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Burkina-Faso

Opérations de "nettoyage" de l'armée nigérienne sur la frontière avec le Burkina

Une mitrailleuse montée sur un véhicule de l'armée nigérienne dans le village de Zenam Kelouri, le 29 février 2016. (VOA/Nicolas Pinault)

L'armée du Niger a détruit cette semaine plusieurs camps de jihadistes présumés au cours d'opérations de "nettoyage" dans le sud-ouest du pays, près de la frontière avec le Burkina Faso, a affirmé samedi le ministre nigérien de l'Intérieur.

"L'Etat-major tactique (nigérien) basé à Torodi qui a en charge la situation à la frontière du Burkina Faso, a déployé des forces importantes qui ont investi avant-hier (jeudi) une petite forêt et tous les camps qui s'y trouvaient sont en train d'être nettoyés", a expliqué Bazoum Mohamed, le ministre nigérien de l'Intérieur devant le Parlement.

La zone de Torodi, dans le sud-ouest de la région de Tillabéri, s'étend le long de la frontière du Burkina où la situation s'est considérablement dégradée ces derniers mois.

Bazoum Mohamed a assuré que les opérations "continuent" contre ces groupes armés "qui viennent du côté du Burkina" et qui "font des prêches" à leur passage "dans certaines localités" nigériennes.

Selon le ministre, une autre offensive nigérienne lancée "il y a dix jours" a permis de chasser de la région de Tillabéri "des terroristes" maliens qui venaient "extorquer" et collecter "la zakat" (aumône légale et troisième des piliers de l'islam) auprès de paysans.

En outre, il s'est félicité de "l'amélioration" de la "situation sécuritaire" surtout dans les parties ouest de Tillabéri, souvent théâtres de raids meurtriers de groupes armés maliens.

En octobre 2017, quatre soldats américains et cinq soldats nigériens avaient été tués dans une attaque terroriste près de Tongo Tongo dans la région de Tillabéri.

Tillabéri fait partie de la région du Litpako Gourma qui est situé à cheval sur les frontières Niger-Burkina-Mali devenu "un sanctuaire de terroristes", selon les autorités de ces pays.

Tillabéri abrite également le Parc du W (Niger-Burkina-Bénin) désormais considéré comme une zone à hauts risques en raison de la menace de groupes islamistes.

Les autorités ont récemment reconduit l'Etat d'urgence en vigueur depuis mars 2017 dans la région.

Avec AFP

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Burkina : le gouvernement admet « des ressentiments » au sein de l’armée

Des soldats burkinabè pendant une parade militaire, à Ouagadougou, le 4 janvier 2017.

Des tirs sporadiques ont été entendus peu après minuit jeudi nuit au sein du camp Guillaume Ouédraogo, au cœur de la capitale Ouagadougou.

Les autorités burkinabè ont reconnu vendredi après-midi qu’il y avait un malaise au sein de l’armée après des tirs sporadiques entendus dans la nuit de jeudi à vendredi dans le camp guillaume, une base militaire située au cœur de la capitale.

Des tirs sporadiques ont été entendus peu après minuit au sein du camp Guillaume Ouédraogo, au cœur de la capitale Ouagadougou. Après des heures de silence, le gouvernement a reconnu dans l’après-midi de vendredi l’existence de ces tirs. Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement, Remis Dandjinou, a affirmé que "l’état-major général des forces armées s’est rendu au Camp Guillaume et a obtenu le retour du calme".

"Il ressort des échanges que cette situation est l’expression d’un ressentiment par rapport à l’attaque de Koutougou", a reconnu le ministre. Vendredi à la mi-journée, plusieurs commerces étaient fermés dans le centre-ville.

24 militaires ont été tués lundi à Koutougou, dans le Nord au cours d'une attaque attribuée à des groupes islamistes, la plus meurtrière jamais perpétrée contre l'armée. Selon des informations de VOA Afrique, les soldats reprochent à leur hiérarchie la mauvaise gestion de cette crise et de la lutte contre le terrorisme. Jeudi, le président Roch Marc Christian Kaboré a décrété un deuil national de trois jours pour rendre hommage aux soldats tués à Koutougou.

L’attaque de Koutougou était connue, selon la population

A Koutougou, des bœufs qui cherchent où partir, Ouagadougou, le 22 août 2019 (VOA/Lamine Traoré)

Au Burkina Faso, on se pose toujours des questions sur l’attaque terroriste qui a fait au moins 24 morts lundi et 5 portés disparus dans le Nord du pays. L’attaque a visé le détachement militaire de Koutougou dans le Sahel burkinabè.

Il est jeune, il a 25 ans et habite à Koutougou depuis maintenant 11 ans. Cet ancien commerçant a été témoin de l’attaque qui a visé le détachement militaire de Koutougou dans le Sahel lundi tôt le matin. Entre son domicile et le détachement militaire, il n’y a que 3 kilomètres.

Des questions après l’attaque terroriste qui a fait au moins 24 morts
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"Le jour de l’attaque on était au village. C’était au moment de la prière de 5h, ça tirait jusqu’à 7h 30. On a même pu appeler pour informer que ça tirait parce que les militaires qui sont sur place, même pour leurs entrainements, ils n’ont pas l’habitude de tirer à une heure pareille. Nous avons informé mais avec tout cela, nous n’avons pas vu de renfort ni rien", explique notre témoin, qui est musulman.

Selon cet habitant, les assaillants sont venus de l’ouest du village et sont repartis vers la même direction. Ils étaient plusieurs dizaines et à motos. Le bilan de l’attaque a été lourd: au moins 24 soldats tués, 7 blessés et 5 portés disparus selon l’Etat-major général des armées.

Notre témoin raconte que le village est désormais laissé à lui-même, sans sécurité car le site du détachement est désormais abandonné.

"On a appris qu’ils sont tous partis (ndlr, les soldats). On ne sait pas. Difficile de vérifier. Depuis ce matin nous n’avons aucune nouvelle des Forces de défense et de sécurité. A cet heure-là, tout le village est vide. Les gens sont dans les collines, les arbres et les bas-fonds. Si toutefois l’armée n’est pas là, nous allons enregistrer de nombreux morts. Si les terroristes se rendent compte qu’il n’y a aucune sécurité en place, à Koutougou, ils reviendront", a-t-il dit.

Ce jeune homme a pu quitter Koutougou pour rejoindre Arbinda, une localité voisine. Il dit avoir eu beaucoup de chance.

"Actuellement quitter Koutougou pour Arbinda est très risqué. Il faut absolument suivre les forces de sécurité. Ce n’est pas possible. Tu sors 1km seulement, tu es un cadavre. La population s’inquiète. D’ici demain matin (ndlr, jeudi matin) s’il elle ne voit pas de forces de sécurité, elles vont prendre la route. Les populations sont prêtent à mourir. Mais elles sont déterminées à arriver demain à Arbinda", fait-il savoir.

De nombreuses personnes sont déjà parties de Koutougou et cela ne date pas de cette attaque.

"Tous les élus, les leaders communautaires, les religieux et coutumiers, les personnes ressources et même les agents de la mairie étaient de potentielles cibles. En ce qui me concerne, j’étais dans une position difficile et je savais que ma vie était en danger. J’étais obligé de me retrancher dans un premier temps à Djibo et ensuite à Ouagadougou", a indiqué cet homme, un leader de Koutougou à Ouagadougou depuis maintenant six mois.

L’opposition burkinabè demande la démission du gouvernement
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Les forces de l’ordre auraient été informées de la préparation de l’attaque de lundi. "On a appris et on a même informé. Nous avons eu l’information que des groupes armées étaient aux portes du village. Malgré cela, vous avez le résultat. Que les autorités burkinabè changent de manière pour qu’on puisse lutter contre ce mal", informe notre témoin.

Avant l’attaque de lundi, le commissariat de police de Koutougou avait été attaqué en novembre 2017.

En avril 2018 dans sa mosquée, le maire a été assassiné. Après l’attaque de lundi, le président Kaboré a tenu un conseil de défense le lendemain. Il a rassuré que malgré cette adversité, le Burkina s’en sortira.

L’opposition quant à elle, demande simplement la démission du gouvernement qui pour selon elle, est incapable de faire face à la donne sécuritaire.

Des questions après l’attaque terroriste qui a fait au moins 24 morts

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L’opposition burkinabè demande la démission du gouvernement

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Kaboré doit tirer les conséquences de son échec à défendre le territoire, selon un opposant

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