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RDC

Les tensions se poursuivent au sein de la coalition Tshisekedi-Kabila

Le président congolais Felix Tshisekedi et le président sortant Jospeh Kabila lors de la cérémonie d'inauguration à Kinshasa, le 24 janvier 2019.

La coalition qui lie le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, et son prédécesseur, Joseph Kabila, a connu ces derniers jours un nouvel accès de fièvre en marge de leurs tractations pour constituer un gouvernement.

En minorité à l'Assemblée, les députés du groupe parlementaire Cap pour le changement (Cach) pro-Tshisekedi ont accusé la majorité pro-Kabila du Front commun pour le Congo (FCC) d'"outrage" et de "propos injurieux" envers l'actuel chef de l'Etat lors d'un débat vendredi après-midi à l'Assemblée.

Ce débat suscité par les députés FCC pro-Kabila qui critiquaient deux nomination sur ordonnance du président Tshisekedi, notamment celle du vieil opposant Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza (80 ans) au poste de président du conseil d'administration de la Société des chemins de fer congolais (SNCC).

Herman Cohen conseille à Joseph Kabila de s'éclipser
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"Il est de notoriété publique que l'hémicycle n'est pas le lieu indiqué pour débattre des actes administratifs posés par le président de la République", ont argumenté samedi les députés pro-Tshisekedi dans une déclaration politique.

"Cette initiative affichée par nos collègues du FCC consistant à débattre des ordonnances signées par le président de la République est inacceptable et inconstitutionnelle", ajoutent-ils en rappelant que "le chef de l'Etat est politiquement irresponsable devant l'Assemblée nationale".

L'opposant Félix Tshisekedi a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre, mais avec quelques dizaines de députés sur 500 seulement.

Dans ce régime semi-présidentiel, son prédécesseur, Joseph Kabila, lui a cédé le pouvoir, mais en gardant une majorité de plus de 300 député à l'Assemblée, selon ces mêmes résultats officiels contestés par une autre partie de l'opposition.

Les deux forces travailent depuis l'investiture de M. Tshisekedi le 24 janvier à la constitution d'un gouvernement où le FCC pro-Kabila devrait occuper la majorité des ministères en nombre et en importance stratégique.

Ce scénario d'une "première alternance pacifique" est contesté par l'autre candidat de l'opposition, Martin Fayulu, qui revendique la victoire et la "vérité des urnes".

Deux députés proches de sa coalition Lamuka ont été invalidés vendredi par la Cour constitutionnelle, au bénéfice de deux membres du FCC pro-Kabila.

"Comment la Cour peut-elle justifier ses décisions iniques?", s'est interrogé sur Twitter Martin Fayulu.

"C'est l'oeuvre de la corruption qui continue", a réagi auprès de l'AFP l'un des deux députés invalidés, l'élu de Kinshasa, Jean Goubald, qui est par ailleurs l'un des grands noms de la chanson congolaise.

"Il a promis qu'il allait peser de tout son poids avec son fric pour me faire invalider", dit-il au sujet du bénéficiaire de son invalidation, un ancien ministre du Budget sous Kabila.

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Les enquêtes se poursuivent après le crash Jeudi dernier

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3 morts dans la répression d'une manifestation contre des exploitants miniers

A Shabunda, les enfants travaillent dans les mines le long de la riviere Ulindi, en RDC, le 23 mars 2017. (VOA/Ernest Muhero)

Trois personnes ont été tuées jeudi dans la répression d'une manifestation de riverains contre une coopérative exploitant une mine de cuivre et de cobalt dans le sud-est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris d'une autorité administrative.

"Trois manifestants sont morts et d'autres (ont été) blessés dans les échauffourées qui les ont opposés aux forces de l'ordre" jeudi à Lonshi, a déclaré à l'AFP Yuma Asani, administrateur du territoire de Sakanya, dans la province du Haut-Katanga.

La localité minière de Lonshi est située à environ 90 km de Sakanya, à la frontière avec la Zambie.

Selon M. Yuma Asani, les habitants de Lonshi manifestaient contre l'association des exploitants miniers artisanaux du Katanga (EMAK, une coopérative minière locale). "Dans leur colère, les manifestants ont mis le feu à dix camions de transport des minerais et trois autres gros véhicules", a-t-il expliqué.

Face à cette situation, "trois jeeps de la police et une jeep de l'armée sont venues en renfort" pour rétablir l'ordre public, a dit M. Yuma Asani.

Les manifestants accusent les responsables d'EMAK, en complicité avec les autorités locales, de n'avoir pas versé des redevances revenant à la communauté, d'après les témoignages recueillis par l'AFP.

En RDC, les sociétés minières ont l'obligation d'affecter un minimum de 0,3% de leur chiffre d'affaires au développement des projets de communautés où ils exploitent.

Une marche anti-corruption renvoyée à lundi

Les évêques de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) lors d'un point de presse à Kinshasa, 11 janvier 2017. (Top Congo/VOA)

Une marche anti-corruption initialement prévue pour samedi en République démocratique du Congo, à l'appel d'un collectif proche de l'église catholique, a été renvoyée à lundi, ont annoncé jeudi les organisateurs.

"La marche est décalée de 48 heures parce que les autorités de la ville qui organisent le même jour une mobilisation pour la propreté dans la ville de Kinshasa ne pourront pas encadrer les deux manifestations", a déclaré à l'AFP Hervé Diablesse, avocat du Comité laïc de coordination (CLC).

Cette décision a été prise à l'issue de discussions entre le gouverneur de la ville de Kinshasa Gentiny Ngobila et les membres du CLC, un collectif proche de l'Eglise catholique, a affirmé Me Diablesse.

"Le CLC a accédé à la demande des autorités urbaines et a accepté de reprogrammer pour lundi la marche contre la corruption", a-t-il ajouté.

La croisade anti-corruption lancée par le CLC a reçu le soutien de la coalition d'opposition Lamuka et du lanceur l'alerte congolais Jean-Jacques Lumumba, en exil en France.

Le secrétaire général de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, parti présidentiel) a estimé que cette démarche "n'est pas opportune" aujourd'hui.

Le CLC a été à l'origine de marches réprimées dans le sang en 2018 pour obtenir le départ de l'ex-président Joseph Kabila.

Son appel à manifester fait suite au premier grand dossier de corruption présumée depuis l'investiture le 24 janvier du président Félix Tshisekedi, issu de l'opposition.

En août, l'inspection générale des finances a révélé que 15 millions de dollars de fonds publics qui devaient être versés au Trésor public, étaient partis sur un autre compte. Une affaire non "de détournement" mais de "rétrocommission", selon le président Tshisekedi.

Ces 15 millions correspondent à une retenue de 15% prélevée sur une somme de 100 millions versée par l'État à sept compagnies pétrolières (dont Total) pour compenser le gel des prix à la pompe.

Le lanceur d'alerte congolais appelle à la non-violence

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Marche anti-corruption : JJ Lumumba espère "le début d'un grand processus"

Le professeur Isidore Ndaywel du Comité laïc de coordination, Kinshasa, RDC, 16 mars 2018. (VOA/Top Congo FM)

À la veille d'une marche contre la corruption en RDC, le lanceur d'alerte congolais Jean-Jacques Lumumba, exilé en France, a confié à l'AFP son espoir de voir ses compatriotes descendre massivement et dans le calme dans la rue pour le lancement "d'un grand processus".

"J'attends qu'il y ait de la mobilisation à tous les coins de rue" samedi pour "marquer le début d'un changement" en République démocratique du Congo car "cette marche, c'est le début d'un grand processus", a déclaré M. Lumumba, petit-neveu du héros de l'indépendance congolaise Patrice Lumumba et ancien cadre bancaire à Kinshasa, ayant fui son pays en 2016 après avoir mis au jour des malversations présumées.

Mais "j'appelle à marcher dans le calme, dans la non-violence, car la violence ne construit pas", a ajouté le financier de 33 ans, lors d'une rencontre avec l'AFP mercredi, en région parisienne.

"La société est mûre (pour se soulever contre la corruption) parce que la corrélation est faite entre la souffrance de la population et la corruption qui gangrène (...) le pays, qui en freine le développement", estime-t-il.

C'est le Comité laïc de coordination (CLC), un collectif catholique à l'origine de marches réprimées dans le sang en 2018 pour obtenir le départ de l'ex-président Joseph Kabila, qui a lancé cette croisade anticorruption.

Son appel à marcher samedi fait suite au premier grand dossier de corruption présumée depuis l'investiture le 24 janvier du président Félix Tshisekedi, issu de l'opposition: l'inspection générale des finances a révélé que quinze millions de dollars d'argent public qui devaient être versés au Trésor public, étaient partis sur un autre compte. Une affaire non "de détournement" mais de "rétrocommission", selon le président.

L'appel du CLC, que Jean-Jacques Lumumba soutient, cadre avec son propre combat contre la corruption, mené aujourd'hui au sein d'Unis, une association récemment lancée "avec des amis africains" - sénégalais, gabonais, congolais - pour ne pas se limiter à un seul pays.

"Unis a une mission capitale, notamment au plan juridique, car elle va porter plainte devant les instances nationales et internationales", affirme-t-il.

- "Soif de changements" -

"L'opinion africaine a soif de changements et les lanceurs d'alerte - une bonne dizaine aujourd'hui en Afrique --y sont bienvenus", même si "en Afrique, être lanceur d'alerte, c'est aussi risquer sa vie", ajoute-t-il.

Lui-même est devenu lanceur d'alerte, "malgré lui" reconnaît-il, après avoir prévenu la direction de la banque qui l'employait d'opérations suspectes. Il affirme avoir reçu en retour des menaces, englobant sa famille, qui l'ont poussé à fuir en 2016.

Fin 2016, il dénonçait dans la presse belge et française ces malversations présumées de son ancien employeur, la filiale congolaise d'une banque gabonaise, à l'époque dirigée par un proche de Joseph Kabila.

Il n'a eu de cesse depuis de dénoncer le "mal" de la corruption, "l'un des grands défis" du continent avec "le climat et la sécurité". Sans jamais désespérer: "La corruption zéro n'existe pas mais il est possible de réduire drastiquement les faits de corruption".

Il ne cache pas son étonnement après que le président Félix Tshisekedi a affirmé vouloir changer "les mentalités" contre la corruption, sans "règlement de comptes" et sans "fouiner" dans le passé des responsables encore aux commandes.

"Je trouve que c'est très contradictoire venant de M. Tshisekedi qui a longtemps défendu la justice (...). Cette phrase laisse beaucoup de Congolais perplexes et déçus", répond Jean-Jacques Lumumba, qui évoque "un équilibrisme politique fait pour les politiciens".

"Ceux qui sont tombés pour que la vie des Congolais s'améliore méritent la justice. Sans justice, on ne bâtira aucune paix ni aucun développement. Même en Afrique du Sud, au Rwanda, on a une réconciliation mais avec la justice pour marquer la rupture. Il faut une justice de réparation !"

Dans son discours d'investiture en janvier, Félix Tshisekedi avait promis de faire de la lutte contre la corruption une des priorités de son quinquennat et de créer une agence chargée du changement des mentalités et de lutter contre la corruption.

La RDC occupe la 161e place dans le classement de Transparency international sur la corruption publié en janvier 2019.

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