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République du Congo

Aide américaine à l'agriculture dans le Pool au Congo

Des jeunes de Missié-Missié travaillent sur un chantier dans le district de Mindouli, Congo-Brazzaville, 23 octobre 2018. (VOA/Arsène Sévérin)

Au Congo-Brazzaville, les populations qui sont revenues de guerre tentent de se donner un nouveau destin.

Dans une savane à perte de vue où poussent de gros arbustes, les déplacés de Missié-Missié dans le district de Mindouli ont choisi d'ouvrir, avec des outils aratoires, 7 kilomètres de route, dans un sol sablonneux.

Grâce aux vivres du PAM (Programme alimentaire mondial), ces retournés de guerre du Pool veulent rapidement rendre accessible leur bassin de production au marché local.

Un abatteur d'arbres sur le chantier de Missié-Missié dans le Pool, Congo-Brazzaville, 23 octobre 2018. (VOA/Arsène Sévérin)
Un abatteur d'arbres sur le chantier de Missié-Missié dans le Pool, Congo-Brazzaville, 23 octobre 2018. (VOA/Arsène Sévérin)

Un bruit de scie à moteur brise le silence lugubre qu'a imposé pendant deux ans le conflit armé à Missié-Missié. Des arbres sont coupés.

Ici, les populations qui avaient fui, commencent à revenir.

Le PAM qui avait l'habitude de leur fournir de la nourriture, fait une nouvelle offre.

"Les gens sont rémunérés en vivres. Ils reçoivent l'équivalent de 360 francs CFA par jour et par personne dans leur ménage. Ils travaillent, désherbent et dessouchent. Ils ont élargi le passage ici qui fait maintenant 4 mètres de large. Le véhicule peut passer là où le passage était impossible. Là, les travailleurs il y en a 64, et les bénéficiaires de la route, il y en a plus de 1.000, repartis sur six villages", explique le représentant du PAM au Congo, Jean-Martin Bauer.

Pour Antoinette Dinga Dzondo, ministre en charge de l'Action humanitaire, c'est important d'être d'accord de ne plus se faire nourrir gratuitement.

Philippe Mabouaka chef du village Missié-Missié, dans le Pool, Congo-Brazzaville, 23 octobre 2018. (VOA/Arsène Sévérin)
Philippe Mabouaka chef du village Missié-Missié, dans le Pool, Congo-Brazzaville, 23 octobre 2018. (VOA/Arsène Sévérin)

"Ce que nous faisons maintenant, c'est ce qu'on appelle le relèvement, la réhabilitation des moyens de vie. C'est un peuple agricole et ces produits ne sont pas seulement pour eux, c'est pour être vendu et la route est nécessaire", indique la ministre.

Une logique qu'accepte volontiers Philippe Mabouaka, chef du village Missié-Missié, mais aussi à la tête de la communauté de travailleurs sur de cette nouvelle piste.

"Avec cette piste, il y a plus de contours. La route va nous servir à faire rentrer les véhicules commerciaux à Missié-Missié. Ici, on produit les haricots, le gombo, les aubergines, mêmes les cultures européennes, les arachides, le foufou. Ceux qui font le haricot vont jusqu'à 300-400 sacs. Mais, ils posent un problème de déplacement. Une femme pour partir de Mounkonkoto jusqu'à Missié-Missié, il faut qu'elle fasse au moins 5 heures du temps. Mais actuellement, c'est une heure, et on est très content", témoigne le chef Mabouaka.

L'ambassadeur des Etats-Unis, Todd Haskell tient une houe sur le chantier de route à Missie-Missie, dans le district de Mindouli, Congo-Brazzaville, 23 octobre 2018. (VOA/Arsène Sévérin)
L'ambassadeur des Etats-Unis, Todd Haskell tient une houe sur le chantier de route à Missie-Missie, dans le district de Mindouli, Congo-Brazzaville, 23 octobre 2018. (VOA/Arsène Sévérin)

L'ambassadeur des Etats-Unis, Todd Haskell a fait la visite de terrain, et sait maintenant comment l'argent du contribuable américain est utilisé dans le Pool.

"Je crois que c'est un très bon projet, car les jeunes travaillent pour leur communauté. Certes, ils reçoivent de la nourriture, mais ils travaillent pour permettre l'accès au marché à leur communauté, grâce à la route. C'est vraiment gagnant-gagnant. Je suis fier que les Etats-Unis puissent jouer un rôle avec les membres de cette communauté", déclare l’ambassadeur Haskell, satisfait.

En 2017, les autorités avaient lancé un appel de fonds de 23 millions de dollars pour financer le programme de relèvement précoce. L'argent n'arrive toujours pas, il faut bien commencer avec le peu qui existe.

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A Brazzaville et à Pointe-Noire, du porte à porte pour la vaccination anti-covid

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Disparition du 17e roi Makoko, Auguste Nguempio, à l'âge de 94 ans

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Il y a 30 ans, la conférence nationale de Brazzaville

Une affiche de campagne du président congolais réélu Denis Sassou Nguesso est photographiée à l'extérieur du siège du Parti congolais du travail (PCT) au pouvoir à Brazzaville le 23 mars 2021.

"On peut dire que la déception est totale": plus qu'ailleurs en Afrique, les opposants au Congo-Brazzaville célèbrent avec amertume le 30e anniversaire de leur "conférence nationale" vers la démocratie, quelques semaines après la réélection écrasante de l'indéboulonnable président Sassou Nguesso.

C'était en 1990-91, dans la foulée de la chute des dictatures soviétiques. Le président français François Mitterrand mettait en garde les autocrates africains -dont Denis Sassou Nguesso- au sommet de la Baule: sans démocratie, moins d'aide.

Du Bénin au Zaïre (actuelle RDC), en passant par le Gabon et la Côte d'Ivoire, des "conférences nationales" ouvertes aux opposants ont tenté d'écrire les règles du multipartisme.

Le succès a été foudroyant à Brazzaville. Un an après la fin de la conférence le 10 juin 1991, le président Denis Sassou Nguesso était battu par Pascal Lissouba aux élections.

Encore aujourd'hui, il s'agit du seul exemple d'alternance en Afrique centrale, mis à part le compromis politique qui a conduit à la passation de pouvoir entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo en janvier 2019.

Trente ans et quatre guerres civiles plus tard, le président Denis Sassou Nguesso, 77 ans dont 37 au pouvoir, a été réélu en mars pour un quatrième mandat avec plus de 88% des voix. Son fils a été nommé ministre.

Né de la conférence nationale, le principal parti d'opposition UPADS a boycotté le scrutin du 21 mars, en dénonçant ses conditions d'organisation.

Fils d'une figure de 1991, le candidat de l'opposition Guy-Brice Parfait Kolélas est décédé du Covid le lendemain du scrutin. Il a été crédité de 7,84% des voix selon le résultat officiel.

Les opposants du précédent scrutin de 2016 (Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa) sont en prison, condamnés à des peines de 20 ans pour "atteinte à la sécurité de l'Etat".

Dans ce pays où l'opposition est décapitée, l'esprit de la "conférence nationale" s'est largement dissipé.

"On peut constater avec regret que la plupart des acquis de la conférence ont été remis en cause", affirme à l’AFP l’opposant Clément Miérassa.

Réélu, Denis Sassou Nguesso souligne la responsabilité collective pour construire l'avenir
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Espoirs déçus

La promotion de la démocratie, la lutte contre la corruption, la réconciliation nationale étaient entre autres valeurs prônées par la conférence nationale, se souvient M. Muiérassa, 72 ans, un économiste qui a joué un rôle actif à l'époque.

Fondateur du Parti social démocrate congolais (PSDC) il a fait partie du gouvernement de transition (1991-1992) avec un Premier ministre, André Milongo, disposant des prérogatives d’un chef d’Etat.

La lutte contre la corruption passait par "la Commission des biens mal acquis", ajoute Clément Miérassa.

"Aujourd’hui l’indice de perception de la corruption est de 19/100, faisant apparaître le Congo comme l’un des pays les plus corrompus du monde, dans le top 10 des pays les plus corrompus d’Afrique", constate-t-il.

Des enquêtes ont été ouvertes en France sur les "bien mal acquis" de la famille présidentielle.

"La Conférence a suscité beaucoup d’espoirs au sein de la population", se rappelle Grégoire Lefouoba, un autre ancien de 1991.

La conférence voulait débarrasser le Congo de tous ses vieux démons, ajoute-t-il: "le tribalisme, le clanisme, le favoritisme, le clientélisme et surtout la violence politique érigée en art politique".

Participant à la conférence nationale, M. Lefouoba a été ministre du président Lissouba. Il milite aujourd’hui au PCT, le parti au pouvoir.

Le président nouvellement réélu, Denis Sassou Nguesso, à Brazzaville, le 23 mars 2021.
Le président nouvellement réélu, Denis Sassou Nguesso, à Brazzaville, le 23 mars 2021.

Des regrets

En 30 ans de démocratie, le Congo a enregistré au moins quatre guerres civiles, dont celle de 1997 qui a permis le retour au pouvoir de Denis Sassou Nguesso.

"L’histoire politique du Congo depuis l’indépendance n’est qu’une succession de violences", remarque Ulrich Stevio Baralangui, enseignant d’histoire à l’université Marien Ngouabi.

Dans son dernier discours d'investiture, le président Sassou Nguesso a parlé de "rupture avec les mentalités déviantes et les comportements pervers du passé", dont "la corruption, la fraude" et "le népotisme et la tendance à la gabegie".

Ailleurs en Afrique, les "conférences nationales" ont connu des fortunes diverses, des alternances au Bénin au maintien de la famille Bongo au pouvoir au Gabon, en passant par des épisodes de violence en Côte d'Ivoire et en RDC.

Quant au président Sassou Nguesso, ses homologues de Guinée et de Côte d'Ivoire l'appellent désormais "l'Empereur".

Conférence sur la crise tchadienne à Brazzaville

Conférence sur la crise tchadienne à Brazzaville
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A Brazzaville, dénonciation d'une "phobie complotiste" des autorités envers les activistes

Le mémorial Pierre Savorgnan de Brazza, à Brazzaville, le 3 octobre 2020.

Des organisations de la société civile ont entamé à Brazzaville une campagne d’affichage des portraits des activistes des droits de l’Homme emprisonnés, en vue d’obtenir leur libération.

Après les quartiers de Ouenze et Moungali à Brazzaville, les activistes du mouvement citoyen ‘’le Ras-Le-Bol’’ ont choisi le quartier Château d’eau de la commune de Makelekele pour placarder quelques affiches. Il s’agit des portraits des activistes enfermés depuis des mois, à la maison d’arrêt de la capitale de la République du Congo.

"Depuis le 11 mars, des gens dans nos rangs ont été pris par la police. Il s’agit de Christ Dongui et Dr Alex Ndzabana. D’autres aussi ont été arrêtés à Pointe-Noire. Nous sentons une nonchalance de la justice", affirme Bertrand Menier, qui conduit l’équipe sur le terrain.

"Nous espérons que la procédure sera accélérée. Les autorités doivent sortir de cette phobie complotiste", ajoute-t-il.

Un autre activiste estime que les personnes arrêtées n’ont pas leur place en prison, et les autorités doivent les libérer.

"On ne peut pas comprendre que le PCT (Parti congolais du travail, au pouvoir), viole systématiquement sa Constitution, et ceux qui respectent la Constitution, on les met en prison. Donc, nous espérons qu’ils seront libérés d’ici là", indique l’activiste.

A Brazzaville, offensive des activistes des droits de l’Homme
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La campagne, lancée la semaine dernière, vise à sensibiliser l’opinion sur l’existence de ces prisonniers un peu particuliers.

Deux autres organisations de la société civile, l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) et le Centre pour les droits de l’homme et le développement (CDHD), participent à cette campagne.

Les ONG estiment que les dossiers judiciaires des activistes en détention sont vides, et que le juge est incapable d’organiser un procès contre eux.

"Dossier vide"

"Est-ce qu’il y aura procès ? A notre entendement non! Parce que pour qu’il y ait procès, il faut des charges assez suffisantes, solides et substantielles. Mais en pareille circonstance, c’est un dossier vide et cela a été démontré", inique Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif de l’OCDH.

"Nous espérons que nos amis seront libérés, d’où cette campagne", souligne-t-il.

La campagne devrait se poursuivre dans les autres villes du Congo. Les membres de la société civile affirment aller plus loin si leurs collègues n’étaient pas libérés.

"Nous avons commencé par cette campagne d’affichage avant d’organiser une campagne médiatique. Et si c’est possible, nous allons saisir tous les mécanismes africains et onusiens, pour que nous puissions obtenir leur libération immédiate et sans condition", annonce Roch Euloge N’Zobo, coordonnateur national du CDHD.

Près d’une dizaine d’activistes sont concernés par cette campagne. Mais les plus en vue restent Alexandre Ndzabana Ibacka et Christ Dongui. Les ONG profitent certainement de l’installation du nouveau Premier ministre Anatole Collinet Makosso et de son gouvernement pour faire passer leur plaidoyer.

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