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Les tensions sur Jérusalem ternissent les festivités de Noël à Bethléem


La vieil ville de Jerusalem Old City la veille de Noël, le 21 décembre 2017.

Des scouts palestiniens ont défilé dimanche à Bethléem au son de la cornemuse et des tambours pour fêter Noël, mais cette année ces célébrations ont été assombries par les tensions suscitées par la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Des centaines de millions de chrétiens dans le monde s'apprêtent eux aussi à célébrer la naissance du Christ à Bethléem, selon la tradition chrétienne.

La décision unilatérale prise le 6 décembre par le président Donald Trump a provoqué des manifestations quasi-quotidiennes dans les Territoires palestiniens, y compris à Bethléem, en Cisjordanie occupée, où les fidèles devaient participer à la messe de minuit dans l'église de la Nativité.

L'annonce de M. Trump "a créé des tensions autour de Jérusalem et détourné l'attention de Noël", a récemment regretté l'archevêque Pierbattista Pizzaballa, un haut dignitaire catholique romain du Proche-Orient.

Sur la place de la Mangeoire à Bethléem, l'ambiance paraissait plutôt morose, malgré les chants de Noël diffusés par hauts-parleurs.

Quelques centaines de Palestiniens et de touristes ont bravé un vent froid près de l'église de la Nativité construite sur le site où, selon la tradition, Marie donna naissance à Jésus, pour regarder la parade des scouts.

Depuis la montée des tensions liée à la décision américaine, "c'est triste", "les gens sortent peu", a dit à l'AFP Nahil Banoura, Palestinien de confession chrétienne originaire de Beit Sahour.

Depuis le 6 décembre, selon Mgr Pizzaballa, des dizaines de groupes ont annulé leur voyage, et les visiteurs étrangers, habituellement nombreux à Noël lorsque la situation sécuritaire le permet, se sont faits rares à Bethléem.

Noël de retour à Mossoul

Afin de faciliter les mouvements et l'accès des touristes et visiteurs, la police israélienne a de son côté indiqué que des unités supplémentaires avaient été déployées à Jérusalem et aux points de passage pour accéder à Bethléem.

Pour les Palestiniens, chrétiens comme musulmans, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par Washington ne préjuge pas seulement du résultat de négociations, dont le statut de la ville devrait faire l'objet.

Elle nie l'identité arabe de Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, et mine leur aspiration à établir un jour la capitale de leur futur Etat dans la partie orientale de la ville.

Dans un communiqué, le président palestinien Mahmoud Abbas a de nouveau dénoncé la décision américaine, appelant "les chrétiens du monde à écouter les (...) voix des chrétiens de Terre sainte qui rejettent catégoriquement la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël".

S'exprimant dimanche lors d'une conférence de presse à Khartoum, le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué qu'il s'était entretenu avec le Pape au sujet de Jérusalem. "Ce n'est pas qu'une affaire concernant les musulmans, mais aussi les chrétiens et l'humanité entière", a-t-il affirmé, soulignant qu'il fallait oeuvrer à de nouvelles démarches après les votes au Conseil de sécurité et à l'Assemblée générale de l'ONU.

En Syrie et en Irak, deux pays où le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a été chassé en 2017 de la très grande majorité des territoires qu'il avait conquis il y a trois ans, des minorités chrétiennes renouent en revanche cette année avec les célébrations de Noël.

C'est le cas notamment à Mossoul, deuxième ville d'Irak reprise en juillet par les forces gouvernementales avec l'aide d'une coalition internationale antijihadistes.

Même si une petite partie seulement des chrétiens de la ville est revenue, des chants de Noël ont de nouveau résonné dimanche dans l'église Saint-Paul où des tentures rouges et blanches cachaient en partie les stigmates de la guerre.

Le patriarche chaldéen Mgr Louis Sako a appelé les dizaines de fidèles à prier pour "la paix et la stabilité à Mossoul, en Irak et dans le monde".

En Syrie, dans l'autre ex-bastion de l'EI, Raqa, repris en octobre par une coalition de forces kurdes et arabes, il faudra encore attendre avant de retrouver l'esprit de Noël: même si deux églises historiques ont été déminées, les habitants ne sont pas encore revenus.

A Homs (centre), en revanche, la communauté chrétienne a célébré Noël pour la première fois depuis la reprise totale de la ville par le régime de Bachar al-Assad et la fin des combats, avec des récitals, une procession et des spectacles pour enfants.

Sécurité renforcée

Dans la capitale syrienne Damas, les rues des quartiers à majorité chrétienne, comme Bab Touma, ont été décorées de sapins miniatures ornés de paillettes dorées ou argentées.

La situation des chrétiens d'Orient demeure toutefois précaire, comme en Egypte, où les Coptes, qui fêteront Noël le 6 janvier, sont régulièrement victimes d'agressions d'extrémistes.

Vendredi, une église du sud du Caire a été attaquée par des centaines de personnes qui ont détruit le mobilier et agressé les fidèles avant l'intervention des forces de sécurité, selon l'archevêché d'Atfih.

En Europe, où la menace jihadiste demeure, près de 100.000 effectifs de sécurité sont mobilisés dimanche et lundi en France pour assurer la sécurité des fêtes de Noël, notamment autour des lieux touristiques et des églises, selon une source officielle.

Dimanche soir, le pape François, chef spirituel de 1,2 milliard de catholiques, doit célébrer à Rome la messe de Noël à 20H30 GMT, avant la traditionnelle bénédiction "Urbi et Orbi" lundi.

Avec AFP

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