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RDC

Dix civils tués par des miliciens malgré des opérations en cours

Le président Félix Tshisekedi à sa descente d'avion à Beni, Nord-Kivu, le 16 avril 2019. (Facebook/Fatshi News)

Dix civils ont été tués mardi soir dans une attaque attribuée à la milice d'origine ougandaise des Forces démocratiques alliées (ADF) à soixante kilomètres au nord de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, ont indiqué mercredi des sources locales.

"Les ADF ont fait incursion vers 20H00 (18H00 GMT) dans la localité de Kokola. Ils ont tué dix civils, certains par arme blanche et d'autres par arme à feu", a déclaré à l'AFP Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni.

L'armée régulière avait annoncé la semaine dernière des opérations d'"envergure" dans la région de Beni, théâtre de massacres de civil depuis cinq ans et d'une épidémie d'Ebola déclarée le 1er août 2018.

"Les ADF sont coincés par le feu de l'armée congolaise. C'est ainsi qu'ils cherchent à semer la terreur au sein de la population", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'armée dans la région, le major Mak Hazukay.

"Nous continuons notre travail. Cependant nous déplorons ce qui est arrivé à nos compatriotes à Kokola", a-t-il ajouté, en refusant de se prononcer sur le bilan humain de l'attaque des miliciens.

Deux responsables de la société civile ont regretté que les opérations militaires se concentrent autour de la ville de Beni, qui abrite aussi une base de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco).

"Pourquoi les opérations militaires se concentrent-elles seulement autour de la ville de Béni ? Ce sont pourtant les agglomérations du territoire qui sont beaucoup plus visées par les ADF", a déclaré la présidente de la société civile, Noella Katongerwaki.

"Nous saluons le lancement des opérations militaires mais nous demandons que cela se fasse sur les trois axes: centre, sud et nord", a renchéri son collègue Teddy Kataliko.

"Ces opérations ont été lancées seulement au centre, autour de Beni ville, et nous avons l'impression qu'on laisse un couloir vers le nord où nous avons observé les déplacements des ADF de l'est vers l'ouest pour s'échapper", a-t-il développé.

Historiquement des rebelles ougandais qui luttent contre le président Yoweri Museveni, les ADF se sont repliés dans l'est de la RDC dans les années 90.

L'État islamique a revendiqué certaines de leurs dernières attaques depuis le début de l'année, mais il n'y a pas de preuve irréfutable d'une affiliation des ADF au "groupe Etat islamique - province d'Afrique centrale".

Un rapport des Nations unies propose un retrait sur trois ans des quelque 16.000 Casques bleus déployés en RDC. Le Conseil de sécurité doit prolonger dans les prochains jours le mandat de la Monusco.

La Monusco "continuera de protéger les agglomérations et la population congolaise, mais, également à la demande des forces armées congolaises, elle pourra apporter des appuis de différentes sortes", avait indiqué le porte-parole de l'armée le général Léon Kasonga au lancement des opérations dans la région de Beni.

Avec AFP

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Kabila de retour après un séjour de 12 jours à l'étranger

L'ancien président Joseph Kabila à Kolwezi, Lualaba, le 12 décembre 2020 (Twitter / Barbara Nzimbi)

L'ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila, écarté depuis décembre de la cogestion du pays par son successeur Félix Tshisekedi, est rentré vendredi dans son fief de Lubumbashi (Sud-Est) après un séjour de douze jours à l'étranger a-t-on appris de son entourage.

"Lors de son séjour à l'étranger, il a fait des étapes à Abou-Dhabi, Dubai (Émirats arabes unis), Dar es salaam (Tanzanie), Harare (Zimbabwe) et Lusaka (Zambie)", a déclaré à l'AFP Lubunga Bya Ombe, son ancien chargé des missions.

"Il était prévu ce (vendredi) matin à Lusaka un entretien avec Dr Kenneth Kaunda (ancien chef de l'Etat zambien), mais ce dernier n’était pas en forme. A Harare, c’était à l’invitation du président Emmerson Mnangagwa avec qui il a eu des entretiens sur la situation générale dans la région. Le reste des étapes du voyage revêtait un caractère privé", a-t-il ajouté.

M. Kabila avait quitté le RDC le 21 février pour un voyage à l'étranger sans en indiquer la destination ni la durée, cinq jours après la nomination d'un nouveau Premier ministre fidèle à son successeur Félix Tshisekedi.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes avaient considéré ce voyage comme un exil, après la fin de la coalition au pouvoir Tshisekedi-Kabila, décrétée par l'actuel chef de l'Etat le 6 décembre. Un député pro-Kabila avait même écrit un peu rapidement que M. Kabila quittait "définitivement" la RDC.

Tous les proches de l'ancien président Kabila ont depuis été écartés successivement de la tête des institutions politiques du pays, tandis qu'une bonne partie de la classe politique a quitté M. Kabila pour faire allégeance à M. Tshisekedi.

Les président de l'Assemblée nationale et du Sénat, ainsi que le Premier ministre sont désormais issus de la nouvelle majorité dite de "l'Union sacrée" acquise à la cause du président Tshisekedi.

M. Kabila, au pouvoir pendant 18 ans (2001-2019), est resté muet depuis que M. Tshisekedi a lancé son offensive politique contre leur ancienne coalition.

Des milliers de réfugiés centrafricains vivent dans des abris de fortune

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Modeste Bahati élu président du Sénat

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Le Sénat congolais se dote d'un bureau pro-Tshisekedi

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Modeste Bahati Lukwebo élu président du Sénat de la RDC

Modeste Bahati Lukwebo, leader de l'AFDC-A (Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés), Kinshasa, 5 décembre 2018. (Facebook/Bahati Lukwebo).

Modeste Bahati Lukwebo, leader de la deuxième plateforme majoritaire au parlement, l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) a été élu mardi président de la chambre haute de la RDC. C'est lui qui a fait basculer la majorité en faveur du président Félix Tshisekedi.

Une victoire sans surprise car M. Bahati, 65 ans, était le candidat unique au poste du chef du Sénat congolais.

Sur les 98 sénateurs présents, 89 ont voté en sa faveur.

Nommé "informateur" après les consultations au terme desquelles le président Félix Tshisekedi a proclamé la rupture de l’alliance de gouvernement conclue avec le Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila, M. Bahati est parvenu à se positionner comme un incontournable dans la classe politique congolaise.

Comme informateur, sa tâche était d’identifier la nouvelle majorité. Ce qu’il a fait en permettant à l’Union sacrée, chère au chef de l'État, d'asseoir son emprise sur l'échiquier politique national.

Ancien du FCC, M. Bahati était en fait l’un de tous premiers transfuges à changer de bord.

Son départ avait déclenché l’avalanche d’autres traversées des Kabilistes qui jusque là avaient fait voeu de fidélité à l'ex-président.

Des indiscrétions du FCC affirment que M. Bahati avait demandé à M. Kabila le fauteuil du Premier ministre et s'était aussi proposé comme candidat à M. Kabila à la succession de M. Kabilia lors de la présidentielle de décembre 2018. En vain.

Frustré, M. Bahati, ancien syndicaliste et membre de la société civile, a bataillé dur et s’est fait allié au président Tshisekedi.

Cette alliance a même donné des ailes au président Tshisekedi qui, n’ayant pas la majorité, y a vu une opportunité de faire basculer le poids au parlement en sa faveur.

M. Bahati, pour sa part, confirmait ses appétits et ses ambitions.

Comme président du Sénat, M. Bahati devient la deuxième personnalité du pays et à ce titre, la Constitution lui accorde de remplacer le chef de l’Etat en cas d’empêchement.

L’élection de M. Bahati est le tout dernier mouvement dans le cadre de la vague de l’Union sacrée qui a fait tomber le bureau définitif de deux chambres, jusqu'ici dominées par des Kabilisites.

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