ans est arrivé au palais de justice en début d'après-midi, marchant difficilement en s'appuyant sur une béquille, a constaté un journaliste de l'AFP.

Il ne s'est pas immédiatement présenté dans le box, la première audience du procès étant consacré à la sélection des jurés. Les débats doivent démarrer jeudi.

Chose inédite en Belgique, Fabien Neretsé doit répondre de "crime de génocide", une qualification non retenue lors des quatre procès de génocidaires rwandais qui se sont tenus à Bruxelles en 2001, 2005, 2007 et 2009. Des peines allant de 10 à 30 ans de prison avaient alors été prononcées.

Cette qualification impliquant que l'accusé ait voulu s'attaquer à un groupe ethnique déterminé va être "extrêmement difficile à démontrer", a prédit un de ses avocats Me Jean-Pierre Jacques.

Un autre a dénoncé "une machination" contre ce Hutu accusé d'avoir dirigé une milice durant le génocide.

En vertu d'une loi de 1993, les tribunaux belges bénéficient de la compétence universelle pour juger les crimes de guerre, de génocide et crimes contre l'humanité, quels que soient le lieu où ils ont été commis, la nationalité et lieu de résidence des victimes et de leurs accusés.

En l'occurrence, dans ce cinquième procès en Belgique lié au génocide rwandais, une victime civile belge est recensée, dont la sœur s'est portée partie civile en 2001.

Claire Beckers était commerçante à Kigali quand elle a été assassinée dans la capitale rwandaise le 9 avril 1994 au matin avec une dizaine d'autres personnes, dont son mari, un Tutsi, et leur fille de 18 ans.

La scène se passe trois jours après l'assassinat du président hutu Juvénal Habyarimana, événement qui a déclenché le génocide des tutsis au Rwanda.

Fabien Neretsé habite le quartier de la famille Bucyana-Beckers et selon l'accusation c'est lui qui fait intervenir des hommes armés pour empêcher cette famille et d'autres voisins tutsis de fuir pour se mettre à l'abri.

Outre cette dizaine de meurtres à Kigali, d'autres lui sont reprochés dans les préfectures de Gitarama et Ruhengeri (nord) où cet ingénieur agronome avait fondé une école.

Un quart de siècle après les faits, ce procès est "la fin d'un long combat", a dit à l'AFP Martine Beckers, sœur de Claire Beckers, "je ressens un épuisement mais je pense à ma famille, c'est important d'honorer la mémoire des victimes".

Le génocide au Rwanda a coûté la vie, entre avril et juillet 1994, à au moins 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsie, mais aussi parmi les Hutus modérés.

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