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Les inégalités salariales persistent à Hollywood

Claire Foy, qui joue la reine Elizabeth II, et Matt Smith, qui joue le prince Philip dans "The Crown", Londres, 21 novembre 2017.

Malgré #MeToo et Time's Up, les femmes continuent de gagner souvent moins que les hommes à Hollywood, comme Claire Foy, reine d'Angleterre dans "The Crown" mais, moins payée que son partenaire masculin.

Lors des deux premières saisons de la série à succès de Netflix The Crown, Claire Foy, qui jouait la reine Elizabeth, personnage central du récit, a gagné moins que Matt Smith, l'acteur qui jouait son époux, le prince Philip.

La disparité entre les cachets des acteurs et actrices à Hollywood n'est pas une révélation. Le classement des acteurs les mieux payés au monde, publié par le magazine Forbes, le montre systématiquement, chaque année.

En 2017, Emma Stone, l'actrice la mieux payée au monde, ne serait arrivée qu'en 15ème position si le classement avait été mixte.

Mais hormis Forbes, les chiffres sont rares, aucune étude sérieuse n'est disponible, et l'omerta était jusqu'ici la règle.

"Vos agents vous disaient de ne pas en parler", explique Melissa Silverstein, fondatrice du site internet "Women and Hollywood".

Mais ces derniers mois, à la faveur de l'élan historique créé par l'affaire Weinstein, les langues se sont déliées et les oreilles, elles, ont été plus réactives à ce qui passait jusqu'ici pour ordinaire.

Début janvier, la presse américaine a révélé que l'actrice Michelle Williams avait perçu 1.000 dollars pour retourner des scènes du film "Tout l'argent du monde", quand son partenaire à l'écran, Mark Wahlberg, avait lui été payé 1,5 million de dollars.

L'acteur américain, qui est accessoirement le mieux payé d'Hollywood, a fini par s'engager publiquement à verser l'intégralité de ce cachet au fonds de défense juridique de la nouvelle association Time's Up, née de l'affaire Weinstein.

Parce qu'elle fonctionne sur une dynamique différente, la télévision semblait avoir, d'assez longue date, une approche souvent plus égalitaire.

La série "Friends", phénomène des années 90, restera, à ce sujet, comme pionnière, car les six acteurs principaux, trois femmes et trois hommes, y ont négocié collectivement leur salaire, une pratique très rare à l'époque, obtenant que chacun gagne la même chose.

Les exemples se sont multipliés depuis, plus souvent dans les sitcoms que les séries dramatiques néanmoins.

Les cinq comédiens principaux des deux séries américaines les plus populaires actuellement aux Etats-Unis, "The Big Bang Theory" et "Game of Thrones", perçoivent tous le même salaire.

- Un "train en marche" -

L'héroïne de "Grey's Anatomy", Ellen Pompeo, a aussi fait beaucoup réagir lorsqu'elle a annoncé qu'elle avait renégocié son contrat et percevrait désormais 20 millions de dollars par an.

"Si nous voulons parler de changement, (le salaire) doit en faire partie", a-t-elle déclaré au magazine "The Hollywood Reporter".

L'anecdote de "The Crown" montre néanmoins que des inégalités demeurent, derrière le petit écran comme le grand. Car les deux milieux fonctionnent essentiellement sur le principe de l'historique, explique Melissa Silverstein.

"A Hollywood, la valeur d'une personne, c'est ce qu'elle a touché pour son rôle d'avant", dit-elle.

Or Claire Foy, si elle avait déjà une longue carrière derrière elle au moment d'accepter "The Crown", n'avait pas eu de rôle aussi médiatisé que Matt Smith, personnage principal de la série britannique à succès "Doctor Who" durant quatre saisons.

Plusieurs internautes ont souligné mercredi cette différence sur Twitter, contestant que la différence de traitement soit liée au sexe.

"Après la saison un, Claire Foy a gagné tous ces prix (un Golden Globe et un Screen Actors Guild Award). Pourquoi n'a-t-elle pas été augmentée? Elle était devenue plus connue", a rétorqué Erin Therese (@erin_thereseV), également sur Twitter.

"A partir de maintenant, personne ne sera mieux payée que la reine", a affirmé mardi Suzanne Mackie, l'une des productrices de la série.

Une remise à niveau dont ne profitera pas Claire Foy, qui va être remplacée par Olivia Colman, pour jouer une reine Elizabeth plus âgée dans la saison 3.

Mais pour Melissa Silverstein, c'est la portée de l'annonce qui importe, montrant que les studios et les producteurs ne peuvent plus s'affranchir du débat.

"Vous devez monter dans ce train, parce qu'il est en marche", dit-elle. "Il faut aller dans le sens de l'histoire."

Avec AFP

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Le Pentagone débloque 1 milliard de dollars pour le mur de Trump

Des spécimens du mur à construire, présentés à San Diego, en Californie, le 5 février 2019.

Le chef du Pentagone Patrick Shanahan a annoncé lundi avoir débloqué un milliard de dollars pour la construction d'une section du mur frontalier voulu par le président Donald Trump à la frontière avec le Mexique.

Le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) a demandé au Pentagone de construire un mur de 91 km de long dans la région de El Paso (Texas), et le corps du génie de l'armée de Terre "est autorisé à se coordonner directement avec le DHS et les gardes-frontières pour entreprendre la planification et la mise en oeuvre de ce projet à hauteur d'un milliard de dollars", a indiqué le ministre de la Défense par intérim dans un communiqué.

M. Shanahan justifie cette dépense par la loi fédérale. Un paragraphe de l'article 10 du Code des Etats-Unis "autorise le ministère de la Défense à construire des routes et des barrières et à installer des éclairages pour empêcher (...) le trafic de drogue transfrontalier".

"Par conséquent, j'ai décidé d'entreprendre (...) la construction d'un mur de 91 km de long et de 5,5 m de haut, de construire et de réparer les routes et d'installer des éclairages comme requis" par le DHS, précise M. Shanahan dans ce communiqué publié à une heure tardive, quelques heures seulement avant qu'il ne s'adresse au Congrès pour défendre le projet de budget du Pentagone.

Frustré par le refus du Congrès de lui accorder le budget qu'il réclamait pour construire le mur frontalier, Donald Trump a déclenché le 15 février une procédure d'"urgence nationale" qui lui permet de contourner les parlementaires afin de débloquer plus de huit milliards de dollars de financements.

Cette mesure exceptionnelle a indigné les démocrates, mais aussi des élus de son camp, qui estiment que le républicain outrepasse les pouvoirs présidentiels et crée un dangereux précédent.

Avec AFP

Le rapport Mueller n'a pas trouvé de preuve de collusion

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Le président américain se dit "totalement disculpé"

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Rapport Mueller : les médias américains priés de faire leur examen de conscience

Le dôme du Capitole des États-Unis à Washington, le 26 août 2018.

Les grands médias américains, accusés par Donald Trump et ses proches de partialité dans leur couverture de l'enquête russe, étaient appelés à faire leur introspection après la publication d'extraits du rapport Mueller disculpant le président des accusations de collusion avec la Russie en 2016.

Pour certains observateurs, il est temps que les médias "admettent" avoir fait depuis deux ans une couverture inéquitable de l'affaire. Pour d'autres au contraire, les journalistes doivent continuer à creuser car le rapport n'exonère pas complètement M. Trump sur une possible "entrave à la justice".

"Désormais, une grande partie de la population ne croira plus aucune des accusations portées contre M. Trump par la presse", a estimé le rédacteur en chef du magazine Rolling Stone, Matt Taibbi.

Pour Glenn Greenwald, journaliste d'investigation au site d'information The Intercept, ce sont surtout les chaînes d'information câblées qui doivent admettre leurs erreurs de jugement.

"Faites des recherches sur chaque personnalité de MSNBC, chaque +expert+ en droit de CNN, les médias libéraux-centristes (...) et voyez si vous trouvez même un iota d'introspection, d'humilité ou d'admission d'une énorme erreur", a-t-il dit sur Twitter.

"Si les médias ne rendent pas de comptes pour ce qu'ils ont fait, ne vous plaignez plus jamais du fait que les gens les qualifient de +Fake News+" a-t-il ajouté, en utilisant l'insulte préférée du président Trump quand il parle des grands médias.

- "Des excuses" -

Depuis que les premières informations ont circulé samedi sur le contenu du rapport, le camp Trump, qui hurle depuis le début de l'affaire à la "chasse aux sorcières", crie victoire et réclame des excuses.

"Les démocrates et les médias libéraux doivent des excuses au président et au peuple américain", a lancé la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.

Le fils aîné du président, Donald Jr, avait auparavant dénoncé les "théories du complot (propagées) sans arrêt" par "CNN, MSNBC, BuzzFeed et le reste des médias grand public".

Son frère, Eric, a également invité sur Twitter les grands médias à s'excuser "pour l'enfer que tout le monde a vécu depuis deux ans et plus".

Mais pour certains experts des médias, il est bien trop tôt pour juger le travail du procureur spécial Robert Mueller sur la base des quatre pages de résumé publiées par le ministre de la Justice Bill Barr.

"Je ne pense pas qu'on puisse accuser les médias d'avoir été injustes avec Donald Trump," dit Stephen Ward, ancien directeur du Centre pour l'éthique journalistique à l'Université du Wisconsin.

"Les médias se devaient de couvrir ce président agressif et défiant la Constitution", souligne-t-il, estimant que les journalistes devaient désormais tout faire pour mettre la main sur l'intégralité du rapport Mueller.

"C'est une question d'intérêt public et tous les citoyens devraient le lire", ajoute-t-il.

- "Vendre du temps d'antenne" -

Dan Kennedy, professeur de journalisme à l'Université Northeastern, estime qu'il est prématuré pour le président de se dire "exonéré" par "une enquête énorme, qui a entraîné de nombreuses mises en accusation et plaider-coupable".

Il est toutefois légitime, selon lui, qu'on s'interroge sur les nombreuses spéculations véhiculées sur les antennes de CNN ou MSNBC, deux médias régulièrement accusés de partialité par le camp Trump.

Il cite notamment l'abondante couverture d'éventuelles poursuites visant Donald Trump Jr et le gendre du président, Jared Kushner, qui n'ont pas eu lieu.

Le gros problème, selon lui, ce sont "les chaînes d'info qui doivent vendre du temps d'antenne avec des discussions et des spéculations", explique-t-il.

Mais pour Deborah Potter, ancienne journaliste de CBS, les spéculations sont normales "car il n'y a eu aucune fuite" de la part des enquêteurs. Malgré cela, "beaucoup d'organes de presse responsables ont donné la bonne impression (sur les résultats de l'enquête) ces dernières semaines", juge-t-elle.

Plus largement, c'est la confiance dans l'indépendance des médias qui doit être rétablie dans l'opinion américaine, dit Mme Potter.

"On a vu une remontée de la confiance générale dans les médias mais les divisions partisanes n'ont jamais été aussi fortes", explique-t-elle.

Le fait qu'une large majorité des électeurs républicains n'aient pas confiance dans les médias "est un problème pour la démocratie", conclut-elle.

Trump dit n’avoir «aucun problème» avec la publication complète du rapport Mueller

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