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Nigeria: 81 morts lors d'une attaque jihadiste, selon un nouveau bilan

Des soldats tchadiens de la Force opérationnelle interarmées combattant les djihadistes de Boko Haram en patrouille à Monguno, au Nigéria, le 15 décembre 2019.

Des jihadistes du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont tué mardi 81 personnes lors d'une attaque contre un village d'éleveurs dans le nord-est du Nigeria, ont annoncé mercredi des responsables locaux.

Un précédent bilan de cette attaque mardi après-midi contre le village de Felo, dans le district de Gubio (Etat du Borno), communiqué mercredi par des sources de sécurité et déjà revu à la hausse, faisait état de 69 morts.

Le gouverneur de l'Etat de Borno, Babagana Zulum Umara, a indiqué mercredi à des journalistes lors d'une visite sur les lieux que les habitants avaient dit "avoir pu identifier 81 personnes" tuées dans l'attaque.

Selon lui, 49 ont été enterrées dans un cimetière sur place, tandis que les corps de 32 autres ont été emmenés par leurs proches.

De plus, sept personnes, dont le chef du village, ont été enlevées, a affirmé le bureau du gouverneur dans un communiqué.

Un responsable local a affirmé à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que l'aggravation du bilan s'expliquait par la mort de certains blessés.

"Le dernier bilan est de 81 morts. Il y a encore des gens grièvement blessés, nous espérons qu'ils survivront", a-t-il ajouté.

Selon des habitants, les victimes, hommes, femmes et enfants, ont été surpris par les assaillants pendant qu'ils surveillaient le bétail à un point d'eau à l'extérieur du village, en rase campagne, sans possibilité de fuir ou de se cacher.

Mardi, un chef du village avait estimé que cette attaque avait été lancée en représailles à la mort de combattants jihadistes tués par la milice d'autodéfense locale qui protège le bétail du village contre le vol.

Le vol de bétail à répétition a incité les habitants à former une milice pour sécuriser leur village.

Gubio, située à 80 kilomètres de la capitale régionale Maiduguri, a été à plusieurs reprises la cible des jihadistes d'ISWAP.

En réaction, plus de 100 miliciens et chasseurs traditionnels ont été déployés par les autorités locales pour protéger la localité et ses environs contre les attaques.

L'ISWAP, faction dissidente de Boko Haram, dont elle a fait scission en 2016 pour s'affilier au groupe Etat islamique (EI), a multiplié les attaques meurtrières ciblant l'armée depuis deux ans. Mais depuis plusieurs mois, elle est accusée de s'en prendre également de plus en plus souvent aux civils.

L'insurrection jihadiste dans le nord-est du Nigeria a fait plus de 36.000 morts et de deux millions de déplacés depuis 2009.

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Ouverture d’une liaison aérienne entre Abuja et Kaduna pour éviter les coupeurs de route

Kaduna international airport in Kaduna, Nigeria

Au Nigeria, le gouvernement a approuvé l’ouverture d’une liaison aérienne entre Abuja et Kaduna, une distance de 180 km, en raison de l'insécurité croissante sur ce trajet. Une compagnie aérienne va assurer la ligne pour les hauts fonctionnaires et les personnes fortunées.

La route Kaduna-Abuja est récemment devenue l'une des routes les plus dangereuses du Nigeria, avec des coupeurs de route menant des attaques régulières. On y fait également souvent état de kidnappings orchestrés par des individus lourdement armés.

Le trajet se situe dans une région où le groupe Boko Haram est très actif. Mais la décision des autorités fédérales provoque des réactions mitigées au sein de la population alors que le train qui circule sur cette route vient d’augmenter les frais de transport à 100%.

Le capitaine Mohammed Bala Jibrin, pilote à la retraite et ancien directeur au ministère de l’aviation civile, explique que "le choix des compagnies pour opérer dans un Etat n’a rien à voir avec la sécurité. Les compagnies sont à la recherche de l’argent. et elles sont libres d’opérer partout entre deux points dans le pays".

​ La route qui fait environ 180 kilomètres n'a pas pu être sécurisée par le gouvernement, obligeant de nombreux voyageurs à l’éviter. Une situation qui isole la ville de Kaduna et ralentit son économie.

La route entre Abuja et Kaduna, au Nigeria, le 25 septembre 2020. (VOA/Gilbert Tamba)
La route entre Abuja et Kaduna, au Nigeria, le 25 septembre 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

"Je m’inquiète que le gouvernement n’arrive pas à sécuriser cette route pour permettre aux Nigérians de circuler librement. Si les bandits et les kidnappeurs ont pris le contrôle de cette route, cela signifie que les activités économiques des populations vivant dans la zone seront affectées", s’inquiète l’activiste Faith N’wadishi.

Un autre risque associé aux voyages est le nombre élevé des accidents de la route enregistrés depuis quelques temps.

Pour Kabiru Adamu, consultant en sécurité, la décision du gouvernement vise certes à sécuriser des hommes d’affaires et des hautes personnalités qui ne veulent pas prendre tous ces risques, mais les conséquences d’une telle initiative ne sont pas négligeables.

"La conséquence d’une telle décision est : qu’est ce qui est arrivé au contrat social entre le Nigérian qui n’est pas riche et pour certaines circonstances est obligé d’utiliser cette route et le gouvernement?".

​ De nombreux voyageurs ont récemment exprimé leur colère face à l'augmentation de 100% des tarifs du train par le gouvernement nigérian, forçant la majorité à reprendre la route pour se rendre à Kaduna malgré les menaces sur leur sécurité.

Ouverture d’une liaison aérienne entre Abuja et Kaduna
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Minute Eco: La production pétrolière en hausse de 3% au Gabon

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Les avocats nigérians s'insurgent contre la brutalité policière

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Kamaru Usman, le Nigérian qui a ouvert la porte du MMA aux Africains

Le Nigérian Kamaru Usman lors d'une compétition à Abu Dhabi, le 12 juillet 2020.

L’an dernier, Kamaru Usman est devenu le premier combattant de MMA d’origine africaine à remporter un titre mondial UFC et a vu depuis une génération de sportifs du continent s’élever dans son sillage.

En mars 2019, Le Floridien de 33 ans, né au Nigeria, remporte la ceinture de poids welter UFC par décision unanime contre l’Américain Tyron Woodley (19-6-1). Il l’a depuis défendue deux fois, avec une victoire par KO contre l’Américain Colby Covington (16-2) en décembre dernier et sur décision unanime aux points contre son compatriote Jorge Masvidal (35-14) en juillet.

Selon Kamaru Usman, ce n'est qu'un début, au vu des combattants africains déjà signés par l’UFC (Ultimate Fighting Championship), l'organisateur de combats sis à Las Vegas: "Il y a tellement de talents qui viennent d'Afrique."

En octobre 2019, le Néo-zélandais d’origine nigériane Israel Adesanya (19-0) remporte la ceinture des poids moyens en éliminant l’Australien Robert Whittaker (21-5). Il se présentera à nouveau le 26 septembre pour défendre son titre contre le Brésilien Paulo Costa. Un combat qui sera, selon beaucoup de connaisseurs du sport, celui de l’année.

De sérieux clients

Dans la catégorie poids lourds de l’UFC, le challenger N.1 est le Camerounais basé en France Francis Ngannou (15-3), qui devrait bientôt affronter le tenant du titre, l’Américain Stipe Miocic (20-3). De leur côté, les poids légers nigérians-américains Sodiq Yusuff (11-1) et le poids welter ghanéen Abdul Razak Alhassan (10-2) sont considérés comme de sérieux clients dans leurs catégories respectives.

"Quand je vois ces gars, il y a un sens de la camaraderie inexplicable", dit Usman à l’AFP. "Vous savez qu’au fond d’eux, ils ont ressenti ce que vous avez ressenti et vécu ce que vous avez vécu."

Au cours des 16 derniers mois, Kamaru Usman aura vécu bien des choses. En plus du titre welter, il a retrouvé en février son père, Muhamed Nasiru Usman, qui a purgé une peine de dix ans de prison aux Etats-Unis après sa condamnation en 2010 pour une série d’accusations de fraude dans le domaine de la santé.

"En tant que garçon africain, il est nécessaire de se surpasser pour ses parents. C’est arrivé lorsque j’ai été reconnu au niveau national. Je cherchais son approbation et je n’avais plus mon père sur qui compter. Cela m'a dérangé pendant des années. Mais nous avons toujours été proches et c’est resté comme ça".

Le père de Kamaru Usman, un ancien soldat, a laissé sa jeune famille au Nigeria en 1989 pour leur construire une nouvelle vie aux Etats-Unis, raconte Usman qui a alors deux ans et rejoindra les Etats-Unis quelques années plus tard.

Champion universitaire de lutte

"Pour quitter vos enfants et aller en Amérique obtenir un visa, leur donner une meilleure vie, il faut du cran. Passer par ce qu’il a vécu tout en restant toujours positif, et en gardant le moral, c’est une source d’inspiration quotidienne."

Lutteur exceptionnel au lycée au Texas et trois fois champion d’Amérique à l’université de Nebraska, Usman dit qu’il a été accepté en tant que jeune sportif: "Partout dans le monde, on oublie parfois que le sport comble le fossé entre les cultures et les nations."

"En commençant à exceller dans le sport, j’ai compris que je n’étais pas seulement ce petit garçon nigérian. J’étais le combattant qui venait du Nigeria."

Usman aurait dû retourner au Nigeria dans le cadre d'un voyage avec une fondation qui, il l'espère, pourra travailler avec des villages pauvres. Un voyage annulé à cause de la pandémie. Mais le natif de Benin City compte bien revenir dans son pays natal.

"Vous avez une responsabilité quand les enfants regardent ce que vous faites. Le plus grand avantage de ce sport est qu’il ne connaît pas de visage, pas de race (...) Vous pouvez venir de petites villes d'Afrique comme de Chine. Cela n’a pas d’importance. J’espère qu’ils pourront me rencontrer et peut-être que cela les aidera à voir ce que l’on peut accomplir", dit-il.

25 personnes sont mortes dans l'explosion d'un camion citerne

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