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RDC

Retrait progressif de l'ONU suggéré malgré la poursuite des violences

Soldats de la Monusco en opération en RDC le 14 août 2012.

Un retrait progressif des Casques bleus de l'ONU de République démocratique du Congo a pour la première fois été suggéré en dépit d'une violence persistante, comme en témoigne la mort de 10 civils tués mardi par des miliciens dans la région de Beni (est).

Ces violences représentent une menace pour la "transition" et la relative stabilisation en cours en RDC depuis l'investiture du président Félix Tshisekedi en début d'année.

Le Conseil de sécurité doit renouveler d'ici la fin de l'année l'actuel mandat de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) valable jusqu'au 31 décembre.

A l'approche de cette échéance, un rapport remis au Conseil "recommande un calendrier de retrait de la Monusco qui respecte un minimum absolu de trois ans".

"Cependant, une période de transition de trois ans pourrait être trop courte", en raison des "risques de résurgence" des conflits à l'approche de la prochaine élection présidentielle prévue fin 2023.

Lors de la première année (en 2020), le nombre de Casques bleus devrait rester à environ 16.000 préconise le rapport publié à l'issue d'une "revue stratégique" de la force de l'ONU en RDC.

Après un an, un retrait des militaires onusiens devrait pouvoir s'effectuer dans les provinces de Tanganyika et du Kasaï, victimes de deux conflits en 2016-2017 à la fin du règne de l'ancien président Joseph Kabila.

La Monusco resterait focalisée lors de la deuxième année sur le Kivu et l'Ituri. Et la troisième année serait consacrée à achever le retrait de la force, précise le rapport.

Les provinces du Nord, du Sud-Kivu et de l'Ituri sont les grands points de fixation des violences dans l'est de la RDC depuis 25 ans.

Au total quelque 130 milices sont encore en activité dans cette partie de la RDC frontalière de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi.

Tous ces groupes n'ont pas la même force de frappe. Parmi eux se distinguent les Forces démocratiques alliées (ADF), par leur extrême violence.

Cette milice - à l'origine composée de musulmans ougandais - est responsable présumée du massacre de plusieurs centaines de civils dans la région de Beni depuis cinq ans.

Dix civils ont encore été tués mardi soir dans une attaque attribuée aux ADF à soixante kilomètres au nord de Beni.

- Coincés par le feu -

"Selon plusieurs sources militaires congolaises, six soldats congolais ont également été tués dans les affrontements avec les présumés ADF cette nuit à Kokola", selon le Groupe d'étude sur le Congo (GEC).

L'armée avait annoncé la semaine dernière des opérations d'"envergure" dans la région de Beni, également frappée par une épidémie d'Ebola depuis le 1er août 2018.

"Les ADF sont coincés par le feu de l'armée congolaise. C'est ainsi qu'ils cherchent à semer la terreur au sein de la population", a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'armée dans la région, le major Mak Hazukay.

Deux responsables de la société civile ont regretté que les opérations militaires se concentrent autour de la ville de Beni.

"Nous saluons le lancement des opérations militaires, mais nous demandons que cela se fasse sur les trois axes: centre, sud et nord", a déclaré l'un d'eux,Teddy Kataliko.

L'Etat islamique a revendiqué certaines attaques des ADF depuis le début de l'année, sans preuve irréfutable d'une affiliation des ADF à un quelconque "groupe État islamique - province d'Afrique centrale".

Autre zone de tensions depuis plusieurs mois: le Sud-Kivu, avec un conflit entre Congolais d'origine tutsi rwandais, les Banyamulenge, et d'autres communautés.

Le bilan du conflit est lourd: des dizaines de morts, des centaines de maisons incendiées, des milliers de personnes déplacées.

A titre préventif, les forces de l'ONU ont installé de nouvelles bases temporaires dans cette région qui surplombe le lac Tanganyika.

"Tous les jours il y a des incidents. Les gens viennent se réfugier autour des bases temporaires", indique une porte-parole de la Monusco.

Le budget actuel de la Monusco avoisine le milliard de dollars.L'ONU est présente militairement en RDC depuis une vingtaine d'années.

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L'armée congolaise affirme avoir retrouvé le corps d'un Casque bleu

Des casques bleus en patrouille, non loin de la ville de Goma (Archives)

L'armée congolaise a affirmé mercredi avoir retrouvé le corps d'un Casque bleu de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) près de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo.

"Les Forces armées de la République démocratique du Congo ont partagé ces informations avec nous et nous allons suivre ce dossier conformément à nos procédures", a indiqué de son côté un porte-parole de la mission de l'ONu (Monusco).

L'armée congolaise affirme avoir retrouvé le corps une date non précisée dans la région de Beni, où elle a annoncé le 30 octobre des opérations contre les groupes armés, en particulier les Forces démocratiques alliées (ADF).

Les Casques bleus ont annoncé depuis lundi qu'ils s'étaient joints à ses opérations, avec leurs éléments de la brigade d'intervention dans la région (Afrique du Sud, Tanzanie, Malawi).

"Dans un camp des ADF conquis par l'armée, nous avons retrouvé les restes d'un Casque bleu tombé au champ d'honneur", a déclaré le général Léon-Richard Kasonga, porte-parole de l'armée congolaise, lors d'une conférence de presse. "On a ramassé sa carte militaire (...) Je ne pourrais pas m'avancer sur sa nationalité. L'ONU elle-même se chargera de la donner".

Côté ONU, on indique que "le pays d'origine et la famille doivent être officiellement informés et l'identification va prendre du temps".

"Donc on ne va rien confirmer avant longtemps".

D'origine ougandaise, les ADF sont accusées du massacre de plus de 100 civils dans la région de Beni, en représailles des opérations militaires congolaises.

Ces massacres ont provoqué des émeutes d'habitants contre les autorités et les Casques bleus, accusés de ne rien faire.

Des sources de la société civile ont accusé les ADF d'avoir tué onze personnes, neuf hommes et deux femmes, dans la nuit de lundi à mardi dans le village d'Orototo, dans le territoire de Beni.

"Nous avons enterré les 11 cadavres aujourd'hui en brousse vers 11H00", a déclaré à l'AFP David Muwaz, président de la société civile de la chefferie de Batalinga.

L'armée congolais n'a pas voulu confirmer.

Au total les ADF sont acccusées du massacre de plus de 1.000 civils dans la région de Beni depuis 2014.

Quinze casques bleus tanzaniens ont été tués par les ADF en décembre 2017 dans l'attaque de leur base en territoire de Beni. En décembre 2018, sept autres Casques bleus ont été tués dans une embuscade tendue par des ADF.

Avec AFP

L'armée lance un numéro vert pour éviter des lynchages

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Les Tshisekedi au front contre le viol et le handicap

Félix et Denise Nyakero Tshisekedi à Bruxelles le 17 septembre 2019.

La République démocratique du Congo "ne doit plus être la capitale mondiale du viol", a affirmé Denise Nyakero Tshisekedi, l'épouse du président congolais Félix Tshisekedi qui s'est, lui, engagé pour l'inclusion des personnes handicapées.

"La honte doit être bannie, le crime puni et la justice doit être rétablie", a déclaré la première dame mardi soir à Kinshasa lors d'une cérémonie contre les violences sexuelles organisée par les Nations unies.

Mme Tshisekedi a été désignée "championne de la prévention de la violence sexuelle liée aux conflits" par la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies sur ce sujet, Pramila Patten.

"La RDC a parcouru un long chemin", a déclaré Mme Patten samedi à Bukavu, dans le Sud-Kivu (est) agité depuis 25 ans par des conflits et des groupes armés qui menacent les civils.

A Bukavu, un milicien a été condamné mi-novembre à la perpétuité pour des viols et meurtres commis en 2018.

"Malheureusement, les violences sexuelles sont toujours une douloureuse réalité du conflit", a-t-elle ajouté. "Nous avons constaté qu'en 2019 il y a une augmentation dans les cas vérifiés par les Nations unies. Et donc nous avons du travail".

En octobre 2019, les Nations unies ont "documenté 600 violations des droits de l’homme sur tout le territoire de la RDC, soit une augmentation de 19% par rapport au mois de septembre".

Les agents de l’Etat sont responsables de "55% des violations", ajoute le bureau des droits de l'homme des Nations unies.

Parmi ces violations rapportées en octobre, il y a eu "55 femmes et 24 enfants victimes de violences sexuelles", ajoute l'ONU.

Bukavu abrite la clinique de Panzi du gynécologue congolais Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 pour ses interventions -médicales et juridiques- aux côtés des femmes et des fillettes violées.

Pour sa part, le président congolais Félix Tshisekedi a salué "la citoyenneté des personnes vivant avec un handicap" dans un message télévisé diffusé dans la nuit de mardi à mercredi, à l'occasion d'une journée mondiale des Nations unies sur ce sujet.

Il a estimé que la création d'un ministère délégué en charge des personnes avec handicap est "un pas" vers "l'égalité des chances".

L’armée régulière de la RDC affirme avoir neutralisé plus de 80 rebelles

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Manifestations contre la Monusco à Beni

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