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RDC

Les Casques bleus ne sont pas mandatés pour soutenir des armées étrangères

Des soldats de la Force pour la Mission de stabilisation des Nations Unies au Congo (MONUSCO) photographiés devant un hélicoptère des Nations Unies à Bunagana, Nord-Livu, le 19 mai 2012.

Les Casques bleus de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco) n'ont "pas de mandat pour soutenir" les armées voisines qui se préparent à neutraliser les groupes armés actifs dans cette zone, a indiqué vendredi sa dirigeante, Leila Zerrougui.

"Notre mandat aujourd'hui, c'est de soutenir les FARDC (armée congolaise). On n'a pas de mandat pour soutenir les forces étrangères qui viennent en RDC. Notre mandat c'est d'appuyer l'armée congolaise", a déclaré Mme Zerrougui à la radio de l'ONU Okapi.

"La meilleure façon de protéger les populations civiles est de ramener l'autorité de l'État, de ramener la justice, la police et l'armée, en veillant à ce que chacun [soit] soumis aux règles de respect de la personne et de rendre compte en cas de bêtise".

Commencée jeudi, une réunion des chefs des armées de RDC, du Rwanda, du Burundi, de Tanzanie et d'Ouganda entamée jeudi à Goma (Nord-Kivu, est) s'est terminée vendredi sans communiqué final et sans que la date d'une nouvelle réunion ne soit annoncée.

"Nous mutualisons nos efforts et nos logistiques (avec nos voisins) pour traquer ces groupes armés sur les frontières, parce que ces groupes armés traversent toutes les frontières pour faire du mal", a déclaré vendredi à la presse le général Richard Kasonga, porte-parole de l'armée, à l'issue de la réunion.

"Cela ne signifie pas faire appel aux armées étrangères pour qu'elles viennent opérer sur le territoire congolais", a expliqué le général Kasonga, en invitant plusieurs dizaines de groupes armés actifs dans l'est congolais à "déposer les armes".

La Monusco et Africom (le commandement des États-Unis pour l'Afrique) ont participé à ces travaux "comme invités et comme observateurs".

Présente en RDC depuis 25 ans, la Monusco comprend quelque 17.000 Casques bleus pour un budget annuel de plus d'un milliard de dollars. C'est l'une des plus importantes missions de paix de l'ONU dans le monde.

Elle soutient l'armée congolaise dans la lutte contre des nombreux groupes armés locaux et étrangers, surtout dans la partie orientale du pays.

Les milices ougandaises des Forces démocratiques alliées (ADF), les rebelles de Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et les rebelles burundais des Forces nationales de libération (FNL) y sont considérés comme les plus actifs.

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Tshisekedi annonce des consultations et promet des décisions qui “n’excluront aucun cas de figure”

Président Félix Tshisekedi à son bureau, Kinshasa, 23 octobre 2020. (Twitter/Présidence RDC)

Confronté à de vives tensions avec ses alliés du FCC, le président Félix Tshisekedi a choisi des consultations avec la classe politique et sociale dans l'optique de créer une nouvelle dynamique qui l’accompagnera pour le reste de son mandat.

Fustigeant “anti-valeurs” et “tactiques politiciennes”, le président congolais Félix Tshisekedi a annoncé vendredi qu'il allait initier dans les prochains jours des consultations avec "les leaders politiques et sociaux les plus représentatifs" dans le but de "créer une union sacrée de la nation".

Il l’a annoncé lors d’une adresse à la nation, trois jours après la prestation de serment controversée de trois des juges qu'il avait nommés à la Cour constitutionnelle. Un acte qui a aggravé une crise latente qui existait déjà avec le Front commun pour le Congo (FCC), la famille politique de son prédécesseur Joseph Kabila.

Le FCC accuse le président d'avoir violé la Constitution et opéré un passage en force.

Elu à la présidence fin 2018, M. Tshisekedi s’est retrouvé face à une majorité législative écrasante issue du régime de son prédécesseur.

Bon gré mal gré les deux ont conclu un "deal" et choisi de composer dans une coalition en lieu place d’une cohabitation. Mais cela ne semble pas aller comme sur les roulettes.

Les rapports au sein de la coalition sont plutôt tendus, avec des épisodes de séismes récurrents quasiment tous les deux mois.

Le Chef de l’Etat congolais a, dans son allocution, dépeint en quelques mots les embûches qui se dressent dans la marche de la coalition CACH-FCC.

Il a parlé de "deux ans de divergence persistante qui plombe les ailes de l’espoir vers le développement".

Parmi lesquelles le manque de vision commune quant à la marche du pays, à l’Etat de droit et au fonctionnement des institutions.

"Ces divergences portent notamment sur les questions relatives la paix et la sécurité nationale, la Commission électorale nationale, à l’organisation des élections, à la gestion du portefeuille de l’Etat, à la territoriale, à la diplomatie, à l’indépendance de la justice et à l’instauration de l’Etat de droit qui sont un enjeu majeur pour la nation", a étayé M. Tshisekedi.

"Je ne laisserai aucun arrangement politique, de quelque nature que se soit, primer sur mes prérogatives constitutionnelles et sur l’intérêt supérieur du peuple congolais. Je ne transigerai pas avec les intérêts supérieurs de la nation", a-t-il prévenu.

La vielle le FCC -- majoritaire au Sénat et à l'Assemblée nationale -- avait dans une déclaration inédite refusé de reconnaitre les trois nouveaux juges.

Des hauts cadres avaient carrément boycotté la prestation de serment des juges. La machine était donc grippée.

Pour Ferndinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratique (PPRD) de l'ancien président Joseph Kabila, son clan attendait plutôt un discours conciliant de M. Tshisekedi.

"Le discours du président de la république est décevant", a-t-il déploré via Twitter.

Félix Tshisekedi s'adresse aux Congolais en pleine crise avec le camp pro-Kabila

Le président congolais Félix Tshisekedi dans son bureau à Kinshasa, 22 octobre 2020. (Twitter/Présidence RDC)

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a promis de s'adresser à la nation vendredi, en pleine crise avec ses partenaires de la majorité parlementaire fidèle à son prédécesseur Joseph Kabila.

"Le chef de l'État s'adressera à la nation ce vendredi 23 octobre 2020. A cet effet, la 54e réunion du conseil des ministres prévue le même jour est reportée à une date ultérieure", a indiqué jeudi soir la présidence de la République dans un bref communiqué.

Ces annonces interviennent alors que la tension est remontée cette semaine entre le président Tshisekedi et ses partenaires de la majorité parlementaire du Front commun pour le Congo (FCC), fidèle à son prédécesseur Joseph Kabila.

Mercredi, au siège du parlement, M. Tshisekedi a fait le signe de la victoire dans sa bataille politique autour de la très stratégique Cour constitutionnelle face au camp Kabila.

L'ancien président de la RDC Joseph Kabila a pris son siège de Sénateur à vie à la rentrée parlementaire à Kinshasa, 15 septembre 2020. (Facebook/Sénat RDC)
L'ancien président de la RDC Joseph Kabila a pris son siège de Sénateur à vie à la rentrée parlementaire à Kinshasa, 15 septembre 2020. (Facebook/Sénat RDC)

Malgré l'opposition du FCC, le président a assisté à la prestation de serment des trois nouveaux membres de la Cour constitutionnelle qu'il a nommés par ordonnance en juillet.

La cérémonie s'est déroulée à l'absence des présidents de l'Assemblée et du Sénat, Jeanine Mabunda et Alexis Thambwe Mwamba, du Premier ministre Sylvestre Ilunga et de même que les nombreux ministres et parlementaires pro-Kabila, majoritaires.

Jeudi, le FCC a qualifié d'"irrégulière" cette cérémonie de prestation de serment "des personnalités nommées de manière illégale". Pour cette plateforme politique, M. Tshisekedi a fait "le choix délibéré de violer la Constitution" à travers "un passage en force".

Investi le 24 janvier 2019, M. Tshisekedi gouverne en coalition avec le FCC de son prédécesseur Kabila avec qui il a signé un accord politique.

La Cour constitutionnelle a le pouvoir de valider ou invalider les candidatures à la présidentielle, mais également les résultats de ce scrutin.

Le quotidien La Prospérité propose d'analyser les deux dernières années dans le contexte de la prochaine élection présidentielle, prévue en 2023. Selon le quotidien, "le FCC ne jure que sur le retour de Joseph Kabila à la tête du pays."

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