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Rwanda

Querelle diplomatique entre le Rwanda et l'Ouganda

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Richard Sezibera à Bruxelles, le 22 janvier 2019.

Le Rwanda a accusé mardi son voisin ougandais de soutenir des rebelles hostiles à Kigali, une accusation fermement démentie par Kampala.

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Richard Sezibera, a déclaré à des journalistes que Kigali détenait des informations selon lesquelles "le Congrès national rwandais (RNC) reçoit le soutien d'Ougandais".

Le RNC, un parti d'opposition, est accusé par Kigali de fomenter une rébellion, ce qu'il nie. Il a été fondé par un ancien compagnon de lutte du président Paul Kagame, au pouvoir au Rwanda depuis la fin du génocide en 1994, l'ancien chef d'état-major de l'armée, Faustin Kayumba Nyamwasa, condamné par coutumace à de lourdes peines, notamment pour atteinte à la sécurité de l'Etat, et qui vit en exil en Afrique du Sud.

"Nous ne voyons pas pourquoi le RNC devrait faire partie d'une équation entre le Rwanda et l'Ouganda. Nous n'y voyons aucune logique, mais il opère toujours en Ouganda", a insisté le ministre rwandais.

Jeudi dernier, le Rwanda avait mis en garde ses ressortissants contre tout séjour en Ouganda, les prévenant qu'ils risquaient d'être victimes d'arrestations arbitraires, de tortures et d'expulsions. Quelque 986 Rwandais ont récemment été expulsés d'Ouganda, selon Kigali.

Kampala a rejeté mardi ces accusations.

"Il est faux de dire que l'Ouganda abrite des éléments combattant le régime au Rwanda", a assuré le ministre des Affaires étrangères, Sam Kutesa, dans un communiqué.

"L'Ouganda ne permet à personne d'utiliser son territoire comme base pour menacer un pays voisin", a-t-il ajouté.

Il a également nié que l'Ouganda "arrête, torture et maltraite les Rwandais", qui sont les bienvenus en Ouganda et n'ont rien à craindre, "tant qu'ils sont respectueux des lois".

"Notre pays a été la cible d'attaques terroristes et nous devons rester vigilants", a poursuivi Sam Kutesa. "Le gouvernement continuera à protéger la sécurité de ses citoyens et l'intégrité de ses frontières, contre les menaces intérieures ou étrangères".

La querelle entre le Rwanda et l'Ouganda affaiblit la Communauté d'Afrique de l'Est, une organisation économique qui regroupe six pays de la région.

Les deux pays sont dirigés par d'anciens rebelles qui sont parvenus au pouvoir par la voie des armes.

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Destitution du seigneur de guerre congolais Shimiray Mwisa Guidon

Des membres présumés de groupes armés présentés à la presse à Goma, RDC, 1er août 2016. (VOA / Charly Kasereka)

Shimiray Mwisa Guidon, chef de guerre d'un des groupes armés les plus importants à l'est de la République démocratique du Congo, a été destitué par ses lieutenants. C'est ce qu'annonce cette milice dans un communiqué et que confirment des experts des Kivu.

Le "haut commandement du mouvement politico-militaire Nduma defense of Congo/Renové" a annoncé dans un communiqué qu'il destituait "Shimiray Mwisa Guidon du poste de commandant en chef du mouvement".

Il est remplacé par un certain Gilbert Bwira, d'après ce communiqué daté du 8 juillet.

Se présentant comme un groupe d'auto-défense, le NDC/R prétend lutter contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans les micro-conflits du Nord et du Sud-Kivu. Des conflits qui continuent à tuer des dizaines de civils et contraindre des milliers d'autres à fuir.

"Le NDC-R est le groupe armé qui contrôle la plus vaste étendue de territoire du Kivu", selon les experts du "Baromètre sécuritaire du Kivu" (KST en anglais) répertoriant chaque mois les victimes de ces conflits dans une région riche en minerais très prisés comme le coltan.

Cette destitution a entraîné des combats au sein du groupe, ajoute sur Twitter le KST, évoquant "sept morts du côté #Guidon et deux du côté Bwira, selon un bilan provisoire".

Dans son communiqué, l'état-major du groupe armé reproche à son chef destitué un "comportement déviationniste à l'endroit des idéaux" du groupe, qui "donnent un sens à la lutte que nous menons contre les génocidaires rwandais FDLR".

Lui sont également reprochées "des violations graves du droit international humanitaire", qui lui ont valu "des sanctions des Nations unies en 2018" et un mandat d'arrêt de la justice militaire congolaise en juin 2019.

Le haut commandement du groupe réitère sa volonté de "déposer les armes et de quitter la brousse le plus tôt possible", en espérant que le gouvernement congolais acceptera ses conditions, notamment l'intégration de ses combattants à l'armée régulière.

Verdict Habyarimana: Me Léon-Lef Forster "satisfait" du non-lieu

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La cour d'appel de Paris confirme un non-lieu dans l’enquête sur la mort d'Habyarimana

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Assassinat de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana: non-lieu prononcé en France

Un rebelle du Front patriotique rwandais (FPR) passe sur le site de l'accident d'avion du 6 avril qui a tué le président rwandais Juvenal Habyarimana, le 23 mai 1994, à Kigali. (AP Photo/Jean Marc Bouju/Archives)

La Cour d'appel de Paris a confirmé vendredi le non-lieu rendu après vingt ans d'enquête sur l'attentat contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, épisode déclencheur du génocide de 1994 au Rwanda, ont annoncé à la presse les avocats des parties.

Après six mois de délibérations, les magistrats de la Chambre de l'instruction de la Cour d'appel ont confirmé la décision des juges antiterroristes qui ont ordonné, le 21 décembre 2018, d'abandonner les poursuites contre neuf membres ou anciens membres de l'entourage de l'actuel président rwandais Paul Kagame.

Les avocats de la famille Habyarimana et de celles de l'équipage français de l'avion ont immédiatement annoncé qu'ils formaient un pourvoi en cassation contre cette décision.

A défaut d'un procès immédiat, ils espéraient a minima que la Cour ordonne la réouverture des investigations, afin que la justice française se fasse communiquer un rapport secret de 2003 du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui attribuait la responsabilité de l'attaque au clan Kagame.

"C'est une décision qui ne nous surprend pas, malheureusement" mais "ça ne met pas fin au combat des parties civiles, le combat d'une vie", a réagi à la sortie de l'audience Me Philippe Meilhac, l'avocat d'Agathe Habyarimana, la veuve de Juvénal Habyarimana.

Il a dénoncé une "chape de plomb" et "une connotation politique omniprésente" dans ce dossier, citant des propos récents du président Kagame.

"Vouloir rouvrir un dossier classé, c’est vouloir créer des problèmes", avait mis en garde cette semaine le président rwandais dans un entretien à l'hebdomadaire Jeune Afrique, au sujet de cette affaire qui empoisonne les relations diplomatiques franco-rwandaises depuis plus de 20 ans.

Pour les avocats de la défense, Me Léon-Lef Forster et Bernard Maingain, cette décision de 64 pages, qui n'a pas encore été communiquée aux parties, "est une étape fondamentale".

"Parler de satisfaction serait aller trop loin, mais c'est déjà une étape qui est une forme de soulagement", a déclaré Me Forster, déplorant un pourvoi en cassation qui constitue, selon lui, une nouvelle "manoeuvre dilatoire" des parties civiles.

Le 6 avril 1994, l'avion transportant Juvénal Habyarimana, un Hutu, et le président burundais Cyprien Ntaryamira avait été abattu, durant sa phase d'atterrissage vers Kigali, par au moins un missile. Cet attentat est considéré comme le déclencheur du génocide qui fit plus de 800.000 morts au cours des trois mois suivants, selon l'ONU, principalement dans la minorité tutsi.

Qui est l'auteur du tir fatal contre l'avion présidentiel ? Les enquêteurs français ont longtemps privilégié la responsabilité des rebelles tutsis, menés par Paul Kagame devenu président du pays en 2000, avant de s'orienter -sans davantage aboutir- vers une implication d'extrémistes hutus, soucieux de se débarrasser d'un président trop modéré à leurs yeux.

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