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États-Unis

Les policiers impliqués dans le meurtre de George Floyd devant un juge

Croquis de la salle d'audience réalisé le 8 juin 2020, qui montre le juge Reding, le procureur Frank et l'avocat de la défense Nelson. Sur l'écran de TV apparait Derek Chauvin à partir d'une prison, lors de son 1er procès à Minneapolis, Minnesota. (Photo: Cédric HOHNSTADT/AFP)

Les policiers impliqués dans la mort de George Floyd comparaissent lundi devant un tribunal de Minneapolis pour la première audience de fond consacrée au meurtre de cet Afro-Américain qui a rouvert les plaies raciales aux Etats-Unis.

L'ancien agent blanc Derek Chauvin, 44 ans, sera entendu à partir de 17H15 GMT par lien vidéo depuis la prison de haute sécurité où il est détenu. Il est inculpé de meurtre pour avoir asphyxié George Floyd, un homme noir de 46 ans, en s'agenouillant sur son cou pendant de longues minutes.

Alexander Kueng, Thomas Lane et Tou Thao, poursuivis pour complicité de meurtre, devraient être présents en personne. Les deux premiers ont été remis en liberté conditionnelle contre le versement d'une caution de 750.000 dollars.


Les quatre hommes pourraient profiter de l'audience pour dire s'ils plaident coupables ou non coupables. Ils encourent jusqu'à 40 ans de réclusion. La question de savoir s'ils seront jugés ensemble ou séparément pourrait également être abordée.

Le 25 mai, ils avaient voulu arrêter George Floyd soupçonné d'avoir tenté d'écouler un faux billet de 20 dollars dans un commerce de Minneapolis, dans le nord des Etats-Unis. Le quadragénaire, menotté, avait été plaqué au sol et l'agent Derek Chauvin avait appliqué son genou sur son cou pour l'y maintenir.

"Je ne peux plus respirer", a supplié George Floyd à plusieurs reprises avant de perdre conscience. Malgré les interventions de passants, Derek Chauvin a continué à exercer sa pression.

Le drame, dont les images captées par une passante sont devenues virales, a suscité une vague de manifestations inédites depuis les grandes marches pour les droits civiques des années 1960, qui a même dépassé les frontières américaines.

- Démanteler la police -

La colère de la rue était montée rapidement car, dans un premier temps, la justice avait tardé à réagir. La police avait immédiatement licencié les quatre hommes mais le procureur local en charge du dossier n'avait arrêté Derek Chauvin que quatre jours après les faits et ne l'avait inculpé que pour "homicide involontaire", sans mettre en cause ses collègues.

Le dossier lui avait ensuite été retiré pour être directement confié aux services du procureur de l'Etat du Minnesota.

Une autopsie avait alors confirmé que George Floyd était mort "par homicide" à cause "de la pression exercée sur son cou" et les charges retenues contre Derek Chauvin avait été requalifiées en "meurtre". Ses trois collègues avaient été arrêtés et inculpés à leur tour pour "complicité".

Malgré le soulagement de la famille, les manifestations ont continué dans tous les Etats-Unis.

Dans les cortèges se sont mêlés des appels à réformer la police, à mettre un terme aux inégalités entre les Américains noirs et blancs et à assumer le passé raciste et esclavagiste du pays.

Cette pression a porté de premiers fruits: plusieurs services de police ont renoncé aux "clés d'étranglement", d'autres se sont engagés à rendre public le passif de leurs agents ou encore à exclure les puissants syndicats des procédures disciplinaires.

Le Conseil municipal de Minneapolis a même décidé de démanteler sa police pour réinventer de nouveaux services d'ordre.

Mais au niveau fédéral, les avancées sont plus timides. Le président républicain Donald Trump, en campagne pour sa réélection, a mis l'accent sur les débordements commis en marge des manifestations pour se poser en garant de "la loi et de l'ordre".

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L'équipe de football américain des Redskins abandonne son nom, jugé raciste

Le logo des Redskins, accusé d'être raciste depuis de nombreuses années, à Landover, Maryland, le 3 juillet 2020.

Après avoir longtemps résisté, l'équipe de football américain de Washington a annoncé lundi l'abandon de son nom des Redskins, cédant à la pression d'une partie de l'opinion et de ses sponsors qui critiquaient sa connotation raciste envers les Amérindiens.

"Le 3 juillet, nous avons annoncé le début d'un examen approfondi du nom de l'équipe", dont la traduction française est "Peaux Rouges", peut-on lire dans un communiqué. "Aujourd'hui, nous annonçons que nous allons abandonner le nom et le logo des Redskins après cet examen."

Le propriétaire de l'équipe, Daniel Snyder, et l'entraîneur Ron Rivera "travaillent en étroite collaboration pour développer un nouveau nom et une nouvelle approche visuelle", poursuit le communiqué. "Nous souhaitons tenir informés nos sponsors, nos fans et la communauté pour les 100 prochaines années."

Des voix s'élevaient depuis longtemps pour demander à cette équipe de la National Football League (NFL) de changer son nom et son logo, un Amérindien de profil flanqué de deux plumes, considérés comme une "insulte raciste" par des activistes.

M. Snyder avait toujours refusé, affirmant que ce surnom utilisé depuis 1933 rendait hommage aux Amérindiens.

Mais la mort de l'Afro-Américain George Floyd fin mai a plongé les Etats-Unis dans un examen de conscience sur leur rapport dans le domaine des relations raciales.

Un vaste mouvement a conduit une partie de la société à reconsidérer certains symboles comme les statues de généraux confédérés, partisans de l'esclavage, ou de Christophe Colomb. Plusieurs de ces monuments ont été déboulonnés ou vandalisés à travers le pays.

Longtemps célébré comme "celui qui a découvert l'Amérique", Christophe Colomb est aujourd'hui vu par certains comme le symbole de la colonisation violente par les Européens de terres ne leur appartenant pas.

Pression financière

Ces dernières semaines, la pression avait encore augmenté autour des Redskins: la société FedEx, qui parraine et donne son nom au stade de l'équipe, a ainsi demandé officiellement à cette dernière de changer son nom.

Et l'équipementier Nike a arrêté de vendre les produits dérivés de l'équipe sur son site internet, suivi par les grandes enseignes Walmart et Target.

La mairesse de Washington, Muriel Bowser, avait indiqué qu'il "était grand temps" de changer ce nom et que ce dernier était l'un des "obstacles" au souhait de l'équipe de revenir jouer dans la capitale, qu'elle avait quittée en 1997 pour évoluer dans le Maryland voisin.

Face à cette pression grandissante, l'équipe avait ouvert la voie à un changement, "au vu des récents évènements à travers le pays". Plusieurs autres équipes de sport professionnel américain ayant des noms et des logos amérindiens font aussi l'objet de critiques.

L'équipe de baseball des Cleveland Indians a ainsi fait disparaître sa mascotte "Chief Wahoo" de ses tenues, et a également annoncé réfléchir à la question de son nom.

Il y a une semaine, Donald Trump avait critiqué cette démarche: "On dirait que les Washington Redskins et les Cleveland Indians, deux franchises sportives légendaires, vont changer leur nom pour être dans le politiquement correct", a-t-il tweeté.

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