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Les déplacés refusent d’être rapatriés par peur des violences relatives à Boko Haram au Nigeria


Les notables du village parlent des craintes des violences relatives à Boko Haram, à Monguro, Nigeria, 11 octobre 2017. (Twitter/Jan Egeland‏Verified account @NRC_Egeland)

La plupart de déplacés ayant fui Boko Haram refusent de regagner leur milieux d’origine, d’après un rapport du Conseil norvégien pour les réfugiés (CNR). 86% de 1,8 millions de déplacés affirment avoir peur de nouvelles violences malgré l’appel des autorités nigérianes, selon le document que VOA a reçu.

27.000 personnes déplacées dans le nord-est du Nigeria ont été interviewées au cours de l’enquête menée en partenariat avec REACH, le Conseil danois pour les réfugiés et le groupe de protection au Nigeria.

Selon le document, la grande majorité des 1,8 million de personnes déplacées dans le nord-est du Nigeria ne sont pas prêtes à rentrer chez elles.

Jan Egeland, secrétaire général du CNR, visite actuellement une visite le pays.

"Les conclusions du rapport sont incontestables. Lorsque 86% des gens nous disent qu'ils ne sont pas prêts à rentrer chez eux, nous devons écouter. Cela ne peut pas tomber dans l'oreille d'un sourd ", a-t-avertit.

"Les gens doivent décider de revenir de leur propre gré. Le fait de forcer les communautés à déménager est une recette mortelle qui risque d'aggraver le conflit," a-t-il indiqué.

L’insécurité est la principale raison évoquée par plus de 80% des personnes qui refusent de rentrer chez elles dans un avenir immédiat, selon le rapport.

Les déplacés et leurs communautés affirment craindre les attaques contre les civils qui sont en hausse.

L'armée nigériane a récemment gagné du terrain dans la lutte contre le groupe extrémiste islamiste Boko Haram. En réponse, le groupe armé a intensifié les attaques contre des cibles douces, y compris les marchés et les sites d'hébergement des personnes déplacées.

Beaucoup au sein du gouvernement du Nigeria sont désireux de voir les communautés revenir chez eux. "Bien que le but final soit que les communautés rentrent chez elles, la triste vérité est que ramener les par force aura des conséquences néfastes", a déclaré M. Egeland. "Une proportion écrasante de 85% des personnes vivant dans des camps formels nous disent qu'ils se sentent plus en sécurité là où ils étaient avant, malgré les attaques déplorables dans les camps," précise le secrétaire général du CNR.

M. Egeland dit avoir rencontré une femme dans la ville de Monguno, qui a fui son village il y a deux ans, après que Boko Haram l'ait incendiée

La femme "est impatiente de ramener ses six enfants à la maison, mais elle m'a dit que c'était trop tôt, que le groupe armé est toujours présent ", a fait savoir Egeland.

Même si la situation sécuritaire s'améliore, la moitié des personnes déplacées interrogées disent que leurs maisons ont été détruites pendant le conflit. 48% des personnes interrogées n'ont pas d'informations sur l'état actuel de leur logement, ce qui indique que ce chiffre pourrait être beaucoup plus élevé.

Le rapport recommande les mesures nécessaires avant que les personnes déplacées du Nigeria puissent rentrer chez elles. Premièrement, la situation sécuritaire globale doit s'améliorer pour que les communautés se sentent en sécurité. En outre, les ressources doivent être canalisées dans la reconstruction des maisons et le rétablissement des moyens de subsistance. Il est important que les communautés déplacées participent à l'élaboration de ces programmes.

"Les gens ont besoin d'un toit au-dessus de leurs têtes et de la perspective de gagner leur vie, s'ils veulent avoir une chance de reconstruire leur vie", a expliqué M. Egeland. "Nous sommes prêts à travailler avec le gouvernement pour aider les déplacés nigérians à rentrer chez eux. Mais les mouvements doivent être volontaires, sûrs et éclairés. "

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