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Rwanda/Ouganda: le torchon brûle entre les présidents Kagame et Museveni

Paul Kagame, à gauche, et Yoweri Museveni, assistent à l'investiture de leur homologue tanzanien John Magufuli, Uhuru Stadium, Dar es Salaam, le 5 novembre 2015.

Les gens vivant de part et d'autre de la frontière entre l'Ouganda et le Rwanda à Katuna n'avaient jamais trop prêté d'attention à cette ligne de démarcation: les enfants la traversaient pour se rendre à l'école, les adultes pour aller travailler et le commerce prospérait.

Cette harmonie a volé en éclats en février quand le Rwanda a soudainement décidé de fermer la frontière. Chauffeurs routiers et commerçants ont déserté les lieux, pendant que les soldats des deux pays s'y déployaient.

Ce blocus résulte de la dégradation des relations entre les chefs d'État rwandais, Paul Kagame, et ougandais, Yoweri Museveni, d'anciens alliés dans les années 80 et 90, quand ils s'étaient mutuellement aidés à accéder au pouvoir.

La méfiance réciproque entre les deux présidents a éclaté au grand jour ces derniers mois. Chacun a proféré à l'encontre du rival les mêmes accusations d'espionnage, d'assassinats politiques et d'ingérence dans les affaires intérieures de son pays.

Cette animosité pourrait avoir de sérieuses conséquences dans une région des Grands Lacs historiquement très instable, où les voisins risquent d'être eux aussi entraînés dans la bagarre.

La tension est encore montée d'un cran en mars quand le Rwanda a publiquement accusé l'Ouganda d'enlever certains de ses citoyens et de soutenir des groupes rebelles déterminés à renverser son gouvernement.

Museveni, qui a admis avoir rencontré des rebelles rwandais, sans pour autant leur avoir apporté son soutien, argue que les citoyens rwandais arrêtés sont en fait des espions.

"Ce qui est mauvais, c'est que des agents rwandais essaient de mener des opérations dans le dos du gouvernement ougandais", a-t-il écrit à Kagame en mars.

Le mois d'après, celui-ci s'est fait menaçant dans son discours donné à l'occasion du 25e anniversaire du génocide de 1994.

- Joute verbale -

"A ceux ici ou en dehors qui pensent que notre pays n'a pas vu assez de désordre et veulent mettre le bazar chez nous (...), je veux leur dire que nous mettrons le bazar chez eux encore bien plus", a-t-il lâché.

Pour l'instant, cette joute est restée verbale et aucun dérapage n'a été recensé sur le terrain. Mais l'interruption du commerce transfrontalier se fait sentir.

Le prix des denrées alimentaires a beaucoup augmenté au Rwanda, qui dépend de son voisin, bien plus vaste, pour ses importations.

Pour les communautés éparpillées le long de la frontière, la dispute entre les deux dirigeants se révèle catastrophique.

"J'ai vécu et travaillé ici pendant l'essentiel de ma vie (...) Le commerce n'a jamais aussi mal marché", explique Philemon Mugasha, un douanier qui regarde avec dépit les rues aujourd'hui désertées de Katuna.

Tout aussi désespérés, les Rwandais prennent parfois de grands risques pour traverser. "S'ils nous voient, ils (les militaires, ndlr) nous arrêtent et nous battent pour ne pas avoir respecté leurs ordres (...) C'est dangereux", confie un Rwandais entré illégalement en Ouganda pour trouver du travail.

Pendant des années, les armées commandées par Kagame et Museveni se sont battues côte à côte, portant leur chef vers le sommet de l'État, puis provoquant la chute du dictateur congolais Mobutu Sese Seko en 1997.

Peu après la prise de pouvoir de Museveni en 1986, Paul Kagame occupera un poste de premier plan au sein des services de renseignement militaire de l'armée ougandaise. Il bénéficiera ensuite du soutien de Museveni pour sa conquête du pouvoir en 1994.

Mais avant même le tournant du siècle, les relations entre les deux hommes se sont nettement dégradées. Le ressentiment a débouché sur de violents combats en août 1999 et juin 2000 à Kisangani en RDC, qui ont fait plusieurs centaines de morts, pour la plupart des civils.

Depuis lors, une méfiance persistante caractérise les relations entre les deux pays, dont les liens diplomatiques n'ont toutefois jamais été rompus.

- 'L'herbe souffre' -

Dans son récent discours, M. Kagame faisait clairement référence à plusieurs groupes rebelles qui ont récemment émergé dans la région et dont la présence a conduit Kigali à renforcer sa sécurité dans le sud-ouest, à la frontière avec la RDC et avec le Burundi, un autre pays avec lequel Kigali entretient des relations délétères.

Ainsi, le Front de libération nationale (FLN) a revendiqué plusieurs attaques dans le parc national de Nyungwe, prisé des touristes. Le FLN est affilié aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), basées en RDC.

Plusieurs pays occidentaux ont mis en garde leurs ressortissants contre tout voyage dans la région de Nyungwe.

Fin décembre, l'ONU a aussi prévenu que l'ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise, Faustin Kayumba Nyamwasa, qui vit en exil en Afrique du Sud, pourrait chercher avec son parti le Congrès national rwandais (RNC) à fomenter une rébellion.

Kagame voit la main de Museveni dans toutes les tentatives de le déstabiliser. "C'est une lutte entre eux pour déterminer qui est le faiseur de roi de la région", estime Christopher Kayumba, un analyste politique rwandais.

Les experts n'imaginent pas Kigali et Kampala se diriger vers un affrontement ouvert. Mais la situation n'en fait pas moins une victime: la population.

"Ils disent que quand deux éléphants se battent, c'est l'herbe qui souffre. Et nous souffrons", déplore Philemon, le douanier de Katuna.

Avec AFP

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11 personnes en garde à vue décédées à l'unité antidrogue en une nuit

Adama Pamtaba, chargé de communication de la police municipale de Ouagadougou, au Burkina, le 12 novembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

Onze personnes détenues en garde à vue sont décédées dans la nuit de dimanche à lundi dans les locaux de l'Unité antidrogue de Ouagadougou, a annoncé la procureure du Burkina Faso, Maiza Sérémé.

"Le procureur du (Burkina) Faso près le tribunal de grande instance de Ouagadougou a été informé, ce jour 15 juillet 2019, par la directrice de la police judiciaire de la police nationale de ce que onze personnes gardées à vue à l'Unité antidrogue (UAD) pour des infractions relatives à la législation des stupéfiants sont décédées dans la nuit du 14 au 15 juillet 2019", a écrit Mme Sérémé dans un communiqué.

Une "enquête a été ouverte",a indiqué la procureure qui s'est rendue sur les lieux accompagnée de ses substituts et de membres des services techniques.

"Des médecins légistes ont été requis" pour procéder à des examens et aux autopsies nécessaires pour déterminer les raisons des décès qui sont encore inconnues, a-t-elle souligné.

La société civile a par le passé souvent dénoncé les violences des forces de sécurité.

Le Burkina Faso, pays pauvre, est une des plaques tournantes du trafic de drogue vers l'Europe. La drogue arrive au Burkina Faso en provenance des ports d'Afrique de l'Ouest et prend ensuite la direction du nord vers le désert malien et libyen, selon une source sécuritaire.

En juin dernier, les autorités ont procédé à l'incinération de 35.300 tonnes de drogue, représentant le quart des saisies de l'année 2018, selon le secrétariat permanent du comité national de lutte contre la drogue.

Finale CAN-2019: 28 avions pour transporter les fans algériens

Un Boeing Boeing 737-8D6 immatriculé 7T-VKQ d'Air Algérie débarque à l'aéroport de Genève, le 20 novembre 2017.

Les autorités algériennes ont annoncé lundi avoir mobilisé 28 avions afin de transporter, via un pont aérien, 4.800 fans des "Fennecs" pour assister à la finale de la CAN-2019 face au Sénégal, vendredi au Caire.

Selon des sources concordantes, il y aura 13 avions d'Air Algérie, six de Tassili Airlines et neuf avions militaires. Ces avions décolleront des quatre coins du pays.

Le ministère algérien de la Défense avait annoncé dimanche par communiqué qu'il allait mettre à disposition neuf avions de transport militaire au profit de 870 supporters algériens.

La décision du pont aérien a été prise par le Premier Ministre, Noureddine Bédoui, lors d'un conseil du gouvernement tenu lundi.

Le pays est secoué depuis le 22 février d'un mouvement de contestation qui demande la fin du régime en place. Le Premier ministre fait partie des personnes dont le départ est réclamé par la rue.

Depuis le début de la CAN, 2.275 supporters sont partis d'Algérie. Plus de 1.200 d'entre eux sont restés au Caire pour assister jusqu'au bout aux matchs des verts, selon des sources concordantes.

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