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Nigeria

Buhari dans le nord-est du Nigeria, où se multiplient les attaques jihadistes

Le président Muhammadu Buhari assiste à l'ouverture de la 56e session ordinaire de l'Autorité des chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO à Abuja, Nigeria, le 21 décembre 2019.

Les jihadistes de l'Etat Islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont multiplié les attaques dans le nord-est du Nigeria ces derniers jours, au lendemain d'un massacre qui a fait 30 morts parmi les civils, forçant le chef de l'Etat à venir "témoigner son respect" aux autorités locales.

Lundi, des combattants du groupe d'ISWAP, branche de Boko Haram affiliée à l'EI, sont arrivés à bord de véhicules et ont attaqué un poste militaire dans le village de Tungushe, près de la capitale de l'État du Borno, Maiduguri, "tuant un soldat et blessant un autre", a révélé un officier militaire à l'AFP.

Deux insurgés ont également été tués, a-t-il souligné.

Selon Ibrahim Liman, l'un des chefs de milices civiles qui combattent aux côtés de l'armée nigériane, les insurgés se sont ensuite rendus dans la ville voisine de Gajiganna, où ils ont mené une deuxième attaque, tuant un autre soldat et emportant avec eux un véhicule militaire.

Dans le même temps, à Rann, une importante localité isolée à la frontière entre le Nigeria et le Cameroun, des insurgés sont arrivés à moto et dans quatre véhicules équipés de mitrailleuses, et ont attaqué les positions militaires de défense de la ville.

"Nous avons perdu trois de nos miliciens à Rann", a expliqué M. Liman à l'AFP. "Notre consolation est que plusieurs terroristes ont aussi été tués au combat", a-t-il déclaré.

Rann est à environ 175 km au nord-est de Maiduguri, et quelque 35.000 personnes déplacées par les violences y ont trouvé refuge. La ville a subi des attaques répétées de combattants de l'ISWAP et de Boko Haram, et le personnel humanitaire n'y a plus accès pour des raisons de sécurité.

Mardi, l'ISWAP a revendiqué la responsabilité de ces trois attaques, assurant avoir "tué et blessé plusieurs soldats" et "incendié une vingtaine de bâtiments publics".

Les membres d'ISWAP multiplient les attaques, principalement contre les forces de sécurité, les chrétiens, les organismes de l'Etat ou le personnel humanitaire.

- Brûlés vifs -

Dimanche, au moins 30 civils ont été tués, la plupart brûlés vifs, au cours d'une attaque au niveau du village d'Auno, le long d'une route menant à Maiduguri.

Voyageurs et chauffeurs de camion avaient du s'arrêter pour la nuit à l'entrée de la ville, après la mise en place d'un couvre-feu par l'armée.

Ce massacre, qui faisait la Une de quasiment tous les journaux mardi, n'a toutefois pas été revendiqué par ISWAP.

Le président Muhammadu Buhari, élu une première fois en 2015 sur la promesse d'éradiquer Boko Haram, a effectué une brève visite surprise à Maiduguri mercredi, à son retour du sommet de l'Union Africaine à Addis Abeba.

"Je ne voulais pas rentrer directement à Abuja sans passer par ici, et vous témoigner mon respect", a lancé le chef de l'Etat, ancien général des armées, au Shehu du Borno (chef traditionnel), au gouverneur de l'Etat, et aux troupes.

"Je peux vous assurer que la sécurité va continuer à s'améliorer et que nous y travaillerons avec force", a-t-il martelé, soulignant que le problème était "le manque de ressources" et que le pays, premier producteur de pétrole du continent avec une production de deux millions de barils par jour, n'est pas "si grand et riche que ce que les gens croient".

Le président Buhari est très fortement critiqué pour son bilan sécuritaire depuis son arrivée au pouvoir, n'ayant pas mis fin au conflit dans le nord-est, et ne parvenant pas à réduire l'insécurité rampante qui gangrène le reste du pays, géant de 200 millions d'habitants.

Le gouverneur de l'Etat du Borno, Babagana Zulum, proche du président Buhari, a d'ailleurs jeté un pavé dans la marre lundi, en critiquant avec virulance l'inaction de l'armée nigériane pour "ré-établir une base à Auno", attaquée six fois depuis le début de l'année, selon lui. "Rien n'a été fait dans ce sens, malgré nos demandes répétées", a regretté le gouverneur.

Le conflit entre les forces armées nigérianes et Boko Haram a fait 35.000 morts depuis 2009 et deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers. Le conflit s'est étendu au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.

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Covid-19: des tribunaux mobiles au Nigeria

Covid-19: des tribunaux mobiles au Nigeria
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Des tribunaux mobiles "COVID" pour faire respecter les mesures sanitaires par les Nigérians

Un tribunal mobile mis en place pour faire respecter les mesures de sécurité, à Abuja le 5 août 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

Des tribunaux mobiles ont été mis en place pour faire respecter les mesures sanitaires du Covid-19 à Abuja, la capitale du Nigeria, et dans les 36 Etats de la fédération. Les contrevenants sont arrêtés par une unité chargée de faire respecter les mesures comme le port du masque et la distanciation sociale, particulièrement dans les transports.

Dans le grand quartier populaire de Nyanya, un des tribunaux mobiles a été établi par les autorités pour faire respecter les mesures sanitaires pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Une équipe d’agents de sécurité et de magistrats s’occupe tous les jours de faire respecter les décisions du gouvernement.

"Aujourd’hui, nous avons jugés 25 personnes pour violations des mesures sanitaires. Ils n’ont pas respecté la distanciation sociale. Ils ont surchargé leurs véhicules. Ils ont pris plus de passagers que prévu", relate Yamussa Saïdu Mohammed, l'un des juges assignés à ce tribunal.

A lui seul, le tribunal mobile de Nyany effectue plus de 20 arrestations par jour depuis le début de ses opérations en mars. Plusieurs centaines de contrevenants ont été trainés devant ces tribunaux à travers le pays.

Selon les observateurs, ces tribunaux mobiles ont contribué durant les cinq derniers mois à sensibiliser une grande partie de la population à respecter les mesures sanitaires pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Covid-19: des tribunaux mobiles au Nigeria
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Les tribunaux mobiles ne sont pas prévus dans la constitution du Nigeria, ce qui suscite des murmures.

Mais pour l’avocat Ovo Otemu, leur mise en place est bien légale.

"Même s’ils ne sont pas créés par la constitution c’est statutaire et constitutionnel parce que la constitution donne le pouvoir au parlement de voter les lois", souligne-t-il. "Les tribunaux mobiles sont créés par une loi votée par le parlement. Donc ils sont légalement constitués", explique l'avocat.

Les magistrats de ces tribunaux mobiles ne peuvent infliger que des amendes ou des travaux d'intérêt général, comme le balayage des routes ou le ramassage des ordures, mais ils ne peuvent faire enfermer personne.

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