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Les jihadistes multiplient les attaques au Nigeria à la fin du ramadan

Des croyants écoutent un imam avant de manger à la fin de la journée pendant le Ramadan à Utako, à Abuja, le 16 juillet 2013.

Les groupes jihadistes ont mené plusieurs attaques dans le nord-est du Nigeria à l'approche de l'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan pour les musulmans, prévue ce week-end, selon des sources concordantes.

Lundi soir, des combattants de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont envahi la ville de Dapchi, dans l'Etat de Yobe, provoquant des combats avec l'armée qui ont fait un mort et trois blessés parmi les soldats, et cinq morts chez les insurgés.

Les jihadistes ont pillé des magasins et la maison d'un chef traditionnel avant avant l'intervention de militaires et de chasseurs membres de groupes d'autodéfense, ont raconté à l'AFP deux sources militaires et des habitants.

"Ils sont arrivés vers 17h30 et ont sévi pendant plus de quatre heures avant que les soldats ne viennent les combattre", a déclaré Bashir Manzo, un habitant de Dapchi.

Il n'y a pas eu de victimes civiles, selon ces différentes sources.

Dapchi a été le théâtre de l'enlèvement de plus de 100 écolières par ISWAP en février 2018. Les otages avaient ensuite été libérées suite à des négociations avec le gouvernement, sauf une chrétienne toujours détenue pour avoir refusé de renoncer à sa foi.

Toujours lundi, deux femmes kamikazes se sont fait exploser vers 19H30 GMT dans la ville de Konduga, dans l'Etat voisin Borno, tuant deux personnes chez un milicien engagé dans la lutte anti-jihadiste.

"Notre collègue était ciblé (...) l'impact de l'explosion a détruit une partie d'une maison voisine, le tuant avec un vieil homme", a déclaré à l'AFP Ali Hassan, chef de la milice locale.

Cette attaque est caractéristique du groupe Boko Haram, avec qui ISWAP a fait scission en 2016, et qui utilise régulièrement des kamikazes pour viser des civils.

Konduga se trouve en brodure de la forêt de Sambisa, fief de Boko Haram d'où les kamikazes ont souvent lancé leurs attaques par le passé.

ISWAP est en revanche réputé cibler surtout les positions de l'armée. En mars, ses hommes avaient tué plus de 70 soldats dans une embuscade à Gorgi, près de Konduga.

Plus tôt lundi, des combattants de Boko Haram avaient aussi attaqué le village de Kautikeri dans le sud de l'Etat du Borno, décapitant un habitant et enlevant un éleveur avec ses 150 bovins, a affirmé à l'AFP Ayuba Alamson, un chef de la communauté de Chibok.

Dimanche, 20 civils avaient été tués par des tirs de roquette attribués à Boko Haram lors de l'attaque du village de Gajiganna, à 50 km de la capitale du Borno, Maiduguri.

"C'est devenu un modèle chaque année pour les insurgés d'intensifier les attaques près de l'Aïd pour saboter les célébrations", a déclaré le chef de la milice anti-jihadiste dans le Borno, Babakura Kolo, estimant que cette année "ne sera pas différente".

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BAD: Buhari soutient son compatriote Akinwumi Adesina

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Les Nigérians procèdent au déconfinement progressif

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Le président nigérian Buhari soutient la réélection de son compatriote Adesina à la BAD

Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, lors de l'assemblée annuelle de la BAD à Gandhinagar, en Inde, le 22 mai 2017. (Photo REUTERS/Amit Dave)

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, est venu mardi à la rescousse de son compatriote Akinwumi Adesina dont la gestion de la Banque africaine de développement est contestée.

"Le Nigeria soutient avec ferveur @akin_adesina dans sa la réélection au poste de président de la Banque africaine de développement", a écrit le président sur son compte Twitter. "Nous allons collaborer avec tous les dirigeants et les parties prenantes de la BAD pour nous assurer qu'il soit réélu", a-t-il précisé.

M. Adesina, 60 ans, est sous le feu des critiques après que des dénonciateurs internes à la BAD aient déposé une plainte dans laquelle ils accusent le chef de l’institution panafricaine de plusieurs abus de pouvoir, de népotisme et de mépris envers les normes établies.

Une enquête interne a exonéré M. Adesina en mai, mais le gouvernement des États-Unis, par la voix de son ministre des finances, Steven Mnuchin, a exigé une enquête indépendante. Depuis, des interrogations persistent quant à l’avenir du banquier à la tête de la BAD.

Selon les statuts de l’institution, le chef de la BAD doit être d'origine africaine. Par tradition, il y a généralement une rotation entre les différents groupes régionaux et linguistiques qui composent ce continent à forte diversité.

Les allégations de mauvaise gestion au sein de l'AFDB ne sont pas un phénomène nouveau. Le prédécesseur d'Adesina, le rwandais Donald Kaberuka, avait en son temps également fait l’objet de nombreuses critiques.

L'élection du prochain chef de l'institution est prévue pour le mois d'août. M. Adesina est l'unique candidat.

Fondée en 1964, la BAD compte 80 pays membres, dont 26 en dehors d’Afrique comme les États-Unis. Selon ses règles, les actionnaires africains détiennent en tout temps la majorité des votes.

Majek Fashek, légende nigériane du reggae, est décédé à 57 ans

L'artiste Reggae Majek Fashek en concert. (Courtesy photo)

Ce guitariste et chanteur de reggae africain, né à Benin City, au Nigeria, était plus  connu pour avoir repris Hotel California, la célèbre chanson du groupe The Eagles. Majek était aussi très populaire pour des tubes comme Send Down the Rain et So Long for Too Long.

Son premier album "Spirit of love" en 1993 et le tout dernier "Little Patience" en 2005. Il est décédé dans son sommeil à New York, a déclaré son manager Omenka Uzoma au media.

De son vrai nom Majekodunmi Fasheke, il a également travaillé avec des stars comme Jimmy Cliff, Tracy Chapman et Snoop Dogg.

Il a été attiré par le reggae vers les années 1980 à un moment où la highlife et le juju étaient plus dominants au Nigeria.

L'artiste avait plusieurs fois déclaré que Bob Marley avait une influence majeure dans son style musical et que lui-même ressemblait à la légende jamaïcaine.

Majek Fashek était malade depuis un certain temps mais la cause de sa mort n'est pas encore claire.

Écrivant sur Instagram, M. Uzoma, son manager, a déclaré que c'était "un moment pour nous tous de célébrer ses réalisations, et non de pleurer".

Les Nigérians se mobilisent contre les violences faites aux filles et aux femmes

Des femmes se promèment dans le village de Dapchi, dans l'État de Yobe au Nigeria, le 24 février 2018. (REUTERS/Afolabi Sotunde)

#JusticeForUwa, #JusticeForJennifer, #JusticeForTina: ces hashtags ont été partagés des dizaines de millions de fois sur les réseaux sociaux nigérians, après des plaintes pour viols et meurtres commis contre des filles. 

Dans l'Etat de Kaduna (nord), Jennifer, une adolescente de 18 ans a été violée fin avril par cinq hommes, après s'être faite piéger par ses agresseurs sur Facebook. Dans une vidéo, on voit les proches de la jeune femme tenter de lui faire reprendre connaissance, en lui passant de l'eau sur le visage.

"Les familles des violeurs vont vouloir s'arranger de manière informelle" en payant les parties adverses ou la police, se plaignent-ils. "Ils ne demanderont même pas comment va la fille, tout ce qu'ils voudront c'est que l'affaire ne soit pas rendue publique".

Après le scandale causé par les dizaines de milliers de partages de cette vidéo accompagnée du hashtag #JusticeForJennifer, deux des agresseurs présumés ont été arrêtés "et inculpés pour "conspiration criminelle, intoxication involontaire et viol", rapporte le porte-parole de la police locale Mohammed Jalinge. "Trois autres suspects restent introuvables".

-Les réseaux sociaux, "un outil"-

Depuis la semaine dernière, de nombreuses autres affaires ont éclaté, horrifiant la jeunesse nigériane, engagée, urbaine et connectée.

La jeune Tina E., 16 ans, a été abattue par un policier, lors d'une altercation entre les forces de l'ordre et un chauffeur de bus qui ne respectait pas les heures du couvre-feu imposé à Lagos, la capitale économique.

Le même jour, Vera Uwaila Omozuma (dite Uwa), 22 ans et étudiante en microbiologie dans l'Etat d'Edo, dans le sud du pays, a été retrouvée morte dans une église évangélique après avoir été violée et frappée à mort par ses agresseurs, selon ses proches.

Le mouvement #JusticeForUwa, lancé notamment par une blogeuse de l'Etat d'Edo, a rassemblé des centaines de milliers d'internautes et la police fédérale a promis que les coupables "devraient répondre à la justice".

Le gouverneur Godwin Obaseki, qui a reçu la famille de la victime lundi matin, "a demandé d'être briefé minute par minute sur l'avancement de l'enquête", rapporte son porte-parole Crusoe Osagie.

"Les réseaux sociaux sont un outil pour mettre les institutions, la police, face au mur ou pour reconnecter les leaders de ce pays avec ce qu'il se passe sur le terrain", explique Segun Awosanya, à la tête d'une organisation de la société civile de surveillance des violences policières (Social Intervention Advocacy Foundation, SIAF).

-#NousSommesFatigués-

Le mouvement, d'abord tourné vers la violence faite aux femmes, s'est d'ailleurs vite transformé en contestation générale, porté par les plus grandes célébrités du pays.

"#NousSommesFatigués de ces tueries incessantes, des camions qui se renversent sur les routes et tuent des innocents (...), des petites filles qui se font violer, des jeunes garçons tués par la police, fatigués de voir des diplômés au chômage,...", a écrit la diva de l'Afropop, Tiwa Sawage à ses 4 millions de followers sur Twitter.

Peu après elle, les stars Don Jazzy (4,6 millions d'abonnés), Mr Eazy (1,5 million), ou encore Rema (850.000) lui ont emboité le pas, en partageant le hashtag #WeAreTiredet #JusticeForAll: une première dans le monde de la musique nigériane.

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