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Reconfinement en perspective aux Etats-Unis face au regain de la pandémie


Les rues fermées de Bethesda, dans le Maryland, aux Etats-Unis, devenues des lieux de dinners publics.

Le Texas et la Floride ont décrété de nouvelles restrictions sur les bars vendredi face au regain de la pandémie de Covid-19, de nombreux responsables envisageant d'une côte à l'autre le retour de mesures d'urgence pour endiguer les contagions.

La résurgence dans le Texas (29 millions d'habitants) est la plus emblématique car c'est l'un des Etats à avoir rouvert très tôt, à partir du 1er mai, des semaines avant le Nord-Est.

Les bars texans avaient rouvert le 22 mai. Vendredi, cinq semaines plus tard, face à l'épidémie galopante et à l'afflux de malades dans les hôpitaux, le gouverneur a ordonné leur fermeture.

"Il est clair que l'augmentation du nombre de cas est largement due à certains types d'activités, notamment aux Texans qui se rassemblent dans les bars", a indiqué Greg Abbott, en demandant une énième fois aux Texans de respecter la distanciation physique.

Les autorités du comté de Harris, qui inclut la plus grande ville texane, Houston, veulent quant à elles demander au gouverneur d'ordonner un retour du confinement, selon la presse locale.

En Floride, 9.000 cas ont été rapportés vendredi, éclipsant le précédent record de 5.500 cas mercredi.

Les autorités de l'Etat ont annoncé que la consommation d'alcool serait dorénavant interdite sur place dans les bars, avec effet immédiat.

Les sept derniers jours ont battu le record du nombre de nouveaux cas détectés en une semaine aux Etats-Unis (225.000), selon un comptage de l'AFP.

La hausse est continue depuis deux semaines dans 30 des 50 Etats du pays, notamment dans les plus grands et peuplés du Sud et de l'Ouest, la Californie, le Texas et la Floride. Beaucoup ont même battu leur record de nouveaux cas quotidiens depuis le début de la pandémie.

Seul le Nord-Est (New York) et dans une moindre mesure le Midwest (avec Chicago) gardent aujourd'hui le virus sous contrôle.

"Réveille-toi l'Amérique. Ce qui se passe dans le pays n'est pas une deuxième vague, c'est toujours la première vague", a tweeté Andrew Cuomo, le gouverneur de New York.

- Dépistages de groupe -

Parmi les autres mesures débattues dans le pays figure celle du port du masque: obligatoire ou pas?

La Californie l'a décidé la semaine dernière, notamment dans les commerces et les transports, suivie par la Caroline du Nord et le Nevada cette semaine, ce qui s'appliquera dès vendredi aux casinos de Las Vegas.

Mais dans les Etats à tendance conservatrice, la résistance est grande. Même en Californie, le comté d'Orange s'oppose au gouverneur sur la question. Au Texas, le gouverneur encourage ses administrés à se couvrir le visage, mais il a jusqu'à présent refusé d'en faire un ordre.

"Le problème est que ne pas le rendre obligatoire envoie un message contradictoire. Il faut le rendre obligatoire", a insisté vendredi le maire d'Austin, Steve Adler, sur CNN.

"Nous avons plus de cas car nous testons plus. Si nous ne testions pas, nous n'aurions pas de cas", a redit jeudi le président Donald Trump, sur Fox News. "Ce qu'ils ne disent pas est que nous n'avons jamais eu aussi peu de décès, c'est très, très en baisse."

Mais les hospitalisations sont en hausse, signe incontestable que l'épidémie progresse.

"Il y a quelque chose qui ne marche pas" dans l'approche actuelle, a concédé le docteur Anthony Fauci, le directeur de l'Institut des maladies infectieuses, et membre de la cellule de crise de la Maison Blanche sur le coronavirus.

Lui et d'autres hauts responsables de santé publique ne cachent pas leur inquiétude et reconnaissent qu'une majorité du pays n'a jamais mis en place la capacité de tests et de traçage qui aurait été nécessaire pour garder un pas d'avance sur le virus.

Le docteur Fauci dit que l'administration envisage aujourd'hui de recourir à des dépistages de groupe (pool testing), afin de tester encore plus de monde qu'actuellement.

La cellule de crise de la Maison Blanche reprendra vendredi la conférence de presse sur le coronavirus qu'elle tenait auparavant tous les jours, avec le vice-président Mike Pence prévu au lieu de Donald Trump.

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