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L'économie nigériane dans la tourmente à cause du coronavirus et de la chute des prix du baril

Une jeune fille marche sur un gazoduc qui traverse la communauté d'Okrika, près de la ville de Port Harcourt, plaque tournante du pétrole au Nigeria, le 4 décembre 2012. (Photo: Reuters)

Si le Nigeria n'enregistre pour l'heure que deux cas confirmés de coronavirus, la première économie d'Afrique, largement dépendante du pétrole, pourrait bien subir de plein fouet les effets de l'épidémie mondiale en 2020.

La ministre des Finances du principal producteur d'or noir du continent a annoncé lundi que le gouvernement allait revoir son budget à la baisse dans un contexte de chute brutale des cours mondiaux du baril.

"Il est très clair que nous devrons revoir le prix de référence du pétrole brut que nous avons établi à 57 dollars le baril", a déclaré Zainab Ahmed. "La conséquence, c'est qu'il y aura une baisse des revenus dans le budget, ce qui signifie une réduction de la taille du budget".

Reste à savoir d'où proviendront les économies, alors que le gouvernement a adopté pour cette année un budget record de 34,6 milliards de dollars.

Le président Muhammadu Buhari a formé un comité qui doit lui présenter un rapport dès mercredi pour limiter au plus vite les retombées économiques négatives - mais la marge de manoeuvre sera sans doute étroite.

Le Nigeria avait déjà du mal à voir sa croissance repartir après avoir traversé en 2016-2017 une récession majeure, causée par la chute des cours mondiaux du brut.

Malgré les promesses faites par Abuja - qui tire environ 90% de ses recettes du brut - de diversifier l'économie, le Nigeria reste très dépendant de l'or noir.

Le mois dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé ses prévisions de croissance 2020 à 2%, en raison de la baisse des prix du pétrole.

"Le Nigeria n'a pas tiré les leçons du passé en termes de diversification de sa base de revenus", estime Ayodeji Ebo, directeur général d'Afrinvest Securities, basé à Lagos.

Une autre récession possible

"Nous pensons que dans les prochains jours, lorsque nous aurons tous commencé à voir l'effet de la baisse des prix (...) nous devrons peut-être nous réunir à nouveau et reconsidérer nos positions", a déclaré lundi le ministre du Pétrole, Timipre Sylva.

Pour l'instant, la plupart des analystes s'accordent à dire qu'il est trop tôt pour savoir à quel point la chute des cours va impacter l'économie du pays le plus peuplé d'Afrique avec 200 millions d'habitants.

Mais d'après Ayodeji Ebo, si le bras de fer entre Russie et Arabie saoudite se traduit par une baisse prolongée des prix du brut et que le coronavirus continue de chahuter l'économie mondiale, le Nigeria serait confronté à des risques majeurs.

Malgré tout, le Nigeria semble mieux à même de surmonter la crise que lors du crash pétrolier de 2014.

Outre la chute des prix du baril, la région mouvementée du Delta du Niger, riche en pétrole, avait subi une série d'attaques de rebelles armés qui avaient contribué à faire chuter la production quotidienne à environ 1,4 million de barils par jour.

Aujourd'hui, la région est globalement pacifiée et le pays produit environ 2 millions de barils par jour, assurant qu'il est prêt à booster sa production pour compenser une partie des pertes de revenus.

Dévaluation à venir ?

Les difficultés économiques risquent aussi d'entrainer une dévaluation de la monnaie nationale, le naira.

Jusqu'à présent, la banque centrale cherche à éviter de laisser flotter le naira et soutient coûte que coûte sa monnaie à un taux fixe malgré la diminution des réserves de change. Mais la chute des prix du pétrole pourrait obliger les autorités à mettre en place un régime de change régi par le marché.

"Le gouverneur de la banque centrale a indiqué au marché que deux variables détermineraient le prochain cap pour la monnaie: les prix du pétrole et le niveau des réserves de change", explique Omotola Abimbola, analyste à Chapel Hill Denham, une banque d'investissement nigériane.

Les prix du brut sont désormais bien en deçà du niveau espéré par les autorités nigérianes et les réserves s'approchent du seuil clé de 30 milliards de dollars fixé par le patron de la banque centrale, Godwin Emefiele.

"Le seuil n'a pas encore été atteint, les réserves étant de 36 milliards de dollars", a expliqué Abimbola. "Mais c'est un choc et j'imagine que la banque centrale ne laissera pas les réserves baisser en dessous de ce niveau pour agir."

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Kamaru Usman, le Nigérian qui a ouvert la porte du MMA aux Africains

Le Nigérian Kamaru Usman lors d'une compétition à Abu Dhabi, le 12 juillet 2020.

L’an dernier, Kamaru Usman est devenu le premier combattant de MMA d’origine africaine à remporter un titre mondial UFC et a vu depuis une génération de sportifs du continent s’élever dans son sillage.

En mars 2019, Le Floridien de 33 ans, né au Nigeria, remporte la ceinture de poids welter UFC par décision unanime contre l’Américain Tyron Woodley (19-6-1). Il l’a depuis défendue deux fois, avec une victoire par KO contre l’Américain Colby Covington (16-2) en décembre dernier et sur décision unanime aux points contre son compatriote Jorge Masvidal (35-14) en juillet.

Selon Kamaru Usman, ce n'est qu'un début, au vu des combattants africains déjà signés par l’UFC (Ultimate Fighting Championship), l'organisateur de combats sis à Las Vegas: "Il y a tellement de talents qui viennent d'Afrique."

En octobre 2019, le Néo-zélandais d’origine nigériane Israel Adesanya (19-0) remporte la ceinture des poids moyens en éliminant l’Australien Robert Whittaker (21-5). Il se présentera à nouveau le 26 septembre pour défendre son titre contre le Brésilien Paulo Costa. Un combat qui sera, selon beaucoup de connaisseurs du sport, celui de l’année.

De sérieux clients

Dans la catégorie poids lourds de l’UFC, le challenger N.1 est le Camerounais basé en France Francis Ngannou (15-3), qui devrait bientôt affronter le tenant du titre, l’Américain Stipe Miocic (20-3). De leur côté, les poids légers nigérians-américains Sodiq Yusuff (11-1) et le poids welter ghanéen Abdul Razak Alhassan (10-2) sont considérés comme de sérieux clients dans leurs catégories respectives.

"Quand je vois ces gars, il y a un sens de la camaraderie inexplicable", dit Usman à l’AFP. "Vous savez qu’au fond d’eux, ils ont ressenti ce que vous avez ressenti et vécu ce que vous avez vécu."

Au cours des 16 derniers mois, Kamaru Usman aura vécu bien des choses. En plus du titre welter, il a retrouvé en février son père, Muhamed Nasiru Usman, qui a purgé une peine de dix ans de prison aux Etats-Unis après sa condamnation en 2010 pour une série d’accusations de fraude dans le domaine de la santé.

"En tant que garçon africain, il est nécessaire de se surpasser pour ses parents. C’est arrivé lorsque j’ai été reconnu au niveau national. Je cherchais son approbation et je n’avais plus mon père sur qui compter. Cela m'a dérangé pendant des années. Mais nous avons toujours été proches et c’est resté comme ça".

Le père de Kamaru Usman, un ancien soldat, a laissé sa jeune famille au Nigeria en 1989 pour leur construire une nouvelle vie aux Etats-Unis, raconte Usman qui a alors deux ans et rejoindra les Etats-Unis quelques années plus tard.

Champion universitaire de lutte

"Pour quitter vos enfants et aller en Amérique obtenir un visa, leur donner une meilleure vie, il faut du cran. Passer par ce qu’il a vécu tout en restant toujours positif, et en gardant le moral, c’est une source d’inspiration quotidienne."

Lutteur exceptionnel au lycée au Texas et trois fois champion d’Amérique à l’université de Nebraska, Usman dit qu’il a été accepté en tant que jeune sportif: "Partout dans le monde, on oublie parfois que le sport comble le fossé entre les cultures et les nations."

"En commençant à exceller dans le sport, j’ai compris que je n’étais pas seulement ce petit garçon nigérian. J’étais le combattant qui venait du Nigeria."

Usman aurait dû retourner au Nigeria dans le cadre d'un voyage avec une fondation qui, il l'espère, pourra travailler avec des villages pauvres. Un voyage annulé à cause de la pandémie. Mais le natif de Benin City compte bien revenir dans son pays natal.

"Vous avez une responsabilité quand les enfants regardent ce que vous faites. Le plus grand avantage de ce sport est qu’il ne connaît pas de visage, pas de race (...) Vous pouvez venir de petites villes d'Afrique comme de Chine. Cela n’a pas d’importance. J’espère qu’ils pourront me rencontrer et peut-être que cela les aidera à voir ce que l’on peut accomplir", dit-il.

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