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Les chefs d'Etat est-africains appellent à relancer les pourparlers au Soudan du Sud


Le président sud-soudanais Salva Kiir à l'aéroport de Juba, le 20 juin 2018.

Les dirigeants des Etats d'Afrique de l'Est ont appelé jeudi à Addis Abeba à donner une nouvelle chance à la paix au Soudan du Sud, qui semble toutefois encore lointaine malgré la rencontre très attendue la veille entre les deux principaux protagonistes du conflit.

Le président sud-soudanais Salva Kiir et le rebelle Riek Machar se sont entretenus mercredi soir, pour la première fois en deux ans, à l'invitation du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, qui préside l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), organisation régionale qui œuvre depuis de longs mois à réactiver le processus de paix.

M. Machar a qualifié la rencontre de "cordiale", selon un communiqué de son mouvement, le SPLM-IO, alors que des images de la rencontre montrent MM. Kiir, Machar et Abiy enlacés maladroitement dans une accolade à trois, affichant de larges sourires.

Mais, a ajouté le SPLM-IO, la résolution des "causes profondes du conflit" demandera du "temps", qualifiant d'"irréaliste" la manière dont sont menés les actuels efforts de paix.

>> Lire aussi : Kiir et Machar en Ethiopie pour discuter de paix, une première en 2 ans

Jeudi, les chefs d'Etat des pays membres de l'Igad - notamment le Soudanais Omar el-Béchir, le Kényan Uhuru Kenyatta, le Somalien Mohamed Abdullahi Mohamed - étaient réunis dans la capitale éthiopienne pour tenter d'accentuer la pression sur MM. Kiir et Machar afin de relancer le processus de paix.

"Chaque seconde et minute qui passent sans que rien ne change sont des opportunités manquées de sauver des vies", a déclaré Abiy Ahmed à l'ouverture du sommet, quelques minutes après une nouvelle poignée de main entre MM. Kiir et Machar. "Nous devons agir, et nous devons le faire maintenant".

Le président de la Commission de l'Union africaine Moussa Faki, présent au sommet de l'Igad, a renchéri en s'adressant aux deux rivaux: "tous les regards sont tournés vers votre volonté de rendre possible le rêve de la paix au Soudan du Sud". La session des chefs d'Etat se poursuivait à huis clos en début de soirée.

MM. Kiir et Machar s'étaient avant cela rencontrés pour la dernière fois en juillet 2016, quelques heures avant que n'éclatent dans la capitale Juba d'intenses combats entre leurs forces.

Ces affrontements avaient forcé le chef rebelle à fuir le pays, et avaient signifié l'échec d'un accord de paix conclu en août 2015 ayant permis à M. Machar d'être réinstallé au poste de vice-président.

Les chefs d'Etat des pays membres de l'Igad - notamment le Soudanais Omar el-Béchir, le Kényan Uhuru Kenyatta, le Somalien Mohamed Abdullahi Mohamed - devraient tenter jeudi d'accentuer la pression sur MM. Kiir et Machar afin de relancer un processus de paix au point mort.

Le conflit au Soudan du Sud, qui a éclaté en décembre 2013, deux ans après l'indépendance du pays, a fait des dizaines de milliers de morts, près de quatre millions de déplacés (sur une population de 12 millions d'habitants) et provoqué une crise humanitaire catastrophique.

"Il faut que le Soudan du Sud sorte de cette crise tragique", a déclaré jeudi le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Workneh Gebeyehu, lors d'une réunion ministérielle en prélude au sommet des chefs d'Etat.

Les observateurs se veulent toutefois prudents quant à l'issue de ces pourparlers et évoquent les nombreux cessez-le-feu violés depuis le début du conflit ainsi que la profonde défiance entre MM. Kiir et Machar. Ils s'interrogent aussi sur la capacité des deux hommes à mettre un terme à une guerre dans laquelle s'affrontent de nombreux groupes armés.

Il n'est par ailleurs pas certain que M. Kiir soit disposé à faire la moindre concession. Ses forces semblent en passe de prendre le dessus militairement face à une rébellion de plus en plus éclatée.

Début juin, le Conseil de sécurité de l'ONU avait donné jusqu'à la fin du mois aux belligérants pour faire respecter ce cessez-le-feu et arriver à "un accord politique viable", brandissant la menace de sanctions.

Avec AFP

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