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RDC

Reprise des massacres en RDC : au moins 36 civils tués à la machette à Beni

Une maison incendiée après une attaque à Beni en RDC, le 14 octobre 2018. (VOA/Charly Kasereka)

Au moins 36 civils ont été tués à la machette dans la nuit de mardi à mercredi près de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, nouveau massacre après quelques semaines d'accalmie.

Paysans achevés à l'arme blanche, le soir en brousse de retour des champs ou au village à la nuit tombée: le mode opératoire porte la signature du redoutable groupe armé des ADF, d'après les autorités et les survivants.

La tuerie a commencé mardi soir à Manzingi, au nord-ouest de la cité d'Oicha. "Les ennemis sont entrés à 19H00. Ils ont trouvé les gens en train de manger et ils les ont bloqués. Certains ont pu s'échapper et les autres ont été décapités", témoigne Kambale Kapisi, 32 ans, auprès de l'AFP.

Blessé à la tête, son frère est l'un des deux survivants opérés à l'hôpital d'Oicha.

"Le malade a plusieurs plaies par machette. Il y a des plaies qui atteignent même l'os", témoigne le Dr Andre Makasani.

"Ce sont des types de blessures que nous avons déjà eues plusieurs fois ici, à chaque fois qu'il y a carnage aux alentours de la cité d'Oicha", ajoute le médecin.

- Massacres toute la nuit -

Les massacres ont duré toute la nuit, d'après l'ONG des droits de l'homme Cepadho.

"Parmi ces victimes, certaines femmes auraient été violées par les bourreaux avant d'être tuées", dénonce dans un communiqué le député provincial Jean-Paul Paluku. "Les bourreaux ont introduit des sticks (ndlr: bâtons) d'arbres dans leurs organes génitaux", s'indigne-t-il.

"Du jamais vu", conclut l'élu local pour qui "cette nouvelle méthode d'opérer" marque une volonté "d'humiliation de la communauté".

Le bilan de 36 morts est établi par la société civile, qui ramasse et enterre les corps, et l'administrateur du territoire, qui supervise la police.

"Il y a au moins 30 morts dans le village de Manzingi Mabundu. Attaque attribuée aux ADF", indique également une source de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco).

Au total, les Forces démocratiques alliées (ADF) sont accusées d'avoir tué près de 300 personnes depuis début novembre, et plus d'un millier depuis octobre 2014 dans la région de Beni.

D'après les experts, les ADF se vengent depuis novembre sur les civils de l'offensive lancée par l'armée congolaise contre leurs bases dans la forêt et la jungle autour de Beni.

L'armée s'est félicitée d'avoir repris le QG des ADF et d'avoir tué cinq de leurs six chefs.

Rassurante, l'armée avait invité la population à reprendre des travaux dans les champs repris aux ADF. Le génie militaire s'est engagé à réhabiliter une route qui conduit vers la frontière ougandaise.

Une seule attaque attribuée aux ADF avait été enregistrée en janvier. Elle avait fait six morts.

- Laissée pour morte -

"Je suis tombée par terre et j'ai senti un coup de machette dans le cou. Ils m'ont abandonnée en croyant que j'étais morte", témoigne une survivante de cette attaque, survenue la semaine dernière, Adèle Kavira Kighoma, 21 ans, à l'hôpital d'Oicha.

L'attaque de mardi soir a eu lieu à l'ouest de la Route nationale 4 Beni-Oicha-Eringeti. Or les ADF opèrent généralement à l'est de cet axe, vers la frontière ougandaise.

"La présence de l'ennemi à l'ouest (ndlr: de la RN4) est bien documentée mais curieusement il n'y a pas d'opérations militaires qui soient organisées dans cette zone-là", analyse un responsable de la société civile, Janvier Kasereka.

"L'ennemi en errance (...) se reconstitue à l'ouest", ajoute-t-il, cité par le site d'information actualité.cd.

Un pasteur a été tué dans la nuit de mardi à mercredi à Eringeti dans une autre attaque, selon des sources locales.

A l'origine, les ADF sont des rebelles musulmans ougandais qui se sont installés dans l'est de l'actuelle RDC en 1995. Ils ne lancent cependant plus d'attaques contre les frontières de l'Ouganda voisin depuis des années.

Les ADF "possèdent les caractéristiques à la fois d'un groupe armé et d'une organisation criminelle, et semblent suivre une idéologie islamiste extrême", selon un rapport remis la semaine dernière au Conseil de sécurité des Nations unies.

Il n'y a pas assez d'éléments de renseignements pour prouver "des liens avec des groupes extrémistes islamiques internationaux", ajoute le rapport.

Il souligne que "les ADF entretiennent des liens étroits avec la population locale et font partie intégrante de l'économie illicite dans la région de Beni".

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L'ambassadeur tué en RDC "a été trahi" par un proche, selon sa femme

Les carabiniers transportent le cercueil de l'ambassadeur italien Luca Attanasio dans la Basilique de Sainte Marie des Anges et des Martyrs à Rome, le 25 février 2021.

Selon le quotidien italien Il Messaggero, l'ambassadeur Luca Attanasio a été trahi par une personne proche de la famille.

C'est ce qui ressort d'une interview accordée par la veuve de l'ambassadeur tué lundi dans une embuscade en République démocratique du Congo (RDC).

Luca Attanasio, 43 ans, circulait dans la province du Nord-Kivu (est), près de la frontière avec le Rwanda, à bord d'un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) lorsque celui-ci a été pris dans une embuscade.

L'ambassadeur, son garde du corps italien, le carabinier Vittorio Iacovacci, 30 ans, et un chauffeur congolais du PAM, Mustafa Baguma Milambo, 56 ans, ont été tués par balles.

Pour sa veuve, Zakia Seddiki, "Luca a été trahi par quelqu'un qui nous est proche, proche de notre famille". "Quelqu'un qui connaissait ses déplacements a parlé, l'a vendu et l'a trahi", a-t-elle ajouté, sans plus de précisions.

Les circonstances de la fusillade devront être éclaircies par les enquêtes du PAM et de l'ONU à qui le chef de la diplomatie italienne, Luigi Di Maio, a demandé "le plus rapidement possible, des réponses claires et exhaustives".

Le parquet de Rome, où se trouve le siège mondial du PAM, a ouvert de son côté une enquête pour "séquestration de personnes à des fins terroristes", selon la presse italienne.

Les autorités congolaises accusent les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), installées dans l'est de la RDC. Mais dans un entretien accordé à VOA Afrique, un porte-parole des FDLR, Cure Ngoma, a nié toute implication dans cette attaque. Il s'est dit prêt à témoigner, tout en réclamant une enquête internationale et impartiale.

Selon les autorités congolaises et italiennes, l'attaque s'est produite à trois kilomètres de la commune de Kiwanja, où Luca Attanasio et des fonctionnaires du PAM devaient visiter une école.

Selon le journal La Stampa, Luca Attanasio, arrivé en RDC en 2017, avait demandé l'année suivante au ministère italien des Affaires étrangères une escorte de quatre carabiniers, comme celle dont bénéficiait son prédécesseur, au lieu des deux alors en poste. Après une mission d'inspection en RDC, le ministère a refusé sa demande, écrit le quotidien.

Le PAM et le ministère italien des Affaires étrangères n'avaient pas immédiatement répondu vendredi aux sollicitations de l'AFP.

Après des funérailles d'Etat organisées jeudi à Rome, Luca Attanasio devait être inhumé samedi dans sa ville de Limbiate, près de Milan (nord).

Mort de l'ambassadeur Attanasio: les FDLR rejettent toute responsabilité
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Retour d'Ebola: les experts optimistes

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Hausse des prix de la viande dans les marchés maliens

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Les déplacements des diplomates en RDC soumis à des nouvelles règles

Le président Félix Tshisekedi conduisant à distance une réunion gouvernementale à la Cité de l'Union africaine, Kinshasa, le 26 juin 2020 (Facebook / Présidence de la RDC)

Les diplomates accrédités à Kinshasa sont désormais obligés de faire connaître au préalable aux autorités leurs déplacements à l'intérieur de la République démocratique du Congo, après l'assassinat lundi de l'ambassadeur italien dans l'est du pays, selon la télévision publique mercredi.

A l'issue de la réunion présidé mardi par le chef de l’État Félix Tshisekedi, il a été décidé que "tous les diplomates, présents sur le territoire national sont désormais, obligés de signaler tout déplacement à l'intérieur du pays auprès du gouvernement", a indiqué la présidence congolaise dans un communiqué.

Les diplomates "doivent absolument informer le ministère des Affaires étrangères" avant tout déplacement et "se signaler" aux responsables locaux à leur arrivée dans une entité, a déclaré la cheffe de la diplomatie congolaise Marie-Thérèse Tumba Nzeza à la télévision d’État, RTNC.

L'ambassadeur italien Luca Attanasio, 43 ans, est décédé après avoir été blessé par balles lorsque le convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) dans lequel il circulait a été pris dans une embuscade dans la province du Nord-Kivu (est), près de la frontière avec le Rwanda.

Son garde du corps italien, le carabinier Vittorio Iacovacci et un chauffeur congolais du PAM, Moustapha Milambo, ont aussi été tués.

Les corps des deux diplomates ont été rapatriés mardi à Rome. M. Milambo a été inhumé le même jour à Goma, capitale du Nord-Kivu.

L’Italie a demandé mercredi à l'ONU l'ouverture d'une enquête et des "réponses claires" après ce drame.

"Nous avons formellement demandé au PAM et à l'ONU l'ouverture d'une enquête pour faire la lumière sur ce qui s'est passé, les raisons justifiant le dispositif de sécurité mis en place et à qui incombe la responsabilité de ces décisions", a déclaré Luigi Di Maio devant les députés italiens.

La province troublée du Nord-Kivu est considérée comme une des zones les plus dangereuses de la RDC, à la lisière du parc national des Virunga.

Selon des responsables humanitaires, la route sur laquelle circulait le convoi ne nécessitait toutefois pas d'escorte.

Le corps de l'ambassadeur italien et celui de son garde du corps ont été rapatriés

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