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Roman Polanski, entre gloire et opprobre

Samantha Geimer (G) lors d'une audience devant la Cour supérieure de Los Angeles, le 9 juin 2017. Mme Geimer a été victime d'agression sexuelle à l'âge de 13 ans du réalisateur Roman Polanski (D). (Paul Buck/Pool Photo via AP)

Le cinéaste franco-polonais, qui a reçu vendredi le César de la meilleure réalisation pour "J'accuse", est devenu un symbole des agressions sexuelles impunies alors qu'il est visé par plusieurs accusations de viol.

Récompensé à travers le monde, Roman Polanski a obtenu le Grand prix du jury à Venise en 2019 pour "J'accuse", la Palme d'or à Cannes en 2002 et l'Oscar du meilleur réalisateur en 2003 pour "Le Pianiste", deux fois le César du meilleur film pour "Tess" et "Le Pianiste", et cinq fois celui du meilleur réalisateur.

Mais le cinéaste de 86 ans est aussi un homme visé par plusieurs accusations de viol: 12 selon les féministes, qu'il réfute toutes. Poursuivi par la justice américaine pour des relations sexuelles illégales avec une mineure en 1977, il est la cible depuis novembre d'une nouvelle accusation, de la part de la photographe française Valentine Monnier, qui dit avoir été frappée et violée par lui à Gstaadt (Suisse) en 1975, à l'âge de 18 ans.

Il est devenu pour les féministes et une partie de l'opinion publique un "cas exemplaire" d'abus sexuels impunis, selon l'expression de l'actrice française Adèle Haenel.

Le succès en 1965 de "Répulsion", avec Catherine Deneuve, est son passeport pour Hollywood. L'aventure américaine dure une décennie, parcourue de bonheurs (succès, mariage avec l'actrice Sharon Tate rencontrée sur le tournage du "Bal des Vampires") et de cauchemars. Le 9 août 1969, alors qu'il se trouve à Londres, son épouse, enceinte de huit mois, est retrouvée assassinée à Los Angeles avec quatre de ses amis, victime des satanistes disciples de Charles Manson.

Huit ans plus tard, à 43 ans, il est arrêté, accusé d'avoir drogué et violé la veille une adolescente de 13 ans, Samantha Geimer, lors d'une séance photo dans la villa de Jack Nicholson. Le cinéaste, qui nie le viol mais plaide coupable de "rapports sexuels illégaux" avec une mineure, passe un mois et demi en prison. Une fois sorti, craignant une peine plus sévère, il s'enfuit des Etats-Unis début 1978 pour la France.

Roman Polanski confiera plus tard à un journaliste français son attirance pour les "fruits verts": "J'aime les très jeunes filles (…) surtout parce qu'elles satisfont mon désir de pureté et de romantisme".

Sous le coup d'un mandat d'arrêt, il sera rattrapé par l'affaire Samantha Geimer à plusieurs reprises, notamment en 2009, quand il est arrêté en Suisse et assigné à résidence huit mois. La Suisse refuse finalement de l'extrader.

Naturalisé français depuis 1976, le cinéaste, marié depuis 1989 avec l'actrice Emmanuelle Seigner, avec qui il a deux enfants, y poursuit son parcours depuis la fin des années 70.

Il revient au premier plan au début des années 2000 avec "Le Pianiste", puis en 2010 avec le thriller "The Ghost Writer", récompensé par l'Ours d'argent à Berlin et le César du meilleur réalisateur. En 2014, il reçoit ce César pour "La Vénus à la fourrure".

Mais en 2017, il doit renoncer à présider la cérémonie des César sous la pression des féministes, indignées aussi par une rétrospective qui lui est consacrée à la Cinémathèque.

"J'accuse", sur l'Affaire Dreyfus, remet le feu aux poudres. Le film porte sur une affaire d'espionnage qui a valu un déferlement antisémite dans la France des années 1890. Il connaît une sortie mouvementée en novembre, avant une nouvelle vague de protestation liée à l'annonce fin janvier de ses 12 nominations aux César.

Après des appels à boycotter le film, les féministes ont protesté vendredi devant la salle Pleyel à Paris, lieu de la cérémonie des César. Le cinéaste avait renoncé à y assister.

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Les pays membres de l'OIT ratifient une convention sur le travail des enfants

Un membre du personnel de l'OIT debout à côté d'un panneau montrant le logo de l'OIT, avant l'ouverture de la 95e Assemblée de l'Organisation internationale du travail (OIT) au siège européen des Nations Unies à Genève , Suisse, mercredi 30 mai 2007. (KEYSTONE / Salvatore Di Nolf

Vingt-et-un ans après son élaboration, une convention visant à éradiquer les pires formes de travail des enfants a été adoptée par l'ensemble des 187 États membres de l'Organisation internationale du travail, avec la ratification mardi de Tonga.

"Pour la première fois dans l'histoire de l'OIT, une convention internationale du travail a été ratifiée par tous les États membres, la convention 182 sur les pires formes de travail des enfants, après sa ratification par le royaume de Tonga", un État polynésien (Pacifique Sud), a annoncé Guy Ryder, le directeur général de l'OIT lors d'une conférence de presse en ligne.

Pour Guy Ryder, cela "reflète un engagement mondial selon lequel les pires formes de travail des enfants, telles que l'esclavage, l'exploitation sexuelle, l'utilisation des enfants dans les conflits armés ou d'autres travaux dangereux ou illicites qui compromettent la santé, la moralité et le bien-être psychologique des enfants, n'ont pas leur place dans notre société".

Si théoriquement, désormais "tous les enfants du monde entier bénéficient d'une protection juridique essentielle contre les pires formes de travail des enfants", le directeur général de l'OIT a reconnu qu'il restait "d'énormes défis" à surmonter.

Selon une étude conjointe de l'Organisation des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et de l'OIT, institution spécialisée de l'ONU, le nombre d'enfants qui travaillent dans le monde a diminué de 94 millions depuis 2000.

Cependant, 152 millions d'enfants restaient contraints au labeur, dont 73 millions accomplissaient des travaux dangereux, selon les dernières estimations de l'OIT portant sur la période 2012-2016.

Et les progrès dans la réduction de ce nombre "ralentissent" aujourd'hui, voire pourraient être anéantis par la pandémie de Covid-19.

La crise découlant de la pandémie risque de conduire pour la première fois en vingt ans à une hausse globale du travail des enfants, avec des millions supplémentaires forcés de travailler quand leurs familles plongent dans la pauvreté, a déjà averti l'ONU.

Soixante-dix pour cent de l’ensemble du travail des enfants concernent l’agriculture et sont essentiellement liés à la pauvreté et aux difficultés de leurs parents à trouver un travail décent.

Selon le texte de la convention, "tout pays qui (la) ratifie doit prendre des mesures immédiates et efficaces pour assurer l'interdiction et l'élimination des pires formes de travail des enfants et ce, de toute urgence".

Parmi ces pires formes, sont compris notamment, l'esclavage, la servitude pour dettes, le travail forcé ou obligatoire, y compris en vue de leur utilisation dans des conflits armés, toute activité illicite (prostitution, pornographie, production et trafic de stupéfiants) ou nuisible à la santé, la sécurité ou la moralité de l'enfant.

"Lorsqu'un pays s'engage légalement à agir d'une certaine manière, cela nous donne un véritable levier pour progresser", a estimé M. Ryder.

"Cela fait une différence mais ce n'est pas une solution miracle", a-t-il reconnu.

Soupçonné de corruption, l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos s'exile

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos dans une voiture après qu'il a quitté l'hôpital Quiron une semaine après une chirurgie cardiaque à Madrid, en Espagne, le 31 août 2019. Forta / ReutersTV via REUTERS

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, longtemps révéré pour avoir mené la transition de la dictature de Franco à la démocratie, s'est résolu lundi à l'exil après que la justice de son pays a ouvert contre lui une enquête pour corruption.

L'ancien monarque, âgé de 82 ans, a annoncé sa décision de quitter l'Espagne à son fils, le roi Felipe VI, qui l'a acceptée et l'en a remercié dans un communiqué publié par la Maison Royale.

"Guidé (...) par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que Roi, je t'informe de ma décision réfléchie de m'exiler, en cette période, en dehors de l'Espagne", a écrit l'ancien souverain cité dans le communiqué, qui n'a pas précisé sa destination.

Juan Carlos explique à son fils sa décision par la volonté de "faciliter l'exercice de (ses) fonctions", devant "les conséquences publiques de certains évènements passés de (sa) vie privée", une allusion transparente à l'enquête ouverte contre lui en juin par le parquet de la Cour suprême.

Celle-ci cherche à établir si Juan Carlos s'est rendu coupable de corruption en recevant de l'Arabie saoudite une énorme commission lors de l'attribution de la construction d'un TGV entre la Mecque et Médine à un consortium d'entreprises espagnoles.

En juillet, le chef du gouvernement Pedro Sanchez s'était dit "troublé" par ces "informations inquiétantes".

L'avocat de Juan Carlos, Javier Sanchez-Junco, a précisé dans un communiqué que l'ancien monarque ne cherchait pas à échapper à la justice en s'exilant mais restait à la disposition du parquet.

- "Il devra payer" -

"Où qu'il aille, il devra payer pour ce qu'il a fait. C'est dommage parce qu'il a fait beaucoup pour l'Espagne, mais il est clair qu'à un moment de sa carrière il s'est corrompu", a déclaré à l'AFP Iñigo Inchaurraga, un publicitaire de 33 ans, qui promenait son chien à Madrid.

Mais Maria Nogueira, une fonctionnaire de 30 ans, s'est dit "un peu fâchée" par cette affaire en pleine pandémie. "C'est une façon de laver l'institution qui ne me plaît pas, c'est seulement un lavage de façade".

Sur son site où a été publiée la lettre officielle, la Maison Royale précise que le Roi a souligné "l'importance historique" du règne de son père "au service de l'Espagne et la démocratie".

De fait, Juan Carlos, choisi par Francisco Franco pour lui succéder, avait surpris après la mort du dictateur en 1975 ménageant une transition en douceur vers la démocratie avec son Premier ministre Adolphe Saurez. Il avait ensuite neutralisé une tentative de coup d’État en février 1981.

Cela avait valu au souverain sportif aux nombreuses conquêtes féminines une immense popularité dans un pays où la monarchie est pourtant contestée.

Mais son image avait été progressivement ternie par des rumeurs de corruption du monarque très proche des monarchies du Golfe.

- Dénoncé par sa maîtresse -

En 2012, alors que les Espagnols souffraient de la grande récession, ils apprenaient que leur roi s'était cassé la hanche lors d'un safari de luxe au Botswana payé par un homme d'affaires saoudien en compagnie de sa maîtresse, une femme d'affaires allemande. Le scandale était devenu intenable et le roi avait fini par abdiquer en faveur de son fils.

Cette ancienne maîtresse, Corinne U Sayn-Wittgenstein, a affirmé dans des enregistrements publiés en 2018, que Juan Carlos avait touché une commission lors de l'adjudication de la construction du TGV à un consortium espagnol. Les justices suisse et espagnole enquêtent sur cette affaire.

A la suite de nouvelles révélations cette année du quotidien suisse Tribune de Genève et du journal britannique Daily Telegraph, Felipe VI a retiré à son père une dotation annuelle du Palais royal évaluée à plus de 194.000 euros par an. Puis il a annoncé qu'il renonçait à l'héritage de son père "afin de préserver l'exemplarité de la Couronne".

Les femmes prêtres désormais plus nombreuses que les hommes en Suède

L'archevêque Antje Jackelen, qui est une femme, baptisant le prince Nicolas de Suède, à l'église du château de Drottningholm, près de Stockholm, le 11 octobre 2015. (Maja Suslin/TT News Agency via AP)

Pour la première fois de son histoire, la Suède compte plus de femmes prêtres que d’hommes, soixante ans après les premières ordinations féminines de l’église luthérienne suédoise.

"Sur les 3.060 prêtres aujourd’hui en service en Suède, 1.533 sont des femmes et 1.527 sont des hommes", a précisé Cristina Grenholm, secrétaire de l'Eglise de Suède, soit une proportion de 50,1% de femmes pour 49,9% d’hommes.

Contrairement à l'église catholique, l’église luthérienne suédoise, qui a ordonné trois femmes pour la première fois en 1960, autorise les femmes à devenir prêtres depuis 1958. En 1982, le Parlement suédois a voté une loi supprimant la "clause de conscience" qui permettait aux prêtres de refuser toute collaboration avec une femme.

"La parité est arrivée plus vite que nous l’avions imaginé", raconte Cristina Grenholm. En 1990, un rapport estimait que la part des femmes dans le clergé suédois ne représenterait la moitié des prêtres qu’en 2090. Cela n'a finalement pris que trente ans".

Une des raisons qui expliquent ce phénomène est l'augmentation progressive de la proportion d’étudiantes dans l’enseignement sacerdotal, particulièrement après la séparation de l’Eglise et de l’Etat, en 2000. En 2013, environ 70% des étudiants suédois qui suivaient une formation pratique de prêtre étaient des femmes.

"Aujourd’hui, de nombreuses paroisses tentent d’avoir à la fois un homme et une femme pour dire la messe lors du service dominical", explique Cristina Grenholm. "Puisque nous pensons que Dieu a créé les êtres humains, aussi bien l’homme que la femme à son image, il est essentiel que nous le montrions. Si l’on exclut la moitié de l’expérience que représente la vie d'une femme, alors on exclut beaucoup de choses".

Si en Suède le clergé a atteint la parité, l’écart de salaire entre les prêtres hommes et femmes demeure en moyenne de 2.200 couronnes suédoises, soit environ 215 euros par mois, selon le journal spécialisé Kyrkans tidning.

"Une des explications que l’on peut donner à cette différence est qu’elle concerne l’ensemble des prêtres de l’Eglise suédoise. Or les hommes détiennent toujours les positions hiérarchiques les plus élevées", souligne Mme Grenholm.

Les ministres du culte de l'Eglise de Suède ont le titre de prêtre, tandis que ceux servant dans des paroisses extérieures à l'ancienne Eglise d'Etat sont qualifiés de pasteurs.

Deux médaillées mondiales de gymnastique britanniques dénoncent la "culture de la peur"

La Britannique Elissa Downie à la poutre lors des qualification pour les Championnats du monde de gymnastique à Stuttgart, Allemagne, 5 octobre 2019. (AP Photo/Matthias Schrader)

Becky et Ellie Downie, médaillées aux Mondiaux de gymnastique l'an dernier, ont dénoncé le "climat de peur et d'abus mental" au sein de leur discipline, après l'ouverture par leur fédération d'une enquête indépendante sur plusieurs allégations de mauvais traitements.

Dans une déclaration commune diffusée sur les réseaux sociaux, les deux soeurs ont déclaré avoir été victimes d'une litanie d'intimidations et d'abus, notamment concernant leur poids, qui, selon Ellie, ont "laissé de profondes cicatrices qui ne seront jamais guéries".

"Nous n'avons certainement pas réalisé à quel point c'était mal à l'époque", affirment Becky, 28 ans, et Ellie, 20 ans. "Il a fallu des années et des années pour le comprendre et l'accepter". Les deux jeunes femmes ont décidé de s'exprimer publiquement après avoir écouté les témoignages "courageux" d'un nombre croissant d'autres gymnastes.

"Pendant trop longtemps, la santé et le bien-être des filles ont été d'une importance secondaire par rapport à une culture dépassée, cruelle et que nous qualifions de souvent inefficace au sein de l'entraînement de gymnastique féminine", soulignent Becky, médaillée d'argent aux barres asymétriques à Stuttgart, et Ellie, médaillée de bronze au cheval d'arçon.

"Nous nous exprimons maintenant, juste un an avant les Jeux olympiques, parce que nous avons le devoir de veiller au bien-être des filles qui commencent la gymnastique, et leur sécurité est plus importante que n'importe quelle médaille olympique", concluent les deux soeurs.

La directrice générale de British Gymnastics, Jane Allen, s'est dite "consternée et honteuse" à la suite de ces allégations. Alors que certains la poussent à démissionner, elle a toutefois écrit une lettre à tous les membres de la fédération dans laquelle elle salue "le courage" des soeurs Downie, en espérant que leurs mots serviront de catalyseurs pour un véritable changement dans le milieu de la gymnastique.

"Tout mauvais traitement de gymnaste est inexcusable", a-t-elle écrit. "Nous avons travaillé dur pour mettre en place des programmes positifs d'entraînement", qui incluent des "comportements obligatoires", ainsi qu'une unité spéciale "pour enquêter sur les allégations d'abus émotionnel et de harcèlement", ajoute Jane Allen, pour qui "il faut faire plus, et vite".

La Fédération britannique a annoncé mardi avoir lancé une enquête indépendante pour faire la lumière sur plusieurs témoignages "choquants et bouleversants" de gymnastes britanniques, faisant état de mauvais traitements physiques et psychologiques de la part de leurs entraîneurs.

Depuis les révélations liées à l'affaire Nassar aux Etats-Unis, le monde de la gymnastique fait l'objet de nombreuses dénonciations d'abus en tout genres. Outre l'ancien médecin de l'équipe nationale, condamné à une lourde peine de prison pour des abus sexuels sur plus de 200 gymnastes, plusieurs entraîneurs et responsables de la fédération américaine ont été mis à pied à la suite d'accusations de mauvais traitements ou pour avoir fermé les yeux sur les maltraitances subies par certaines gymnastes.

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