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Mali

Washington réclame un "calendrier électoral définitif" aux autorités maliennes

Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice américaine à l'ONU, à New York le 1er mars 2021.

Les Etats-Unis ont réclamé mardi aux autorités du Mali "un calendrier définitif confirmant les dates du processus électoral" tandis que l'ONU affichait son pessimisme sur une amélioration à court terme de la situation sécuritaire dans ce pays.

"Nous devons nous assurer que des élections libres et équitables se déroulent à temps", a souligné l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, lors d'une visioconférence du Conseil de sécurité consacrée au dossier malien.

"La priorité absolue doit être l’organisation et la tenue d’élections libres et équitables d’ici la fin de la période de transition", "administrées par des autorités électorales compétentes et impartiales afin de publier un calendrier définitif confirmant les dates du processus électoral", a insisté la diplomate américaine.

Des élections sont en principe prévues début 2022 au terme d'une période de transition de 18 mois ayant suivi le coup d'État militaire d'août 2020. Mais aucune date précise n'a encore été annoncée.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a aussi souligné l'importance d'un processus électoral mené dans les temps.

"J'encourage les acteurs politiques maliens à travailler dans un esprit de compromis et à promulguer des réformes visant à créer un environnement propice à des élections pacifiques, inclusives, transparentes et crédibles", a-t-il déclaré. "Ces élections représentent le test décisif de la transition actuelle et une étape nécessaire vers le retour du Mali à la règle constitutionnelle", a-t-il fait valoir.

"Nous encourageons les autorités de transition à accélérer les préparatifs en vue des élections de mars 2022", a aussi dit l'ambassadrice française adjointe à l'ONU, Nathalie Broadhurst. "Il est essentiel que le processus soit accompagné d’un dialogue ouvert et approfondi avec l’ensemble de la classe politique et des représentants de la société civile", a-t-elle fait valoir.

- Feuille de route -

Lors de la réunion où les accusations de l'ONU à l'égard de la France - qui dément - d'avoir tué des civils lors d'une frappe en janvier n'ont pas été abordées, Jean-Pierre Lacroix a évoqué "la détérioration de la situation sécuritaire dans le centre et le nord du Mali".

"Depuis le début de l'année, les troupes de la Minusma ainsi que les Forces de défense et de sécurité maliennes ont subi des attaques répétées et d'importantes pertes, tandis que plusieurs grandes agglomérations vivent sous la menace permanente de groupes armés", a-t-il précisé.

La Minusma, qui a encore subi vendredi une attaque meurtrière - 4 morts, 34 blessés parmi les Casques bleus selon un dernier bilan, 40 assaillants abattus -, comptait en mars environ 13.000 militaires et quelque 1.700 policiers.

Devant le Conseil de sécurité, le Niger a notamment estimé que "la Minusma devait être plus forte et plus robuste".

Dans une lettre récente envoyée au Conseil de sécurité et obtenue par l'AFP, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres trace une feuille de route pour le Mali avec des objectifs à atteindre en termes de réformes politiques, constitutionnelles et sécuritaires.

Il s'oppose aussi clairement à toute réduction ou retrait de la force de l'ONU comme envisagé par les Etats-Unis sous la précédente administration de Donald Trump.

"Les conditions d'une transition progressive, coordonnée et délibérée des responsabilités de sécurité de la Mission sans mettre en péril la stabilité du Mali et de la région ne seront pas en place à la fin de la transition politique", affirme-t-il. "Il serait donc prématuré d’envisager un retrait ou une transition des responsabilités en matière de sécurité de la Minusma aux forces de défense et de sécurité nationales dans la période suivant immédiatement les élections", ajoute le chef de l'ONU.

Déployée au Mali depuis 2013, la Minusma est la mission de paix des Nations unies qui a subi le plus de pertes au monde, avec plus de 140 tués dans des actes hostiles, selon l'ONU.

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La sécurité se dégrade au nord et à l’est du Burkina

Les soldats burkinabè affrontent au quotidien les assauts des terroristes Dori, le 8 avril 2021. (VOA/Kader Traoré)

La situation sécuritaire semble se détériorer au Burkina Faso avec une recrudescence des attaques terroristes sur la partie Est et Nord du pays. La situation a poussé le Conseil d’information et de suivi des actions du gouvernement à faire une sortie pour proposer des pistes de solution.

Après une accalmie, les actions imputées aux groupes terroristes se sont accrues au Burkina avec des attaques dans toute la zone du Sahel et de l’Est. Une situation qui endeuille les communautés vivant dans ces régions, malgré la présence des forces de défense et de sécurité, et renforcée par endroit par les volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

Selon le CISAG, une institution indépendante d’information et de suivi des actions du gouvernement, la recrudescence des activités des terroristes est à craindre.

"Depuis 4 à 5 mois, nous avons vu une recrudescence de l’activité des terroristes, ce qui fait que ça devient très inquiétant. On ne peut pas faire 10 jours sans voir nos soldats, nos VDP ou nos vaillantes populations mourir sous les balles assassines des terroristes", a indiqué le président du CISAG, Issiaka Ouédraogo.

La question que certains se posent est de savoir si les soldats ne sont pas fatigués de se battre contre un ennemi sans visage.

Chérif Sy, le ministre de la Défense, vient de rentrer d’une tournée dans les casernes de Dori, Djibo, Gorom-Gorom et bien d’autres localités.

Il soutient que le moral des soldats ont toujours haut.

"Au-delà des difficultés traditionnelles qui nous ont été exposées, nous avons constaté que le moral des troupes est grand et nous avons été aussi surpris par une revendication à la fois sur la résilience des populations, mais à la fois des forces de défense et de sécurité", a-t-il dit à la fin de sa tournée.

Comme solution pour ramener l’accalmie au Nord et à l’Est, le CISAG a sa petite idée.

"La première, est le recrutement des soldats. Nous avons demandé à ce que l’on puisse recruter assez d’hommes de rang contre ce phénomène-là. On sait que le gouvernement fait des efforts, mais c’est de propositions en propositions que l’on viendra à bout de ce phénomène", a suggéré Louis Wendkouni Ouédraogo, le chargé des questions publiques.

Le conseil d’information et de suivi des actions du gouvernement espère une augmentation des troupes du terrain pour venir à bout du terrorisme.

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Un des principaux chefs de l'ex-rébellion malienne assassiné

Sidi Brahim Ould Sidati, membre du Mouvement arabe de l'Azawad, signe la version amendée de l'Accord algérien au nom de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) à Bamako, le 20 juin 2015.

Un des principaux chef des ex-rebelles du nord du Mali, Sidi Brahim Ould Sidati, président en exercice de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), a été assassiné par balles mardi matin à Bamako, ont indiqué le porte-parole de la CMA, un proche et un médecin.

"Nous venons de perdre notre président Sidi Brahim Ould Sidatt (pour Sidati) assassiné ce matin à Bamako", a dit sur les réseaux sociaux Almou Ag Mohamed, porte-parole de la CMA, alliance composée essentiellement d'anciens groupes armés indépendantistes touareg et nationalistes arabes qui ont combattu les forces maliennes dans le Nord à partir de 2012 avant de signer un accord de paix en 2015.

Sidi Brahim Ould Sidati avait signé au nom de la CMA cet accord avec le gouvernement malien et une coalition de groupes armés alliée à ce gouvernement, la Plateforme, pour restaurer la paix. L'application de cet accord est considérée comme capitale pour sortir le Mali de la crise dans laquelle il s'enfonce, mais se fait toujours attendre.

On ignore les causes de son assassinat.

"Mon oncle a été victime ce matin d'un assassinat à son domicile. On a tiré sur lui. On l'a amené dans une clinique, mais il n'a pas survécu", a dit à l'AFP l'un de ses neveux.

Un médecin de la clinique a confirmé sa mort sous le couvert de l'anonymat.

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