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Les autorités djiboutiennes repoussent d'une semaine l'allègement du confinement

Ismael Omar Guelleh, le président de Djibouti, aux Nations unies, New York, le 24 septembre 2011. Il est au pouvoir depuis 1999. (Photo: AP/David Karp)

Le gouvernement de Djibouti, pays de la Corne de l'Afrique qui abrite d'importantes bases militaires étrangères, a prolongé dimanche jusqu'au 17 mai le confinement pour lutter contre le coronavirus, après en avoir annoncé l'allégement progressif.

"Le gouvernement par la voix du Premier ministre (Abdoulkader Kamil Mohamed, NDLR) aujourd'hui a décidé de prolonger d'une semaine encore le confinement jusqu'au 17 mai", a écrit le ministre des Affaires étrangères Mahmoud Ali Youssouf sur Twitter.

Cette décision a été prise "à l'instant", les conditions n'étant pas encore réunies pour assouplir le confinement, a-t-il souligné.

Quelques heures auparavant, le même ministre avait pourtant annoncé sur Twitter "le processus de réouverture progressive du pays" à partir de lundi.

Sous conditions de "très strictes mesures de protection", comme le port du masque et la distanciation sociale, les transports collectifs vont reprendre et les lieux de culte seront officiellement autorisés à rouvrir, avait-il affirmé. En revanche, une réouverture des frontières n'était pas encore prévue à ce stade.


Avec près de 1.200 cas officiellement recensés pour environ 1 million d'habitants, Djibouti est le pays du continent qui en compte le plus grand nombre par rapport à sa population, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de l'Union africaine.

Mais ces statistiques doivent être relativisées, car Djibouti a mené proportionnellement beaucoup plus de tests de dépistage que bien d'autres pays africains.

Le confinement imposé à Djibouti depuis le 23 mars est largement inappliqué, malgré l'annonce d'une "indemnité compensatrice" aux travailleurs et aux entreprises lésés par le confinement.

Djibouti lance une campagne de "dépistage massif" contre le covid-19

Une vendeuse de Khat porte un masque et des gants pour empêcher la propagation du coronavirus à Djibouti, le 26 mars 2020.

Le gouvernement de Djibouti a annoncé jeudi le lancement vendredi d'une campagne de dépistage massif du Covid-19, visant à effectuer 45.000 tests dans les jours à venir en recourant au porte-à-porte.

Ce dépistage massif consiste "à effectuer 5.000 tests par jour en porte-à-porte" pour atteindre "45.000 tests", a indiqué la présidence djiboutienne dans un communiqué.

Cette campagne ciblera en priorité "les quartiers populaires dans l'objectif de mesurer la contagion communautaire" et "les personnels essentiels dans les secteurs public et privé".

Ce dépistage massif doit permettre au gouvernement djiboutien d'affiner "la stratégie et les mesures à prendre face à cette crise sanitaire", ajoute le communiqué.

Selon les dernières données publiées jeudi, le petit pays de la Corne de l'Afrique de près d'un million d'habitants a effectué à ce jour quelque 13.400 tests qui ont permis de détecter 1.089 cas positifs. Deux personnes ont succombé au virus et 642 en ont guéri, toujours selon les autorités.

Faisant référence à une décrue du nombre de nouveaux cas constatée ces derniers jours, le ministère a toutefois appelé à la prudence jeudi: "la chaîne de transmission s'est certes ralentie mais elle reste encore active".

De fait, la situation demeure préoccupante et elle a récemment poussé le président Ismaël Omar Guelleh à durcir le ton, reconnaissant que le confinement imposé depuis le 23 mars était loin d'être respecté comme il conviendrait.

"Le confinement n'est pas respecté par tous et malheureusement beaucoup de nos compatriotes prennent encore cette maladie à la légère", a-t-il déploré dans un discours télévisé à la Nation.

A Djibouti, le confinement ne prend pas et l'épidémie s'aggrave

Une vendeuse de Khat porte un masque et des gants pour empêcher la propagation du coronavirus à Djibouti, le 26 mars 2020.

A Djibouti, le pouvoir autoritaire du président Ismaïl Omar Guelleh peine à faire respecter le confinement et ne cache plus son inquiétude face au rythme auquel l'épidémie de Covid-19 se propage dans ce pays petit et pauvre de la Corne de l'Afrique.

Avec 986 cas officiellement recensés, Djibouti est le pays d'Afrique de l'Est à avoir déclaré le plus grand nombre de cas de nouveau coronavirus, et de très loin même.

Il a la plus forte prévalence du continent avec 98,6 cas pour 100.000 habitants, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de l'Union africaine.

Ces chiffres sont cependant à relativiser. Car Djibouti, dont la population approche le million d'habitants, a aussi mené plus de 10.000 tests, soit autant que l’Éthiopie voisine (116 cas recensés), deuxième pays le plus peuplé d'Afrique avec plus de 100 millions d'habitants.

Mais l'évolution est préoccupante. En deux semaines, le nombre de cas a été multiplié par presque 7. "L'épidémie s'aggrave", s'est ainsi inquiété la semaine dernière le ministère de la Santé.

La situation a poussé lundi le président Guelleh, au pouvoir depuis 1999, à durcir le ton, reconnaissant que le confinement imposé depuis le 23 mars était loin d'être respecté comme il conviendrait.

"Le confinement n’est pas respecté par tous et malheureusement beaucoup de nos compatriotes prennent encore cette maladie à la légère", a-t-il déploré dans un discours télévisé à la Nation.

"Vous continuez à circuler, à ne pas observer les distances minimum, à ne pas vous isoler et à propager la maladie", a accusé le chef de l’État, mettant en garde contre le fait que "si la progression continue à ce rythme, nous allons bientôt arriver à un stade où nous pourrions arriver à saturation".

- Les piétons pas contrôlés -

"Si les comportements ne changent toujours pas, je prendrai des mesures encore plus contraignantes", qui pourraient prendre la forme d'un "couvre-feu", a-t-il menacé.

Le gouvernement a ordonné le confinement de toutes les personnes ne travaillant pas pour des services essentiels (douanes, ports, médias, électricité, télécommunications...).

Il a aussi fermé les frontières, les écoles, les lieux de culte, les magasins à l'exception des épiceries, banques, pharmacies et stations-service, et interdit l'utilisation des transports collectifs. Ces mesures ont été prolongées jusqu'au 28 avril.

Mais si la police et l'armée quadrillent les rues de la capitale, pour refouler les conducteurs ne disposant pas d'une autorisation de circuler, les piétons ne sont pas contrôlés et continuent à se déplacer en nombre, a constaté un journaliste de l'AFP.

La plupart des gens ne portent pas de masque, inconfortable dans la chaleur étouffante de Djibouti. Ceux dépendant du secteur informel sont nombreux à marcher chaque jour sur des kilomètres entre le quartier pauvre de Balbala et Djibouti-ville pour tenter de survivre.

Les taxis travaillent toujours, même s'ils ne peuvent prendre plus d'un passager à la fois, et aucune mesure sanitaire n'entoure les marchés de fruits et légumes, ou les échoppes vendant du khat, selon la même source.

Le gouvernement, conscient que les regards extérieurs se porteraient sur le pays, qui abrite des bases militaires étrangères (France, États-Unis, Chine...), a adopté une approche douce, qui tranche avec sa gestion habituelle, estime l'expert Benedikt Kamski.

- 'Je n'étais pas prêt' -

"Il y a une énorme différence entre le gouvernement qui montre sa force toute l'année en temps normal pour des raisons politiques ou économiques, et sa gestion actuelle de cette crise sanitaire mondiale", déclare-t-il à l'AFP.

Dans un pays où le taux de chômage avoisine les 50% et les trois quarts des gens vivent avec moins de trois dollars par jour, les autorités ont été critiquées pour avoir imposé le confinement soudainement, sans préparer de mesures d'accompagnement.

"On n'était pas prêt du tout, je n'étais pas prêt car du jour au lendemain on nous annonce le confinement du pays", explique Ahmed, un chauffeur de bajaj (tricycle motorisé). "Pour les gens comme moi qui vivent du travail journalier, c'est difficile financièrement."

"Mon travail (...) me permettait de subvenir quotidiennement au besoin de ma famille. Maintenant, je suis chez moi sans savoir quand tout va rentrer dans l'ordre", ajoute-t-il.

Le président Guelleh a annoncé la création d'un fonds d'urgence et de solidarité d'un milliard de francs djiboutiens (5,2 millions d'euros), auquel il a promis de contribuer personnellement à hauteur de 10 millions de francs.

Des distributions de nourriture ont aussi été organisées dans plusieurs quartiers pauvres, en faveur de milliers de familles, selon le gouvernement. Mais il est accusé de faire preuve de clientélisme et de tribalisme dans l'allocation de ces aides.

On lui reproche aussi sa gestion du foyer épidémique de l'hôpital Al-Rahma, à Balbala, où plusieurs patients ont été contaminés par deux médecins égyptiens récemment revenus à Djibouti. Certains d'entre eux ont ensuite été transférés à Ali Sabieh (sud), infectant là d'autres personnes.

Le ramadan s'annonce comme un défi supplémentaire pour les autorités, une partie de la population, très croyante, voyant d'un mauvais œil la fermeture des mosquées et préférant s'en remettre à Dieu pour le coronavirus.

De Brazzaville à Djibouti, les principales affaires des "biens mal acquis"

Manifestation contre le président Denis Sassou Nguesso à Brazzaville, République du Congo, le 27 septembre 2015 (LAUDES MARTIAL MBON / AFP)

Rappel des principales affaires des "biens mal acquis", après la condamnation lundi en appel de Teodorin Obiang, fils du président équato-guinéen, à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende.

- Premières plaintes -

Le 27 mars 2007, trois associations déposent des plaintes visant des chefs d'État africains accusés d'avoir acquis en France un patrimoine considérable avec de l'argent public détourné de leurs pays. L'enquête préliminaire est classée sans suite en novembre.

En décembre 2008, une nouvelle plainte vise le Gabonais Omar Bongo (décédé en 2009), le Congolais Denis Sassou Nguesso et l'Équato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema.

La Cour de cassation annonce, deux ans plus tard, que la justice peut enquêter sur le patrimoine des trois chefs d'État et de certains de leurs proches.

- Nombreuses saisies -

Le 28 septembre 2011, des voitures de prestige de la famille Obiang sont saisies dans un immeuble parisien appartenant à son entourage.

Un mandat d'arrêt international est lancé en 2012 contre Teodorin Obiang. La justice saisit son hôtel particulier à Paris, d'une valeur de 100 à 150 millions d'euros.

Il est mis en examen (inculpé) en mars 2014 pour blanchiment de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et abus de confiance.

En septembre 2015, les juges saisissent plusieurs propriétés, dont une luxueuse demeure dans la région parisienne, soupçonnant un neveu de Sassou Nguesso d'en être le propriétaire. Le président Sassou Nguesso contre-attaque en février 2016, portant plainte pour "escroquerie au jugement".

En avril 2016, sont saisis des biens immobiliers à Paris et Nice, sur la Riviera française, appartenant à la famille du président gabonais Ali Bongo - fils d'Omar Bongo -, ainsi que deux appartements à Paris au nom d'Antoinette Sassou Nguesso, l'épouse du président congolais.

- Mises en examen -

En juin 2016, Rifaat al-Assad, oncle en exil du président syrien Bachar al-Assad, soupçonné de s'être frauduleusement bâti un empire immobilier estimé à 90 millions d'euros en France, est mis en examen.

Le 5 septembre, Teodorin Obiang, vice-président de son pays depuis mai 2012, est renvoyé en correctionnelle.

Le 8 mars 2017, Wilfrid Nguesso, un neveu de Denis Sassou Nguesso, est mis en examen pour "blanchiment de détournement de fonds publics". La fille et le gendre du président, puis un autre neveu et la mère de ce dernier le sont quelques semaines plus tard.

Le 27 août, le juge d'instruction annonce son intention de clore le volet gabonais portant sur la fortune détenue en France par la famille Bongo, sans avoir prononcé aucune mise en examen, prélude donc à non-lieu. Mais quelques mois plus tard, un nouveau juge relance les investigations.

- Obiang condamné -

Le 27 octobre 2017, Teodorin Obiang est condamné à 3 ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende avec sursis. Il fait appel.

En décembre 2018, la justice ouvre une enquête visant l'entourage du président de Djibouti Ismaïl Omar Guelleh, à la suite d'une plainte déposée par l'ONG Sherpa et le Collectif européen de la diaspora djiboutienne (CEDD), sur l'acquisition de propriétés immobilières à Paris.

- Nouveaux procès -

Le 15 avril 2019, la justice renvoie Rifaat al-Assad en correctionnelle pour "blanchiment en bande organisée", fraude fiscale aggravée et détournements de fonds publics syriens. Quatre ans de prison, dix millions d'euros d'amende et la confiscation de ses biens immobiliers français sont requis lors de son procès, en décembre. Le jugement est fixé au 30 avril 2020.

Jugé en appel en décembre, Teodorin Obiang est condamné le 10 février 2020 à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende, cette fois ferme.

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