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Maison Blanche : Elizabeth Warren a le vent en poupe à l'approche du débat démocrate

La sénatrice Elizabeth Warren parle lors de la convention démocrate à Philadelphie, Pennsylvanie, le 25 juillet 2015.

Seuls dix candidats à la Maison Blanche ont été sélectionnés jeudi pour le prochain débat démocrate en septembre, où le favori centriste Joe Biden et la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, portée par les sondages, s'affronteront pour la première fois directement.

Les critères renforcés de sélection ont été fatidiques à plusieurs prétendants démocrates, qui ont préféré jeter l'éponge plutôt que de poursuivre leurs campagnes privés de cette plateforme médiatique cruciale.

"Je peux être davantage utile en aidant à nous unir pour battre Donald Trump en 2020", a ainsi déclaré la sénatrice de New York Kirsten Gillibrand, en annonçant son abandon mercredi faute d'avoir décollé des tréfonds des sondages.

D'autres grands noms, comme le maire de New York Bill de Blasio, ne sont pas parvenus non plus à se qualifier pour le débat mais s'accrochent tant bien que mal.

Sur les 20 candidats toujours en lice pour décrocher l'investiture démocrate puis se présenter contre le républicain Donald Trump à la présidentielle américaine de novembre 2020, dix débattront le 12 septembre sur ABC.

L'ancien bras droit de Barack Obama, Joe Biden, reste largement en tête de la moyenne des sondages établie par RealClear Politics (29%), suivi dans le trio de tête par le sénateur indépendant Bernie Sanders (17%) et Elizabeth Warren (16,5%).

Loin derrière arrivent la sénatrice Kamala Harris (7%), le jeune maire Pete Buttigieg (4,6%), l'homme d'affaires Andrew Yang (2,5%), le sénateur Cory Booker (2,4%), l'ex-élu de la Chambre des représentants Beto O'Rourke (2,4%), l'ancien ministre d'Obama Julian Castro (1,1%) et la sénatrice Amy Klobuchar (0,9%).

Alors que, trop nombreux, les candidats avaient été divisés aléatoirement en deux soirées différentes lors des premiers débats, cette fois Elizabeth Warren se retrouvera sur le même plateau que Joe Biden.

"On va gagner"

A 70 ans, l'ancienne professeure en droit à Harvard entrera en scène forte de ses bonnes performances lors des précédents débats et armée d'un programme déjà très précis qui l'ont vue bondir cet été dans les sondages, jusqu'à ravir la deuxième place à Bernie Sanders dans plusieurs études.

"Voyons loin, luttons dur, on va gagner!": aux quatre coins des Etats-Unis, elle lance son cri de ralliement depuis des mois, devant des foules qui ont grossi.

Plus de 10.000 personnes ont ainsi assisté à deux récents meetings, selon son équipe.

De quoi attirer l'attention des médias et... de Donald Trump, qui se moque régulièrement de la sénatrice en la surnommant "Pocahontas", en référence à une polémique sur ses très lointaines origines amérindiennes longtemps revendiquées.

Pour Elizabeth Warren, ces foules sont "le signe que les gens sont prêts à voir du changement à Washington". "Ils comprennent que notre gouvernement marche très bien pour les mégamilliardaires mais pas pour eux", a-t-elle déclaré dimanche à des journalistes.

Perçue parfois comme trop rigide, trop "professorale", Elizabeth Warren "est plutôt bonne dans la campagne de terrain", analyse Robert Boatright, politologue à l'université Clark dans le Massachusetts, Etat que la sénatrice représente à Washington.

"Elle a vraiment travaillé dur pour tisser un réseau de supporteurs", poursuit-il. Et cela pourrait s'avérer décisif lors des premiers votes des primaires, début 2020.

"Battre Trump"

Bien qu'ils luttent pour le même coeur d'électorat progressif, "elle n'a aucune raison de s'en prendre à Bernie Sanders" lors du prochain débat, car elle risquerait de se mettre à dos les supporteurs fidèles du septuagénaire socialiste, estime Betsy Fisher Martin.

Elle a plutôt choisi jusqu'ici de se présenter, sans attaque frontale, comme "une alternative plus pragmatique" à Bernie Sanders, 77 ans, remarque M. Boatright.

En face, le centriste Biden, 76 ans, pourrait d'ailleurs tirer avantage du fait que "Sanders et Warren se battent pour le même groupe d'électeurs".

Malgré les gaffes et les questions sur sa forme, l'ancien vice-président est en outre toujours perçu par beaucoup d'électeurs comme ayant le plus de chances de gagner la présidentielle en 2020.

Pour les "nombreux démocrates inquiets", "le premier critère de sélection d'un candidat est de trouver quelqu'un qui puisse battre Donald Trump", analyse Chris Arterton, professeur à l'université George Washington.

Une préoccupation profonde qui, selon lui, "pousse Joe Biden" dans les sondages.

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Les candidats démocrates se disputent le soutien des Afro-Américains

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Vifs débats autour d'ultimes retouches à l'acte d'accusation de Trump

Le chef de la commission judiciaire de la chambre des représentants

Dans un climat électrique, une commission parlementaire américaine mettait jeudi la touche finale à l'acte d'accusation de Donald Trump, avant un vote historique sur son probable renvoi en procès pour destitution.

Elus républicains et démocrates de la commission judiciaire de la Chambre des représentants ont, lors d'une séance tendue, livré une nouvelle fois des analyses diamétralement opposées des faits reprochés au 45e président des Etats-Unis.

"Il a commis le crime le plus grave contre la Constitution en abusant de son pouvoir (...) à des fins personnelles", a estimé l'élu démocrate Eric Swalwell. "C'est une farce", a au contraire jugé le républicain Doug Collins, en reprochant à l'opposition "d'envoyer les faits au diable".

En raison de ces divergences partisanes, Donald Trump est quasi assuré d'être mis en accusation la semaine prochaine à la chambre basse, où les démocrates disposent d'une majorité confortable, puis acquitté - sans doute dès janvier - au Sénat, contrôlé par les républicains.

Même s'il échappe in fine à une destitution, le fait d'être renvoyé en procès dans le cadre de cette procédure laissera une marque historique sur son bilan et assombrira sa campagne de réélection.

Avant lui, seuls deux présidents, Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, ont vécu une telle épreuve. Mis en cause dans un scandale d'espionnage politique, dit du "Watergate", le républicain Richard Nixon avait démissionné en 1974 pour éviter sa mise en accusation ("impeachment").

- "Président-roi" -

Donald Trump est dans la tourmente depuis qu'un mystérieux agent du renseignement a activé la procédure réservée aux lanceurs d'alerte au sujet d'un échange téléphonique entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Dans cet appel du 25 juillet, le magnat de l'immobilier priait son interlocuteur d'enquêter sur de possibles ingérences ukrainiennes dans l'élection de 2016 - reprenant à son compte une théorie en vue dans les milieux conspirationnistes. Mais surtout, il lui demandait de "se pencher" sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020, et dont le fils travaillait pour une entreprise ukrainienne alors que M. Biden était vice-président.

Or, une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre avec la Russie avait été bloquée quelques jours avant cet appel, sans explication.

De ces faits incontestés, républicains et démocrates tirent des conclusions aux antipodes.

Pour les premiers, Donald Trump a usé de sa fonction présidentielle à des fins personnelles, mettant en jeu l'intégrité des élections et la sécurité des Etats-Unis. Forts de leur majorité à la Chambre, ils ont donc rédigé un article de mise en accusation du président pour "abus de pouvoir".

Les pères fondateurs ne voulaient pas "d'un président-roi", a souligné la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi lors d'une conférence de presse. "Personne n'est au-dessus des lois: le président sera tenu responsable" de ses actes, a-t-elle ajouté.

- "Risibles" -

Donald Trump et ses partisans jurent de leur côté qu'il n'y a eu "aucune pression" exercée sur l'Ukraine et que les demandes d'enquêtes étaient légitimes. Ils avancent que l'entreprise ukrainienne pour laquelle travaillait le fils de Joe Biden, Hunter Biden, avait une réputation douteuse.

Pour eux, la procédure de destitution n'est qu'une "mascarade" initiée par les démocrates parce qu'ils craignent de perdre les élections de 2020.

La Maison Blanche a déclaré la procédure "inconstitutionnelle" et a refusé de participer à l'enquête. Elle a interdit à des conseillers du président de témoigner ou de fournir des documents réclamés par la Chambre.

Pour cette raison, les démocrates ont retenu un second chef d'inculpation contre le président: "entrave à la bonne marche du Congrès".

Ces deux chefs figurent dans un projet de résolution qui était au cœur de débats tendus jeudi, les élus s'accusant réciproquement d'user d'arguments "risibles", "absurdes", "incroyables" ou encore "ridicules".

Une fois de possibles amendements discutés, la commission passera au vote, probablement dans la journée.

L'acte d'accusation sera ensuite soumis au vote de la Chambre en séance plénière, sans doute dès la semaine prochaine.

L'impact de cette procédure acrimonieuse sur l'opinion publique est incertain: selon la moyenne des sondages établie par le site FiveThirtyEight, 47,3% des Américains soutiennent une destitution de Donald Trump et 45,9% sont contre.

La commission judiciaire de la Chambre se prépare à approuver les articles de mise en accusation

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Irréconciliables, républicains et démocrates débattent de la destitution de Trump

Un document officiel portant mention des chefs d'accusation retenus contre Donald Trump à Washington, le 10 décembre 2019.

Donald Trump, "dictateur" en devenir ou président qui honore ses promesses: démocrates et républicains sont restés campés sur leurs visions diamétralement opposées mercredi soir au Congrès américain, lors d'une étape décisive qui mènera certainement à sa mise en accusation historique.

La commission judiciaire de la Chambre des représentants, à majorité démocrate, s'est réunie pour débattre des deux chefs d'accusation retenus contre Donald Trump dans l'affaire ukrainienne: abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Compte tenu de la majorité démocrate à la Chambre, Donald Trump devrait devenir le troisième président de l'histoire des Etats-Unis mis en accusation au Congrès, probablement avant Noël.

Mais il ne sera vraisemblablement pas destitué ensuite par le Sénat, seul habilité à le juger, car il est contrôlé par les républicains qui font bloc autour du milliardaire.

Deux mois d'enquête parlementaire et de longues heures de débats juridiques n'y ont rien fait: parmi la quarantaine de parlementaires siégeant à la commission, républicains et démocrates restent retranchés derrière les lignes de leurs partis.

Pour les démocrates, Donald Trump a abusé de ses pouvoirs en demandant, cet été, à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020. Il a fait pression sur Kiev, accusent-ils, en suspendant notamment à la même époque une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie.

Les républicains, eux, font écho au président qui nie toute pression sur l'Ukraine. Ils accusent les démocrates de chercher, avec cette procédure "bidon", à se débarrasser d'un président qu'ils ne peuvent pas battre dans les urnes.

- Vote en commission attendu jeudi -

Donald Trump "a placé son propre intérêt au-dessus de notre sécurité, au-dessus de notre système d'élections libres et justes", a dénoncé le chef démocrate de la commission, Jerry Nadler.

"Si le président peut abuser de ses pouvoirs puis bloquer les demandes d'information du Congrès, alors le Congrès ne peut pas accomplir sa fonction de contrepoids face à l'exécutif... et le président devient un dictateur", a-t-il poursuivi, en référence au refus catégorique de la Maison Blanche de coopérer avec l'enquête du Congrès.

Cette procédure de destitution n'est qu'"une vendetta" menée depuis la victoire surprise de Donald Trump en novembre 2016, a répliqué le numéro deux républicain de la commission, Doug Collins.

"Les démocrates n'ont jamais accepté la volonté des Américains", a renchéri un autre républicain, Jim Jordan. "Ils ne peuvent pas supporter le fait que le président (...) fasse ce qu'il avait promis de faire".

Après presque quatre heures de déclarations, lors desquelles les parlementaires ont énoncé leurs positions, le débat a été ajourné jusqu'à jeudi à partir de 09H00 (14H00 GMT) pour étudier d'éventuels amendements.

Jerry Nadler a appelé les membres à débattre avec trois questions en tête:

- "Les preuves démontrent-elles que le président a commis ces actes?"

- "Relèvent-ils du niveau de crimes et délits majeurs" passibles d'une destitution selon la Constitution américaine?

- "Quelles sont les conséquences pour notre sécurité nationale, la protection de nos élections et notre pays si nous n'agissons pas?"

Au terme du débat, la commission devrait approuver les chefs d'accusation lors d'un vote, probablement jeudi soir.

Puis la Chambre votera en séance plénière sur ces chefs d'accusation, sans doute dès le début de semaine prochaine.

Avec AFP

Le Boeing 737 MAX ne revolera pas avant 2020

L'avion vedette de Boeing, le 737 MAX, ne revolera pas avant 2020, a prévenu mercredi le patron du régulateur aérien américain. Un coup dur pour le constructeur aéronautique confronté à de nouvelles révélations, lors d'une audition au Congrès, sur la fiabilité de l'appareil.

"Il y a un nombre de procédures, d'étapes importantes qui doivent être franchies et si vous faites le calcul, chacune de ces étapes va prendre du temps", a déclaré Steve Dickson, répondant à la question si son agence comptait encore certifier cette année le Boeing 737 MAX.

"Cela va s'étendre en 2020", a-t-il souligné sur la chaîne CNBC, réduisant à néant les espoirs de Boeing de voir le MAX remis en service, au moins aux Etats-Unis, au cours de ce mois de décembre.

Le 737 MAX est cloué au sol depuis mi-mars après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

Boeing, qui a menacé d'en suspendre la production en cas de prolongement de l'interdiction de vol, a assuré continuer à collaborer "étroitement" avec les régulateurs.

- Un accident tous les deux-trois ans -

L'agence fédérale de l'aviation (FAA), sous le feu des critiques pour avoir confié à Boeing la certification de certains systèmes clés du MAX, dont le logiciel MCAS, mis en cause dans les accidents, entend prendre son temps pour examiner en profondeur les changements apportés par Boeing à l'avion, a répété Steve Dickson.

D'autant qu'une enquête interne, conduite en novembre 2018 après l'accident d'un 737 MAX de la compagnie indonésienne Lion Air (189 morts) et dévoilée mercredi par le Congrès, a conclu qu'il pouvait y avoir un accident mortel impliquant cet avion tous les deux ou trois ans si des modifications n'étaient pas apportées au MCAS.

Le régulateur a toutefois laissé le MAX continuer à voler jusqu'à l'accident un peu plus de cinq mois plus tard d'un appareil du même type d'Ethiopian Airlines (157 morts).

- "Pouvez-vous admettre que c'était une erreur ?", a demandé à M. Dickson l'élu démocrate Hank Johnson, lors d'une audition ayant duré plusieurs heures.

- "Clairement, ce n'était pas satisfaisant", a simplement répondu M. Dickson.

"C'est la décision qui a tué les gens, dont ma fille" morte dans l'accident d'Ethiopian Airlines, a fustigé auprès de l'AFP Michael Stumo, père d'une victime. "C'est une grosse négligence".

"Nous avons immobilisé l'avion quand nous avons eu des données allant dans ce sens", a défendu par courriel un porte-parole de la FAA.

"Les mesures que Boeing et la FAA ont prises à l'époque (...) étaient en adéquation avec ce que prévoit la procédure en place", a renchéri un porte-parole de Boeing.

- Alertes ignorées -

La FAA et Boeing faisaient le pari que l'avionneur allait vite effectuer les modifications nécessaires et que des catastrophes pouvaient être évitées si les pilotes étaient informés de la marche à suivre en cas de dysfonctionnement du MCAS.

Dans les deux accidents, ce logiciel s'est activé après avoir reçu des informations erronées d'une des deux sondes AOA, s'est emballé malgré des tentatives des pilotes de le désactiver et a mis l'avion en piqué, selon les conclusions provisoires des enquêteurs.

Boeing avait conçu le MCAS parce qu'il avait repositionné les moteurs dans le MAX. Le but est d'éviter que les pilotes ne tirent trop sur le manche, et ce faisant conduisent au décrochage de l'avion faute de portance suffisante.

Suite aux accidents, l'avionneur a revu la conception du MCAS, lequel sera désormais moins puissant, ne s'activera que si les deux sondes d'incidence AOA, qui mesurent l'angle de vol de l'avion, lui envoient des informations concordantes et se désactivera si le pilote actionne la commande.

Edward Pierson, un ancien cadre de Boeing, a lui témoigné mercredi que ses multiples alertes sur des problèmes dans l'usine de production du MAX à Renton, près de Seattle, avant et après le premier crash avaient été ignorées.

"J'ai assisté à une usine en situation de chaos et ai fait part à la hiérarchie de mes inquiétudes sur la qualité de la production des mois avant le premier accident", a-t-il déclaré aux parlementaires. "J'ai encore fait part de mes craintes avant le second accident. Mais aucune mesure n'a été prise", a déploré cet ancien officier de la Marine américaine, qui a quitté Boeing en août 2018.

Il n'y avait pas par exemple, selon lui, suffisamment d'employés qualifiés, notamment des mécaniciens et des électriciens, face aux augmentations de cadences de production, de 47 à 52 appareils par mois en juin 2018, ensuite à 57 unités mensuelles dès 2019.

Sans y répondre, Steve Dickson, à la tête de la FAA depuis quatre mois, a expliqué que les dysfonctionnements apparus lors de la certification initiale du MAX en 2017 étaient dus à une "communication fragmentée" et à des données parcellaires.

"Nous devons améliorer le système", a-t-il prôné, affirmant que la certification du MAX modifié en était une opportunité.

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