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Nigeria

Les parents des étudiants enlevés à Kaduna ont marché sur Abuja

Des parents des étudiants enlevés à Kaduna, portant des parcartes avec slogants appelant à la liberation de leurs enfants, Abuja, le 4 mai 2021. (VOA/Gilbert Tamba)

Au Nigeria, les parents des étudiants enlevés à l’institut forestier de Kaduna ont manifesté. Ils sont venus jusqu'à Abuja pour attirer l’attention des autorités fédérales sur les conditions de leurs enfants entre les mains de leurs ravisseurs.

Ils étaient des dizaines à effectuer le déplacement d’Abuja pour réclamer la libération de leurs enfants détenus par des hommes armés depuis près de deux mois.

C’est le 11 mars dernier que des assaillants ont envahi l’institut forestier de Kaduna enlevant au moins 39 étudiants.

Khaida Christiana, une étudiante qui a vécu les moments forts de l’attaque, se remémore: "Quand nous avions entendu les coups de feu, presque tout le monde a fui de la salle d’auditorium pour se cacher partout où on pouvait se cacher. Il y a deux grandes salles avec une partition entre les deux. Et il y avait des chaises détruites dans l’une des salles, donc je suis allée me cacher sous ses chaises. De là j’ai appris que les bandits sont arrivés, et je pouvais entendre leurs voix".

Benson Edeh, le père d’un étudiant en captivité, était à Abuja en compagnie d’autres parents car "le problème est que notre gouverneur ne veut pas aider".

"Il a refusé de coopérer et en plus il dit qu’il ne veut pas négocier avec les bandits je suis d’accord, mais quelles sont les démarches qu’il mène pour permettre la libération des enfants ? Rien. Rien du tout mais au contraire il nous menace", dit-il, exaspéré.

La manifestation d’Abuja fait partie d’une série de protestations des parents déjà menées à Kaduna pour obliger les autorités à négocier avec les ravisseurs.

Epete Odideh était aussi venu de Kaduna. Son fils est toujours entre les mains des hommes armés."La situation est très compliquée, c’est pourquoi nous avons décidé de venir à l’Assemblée nationale. Nous avions contribué à leur élection au parlement mais la situation du pays en ce moment nous laisse croire qu’il est difficile de voter pour quelqu’un et qui revient contre vous", a-t-il déclaré.

Trois étudiants enlevés mardi dernier dans une autre université dans le même Etat de Kaduna dans le nord-ouest du Nigéria ont été exécutés par leurs ravisseurs, un nouveau signe d'escalade de violences dans ces enlèvements de masse contre rançon.

La manifestation d’Abuja a aussi connu la participation de certains activistes comme Omoyele Sowore, venu soutenir les parents en détresse.

"Ces étudiants qui se battent pour un avenir meilleur, ils pouvaient eux aussi devenir des kidnappeurs pour gagner de l’argent facile mais ils ont préféré aller à l’école. Mais voyez ce que fait notre gouvernement contre eux. Personnellement je sais ce que ça veut dire d’être en captivité après avoir été enlevé une fois moi même par le gouvernement", souligne-t-il.

Depuis décembre, plus de 600 élèves ont été enlevés dans des écoles du nord-ouest du Nigeria, ce qui met en évidence une évolution inquiétante de la crise des enlèvements contre rançon dans le pays.

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Pour vacciner en masse, le Nigeria se tourne vers les églises et les mosquées

Des fidèles musulmans font la queue en attendant de recevoir une dose du vaccin Vaxzevria Covid-19 d'Astrazeneca à la mosquée centrale de la communauté du Secrétariat, Alausa, Ikeja à Lagos, le 26 novembre 2021.

Les prières et les chants s'envolent vers les cieux dans l'église Baptiste d'Ikoyi, laissant place au pasteur qui finit son prêche d'une façon un peu particulière ce dimanche de novembre: "Faites le bon choix, faites vous vacciner".

Sur le parking de l'église située dans un quartier riche de Lagos, la capitale économique du Nigeria, des fidèles en habit du dimanche forment une longue queue dans l'attente de recevoir leur première injection de vaccin contre le Covid-19.

Redoutant un pic de contaminations durant la période de Noël, où un grand nombre de Nigérians de la diaspora reviennent au pays et avec l'apparition de premiers cas du variant Omicron, le pays le plus peuplé d'Afrique se tourne vers les chefs religieux, les églises et les mosquées pour lancer une campagne de vaccination de masse.

Depuis le début de la pandémie il y a presque deux ans, le Nigeria a quasiment échappé au coronavirus qui a ravagé les systèmes de santé en Europe et ailleurs comptabilisant officiellement moins de 215.000 cas pour un pays de 210 millions d'habitants (avec toutefois un nombre de tests réalisés très insuffisants).

Le pays n'a jusqu'ici vacciné que 3,5 millions de personnes, soit moins de 2% de la population, bien loin de l'objectif du gouvernement de vacciner 112 millions de personnes d'ici fin 2022.

Au Nigeria où la religion occupe une place prépondérante, les églises et les mosquées servent désormais une double cause, la gloire de Dieu et la vaccination.

"Les mosquées et les églises accueillent de grandes foules. C'est à la fois un moyen de réduire les risques et d'accéder à plus de personnes", déclare à l'AFP la docteure Atinuke Onayiga, présente à l'église d'Ikoyi.

Car l'implication des chefs religieux dans des campagnes de vaccination de masse au Nigeria a déjà fait ses preuves dans le passé. C'est notamment grâce à ces relais que le gouvernement avait finalement réussi en 2020 à éradiquer la polio du pays.

La méfiance envers les autorités et les vaccins est forte au Nigeria, où la mort en 1996 de 11 enfants après des essais de traitement menés par le géant pharmaceutique Pfizer contre la méningite a laissé des traces.

Le point sur le nouveau variant Omicron
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"Peur de me faire vacciner"

De l'autre côté du lagon, sur la partie continentale de Lagos, la prière du vendredi à la mosquée d'Alausa est aussi devenue jour de vaccination.

Dans la cour, une équipe de médecins et d'infirmières attendent des fidèles, devant des dizaines de chaises en plastique blanc, à la sortie de la prière.

"J'avais peur de me faire vacciner, mais comme notre imam nous l'a conseillés, et que je vois de mes yeux les autres se faire piquer sans avoir de problèmes, j'ai changé d'avis", dit Muslimat Abdurasaq, une vendeuse âgée de 45 ans, qui vient de recevoir sa première dose d'AstraZeneca.

"Je ne veux pas non plus rater une éventuelle opportunité professionnelle parce que je ne serais pas vaccinée", ajoute la femme, dont un voile violet entoure le visage.

Afin d’accélérer les vaccinations, les employés du gouvernement fédéral doivent désormais présenter une preuve de vaccination ou un test Covid avant d'entrer dans les bâtiments administratifs.

Mercredi, à l'extérieur de certains bâtiments fédéraux d'Abuja, des dizaines de travailleurs ont été refoulés en raison de l'application des nouvelles règles. Certains ont été dirigés vers des centres de vaccination.

"Je ne suis pas malade. Je ne vais pas faire de test", souffle un fonctionnaire, Ifeanyi Nwazo. "Ils veulent nous forcer à prendre une injection. Pourquoi ?"

Scepticisme

"L'absence de vaccination constituera un terrain fertile pour le développement de mutations du virus, ce qui menacera à son tour les progrès déjà enregistrés", a déclaré le responsable national des incidents au Nigeria, Mukhtar Muhammed.

Le Nigeria a reçu environ 30 millions de doses, et 60 millions d'autres sont en route.

Selon le directeur national de l'Unicef, Peter Hawkins, 2,5 millions de doses d'AstraZeneca doivent être utilisées avant décembre tandis que d'autres vaccins ont une durée de conservation plus longue, ce qui complique la livraison sur le terrain.

A la mosquée d'Alausa, les dizaines de chaises devant les infirmières ont été prises d'assaut. Mais pour certains fidèles comme Mustapha Adetay, des inquiétudes demeurent.

"Je doute encore pour être sincère, certains disent qu'il a des effets négatifs sur la santé", a déclaré l'ingénieur, âgé de 53 ans, en sortant de la mosquée.

"Si j'étais convaincu, je demanderais à toute ma famille de le prendre. Mais je ne le suis pas vraiment. Je vais y réfléchir".

Trois cas du variant Omicron détectés au Nigeria

Une femme subit un test de dépistage du COVID-19 à Abuja, au Nigeria, le 29 novembre 2021.

Le Nigeria a confirmé mercredi ses premiers cas de la variante Omicron du COVID-19 chez des voyageurs, a-t-on appris de source officielle.

Selon le NCDC, le bureau de gestion des grandes endémies du Nigeria, le variant a été détecté chez "trois personnes ayant des antécédents de voyage en Afrique du Sud".

Une annonce qui intervient alors que le président sud-africain Cyril Ramaphosa est en tournée en Afrique de l'Ouest, où il devrait visiter quatre pays.

Restrictions

Plusieurs nations ont imposé des restrictions de voyage aux pays d'Afrique australe, tandis que Hong Kong et le Canada ont interdit aux voyageurs non résidents de se rendre au Nigeria. La Corée du Sud a déclaré avoir détecté la variante Omicron chez des voyageurs entièrement vaccinés arrivés la semaine dernière du Nigeria.

Des données provenant d'autres pays indiquent que la variante circulait avant d'être officiellement identifiée en Afrique australe et qu'elle a depuis été détectée dans plus d'une douzaine de pays. Les travaux visant à établir si elle est plus infectieuse, mortelle ou si elle échappe aux vaccins prendront des semaines.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa en tournée en Afrique de l'Ouest

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara (à dr.) à son arrivée à l'aéroport Felix Houphouet Boigny d'Abidjan, le 1er décembre 2021.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a entamé une tournée en Afrique de l'Ouest qui devrait le conduire dans quatre pays, selon une déclaration de la présidence sud-africaine.

Mercredi, M. Ramaphosa, au pouvoir depuis 2018, a été accueilli par le président ivoirien Alassane Ouattara. Cette "visite d’État de 72 heures" est la première d'un leader sud-africain depuis 1992 en Côte d'Ivoire, selon la présidence ivoirienne.

La veille, le président sud-africain était à Abuja, au Nigeria, où il a rencontré son homologue Muhammadu Buhari.

M. Ramaphosa, 69 ans, quittera Abidjan vendredi. Il devrait aussi se rendre au Ghana et au Sénégal.

"Des pirates" tuent trois agents d'une compagnie pétrolière au Nigeria

Une fille marche sur un gazoduc traversant la communauté d'Okrika, près de la ville de Port Harcourt, centre pétrolier du Nigeria, le 4 décembre 2012.

Deux employés d'une branche locale du groupe italien ENI et un agent de sécurité ont été tués dans une attaque dans le delta du Niger (sud-est), le coeur de l'exploitation pétrolière du Nigeria, ont annoncé lundi un responsable sécuritaire et ENI.

Selon Ogbere Solomon, porte-parole local du Corps nigérian de défense et de sécurité civile (NSCDC), des hommes armés ont tué dimanche deux employés de la Nigerian Agip Oil Company, la branche locale du groupe italien ENI, et un fonctionnaire du NSCDC.

"Nos officiers sont tombés dans une embuscade et ont été attaqués par des pirates alors qu'ils protégeaient des travailleurs pétroliers d'Agip à Okoroma", a-t-il déclaré.

Dans un communiqué, ENI a déclaré que ses contractants travaillaient sur un projet de restauration de la mangrove quand ils ont été attaqués par un groupe armé. Trois personnes ont été tuées et deux blessées, ajoute le groupe.

Le delta du Niger est depuis des années le théâtre de graves troubles, avec des groupes armés qui percent les oléoducs pour piller du brut, provoquant des désastres écologiques, et multiplient les enlèvements contre rançons.

Ces attaques avaient considérablement diminué après une amnistie en 2009, qui a permis de rétablir un semblant de calme, mais les tensions ont refait surface en 2016 avec de nouvelles attaques alors que les communautés locales intentaient des procès aux compagnies pétrolières étrangères pour être dédommagées.

Anthony Blinken au siège de la Cédéao à Abuja

Anthony Blinken au siège de la Cédéao à Abuja
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