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45 jihadistes de Boko Haram condamnés dans des procès à huit-clos au Nigeria


Des membres présumés de Boko Haram sont traduits devant un tribunal de N'Djamena, le 26 août 2015.

Le gouvernement nigérian a annoncé vendredi la condamnation de 45 jihadistes de Boko Haram, de trois à 31 ans de prison, lors d'un procès à huis-clos, dans le plus grand secret.

Les audiences se sont déroulés dans des tribunaux mis en place dans la base militaire de Kainji, dans l'Etat du Niger (centre), dont l'accès est interdit à la presse pour des raisons de sécurité.

Le ministre de l'Information, Lai Mohammed n'a donné aucune indication quant à l'identité des personnes condamnées, ni leur nom, ni leur âge, ni les raisons de leur condamnation ou encore où elles avaient été arrêtées.

Il a seulement révélé que les peines de prison ont été prononcées à la suite "des conclusions de la première phase du procès".

Quelques 468 accusés ont été relaxés, par manque de preuves, mais devront "suivre un programme de déradicalisation et réhabilitation, avant d'être reconduits" dans leur région d'origine.

28, selon lui, seront poursuivis lors de procès complémentaires à Abuja, la capitale fédérale ainsi que dans la capitale de l'Etat du Niger, Minna.

Au total, 1.669 suspects devraient passer devant ce tribunal ad hoc, qui a débuté ses audiences lundi: 1.631 hommes, 11 femmes, 26 jeunes garçons et une mineure.

Le ministère de la Justice a également prévu de juger 651 personnes à Maiduguri, l'Etat du Borno, région épicentre du conflit. Elles se trouvent actuellement en détention dans les casernes militaires de Giwa.

Des milliers de personnes arrêtées sont détenues depuis des années sans avoir eu accès à un avocat ou sans avoir comparu devant un juge.

En huit ans de conflit, seules 13 personnes avaient jusqu'à présent été jugées et neuf condamnées pour leurs liens avec Boko Haram, selon des chiffres officiels.

L'armée a par ailleurs été accusée par les organisations de défense des droits de l'homme de nombreuses arrestations arbitraires et d'exécutions sommaires.

La transparence du processus soulève également des inquiétudes, en raison de l'interdiction faite aux médias d'assister aux audiences, même si le gouvernement affirme que des observateurs internationaux sont présents, ce qui n'a pas pu être confirmé jusqu'à présent.

Le porte-parole de la Commission des droits de l'Homme des Nations Unies, Rupert Colville, a déclaré vendredi à Genève être "très inquiet", doutant que les accusés puissent bénéficier d'un procès juste, notamment à cause de leur nombre.

"Il est fondamental que les insurgés de Boko Haram soient poursuivis et s'ils sont reconnus coupables, qu'ils encourent des peines à la hauteur des massacres et des abus qu'ils ont commis", a-t-il précisé. "Mais le manque de transparence qui entoure le processus est inquiétant".

Avec AFP

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