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Reprise des combats à Uvira dans l'est de la RDC


La circulation redevient normale en fin d'après-midi sur l'artère principale d'Uvira, Sud-Kivu, 27 septembre 2017. (VOA/Ernest Muhero).

Les combats à l'arme lourde entre l'armée congolaise et une milice ont repris jeudi matin à Uvira, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) à la frontière du Burundi, où les Nations Unies ont annoncé un déploiement de Casques bleus.

Les combats qui se passent en province du Sud-Kivu entre les forces loyalistes et les rebelles de la "coalition nationale du peuple pour la souveraineté du Congo" (CNPSC) prennent une autre ampleur.

Plusieurs sources confirment que les Maï-Maï ont recouru à la flotte pour tenter de prendre d’assaut le port de Kalundu. Une contre-attaque des Fardc les a repoussés, récupérant certaines localités qu’ils contrôlaient.

Les habitants d’Uvira ont indiqué à VOA Afrique qu’après l’accalmie de la soirée du mercredi, la cité d’Uvira s’est réveillée jeudi vers 5 heures du matin sous des coups des armes lourdes et armes légères.

Des sources concordantes affirment que les mutins qui ont passé la nuit à 7 kilomètres d’Uvira, au centre dans les localités de Kigongo,Katongo et Kabimba dans le groupement Kalungwe ont tenté de prendre le controle du port de Kalundu par voie lacustres aux moyens des canots rapides modernes.

L’administrateur intérimaire du territoire d’uvira, Milenge Matundanya, confirme cette tentative d’attaque des rebelles par voie lacustre, mais ajoute que les mutins utilisaient des pirogues en bois.

"La situation était confuse vers 5h45. Il y a eu des attaques des Maï-Maï sur l’espace liquide; ils ont recouru aux pirogues en bois dans cette tentative, mais grâce à la bravoure des Fardc, de la police et des partenaires de la Monusco, ils ont été repoussés et à l’heure où je vous parle la situation est calme à Uvira-centre et même dans l’ensemble du territoire d’Uvira", confie l’administrateur Milenge.

La Monusco déployée

"Cette réponse robuste est guidée par notre mandat. La Monusco est fermement engagée à la protection des civils, y compris les groupes vulnérables tels que les réfugiés et personnes déplacées", a déclaré dans un communiqué le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo, Maman Sidikou.

"J’exhorte les groupes armés à cesser immédiatement ces hostilités, y compris toute forme de violence contre les autorités constituées et les populations civiles innocentes. Tous les auteurs, en particulier ceux qui parrainent des groupes armés ainsi que ceux qui ont des responsabilités de commandement, seront tenus responsables de violations des droits de l'homme", a ajouté le chef de Monusco.

Sur le lac Tanganyika

Sur le front qui se déroule sur le lac Tanganyika, les habitants témoignent avoir vu les Fardc sur des canot rapides, repoussant les rebelles dans des échanges de tirs très nourris jusqu’aux environs de 9 heures.

Nos sources à Kigongo, Katongo et Kabimba confirment que les Maï-Maï ont quitté ces lieux. Les véhicules de commerce en provenance de Fizi pour Uvira sont bloqués depuis le dimanche 24 septembre à Makobola 1.

Les mutins de la coalition nationale du peuple pour la souveraineté du Congo opèrent selon des axes. Ceux qui ont attaqué le port de Kalundu seraient de "l’Union des congolais libres" au sein de la CNPSC.

Dans la chefferie de Bafulero à plus de 40 kilomètres de là, les habitants de Lemera confirment qu’une autre faction s’est présentée en petit nombre à Lemera centre de 12 à 15 heures mercredi, pour ensuite rebrousser chemin dans le maquis.

Selon la société civile à Fizi, toute la presqu’ile d’Ubwari, et d’autres localités telles que Nemba, Kazimiya, sont contrôlés par d’autres éléments Maï-Maï armés, mais Baraka, un centre important dans la région est entre les mains de l’armée Loyaliste.

Dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu), un ancien officier, William Yakutumba, général autoproclamé à la tête d'une milice qui porte son nom, a affirmé lundi dans un enregistrement audio vouloir chasser le président Joseph Kabila du pouvoir.

Les Maï-Maï sont des groupes "d'autodéfense" constitués sur une base essentiellement ethnique. Pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003), nombre de ces groupes ont été armés par le pouvoir pour lutter contre des combattants ougandais ou rwandais. Certains n'ont jamais été désarmés.

L'est de la RDC est déchiré par des conflits armés depuis plus de 20 ans.

Ernest Muhero, correspondant à Bukavu

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