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Niger

Plus de 40.000 Nigériens fuient les violences au Nigeria

Des réfugiés nigérians, qui ont fui au Niger à la suite d'attaques contre leur village, se tiennent dans la cour de leur hôte nigérien, à Diffa, dans le sud-est du Niger, le 21 juin 2016.

Les violences dans le nord-ouest du Nigeria en avril ont conduit 23.000 personnes à fuir vers le Niger, et 19.000 Nigériens à se déplacer à l'intérieur de leur pays, a annoncé mardi le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

"La violence persistante au nord-ouest du Nigeria a forcé environ 23 000 personnes à fuir vers le Niger durant le seul mois d'avril. Ce dernier afflux porte à plus de 60.000 le nombre total de réfugiés qui ont fui cette région du Nigeria pour le Niger voisin" depuis avril 2019, déclare le porte-parole du HCR Babar Baloch, cité dans le communiqué de l'organisation.

"Craignant et fuyant cette même insécurité dans les zones frontalières, un autre groupe de 19.000 ressortissants du Niger a été contraint de se déplacer à l'intérieur du Niger", ajoute-t-il.

Ces réfugiés et déplacés internes, "principalement des femmes et des enfants désespérés (...) fuient les attaques incessantes menées par des groupes armés dans les Etats de Sokoto, Zamfara et Katsina au Nigeria, et ils trouvent refuge dans la région de Maradi" (centre sud du Niger), selon le HCR, qui souligne que les réfugiés ont été "autorisés à entrer au Niger malgré la fermeture des frontières du fait de la pandémie de Covid-19".

Quarante-sept personnes ont été tuées dans des attaques de bandits armés à moto contre cinq villages de l'Etat de Katsina dans le nord du Nigeria le 18 avril. Selon la police, il s'agit de gangs criminels, spécialisés dans le vol de bétail et les enlèvements contre rançon.

"Les réfugiés en fuite témoignent d'une violence extrême contre les civils, de meurtres, d'enlèvements contre rançon et de pillages des villages", selon le HCR qui se dit "préoccupé par la dégradation de la sécurité à l'intérieur du Nigeria et par le risque d'incursions armées au Niger".

Ces violences s'ajoutent à celles des groupes armés jihadistes qui opèrent dans la région du lac Tchad, rappelle le HCR.

La région de Diffa (sud-est du Niger) proche du Nigeria, théâtre d'attaques constantes des jihadistes nigérians de l'Iswap (Etat islamique en Afrique de l'Ouest) et de Boko Haram, abrite plus de 300.000 réfugiés nigérians et déplacés internes.

Dans les régions de Tillabéri et Tahoua (ouest du Niger) où sévissent des groupes jihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), quelque 80.000 personnes ont été contraintes de se déplacer.

Au total, le Niger abrite près de 500.000 réfugiés (Nigérians, Maliens et Burkinabé) et déplacés internes, chassés par les violences jihadistes ou des bandes armées, selon un rapport récent de l'ONU qui s'inquiète du manque de fonds pour couvrir tous les besoins. Certains réfugiés et déplacés vivent au milieu d'une population déjà très pauvre.

Le centre du Sahel est touché par les violences jihadistes - souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires - qui ont fait 4.000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019, selon l'ONU.

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Niger: les ravisseurs de l'otage américain demandent une rançon

Les forces spéciales nigérianes participent à un exercice de sauvetage des otages à la fin de l'exercice Flintlock à Mao, au Tchad, samedi, avec l'appui de l'armée américaine et ses partenaires occidentaux. (Photo AP / Jerome Delay)

Les ravisseurs de l’Américain Philip Walton, enlevé dans le nuit de lundi à mardi à Massalata au Niger, près de la frontière avec le Nigeria, ont exigé mercredi une "rançon" contre sa libération, selon le préfet de la zone.  

"Les ravisseurs ont appelé le père sur son téléphone pour réclamer une rançon", a expliqué Ibrahim Abba Lélé, préfet de Birni NKonni (dont Massalata est voisine), sans préciser le montant demandé.

Dans un communiqué lu sur la radio nationale, le ministère de l’Intérieur a indiqué que les ravisseurs avaient "fouillé le domicile à la recherche de l’argent" et avaient ensuite fui "en direction de la zone frontalière".

"Les forces de défense et de sécurité de la zone ont conduit des opérations de ratissage et des renforts ont été déployés", souligne le communiqué qui indique que "toutes les dispositions sont prises, en collaboration avec les services de sécurité américains et nigérians en vue de retrouver l’intéressé".

Philip Walton était installé à Massalata avec sa femme et un enfant depuis deux ans, selon son père Bruce Walton qui habite Birni Nkonni et vit au Niger depuis près de 30 ans.

Un porte-parole du Département d'Etat américain à Washington a confirmé mardi qu'un "citoyen américain avait été enlevé au Niger".

Le Sahel est régulièrement le théâtre d'enlèvements d'Occidentaux par des groupes jihadistes.

Début octobre au Mali, la Française Sophie Pétronin et deux otages italiens ont été libérés, mais plusieurs restent détenus au Sahel. Parmi eux, l'humanitaire américain Jeffery Woodke enlevé au Niger en octobre 2016 à Abalak, à environ 200 km au nord de Birni Nkonni.

Toutefois la zone dans laquelle Philip Walton a été enlevé est loin du rayon d'action habituel des groupes jihadistes. C'est une zone de contrebande et de banditisme actifs, grâce à la porosité de la frontière entre le Niger et le Nigeria.

En août, six humanitaires français et deux Nigériens avaient été assassinés à 60 km à l'ouest de Niamey dans la réserve naturelle de Kouré, une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).

Le Niger est en proie à des attaques jihadistes récurrentes qui ont fait des centaines de morts.

Les Américains disposent de deux bases de drones à Agadez et Dirkou, au nord du Niger. Leurs appareils survolent le Sahel en permanence et sont un soutien important à la force française antijihadiste Barkhane.

En 2017, quatre soldats américains des Forces spéciales et cinq militaires nigériens avaient été tués dans une embuscade à Tongo Tongo, près du Mali, dans le sud-ouest du Niger. Cette attaque avait été revendiquée par l'Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) alors qu'officiellement les USA ne disposaient pas de troupes en opération au sol.

Témoignage du père de l'Américain kidnappé au Niger

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L'ambassade américaine demande l'aide du public pour retrouver un otage

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Un ressortissant américain enlevé au Niger

Un soldat nigérien porte un lance-roquette sur son dos, dans le camp d'Assaga, le 29 février 2016. (VOA/Nicolas Pinault)

Un ressortissant américain a été enlevé dans le sud du Niger, à Massalata, à 400 km à l'est de Niamey près de la frontière avec le Nigeria, a rapporté mardi à l'AFP le préfet du département de Birni Nkonni, Ibrahim Abba Lelé.

L'Américain, fils d'un missionnaire également américain qui vit là-bas "depuis plusieurs années", "a été enlevé dans un jardin dans la périphérie de Massalata", un village voisin de Birni Nkonni, a déclaré le préfet, corrigeant ses propos. Il avait initialement indiqué que le ressortissant était missionnaire.

Aucun autre détail sur les circonstances du rapt n'était connu dans l'immédiat.

Un autre Américain, Jeffery Woodke, un humanitaire enlevé en octobre 2016 à Abalak au Niger, et sans doute conduit ensuite au Mali, est toujours aux mains de ses ravisseurs. Le président du Niger Mahamadou Issoufou avait assuré en septembre 2019 que Jeffery Woodke était en vie et en bonne santé.

Plusieurs otages occidentaux restent détenus au Sahel, après la libération début octobre au Mali de la Française Sophie Pétronin et de deux otages italiens.

En août, six humanitaires français et deux Nigériens avaient été assassinés à 60 km de Niamey dans une réserve naturelle, une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).

Le Niger, pays sahélien très pauvre, est en proie à des attaques jihadistes récurrentes qui ont fait des centaines de morts.

Avec le Mali et le Burkina Faso voisin, il est au coeur d'une immense zone écumée par des groupes jihadistes se revendiquant d'EI ou de son rival Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et où sont déployés quelque 5.100 soldats français de la force antiterroriste Barkhane.

Le Niger fait également face à des attaques du groupe islamiste nigérian Boko Haram à ses frontières sud-est. Outre des raids meurtriers, Boko Haram multiplie les enlèvements d'habitants, libérés contre rançon.

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