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Gabon

Nouvelle équipe au port d'Owendo après un vaste trafic de bois précieux

Un éléphant solitaire broute une clairière dans la forêt tropicale de la réserve de Lope, au Gabon, 4 juillet 2001.

Le ministère des Eaux et forêt du Gabon a nommé une nouvelle équipe au port d'Owendo, principal port du pays, après l'arrestation il y a trois semaines de plusieurs de ses agents impliqués dans un vaste trafic de bois précieux.

"Une nouvelle équipe à la brigade des eaux et forêts a été nommée. Les activités d'exportation de bois au port vont pouvoir reprendre", a indiqué à l'AFP lundi une source proche du dossier.

Fin février, une importante quantité de kévazingo, un bois précieux interdit d'exploitation au Gabon, a été saisie par les douanes au port d'Owendo, situé dans l'estuaire de Libreville.

Une partie du kévazingo était chargée dans des containers sur lesquels figurait le tampon du ministère des Eaux et Forêt indiquant une cargaison d'Okoumé, une essence de bois commun utiisé notamment pour faire du contreplaqué, autorisée à l'exploitation.

Après la découverte de ces documents falsifiés, le responsable du ministère des eaux et forêts et son équipe ont été arrêtés, suspectés d'être impliqués dans ce trafic qui se chiffre à plusieurs millions d'euros.

Depuis trois semaines, aucun containeur de bois n'a pu recevoir la certification de cette équipe mise à l'arrêt, entraînant un fort ralentissement des exportations de bois.

Une situation qui a fortement affecté le secteur forestier.

"Nous exportons les deux tiers de notre production. Depuis le 2 mars, notre chiffre d'affaires est donc amputé des deux tiers", a détaillé à l'AFP, Philippe Fievez, le directeur général de la société française Rougier au Gabon.

Dans les entrepôts des différentes entreprises, le bois commençait à s'empiler faute de pouvoir être exporté, explique la secrétaire générale du syndicat de l'Union des Forestiers Industriels du Gabon et Aménagistes (UFIGA), Françoise Van de Ven, soulagée par la nouvelle nomination.

Faute de place pour pouvoir stocker le bois, la production tourne au ralenti, a expliqué un autre acteur du secteur sous couvert d'anonymat.

Éclaboussé après la découverte de ce trafic, le ministère a réuni jeudi les agents de son administration.

"Ce ministère qui a été un ministère prestigieux dont les agents étaient respectés par le passé, a complètement été brisé dans l'opinion", leur a lancé le ministre, Guy-Bertrand Mapangou, ont rapporté plusieurs médias locaux.

"Vous êtes malheureusement vus sous le prisme d'agents tricheurs, de mafia", a ajouté le ministre.

Représentant 60 % du PIB (hors hydrocarbures), le secteur forestier est l'un des piliers historiques de l'économie gabonaise et représente environ 17 000 emplois directs et indirects du secteur privé.

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Jean Ping constate "la vacance de pouvoir au sommet de l'État" gabonais

Le chef de l'opposition gabonaise Jean Ping arrive au siège de son parti à Libreville, le 28 août 2016. (Photo AFP)

L’opposant gabonais Jean Ping a déclaré samedi que le président Ali Bongo Ondimba est dans "l'incapacité manifeste" de s'acquitter de ses fonctions et que la nation est désormais dirigée par une "bande" menée par la Première dame Sylvia Valentin Bongo.

M. Ping, 77 ans, a fustigé Mme Bongo comme étant à l’origine du projet de loi sur la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon.

"Les Gabonais ne veulent pas de cette dépénalisation de l'homosexualité", a déclaré l'ancien président de la Commission de l'Union africaine qui continue de se déclarer "président élu" du Gabon, près de quatre ans après le scrutin qui l’avait opposé au fils du défunt président Omar Bongo Ondimba en août 2016.

Pour lui, le projet de loi sur la dépénalisation n'est qu'une tentative de "distraction" pour détourner l'attention de "la vacance de pouvoir au sommet de l'État" causée par l’accident cardio-vasculaire qui avait frappé le chef de l’État gabonais en 2018 lors d'une visite en Arabie Saoudite.

La déclaration de M. Ping, qui a été diffusée sur Facebook, intervient quelques jours seulement après que le parlement contrôlé par le Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir ait voté la dépénalisation de l'homosexualité, moins d'un an après que le même PDG en ait fait un crime.

"Les parlementaires du PDG n'ont rien à faire de la volonté du peuple", a déclaré M. Ping, soulignant qu'il est temps de "mettre fin à cette imposture qui n'a que trop duré".

Dans un langage à peine voilé, l’ex-diplomate a validé les rumeurs qui circulent au Gabon selon lesquelles Mme Bongo serait en train de préparer l’installation au pouvoir de son fils Noureddin Bongo Valentin.

Au début de l'année, le jeune homme avait été promu au rang de "coordinateur général des affaires présidentielles" du Gabon, malgré un parcours professionnel que de nombreux détracteurs jugent squelettique.

“La bande à Sylvia”, a dit M. Ping, s’autorise à “agir au nom d’Ali Bongo Ondimba” pour une “destructuration des fondements de la société” gabonaise. L’objectif, selon M. Ping, est de se positionner comme le seul rempart éclairé dans un Gabon en retranchement obscurantiste.

Il interpelle donc les amis du Gabon à aider le pays “à ne pas sombrer dans le chaos”.

La solution, pour lui, est de "retirer" cette "loi scélérate", a-t-il ajouté, empruntant une expression déjà utilisée par le clergé gabonais qui est farouchement opposé à la dépénalisation des rapports homosexuels.

Aucune réaction des autorités gabonaises n'a été immédiatement disponible.

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Le gouvernement gabonais tente de sauver l'année scolaire pour les classes d'examen

Des élèves du lycée catholique Immaculée Conception dans une rue de Libreville, Gabon, 15 juin 2009. (AP Photo/Sunday Alamba, file)

Le calendrier de la reprise des cours et de l’examen du baccalauréat au Gabon est connu. Mais l’année scolaire déjà chamboulée par la crise sanitaire reprend dès le 20 juillet prochain et concerne exclusivement les élèves des classes de terminale qui passeront l’examen du baccalauréat au mois d’août.

Les leaders syndicaux de l’éducation avaient déjà quelques semaines plus tôt appelé à cette reprise des cours. C’est le cas du SENA, dont le chef de file, Fridolin Mvé Messa, conditionnait la relance des activités pédagogiques par la mise en œuvre d'un dispositif sanitaire et sécuritaire au sein des établissements.

"Bien que se réjouissant d’une rentrée qui écarte les classes intermédiaires au profit des élèves des classes de terminale qui doivent passer le baccalauréat, nous aurions souhaité que ce calendrier soit aménagé de sorte que tout finalement reprenne début septembre, quitte à décaler la rentrée des classes 2021-2022", déclare M. Mvé Messa.

Reprise des cours pour les élèves gabonais
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Cette inquiétude du secrétaire du syndicat est partagée par certains parents d’élèves aux moyens limités.

"J’ai un candidat au baccalauréat cette année, je déplore le fait que le gouvernement n’ait pas pu effectuer un suivi-évaluation du e-learning pour juger de son efficacité", selon Julien Nyaré, parent d’élèves, qui dénonce l’improvisation dans l’annonce gouvernementale portant reprise des cours. "Sans cette évaluation, c’est l’échec assuré pour beaucoup d’enfants, surtout pour ceux qui apprennent en zone rurale et qui n’ont pas accès à internet", s’inquiète-t-il, soulignant que les programmes scolaires alternatifs à distance n’ont pas atteint toutes les couches sociales pendant le confinement.

Les autorités disent avoir fait de leur mieux étant donné les circonstances extraordinaires du moment.

​Le gouvernement était "soumis à de difficiles arbitrages entre organiser une reprise globale des cours pour tous les niveaux d’études et privilégier le baccalauréat", avoue un conseiller technique du ministère gabonais de l’éducation nationale​ ayant requis l'anonymat. Les autorités ont donc choisi de mettre en avant le baccalauréat.

La même source souligne que les autres examens tels que le Bepc et le CEP seront organisés par le ministère à une date qui reste tributaire de la maitrise de la situation épidémiologique du pays.

Au niveau de l’enseignement supérieur, le calendrier révisé par le gouvernement prévoit une reprise des activités académiques dès le 13 juillet.

Ces mesures d’assouplissement du confinement du Gabon en cours depuis le 14 mars dernier et bien d’autres touchant les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration - exceptés les lieux de culte et les bars - sont contenues dans le plan de reprise des activités présenté mercredi lors d'une conférence de presse organisée par le gouvernement.

Le chef du gouvernement, Julien Nkoghe Bekalé, motive l’allègement des mesures de restriction par la baisse des contaminations dans le pays, mais aussi par la nécessité de relancer l’économie.

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