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Gabon

Plusieurs hauts responsables suspendus

Les gens visitent la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) à Owendo, port de Libreville le 11 octobre 2012.

Le gouvernement gabonais a annoncé jeudi avoir suspendu plusieurs hauts responsables de l'administration gabonaise après la disparition fin avril de centaines de conteneurs chargés de kévazingo, un bois précieux interdit d'exploitation, saisis par la justice deux mois plus tôt.

Les investigations de ce que certains dans la presse gabonaise ont baptisé le Kévazingogate, se poursuivent et les autorités ont prévenu que personne ne serait à l'abri, pas même des membres du gouvernement s'ils étaient impliqués.

Les résultats "d'une enquête confiée à la direction générale des contre-ingérences ont relevé à ce jour de graves et inadmissibles dysfonctionnements ainsi que des complicités actives et passive, dans les administrations des Eaux et forêts et des douanes", a déclaré jeudi la porte-parole du gouvernement, Nanette Longa-Makinda.

Plusieurs hauts cadres ont été suspendus de leurs fonctions, dont le directeur de cabinet du ministère des Eaux et Forêt ainsi que celui de l'Economie.

Fin février et début mars, près de 5.000 mètres cube de kévazingo (d'une valeur d'environ 7 millions d'euros) avaient été découverts dans deux sites d'entreposage appartenant à des sociétés chinoises, au port d'Owendo, à Libreville.

Une partie du kévazingo était chargée dans des conteneurs sur lesquels figurait le tampon du ministère des Eaux et forêts indiquant une cargaison d'okoumé, une essence de bois dont l'exploitation est autorisée.

Après la découverte de ces documents falsifiés, le responsable de ce ministère au port et son équipe avaient été arrêtés, soupçonnés d'être impliqués dans ce trafic.

Mais le 30 avril, 353 de ces conteneurs, placés sous l'autorité de la justice, s'étaient mystérieusement volatilisés.

La justice gabonaise a mis en cause lundi un influent entrepreneur chinois, accusé d'être le cerveau d'un trafic de kévazingo, avec la complicité de fonctionnaires gabonais.

Deux cents conteneurs ont par la suite été retrouvés dans les entrepôts de deux entreprises différentes.

"Le Premier ministre avait déclaré que son gouvernement serait exemplaire, et que les membres de son gouvernement qui s'éloignerait de cette attitude serait sanctionnés. Les membres du gouvernement qui seraient impliqué dans cette affaire sont invités à en tirer les conséquences qui s'imposent", a ajouté la porte-parole.

Le kévazingo est un bois rare d'Afrique centrale très apprécié en Asie, notamment pour la réalisation de portails de temples, de tables de thé et de tables de réunions.

Représentant 60% du PIB (hors hydrocarbures), le secteur forestier est l'un des piliers historiques de l'économie du Gabon, un pays recouvert à près de 80% par la forêt.

Fin mars, le rapport d'une ONG britannique avait dénoncé les pratiques illégales d'un groupe chinois à l'origine d'un vaste trafic d'exploitation de bois au Gabon et au Congo, accusant notamment plusieurs personnalités politiques et agents de l'administration d'être impliqués.

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Deux morts à Libreville dans des manifestations contre les mesures anti-Covid

Le président gabonais Ali Bongo assiste à la cérémonie de clôture du tournoi de football de la Coupe d'Afrique des Nations 2017 à Libreville, le 5 février 2017.

Deux hommes ont été tués par balles jeudi soir à Libreville dans des manifestations contre les mesures restrictives de lutte contre le Covid-19, ont annoncé vendredi la police et le Parquet gabonais qui les accusent d'avoir violé le couvre-feu.

Depuis trois jours, des habitants de la capitale et d'autres grandes villes bravaient le couvre-feu en tapant sur des casseroles et des bidons, mais jeudi soir, ces rassemblements sporadiques ont dégénéré en affrontements avec la police.

Dans des quartiers populaires de Libreville, "les personnes qui ont dressé les barricades ont accueilli les forces de l'ordre avec des jets de pierres, de cocktails Molotov ou de barres de fer", a déclaré dans un communiqué filmé le général Serge Hervé Ngoma, le chef de la Police nationale.

"Dans des circonstances encore non élucidées, deux personnes parmi les contrevenants à Libreville ont subi des blessures par balles et succombé à ces dernières", a-t-il ajouté.

"Une enquête administrative a été ouverte et, s'il s'avère que des fautes ont été commises, ce qui reste à démontrer, elles seront sanctionnées", a ajouté le chef de la police.

Les deux hommes ont été blessés par balles et n'ont pu être sauvés malgré leur transport à l'hôpital, a assuré André Patrick Roponat, procureur de la République de Libreville, ajoutant que le Parquet avait ouvert une enquête judiciaire pour élucider les circonstances de leur décès.

Selon le magistrat, "des personnes portant des cagoules à bord d'une voiture ont ouvert le feu".

Dans certains médias, les deux victimes sont présentées comme de jeunes hommes, dont l'un étudiait à l'université de Libreville.

Le Gabon a rallongé il y a une semaine son couvre-feu, le faisant commencer dès 18H00 au lieu de 20H00 et a interdit les entrées et sorties de la capitale vers les provinces, afin d'enrayer une "hausse inquiétante" des cas de Covid-19.

Les bars et les discothèques sont fermés depuis près d'un an et même si un strict confinement lors de la première vague de Covid au printemps a été levé en mai 2020, des secteurs entiers de l'économie et, surtout, l'économie informelle dont vivent d'innombrables familles, sont sinistrés, déclenchant ces récents mouvements de colère.

Ce petit pays d'Afrique centrale peuplé d'un peu moins de 2 millions d'habitants, a été jusqu'alors relativement épargné par la pandémie, avec 13.553 cas détectés officiellement depuis les premiers il y a un an, et 75 morts à ce jour.

Mais, "la seconde vague que notre pays traverse est plus que redoutable", a assuré vendredi le ministre de la Santé, Guy Patrick Obiang Ndong. "En moins de deux mois, nous avons enregistré plus de 4.000 cas positifs à la Covid-19", ce qui présente environ un tiers du total sur un an, a-t-il poursuivi. Un cas de variant britannique a été officiellement détecté à ce jour, selon lui.

La “révolution des casseroles” fait au moins deux morts au Gabon

Une ambulance est garée devant le siège du service médical d'urgence SAMU social à Libreville, le 18 décembre 2017.

Deux personnes sont mortes au Gabon après que des manifestants ont investi les rues de plusieurs villes du pays pour protester contre les restrictions de mouvement imposées par le gouvernement dans le but de freiner la propagation du coronavirus, a annoncé vendredi le chef de la police nationale.

"Dans des circonstances non encore élucidées, deux personnes à Libreville ont subi des blessures par balles et en ont succombé", a dit le général de brigade Serge Hervé Ngoma, lors d'une déclaration pré-enregistrée qui a été diffusée sur Facebook.

Le commandant en chef de la police a ajouté qu'une enquête a été ouverte, tout en rejetant les accusations selon lesquelles l’une de ses unités, la Brigade Anti Criminalité, est régulièrement coupable d’actes de torture. Il a ajouté que la police a intenté un procès contre des personnes non identifiées qui, selon lui, dénigrent le chef de la police.

"Répression aveugle et sanglante"

Mais les activistes racontent une toute autre histoire.

George Mpaga, président d'une coalition d'organisations de la société civile gabonaise, a déclaré à VOA Afrique dans une interview que le nombre réel des victimes pourrait s’élever à quatre personnes. "Nous ne connaissons pas le nombre exact pour l'instant", a-t-il déclaré.

Dénonçant une "répression aveugle et sanglante", l'ancien ministre Alexandre Barro Chambrier, désormais opposant, a demandé "que toute la lumière soit faite sur les circonstances qui ont entraîné la mort de ces jeunes compatriotes afin que les coupables soient identifiés et traduits en justice", via son compte Facebook.

Selon Orca Boudiandza Mouele, directeur de publication du journal La Cigale Enchantée, la manifestation consiste à exhorter les gens à sortir la nuit pour faire du bruit en tapant sur des casseroles.

"Ça a commencé timidement mais dans la nuit de jeudi à vendredi, le mouvement a pris de l'ampleur", a déclaré le journaliste.

Certaines personnes ont quitté leur maison pour frapper des ustensiles dans la rue et d'autres ont érigé des barricades, a-t-il ajouté.

Covid: "Les populations croient que le gouvernement gabonais est allé trop loin"
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"Impossible" de trouver un moyen de transport

Les manifestants reprochent aux autorités une gestion hasardeuse, opaque et arbitraire de la pandémie, s’accordent à dire les activistes. Plus précisément, ils dénoncent l’imposition d'un couvre-feu à partir de 18 heures, la fermeture obligatoire des magasins vers le milieu de l'après-midi et l'obligation que certains employés produisent chaque semaine un test covid négatif, pour lequel ils doivent payer de leur propre poche.

"C'est très difficile, il m'arrive souvent de dormir au boulot parce qu'à 16h c'est quasiment impossible de trouver un moyen de transport. Et si je ne peux pas rentrer à la maison à l'heure, je vais payer une amende", a déclaré un résident de la capitale, Libreville, à VOA Afrique via l'application de messagerie WhatsApp.

En plus des restrictions elles-mêmes, les manifestants s’insurgent aussi contre la manière dont elles ont été adoptées, selon Georges Mpaga. "Il n'y a pas eu de consultation", explique-t-il. "Les résultats sont nuls".

"Nous ne savons pas qui gouverne"

Décriant la mauvaise gestion de la pandémie par le gouvernement, vendredi, Le Mbandja, un bi-hebdomadaire indépendant, a titré en première page : "Les commerçants de la Covid-19", avec des photos de hauts fonctionnaires du gouvernement, dont la Première ministre Rose Christiane Ossouka Raponda.

Même le quotidien gouvernemental, L'Union, a mis en garde contre les "conséquences dramatiques pour l'économie nationale" si les mesures actuelles de lutte contre le coronavirus n'étaient pas modifiées.

"L'avenir du mouvement de protestation dépend de la réponse des autorités", avertit Georges Mpaga. "Depuis 2018, suite à l'accident cardio-vasculaire du président Ali Bongo Ondimba, il y a un affaiblissement des institutions de l'État. Nous ne savons pas qui gouverne le Gabon; il y a un vide ambient", ajoute-t-il.

A ce jour, le Gabon compte plus de 13 000 cas confirmés de coronavirus et 75 décès, selon l'université Johns Hopkins, qui suit les données des pays du monde entier.

Mouvement des casseroles: "On compte 2 à 4 victimes", selon Georges Mpaga
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Mouvement des casseroles: "On compte 2 à 4 victimes", selon Georges Mpaga

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Covid: "Les populations croient que le gouvernement gabonais est allé trop loin"

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