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République du Congo

RDC: neuf civils tués par des miliciens en Ituri, dont 5 enfants

La police patrouille à Bukavu dans l'Est de la RDC, le 25 février 2018. (VOA/Ernest Muhero)

Neuf civils, dont cinq enfants, ont été tués dans la nuit de mardi à mercredi en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo, où 531 personnes ont été massacrés depuis octobre, ont indiqué des sources locales.

La tuerie a de nouveau été attribué aux miliciens de la secte ethnico-mystique Coopérative pour le développement du Congo (Codeco).

Les auteurs de la tuerie ont fait une incursion dans le village de Lenga, dans le territoire de Djugu, où ils "ont tué 9 civils et blessé une autre", a déclaré à l'AFP Charité Banza, président de la société civile locale.

Parmi les personnes tuées figurent "trois hommes, une femme et cinq enfants de moins de 13 ans", a détaillé le chef coutumier Richard Dhedda Kondo.

Selon lui, au moins 150 maisons ont été incendiées, et des habitants ont fui après l'enterrement des morts.

Le porte-parole de l'armée Jules Ngongo a confirmé à l'AFP cette attaque sans fournir de bilan. L'armée a affirmé avoir tué "huit miliciens Codeco et procédé à une série d'arrestations" dont celle d'"un commandant".

Selon l'ONU, entre octobre et fin mai, au moins 531 civils ont été tués par des groupes armés en Ituri, dont 375 depuis mars.

En janvier, les Nations unies estimaient déjà que 701 personnes avaient été tuées dans cette région depuis décembre 2017.

Ces tueries "pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale", a prévenu le 4 juin la procureure de la CPI Fatou Bensouda.

La Codeco prétend défendre les intérêts de la communauté lendu (agriculteurs).

Les victimes se comptent majoritairement parmi les membres de la communauté Hema (éleveurs et commerçants), d'après les Nations unies.

Le 5 juin, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les droits de l'Homme (HCDH) a accusé dans un communiqué la Codeco et d'autres combattants Lendu de poursuivre "une stratégie de massacres de résidents locaux, principalement Hema, mais aussi Alur, depuis 2017", afin de contrôler les ressources naturelles dans la région.

Un conflit entre les milices des deux communautés Lendu et Hema, instrumentalisé par l'Ouganda voisin, avait fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003.

Les violences ont repris pour des motifs obscurs fin 2017, sans cette fois que l'Ouganda semble y jouer un rôle. Les Hema n'ont pas reconstitué de milices, s'en remettant à l'autorité de l'Etat.

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Les hôpitaux COVID-19 se vident rapidement

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Baisse significative des cas de Covid-19 dans les hôpitaux congolais

Hôpital de Mfilou réquisitionné pour les patients souffrant de la maladie Covid-19, le 9 octobre 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Les autorités sanitaires congolaises indiquent à Brazzaville que plusieurs centres de prise en charge des parents Covid sont vidés suite aux nombreuses guérisons.

L’annonce a été faite par le professeur Alexis Elira Dokekias, de la Commission de prise en charge des patients souffrant de la maladie Covid-19.

Le gouvernement n’affiche toutefois pas de triomphalisme à ce sujet et maintient quasiment toutes les mesures prises pour la lutte contre la propagation de cette pandémie.

"C’est que si actuellement on arrive sur plus de 200 cas à dépister deux positifs, alors qu’il y a quelque temps, il y avait plus de 80 positifs, cela veut dire que la situation s’est améliorée. Mais cela ne veut pas dire que le virus est parti", affirme le professeur Elira Dokekias.

Il confirme que dans la plupart des centres - comme Mfilou, Leyono, La Concorde ou le CHU à Brazzaville - il n’y a presque plus de malades.

Alors que le pays compte encore officiellement plus de 1.000 cas actifs, qu’est-ce qui peut justifier une telle baisse?

Selon l’épidémiologiste Achile Lanzy, "ces six dernières semaines, les patients qui sont infectés sont de plus en plus asymptomatiques, c’est-à-dire ne présentent pas de signes, ou sont posystomatiques, donc présentent très peu de signes".

"Tous les patients asymptomatiques dépistés positifs ne devraient plus obligatoirement être hospitalisés", révèle-t-il.

Observateur depuis le déclenchement de la crise sanitaire dans le pays, l’ambassadeur des Etats-Unis, Todd Haskell, conclut que le Congo doit avoir passé le pire.

Todd Haskell, ambassadeur des Etats-Unis à Brazzaville, le 2 octobre 2020. (VOA/Arsène Séverin)
Todd Haskell, ambassadeur des Etats-Unis à Brazzaville, le 2 octobre 2020. (VOA/Arsène Séverin)

"C’est moins grave maintenant, qu'il y a six mois. La situation est restée ici sous contrôle. Je crois que nous avons traversé le pire", commente le diplomate américain dont le pays a plusieurs fois aidé le Congo dans la lutte contre le coronavirus.

Il faut aussi noter que des hôtels, réquisitionnés pour les mises en quarantaine des cas suspects ou asymptomatiques, ont été désinfectés et s’apprêtent à reprendre leurs activités commerciales.

Selon son dernier point du 9 octobre dernier, l’OMS parle d’une trentaine de nouveaux cas dont un décès. Mais le gouvernement ne communique aucun chiffre depuis plus de deux semaines.

Selon les dernières données de l'Université Johns Hopkins, le pays a enregistré 5118 cas positifs et 90 décès. Au total, 3887 personnes se sont rétablies.

Les mesures de protection et de prévention restent en vigueur dans le pays.

Affaire Merveille Bazonzila: la société civile scandalisée par le rapport d'autopsie

Manifestation des populations à Nkayi après le décès de Merveille Bazonzela, le 30 septembre 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Les résultats de l'expertise médicale sur le corps de Merveille Bazonzila, décédée à Nkayi après une détention à la gendarmerie, indique qu'elle est décédée d'une asphyxie due à une convulsion. La société civile parle d'un scandale et appelle la justice à faire son travail pour la manifestation de la vérité.

L’expertise médicale a été effectuée le 5 octobre dernier par un médecin du service d’hygiène de Nkayi, Bienvenu Nkaya Bazounguila, pris comme corps de service litigieux. Il en ressort que Merveille Bazonzila est morte d’une asphyxie due à un état convulsif. On sait que la victime souffrait d’épilepsie depuis son enfance.

Cette jeune femme de 27 ans avait été battue par les gendarmes qui l’avaient interpellée pour non-port de masque. L’expertise médicale relève également un choc sur le crâne de la victime, soupçonnant une chute libre.

Des conclusions que rejette en bloc la société civile. Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme, réclame une contre-expertise.

"Au regard des témoignages que nous avons reçus, ce rapport ne nous convainc pas. Il est très scandaleux et visiblement le médecin a dû être sous pression", dénonce-t-il.

Le directeur exécutif de l’OCDH estime que la justice gagnerait si tout le monde s’impliquait dans la manifestation de la vérité. "Le devoir de transparence doit animer tout le monde. Les autorités doivent accepter qu’il y ait une vraie autopsie pour faire la lumière sur ce drame", indique Trésor Nzila Kendet.

Joint par VOA Afrique, le procureur de la République de Madingou, Casir Makaya, n’a pas souhaité commenter cette nouvelle pièce versée au dossier. Il a cependant rassuré que "cette expertise qui ne s’est faite que sur la partie externe du cadavre, n’était pas une autopsie" en tant que telle.

Mais, a-t-il, souligné, "elle s’est déroulée dans les règles de l’art, en présence de toutes les parties" dont la famille. Le procureur de la République a enfin appelé la population à être calme, en attendant les actes du procès à venir.

Alors que l’instruction judiciaire est en cours, Merveille Bazonzila a été inhumée mardi à Boko Songho, loin de l’agitation des jeunes de la ville de Nkayi.

Des Brazzavillois ne veulent plus de la statue de Pierre Savorgnan De Brazza

Un mémorial pour le colonisateur à Brazzaville, le 3 octobre 2020 (VOA/Arsène Séverin).

De nombreux Congolais de Brazzaville ont exprimé leur ras-le-bol, à l’occasion du 140e anniversaire de la fondation de Brazzaville, face à la célébration permanente du colonisateur français Pierre Savorgnan De Brazza.

Plusieurs cérémonies ont marqué la célébration des 140 ans de la fondation de Brazzaville. Partout, le nom de l’explorateur français Pierre Savorgnan De Brazza, son fondateur, a été magnifié. Or, depuis un moment, certains Congolais estiment que le pays a fait trop de la place à ce colonisateur.

Pour l’activiste Charlin Kinouani, il faut rebaptiser les espaces publics qui portent les noms des colons.

"On ne peut pas continuer à voir sur Brazzaville les noms de ceux qui nous ont colonisés, de ceux qui ont maltraité le peuple congolais. Les appellations comme ‘lycée Pierre Savorgnan De Brazza ou Square De Gaulle doivent cesser", s'insurge-t-il.

Le politologue Constant Ebara Pea, allant dans le même sens, estime que l’imposante statue de De Brazza en plein cœur de Brazzaville doit disparaître.

"Ce n’est que légitime parce que je pense qu’on pourrait voir en plein cœur de Paris qu’on élève une statue de Ngouabi, de Lissouba ou de Milongo", commente le politologue qui s’oppose contre toute forme "de domination".

Mais pour l’historien Melfon Kamba, le colonisateur Savorgnan De Brazza mérite encore de la reconnaissance et des éloges des Congolais.

"Quand il arrive ici, ce n’est pas pour Brazzaville, mais pour le Congo. Bien avant lui, il y avait des colons, mais personne n’a l’idée de nous réunir dans un espace comme celui-ci dans lequel nous vivons aujourd’hui", rappelle-t-il l’historien.

Le buste du roi Léopold II enlevé de la ville belge de Gand
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Le Congo a consacré depuis 2005 tout un mémorial à son colonisateur, un palais de marbre à coût de milliards de francs CFA. Sa directrice Belinda Ayessa défend que Savorgnan De Brazza fut un humaniste et que la population ne devrait pas déboulonner sa statue.

"Il faut dépassionner l’histoire, c’est très important. Que l’on ne déboulonne pas pour déboulonner parce que ces statues nous servent de repères dans notre histoire", affirme Belinda Ayessa.

Créée le 3 octobre 1880, Brazzaville a tour à tour été capitale du Moyen Congo, de l’Afrique équatoriale française et de la France libre. Elle s’apprête à célébrer, le 27 octobre prochain, malgré la protestation des activistes, le 80e anniversaire de l’appel à la résistance du général Charles de Gaule, lancé ici même.

Brazzaville: "Il faut déboulonner les statues"
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