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"On n'y croit plus": en Tunisie, la difficile mobilisation des électeurs

Des Tunisiens remplissent les bordereaux de vote à Tunis, Tunisie, le 16 juillet 2012.

Sous un soleil de plomb, de jeunes Tunisiens tentent de convaincre les passants de s'inscrire sur les listes électorales en prévision des municipales de décembre. Mais canicule et désenchantement leur compliquent la tâche.

Amira Khammassi travaille comme agent de sensibilisation pour l'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie). Depuis le début de la campagne d'inscription (19 juin - 10 août), elle parcourt les rues, visite les lycées et arpente les centres commerciaux.

Mais selon elle, très peu de gens viennent s'inscrire "tout seuls".

"Les élections (présidentielle et législatives) de 2014 n'ont rien changé et le développement de la Tunisie est presque à l'arrêt", dit-elle à l'AFP. "Certains préfèrent ne rien faire car ils n'ont plus d'espoir."

Malgré "des signes de détente" selon les autorités, la Tunisie peine toujours à faire redémarrer son économie et le chômage reste élevé, notamment chez les jeunes.

Gestion défaillante

Prévu pour le 17 décembre, six ans jour pour jour après l'immolation du jeune vendeur ambulant Mohamed Bouazizi, point de départ de la révolution tunisienne, le scrutin est censé ancrer le processus démocratique à l'échelle locale.

Il pourrait aussi permettre d'améliorer un quotidien dont la dégradation, depuis 2011, irrite les Tunisiens. Car dans la foulée du soulèvement, les municipalités ont été dissoutes et remplacées par des équipes provisoires. La gestion des villes est devenue défaillante, le ramassage des ordures aléatoire.

Pourtant, nombreux sont les Tunisiens à se dire indifférents à ces premières municipales depuis la révolution.

"Les Tunisiens ne croient plus aux politicards, aux partis et même à la (société) civile. On n'y croit plus (...) parce que ça parle, ça parle et on ne voit rien" se concrétiser, lâche Najet, une enseignante, venue malgré tout s'inscrire parce qu'elle connaît "personnellement" de futurs candidats.

Une grande partie des jeunes Tunisiens "se fiche (des élections). Ils se disent: +et si untel ou untel arrive au pouvoir, en quoi ça nous concerne?+ (...) Les pauvres vont rester pauvres, ça ne va rien changer", déplore Ichrak Bahri, 20 ans.

Les partis politiques ne se montrent pas non plus pressés de participer au scrutin. Certains réclament son report tandis que d'autres semblent déjà se positionner en vue de la bataille suivante: les législatives et la présidentielle de 2019.

L'Isie a elle-même été agitée par des remous. Son président Chafik Sarsar, une personnalité respectée qui a mené à bien les élections de 2014, a démissionné avec fracas en mai en laissant entendre qu'il ne pouvait plus travailler de manière "transparente" et impartiale".

Multiples efforts

Face à ce contexte difficile, l'instance dit faire son possible pour encourager les inscriptions: spots télé et radio, campagne d'affichage, bureaux à la Poste ou dans les hypermarchés et stands ambulants.

Mais "les partis politiques et la société civile ne sont pas engagés comme c'était le cas en 2011 et 2014", pour les élections de l'Assemblée constituante puis les législatives et la présidentielle, affirme à l'AFP Salah Riahi, responsable de l'Isie à Tunis.

Or "ces gens qui n'étaient pas sur le registre électoral en 2011 et en 2014, c'est la partie la plus difficile" à convaincre, parce qu'ils "ne s'intéressent pas à la question des élections", juge M. Riahi.

Sur un corps électoral d'environ huit millions de personnes pour 11 millions d'habitants, près de cinq millions de Tunisiens sont inscrits depuis les dernières élections.

A quelques jours de la fin des inscriptions, l'Isie a enregistré quelque 421.000 nouveaux votants, sur trois millions de nouveaux électeurs potentiels.

Tranchant avec la morosité ambiante, certains électeurs se disent enthousiastes.

Aïcha Maherzi, 19 ans, votera pour la première fois de sa vie le 17 décembre. Elle regrette de voir que sa "génération ne s'intéresse pas aux élections".

"Mes amis se moquent de moi, alors que c'est moi qui devrais me moquer d'eux" parce qu'ils ne veulent pas voter, lâche-t-elle en riant.

Aïcha ne perd toutefois pas espoir. Elle en est sûre: ces élections pourraient signer le début d'une amélioration des "infrastructures", de "la propreté" et de "l'environnement".

Avec AFP

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Macron ne se rendra pas aux commémorations du génocide rwandais

Le président français, Emmanuel Macron, à gauche, reçoit le président rwandais, Paul Kagame, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2018..

Emmanuel Macron, qui avait été invité par Kigali à participer à la 25e commémoration du génocide rwandais le 7 avril, ne s’y rendra pas et a chargé le député de la République en Marche (Larem) Hervé Berville, orphelin tutsi, de le représenter, a annoncé jeudi l’Elysée.

“Le président de la République a été sensible à l’invitation mais il ne pourra pas s’y rendre, il a donc désigné le député des Côtes-d’Armor, Hervé Berville, pour le représenter”, a-t-on indiqué. “La France sera aux côtés du Rwanda dans ce moment de deuil et de recueillement”.

Nicolas Sarkozy est le seul président français à s’être rendu au Rwanda, en février 2010.

Les relations entre la France et le Rwanda ont traversé plusieurs zones de turbulences ces dernières décennies, empoisonnées par la question du rôle joué par Paris lors du génocide des Tutsis en 1994.

L’actuel président rwandais Paul Kagamé a notamment accusé en 2014 Paris d’avoir “participé” à ces massacres qui ont fait selon l’Onu 800.000 morts, des accusations rejetées par les autorités françaises.

En mai 2018, à l’occasion de la visite de Paul Kagamé à Paris, Emmanuel Macron avait exprimé le souhait de nouer une relation “pragmatique” avec Kigali mais avait écarté dans l’immédiat un retour d’un ambassadeur français au Rwanda, reconnaissant que la normalisation prendrait du temps.

Avec Reuters

Les Algériens restent mobilisés un mois après le début de la contestation

Manifestation dans les rues d'Alger, contre le gouvernement, le 19 mars 2019.

Un mois après le début de la contestation, les Algériens entendent rester mobilisés, avec de nouvelles manifestations vendredi pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et dont le camp se fissure.

Les deux précédents vendredis ont vu une mobilisation record. Le 15 mars, des manifestations ont été enregistrés dans 40 des 48 préfectures du pays, selon des sources sécuritaires, et des diplomates ont évoqué "des millions" d'Algériens dans les rues.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se sont poursuivis cette semaine autour des mots-dièses "Mouvement_du_22_mars", "Partez tous!", ou du slogan "Nous sommes unis, ils sont finis".

La météo annonce de la pluie, pour la première fois depuis le début de la contestation le 22 février, mais il en faut plus pour décourager les manifestants, qui appellent à se munir d'un parapluie et de l'orner du drapeau national -vert et blanc frappé de l'étoile et du croissant rouges-, accessoire désormais indispensable du manifestant algérien.

​"La rue va gronder sous la pluie", assure un twitto.

"Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika", indique une affichette circulant sur les réseaux sociaux, qui invite également "les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (...) leur ingérence".

Les manifestations, sans précédent depuis l'élection de M. Bouteflika en 1999, sont restées jusque-là globalement pacifiques.

Lors d'une tournée à Rome, Moscou -allié historique d'Alger- et Berlin, le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que M. Bouteflika remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d'une présidentielle dont la date n'a pas encore été fixée.

- Fissures -

En reportant le 11 mars l'élection présidentielle prévue le 18 avril jusqu'à l'issue d'une conférence nationale chargée -à une date non précisée- de réformer le pays et de le doter d'une nouvelle Constitution, le chef de l'Etat a prolongé d'autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.

Agé de 82 ans, M. Bouteflika est affaibli par les séquelles d'un AVC qui, depuis 2013, l'empêchent de s'adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

Aucune sortie de crise ne semble émerger, chaque camp campant sur ses positions. Le président refuse de céder le pouvoir et le "prolongement" du mandat a continué d'être largement rejeté.

Etudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de "technocrates" semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination.

Et le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l'attitude à adopter.

Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s'élargir parmi ceux qui il y a à peine plus d'un mois étaient les plus fervents partisans d'un cinquième mandat du chef de l'Etat, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue.

- Qui décide -

Mercredi, le patron de la propre formation du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN), s'est livré à un exercice de grand écart, en assurant que l'ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, "soutient le mouvement" de contestation, tout en prônant le "dialogue" proposé par le chef de l'Etat.

Du côté du principal allié, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, a affirmé que le parti s'était "trompé" en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un cinquième mandat.

Plus grave, il a accusé des "forces non constitutionnelles" de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide "réellement" à la présidence.

Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika.

Le RND, parti de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment sacrifié à la colère populaire, a eu beau se démarquer des déclarations de son porte-parole, les protestataires voient dans l'apparent délitement du "système" un encouragement à poursuivre de la mobilisation.

La contestation en Algérie, pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l'Etat de briguer un cinquième mandat. Et sa promesse ensuite de ne pas se porter candidat à une présidentielle à la date inconnue n'a pas apaisé les Algériens.

Avec AFP

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