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RDC

Au moins 19 civils tués dans un nouveau massacre près de Beni en RDC

Enterrement d'une femme tuée lors d'une attaque présumée des ADF à Beni le 12 novembre 2018.

Au moins 19 civils ont été tués dans un nouveau massacre attribué au groupe armé des ADF près de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, où des manifestations violentes dénoncent depuis une semaine la "passivité" de l'ONU et des autorités face aux tueries.


L'ONU a par ailleurs annoncé l'ouverture d'une enquête sur la mort d'un manifestant congolais tué lors d'un face à-face avec des Casques bleus mardi.

Le dernier massacre a eu lieu à 30 km au nord de Beni, à l'entrée d'une zone appelée "le triangle de la mort" en raison des tueries qui s'y déroulent depuis plusieurs années.

"Bilan revu à la hausse. 19 morts", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), qui avait auparavant documenté 13, puis 14 victimes.

La Monusco "a envoyé dès ce (mercredi) matin une force d'intervention rapide avec des militaires congolais", a-t-il ajouté.

Le bilan a été confirmé par les chercheurs du Groupe d'études sur le Congo (GEC) de l'université de New York.

Au total 99 personnes ont été tuées dans la région de Beni par des groupes armés depuis le 5 novembre, d'après le comptage du GEC.

Les auteurs de ces tueries sont dans "l'immense majorité des cas" des membres du groupe armé d'origine ougandaise des Forces démocratiques alliées (ADF), selon un membre du GEC.

En réponse à ces tueries, la région de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est agitée depuis une semaine par des manifestations anti-ONU, qui ont fait au moins sept morts depuis samedi.

Un manifestant a été blessé mercredi matin à Goma par la police congolaise, et une dizaine d'autres ont été interpellés, a constaté un journaliste de l'AFP.

"La Monusco assiste passivement aux massacres alors que sa mission principale est la protection des civils", a déclaré l'un des manifestants, Fiston Muhindo.

Mercredi, l'ONU a annoncé l'ouverture d'une "enquête" interne sur la mort d'un manifestant congolais tué lors d'un face à face avec des Casques bleu, mardi à Beni.

"Les éléments que nous avons nous font dire que ce sont les Casques bleus qui sont responsables de la mort de ce jeune homme", a déclaré à l'AFP le porte-parole intérimaire de la Monusco à Kinshasa, Mathias Gillmann.

- Appel à la "retenue"-

"Selon nos informations, un jeune homme s'apprêtait à lancer un cocktail molotov, et un des Casques bleus a apparemment tiré sur lui", a-t-il ajouté.

Le jeune homme a été touché à la tête lors d'un face à face entre une centaines de manifestants et des Casques bleus malawites devant une base civile de la Monusco, avait constaté un correspondant de l'AFP.

La base avait été saccagée la veille.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué avoir pris en charge 27 blessés "suite aux manifestations ayant éclaté ces derniers jours" dans les hôpitaux que le CICR soutient dans la région de Beni.

"Nous demandons à tous les acteurs de faire preuve de retenue", a déclaré le chef du bureau de la Croix Rouge à Beni, Nour Khadam.

"La population civile ne devrait pas être ciblée et les organisations humanitaires, les structures et le personnel médical doivent être respectés", a-t-il ajouté.

Un manifestant tué samedi, apparemment par la police, a été enterré mercredi dans le calme à Beni, a constaté un correspondant de l'AFP.

L'armée congolaise avait annoncé le 30 octobre des opérations militaires contre les bases des ADF dans la région de Beni.

Les tueries attribuées aux ADF sont des représailles sur les civils, d'après les observateurs.

La présidence de RDC a annoncé lundi des opérations militaires conjointes avec les Casques bleus de la Monusco dans la région.

A l'origine, les ADF sont des rebelles ougandais musulmans hostiles au président Yoweri Museveni, qui se sont repliés dans l'est de l'actuelle RDC en 1995.

Ils ne lancent plus depuis longtemps d'attaques contre la frontière ougandaise voisine. Ils vivent repliés en autarcie et en famille dans la forêt et la jungle autour de Beni, terrorisant les populations et pillant les magasins et le bétail. Leur nombre est estimé à quelques centaines de combattants.

Au total ils sont accusés d'avoir tués plus d'un millier de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

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La justice congolaise enquête sur la mort soudaine d'un juge qui présidait un procès de corruption

Les avocats quittent la prison de Makala à Kinshasa à la fin du procès en appel des assassins présumés de l'activiste Floribert Chebeya, le 27 novembre 2012, devant un tribunal militaire. (Photo Junior D. Kannah / AFP)

La mort soudaine et inattendue d'un juge qui présidait un procès très médiatisé sur la corruption en République démocratique du Congo a provoqué une onde de choc.

Mercredi le parquet du tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a initié une information judiciaire après le décès du magistrat Raphaël Yanyi Ovungu, qui présidait le procès de Vital Kamerhe, l'ancien directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi, poursuivi pour détournement de fonds.

Le parquet a aussi ordonné une autopsie du corps du juge, qui a été déclaré mort dans la nuit de mardi à mercredi dans un centre médical de Kinshasa après s'être plaint d'un malaise.

Le parquet demande au médecin légiste d'établir une autopsie afin d'établir la cause du décès du juge.

"Nous requérons monsieur le médecin légiste ...(d’) examiner le corps du feu Raphaël Yanyi Ovungu," indique une note de réquisition du parquet que VOA Afrique a parcourue.

Le juge Raphael Yanyi était un magistrat "intègre", selon l'avocat de Vital Kamerhe
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M. Kamerhe comparaît avec deux autres prévenus pour détournement des fonds destinés aux travaux de construction dans le cadre de 100 premiers jours du nouveau chef de l’Etat. Il maintient son innocence.

L’audience, qui doit reprendre le 3 juin, est à l’étape de l’audition des témoins.

Dans sa réquisition du médecin légiste, le parquet dit avoir ouvert une information judiciaire.

Me John Kaboto, avocat de M. Kamerhe interviewé par VOA Afrique, a déclaré que son client et sa défense regrettaient le décès brutal d’un magistrat "intègre et attentif" qui accordait aux prévenus la latitude de se défendre.

"Ce décès va nous retarder en ce sens qu’il faut que les magistrats s’organisent pour la recomposition du tribunal et il leur faudra du temps pour compulser tous les documents et s’imprégner de l’affaire," a affirmé Me Kaboto.

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