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Djibouti

58 migrants morts dans le naufrage de leurs embarcations

La survivante du naufrage, une Camerounaise de 40 ans prénommée Josepha, avait été retrouvée en hypothermie avec une autre femme et un petit garçon morts depuis peu sur les restes d'un canot pneumatique au large de la Libye lors d’une opération de Proacti

Le bilan du naufrage mardi de deux embarcations de migrants surchargées au large de Djibouti est passé à 58 morts, a-t-on appris vendredi auprès de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Interrogée par l'AFP, Lalini Veerassamy, la chef de mission de l'OIM à Djibouti, a indiqué par message que le nombre de victimes était de "58". Un précédent bilan donné par la même source jeudi faisait état de 52 morts.

Le naufrage a eu lieu mardi environ 30 minutes après que les bateaux surchargés eurent quitté, par une mer agitée, la localité de Godoria, à quelques dizaines de kilomètres au nord d'Obock, pour se rendre au Yémen, selon l'OIM.

Quinze survivants, majoritairement des Ethiopiens, avaient pu être sauvés.

Mercredi, une journaliste de l'AFP avait vu aux environs d'Obock de nombreux corps rejetés par la mer sur la plage, pour certains à moitié enfouis dans le sable. Les secouristes les enveloppaient dans un drap blanc avant de les évacuer.

Le détroit de Bab al-Mandeb, qui sépare Djibouti du Yémen a la particularité de voir des bateaux de migrants passer dans les deux sens: des migrants fuyant la guerre au Yémen croisent des bateaux remplis de migrants africains en quête de travail dans la péninsule arabique via une route passant par le nord du Yémen.

Situé près de la Somalie instable et de l'Éthiopie, Djibouti est devenu ces dernières années un point de transit important pour les migrants. Mais les traversées se sont souvent révélées périlleuses.

- Catastrophe -

En 2018, au moins 30 migrants de Somalie et d'Éthiopie qui tentaient sans doute de gagner Djibouti se sont noyés lorsque leur bateau a chaviré au large du Yémen. Des coups de feu auraient été tirés sur les passagers.

En août 2017, des dizaines de migrants de Somalie et d'Éthiopie qui se trouvaient à bord de deux bateaux à destination du Yémen sont morts après que des trafiquants d'êtres humains les eurent jetés à la mer.

"Le nombre de nouvelles arrivées au Yémen a augmenté de manière continue depuis 2012, malgré la profonde insécurité et violence qui y règnent", a indiqué l'OIM dans un rapport récent.

En 2017, quelque 100.000 migrants ont ainsi rejoint le Yémen. Mais certains d'entre eux rebroussent chemin face à la guerre et la crise humanitaire qui ravagent le pays.

Selon l'OIM, plus de 200.000 migrants ont fui le Yémen en 2016 et 2017.

Le Yémen est déchiré depuis fin 2014 par un conflit qui a fait, depuis l'intervention militaire en mars 2015 d'une coalition sous commandement saoudien, quelque 10.000 morts et plus de 56.000 blessés selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Des ONG estiment que le bilan réel des victimes directes et indirectes du conflit est bien plus élevé.

En décembre, les Nations unies ont prévenu que près de 80% de la population, soit approximativement 24 millions de personnes, avaient besoin d'une assistance humanitaire.

"Ce n'est pas un pays au bord de la catastrophe, c'est un pays qui est déjà en situation de catastrophe", avait affirmé en décembre le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, David Beasley.

Avec AFP

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Djibouti: libération de six soldats détenus par un groupe rebelle depuis octobre

ARCHIVES - Les troupes de l'armée nationale djiboutienne défilent lors des cérémonies marquant le 41e anniversaire de l'indépendance de Djibouti le 27 juin 2018.

Six soldats djiboutiens détenus par un groupe rebelle depuis l'attaque de leur caserne le 7 octobre ont été libérés, ont annoncé mercredi les rebelles et le gouvernement éthiopien, qui a participé aux négociations.

Sept soldats djiboutiens avaient été tués et six autres portés disparus lors de l'attaque de la base de Garabtisan, dans le nord de ce petit pays de la Corne de l'Afrique.

Le ministère djiboutien de la Défense avait alors pointé du doigt "FRUD armé" (Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie), le décrivant comme un "groupe terroriste".

"Ne souhaitant aucunement faire perdurer la souffrance et les inquiétudes des familles des militaires fait prisonniers et n'ayant pas vocation à détenir ad vitam aeternam de citoyens djiboutiens, nous avons pris la décision de remettre les soldats tombés dans nos mains aux autorités éthiopiennes", a déclaré le FRUD dans un communiqué transmis à l'AFP.

Le ministère des Affaires étrangères éthiopien, pays frontalier qui a participé aux négociations pour la libération des soldats, a confirmé dans un communiqué que les militaires "ont été remis au gouvernement de Djibouti", soulignant que les deux pays "travaillent ensemble pour renforcer la coopération en matière de paix et de sécurité".

Recruté parmi la communauté afar du nord de Djibouti, le FRUD a lancé une rébellion contre le gouvernement en 1991, affirmant vouloir défendre les intérêts des Afar contre les Issa, l'autre grande communauté ethnique du pays.

Le groupe s'est ensuite scindé et, bien que le FRUD soit membre de la coalition UMP au pouvoir qui soutient le président Ismaïl Omar Guelleh, sa branche militaire reste engagée dans la résistance armée.

Situé sur l'une des routes maritimes les plus fréquentées du monde, à l'endroit où la mer Rouge rejoint le golfe d'Aden, Djibouti abrite la seule base militaire américaine en Afrique et la plus grande base militaire française à l'étranger.

Djibouti combat les risques d’insécurité alimentaire; l'ONU lutte pour les exportations d'engrais russes

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Sept soldats tués dans l'attaque de leur caserne à Djibouti

ARCHIVES - Défilé militaire lors des cérémonies marquant le 41e anniversaire de l'indépendance de Djibouti, le 27 juin 2018.

Le ministère de la Défense a imputé l'attaque au Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie, le décrivant comme un "groupe terroriste".

Sept soldats djiboutiens ont été tués dans l'attaque de leur caserne par un groupe rebelle aux premières heures de vendredi, et six sont portés disparus, a annoncé le ministère de la Défense.

Dans un communiqué, le ministère de la Défense a imputé l'attaque de la base de Garabtisan, dans le nord de ce petit pays de la Corne de l'Afrique, au "FRUD armé" (Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie), le décrivant comme un "groupe terroriste".

Bien que "nos militaires se soient défendus vaillamment, cette attaque aura causé la mort de sept de nos soldats, (fait) 4 blessés ainsi que 6 portés disparus", a-t-il indiqué, en précisant que des recherches étaient en cours pour retrouver les soldats disparus et "neutraliser ces terroristes".

"Cette bande est bien connue pour ses actes odieux et criminels consistant à terroriser et piller les populations des secteurs éloignés du pays", a affirmé le ministère.

Le président de Djibouti, Ismail Omar Guelleh.
Le président de Djibouti, Ismail Omar Guelleh.

Recruté parmi la communauté afar du nord de Djibouti, le FRUD a lancé une rébellion contre le gouvernement en 1991, affirmant vouloir défendre les intérêts des Afars contre les Issas, l'autre grande communauté ethnique du pays.

Le groupe s'est ensuite scindé et, bien que le FRUD soit membre de la coalition UMP au pouvoir qui soutient le président Ismaïl Omar Guelleh, la branche armée reste engagée dans la résistance armée.

Situé sur l'une des routes maritimes les plus fréquentées du monde, à l'endroit où la mer Rouge rejoint le golfe d'Aden, Djibouti abrite la seule base militaire américaine en Afrique et la plus grande base militaire française à l'étranger.

La Chine, qui a d'importants intérêts économiques dans la Corne de l'Afrique, a également basé son unique base militaire du continent à Djibouti, où elle possède un port.

Un navire chargé de blé ukrainien est arrivé à Djibouti

Ces 23.000 tonnes de blé "serviront à soutenir la réponse humanitaire du PAM en Éthiopie où plus de 20 millions de personnes sont confrontées à la faim", selon la PAM.

Un navire affrété par l'ONU transportant 23.000 tonnes de blé ukrainien à destination de l'Ethiopie, où des millions d'habitants sont plongés dans la faim, est arrivé mardi au port de Djibouti, a annoncé le Programme alimentaire mondial (PAM).

Le Brave Commander avait quitté le port ukrainien de Pivdenny le 16 août, après un accord entre signé en juillet par Kiev et Moscou, sous l'égide de la Turquie et de l'ONU, permettant l'exportation des céréales ukrainiennes bloquées à cause de la guerre entre les deux pays.

"Le premier navire du PAM transportant des céréales ukrainiennes depuis février vient d'arriver à Djibouti. Maintenant, déchargeons ce blé et envoyons-le en Éthiopie", s'est félicité dans un tweet le directeur exécutif du PAM, David Beasley.

Ces 23.000 tonnes de blé "serviront à soutenir la réponse humanitaire du PAM en Éthiopie où plus de 20 millions de personnes sont confrontées à la faim", a également affirmé la branche africaine du PAM, dans un autre tweet.

Le nord de l'Ethiopie subit une profonde crise humanitaire, causée par un conflit qui dure depuis novembre 2020 entre gouvernement et rebelles de la région du Tigré, tandis que les sud et sud-est du pays font face à la sécheresse historique qui frappe la Corne de l'Afrique, la pire depuis au moins 40 ans.

Selon le PAM, 22 millions de personnes sont menacées de famine à travers la région, notamment en Somalie, en Ethiopie et au Kenya.

Quatre saisons de pluies défaillantes depuis fin 2020 ont tué des millions de têtes de bétail et détruit les récoltes, et l'Organisation météorologique mondiale de l'ONU a mis en garde la semaine dernière contre des précipitations encore insuffisantes lors de la prochaine saison de pluies, entre octobre et décembre.

"Il n'y a toujours pas de fin en vue à cette crise de la sécheresse (...) Nous devons donc obtenir les ressources nécessaires pour sauver des vies et empêcher les gens de plonger dans des niveaux catastrophiques de faim et de famine", a déclaré le directeur exécutif du PAM, David Beasley, le 19 août.

Le directeur du PAM, David Beasley, le 2 mai 2022 à Beverly Hills, en Californie.
Le directeur du PAM, David Beasley, le 2 mai 2022 à Beverly Hills, en Californie.

L'Ukraine et la Russie comptent parmi les plus gros exportateurs mondiaux de céréales, dont les cours flambent depuis le début de la guerre.

D'après le Joint Coordination Centre qui supervise le couloir maritime permettant les exportations de céréales depuis les ports d'Ukraine, plus de 721.000 tonnes sont déjà sorties du pays par la mer.

L'athlète Mo Farah révèle avoir été victime de traite des êtres humains

Mo Farah pose après avoir reçu son titre de chevalier de la reine Elizabeth de Grande-Bretagne au palais de Buckingham, à Londres, le 14 novembre 2017.

Mo Farah, roi des pistes d'athlétisme anobli par la reine d'Angleterre pour ses exploits olympiques, révèle dans un documentaire être arrivé illégalement au Royaume-Uni sous une fausse identité avant d'être forcé de travailler comme domestique dans une famille.

"La vérité, c'est que je ne suis pas celui que vous croyez. La plupart des gens me connaissent sous le nom de Mo Farah, mais ce n'est pas la réalité. J'ai été séparé de ma mère, et j'ai été amené au Royaume-Uni illégalement sous le nom d'un autre enfant appelé Mohamed Farah", explique le quadruple champion olympique dans un entretien qui sera diffusé mercredi sur la BBC.

Farah, aujourd'hui âgé de 39 ans, raconte dans cet entretien avoir reçu le nom de Mohamed Farah d'une femme qui l'avait fait venir au Royaume-Uni - lui affirmant qu'il y rejoindrait des proches - depuis Djibouti, pays d'Afrique orientale, à l'âge de neuf ans.

L'athlète, auteur du doublé 5.000 m/10.000 m aux Jeux olympiques de Londres en 2012 puis de Rio en 2016, dévoile qu'il se nomme en réalité Hussein Abdi Kahin. Son père a été tué en Somalie lorsqu'il avait quatre ans. Sa mère et deux frères vivent dans la région séparatiste du Somaliland, non reconnue par la communauté internationale.

"Ne dis rien"

"La véritable histoire est que je suis né au Somaliland, au nord de la Somalie, sous le nom de Hussein Abdi Kahin. Malgré ce que j'ai dit par le passé, mes parents n'ont jamais vécu au Royaume-Uni", poursuit Farah.

Il avait jusque-là expliqué être né à Mogadiscio, capitale de la Somalie, et être arrivé en Grande-Bretagne en 1993 à l'âge de 10 ans avec sa mère et deux de ses frères et soeurs pour rejoindre son père informaticien.

À son arrivée dans le pays, la femme qui l'accompagnait s'est emparée du papier sur lequel figuraient les coordonnées de ses proches, l'a "déchiré et mis à la poubelle", relate Farah. "À ce moment-là, j'ai su que j'avais un problème".

Farah, premier Britannique à remporter quatre titres olympiques en athlétisme, raconte également avoir été contraint de faire le ménage et de s'occuper d'autres enfants dans une famille britannique s'il voulait "avoir de quoi manger".

"Si tu veux revoir ta famille un jour, ne dis rien", s'est-il entendu dire.

Confidence à un professeur

Il a fini par révéler la vérité à son professeur d'éducation physique, Alan Watkinson, qui avait remarqué ses changements d'humeur dès qu'il se trouvait sur la piste. Il est alors parti vivre chez la mère d'un "ami" qui s'est "vraiment occupée" de lui.

"Le seul langage qu'il semblait comprendre était celui de l'éducation physique et du sport", témoigne Alan Watkinson. Le professeur a ensuite demandé la citoyenneté britannique pour l'athlète, qui l'a finalement obtenue le 25 juillet 2000.

Des avocats ont prévenu Mo Farah qu'il pourrait se voir retirer la nationalité britannique avec ses révélations sur de "fausses déclarations".

"Aucune poursuite ne sera engagée contre Sir Mo Farah et suggérer le contraire est faux", a indiqué à l'AFP le Home Office.

"Je salue Mo Farah, quel être humain incroyable d'avoir survécu à ce traumatisme enfant et d'être devenu un tel modèle", a réagi le ministre des Finances Nadhim Zahawi, qui a fui l'Irak enfant.

"Nous devons construire un avenir où ce genre de choses n'existe plus", a souligné le maire travailliste de Londres Sadiq Khan, alors que le gouvernement britannique prévoit de déporter des demandeurs d'asile au Rwanda dans le cadre de sa politique de lutte contre l'immigration.

Farah est retourné en Somalie en 2003 et a par la suite créé une fondation avec son épouse pour construire des puits et fournir une aide alimentaire et médicale en Afrique.

Sextuple champion du monde, il est devenu une immense star au Royaume-Uni en réalisant son doublé aux Jeux de Londres en 2012, puis en le réitérant quatre ans plus tard à Rio. Il s'est ensuite reconverti sur la route, mais avec moins de succès, malgré un succès au célèbre marathon de Chicago en 2018.

L'athlète explique que ce sont ses quatre enfants qui l'ont incité à dévoiler la vérité sur son passé.

"Souvent mes enfants posaient des questions (...). Et vous avez toujours une réponse pour tout, mais vous n'avez pas de réponse pour ça".

Farah a appelé son fils Hussein en référence à son vrai nom.

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