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Hollywood bat le tambour avant les nominations aux Oscars post-Weinstein

Les 5 finalistes dans les 24 catégories des Oscars seront annoncés mardi

Hollywood retenait son souffle mardi avant l'annonce des nominations aux Oscars, apogée de la saison des prix dans une industrie du cinéma sonnée par l'affaire Weinstein et en pleine introspection sur sa culture sexiste.

La romance fantastique "La forme de l'eau" du mexicain Guillermo del Toro et le drame acide "3 Billboards: Les panneaux de la vengeance" de Martin McDonagh partaient avec une longueur d'avance sur les autres prétendants aux prestigieuses statuettes.

Le premier a reçu le principal prix du syndicat des producteurs d'Hollywood, un bon indicateur du lauréat de l'Oscar du meilleur film, et le second a triomphé aux prix du syndicat des acteurs d'Hollywood (SAG), baromètre fiable pour les acteurs.

Frances McDormand, qui interprète une mère en colère dans "3 Billboards", et Gary Oldman, incarnation magistrale de Winston Churchill dans "Les heures sombres", font désormais figures de favoris chez les comédiens après avoir déjà décroché un Golden Globe et un SAG.

Chez les seconds rôles, Allison Janney, mère manipulatrice dans "Moi, Tonya", et Sam Rockwell, un policier dans "3 Billboards", tiennent la corde après avoir également empoché un SAG et un Globe.

Interrogé aux SAG Awards sur cette brassée de récompenses et la perspective d'un Oscar, le Britannique Gary Oldman a admis "profiter de son moment sous le soleil". "L'éclipse viendra, elle vient toujours. L'an prochain ce sera quelqu'un d'autre qui se tiendra sur ce podium", a-t-il relativisé.

L'acteur de 59 ans, l'un des plus respectés de sa génération, devrait notamment rivaliser avec Timothée Chalamet, Franco-Américain de 22 ans et révélation de "Call me by your name" ou encore "Lady Bird".

Incarner Hollywood post-Trump

Le site de prédictions Goldderby.com s'attend d'ailleurs à ce que "Lady Bird", de Greta Gerwig, fasse partie des finalistes pour l'Oscar du meilleur film, tout comme "Dunkerque", "Get out" et "Pentagon Papers".

Pour le site Awardsdaily.com, "il y a deux films qui émergent comme représentant le mieux l'industrie du film post-(élection de) Trump: +Lady Bird+ et +Get out+".

"Get Out", de Jordan Peele, un "faux" film d'horreur, vraie satire sociale, décrit un jeune homme noir et sa petite amie blanche en week-end chez les parents de cette dernière... pas si ouverts d'esprit qu'ils n'en ont l'air. Le film résonne avec l'actualité et les tensions raciales aux Etats-Unis.

"Lady Bird" met en scène une adolescente (jouée par Saoirse Ronan, qui pourrait faire de l'ombre à Frances McDormand) en pleine découverte d'elle-même entre un père dépressif, un frère révolté, une meilleure amie un peu maladroite et des premières amours ratées.

Cette comédie douce-amère fait mouche à l'heure où Hollywood commence à examiner sa culture misogyne et où actrices et réalisatrices demandent la fin d'une culture de harcèlement sexuel et de discriminations, comme l'ont montré le mouvement Time's Up, fondé par quelque 300 femmes influentes du secteur.

Honorer "Lady Bird" serait une manière pour les quelque 6.200 membres de l'Académie des arts et sciences du cinéma, qui décernent les Oscars, de montrer qu'ils ont entendu l'appel à plus d'égalité, particulièrement lors d'une année où de nombreux films mis en scène par des femmes ont brillé - notamment le carton au box-office de "Wonder Woman".

D'après Awardsdaily, porté par les mouvements Time's Up et #MeToo, "Lady Bird" pourrait faire une percée surprise et décrocher la statuette de meilleur film comme "Moonlight" l'avait fait l'an dernier, coiffant au poteau "La La Land" à la surprise générale. La cérémonie s'était déroulée dans le chaos avec l'annonce, dans un premier temps, du mauvais lauréat.

Celle du 4 mars ne pourra pas en tout cas manquer de réfléchir le séisme de l'affaire Harvey Weinstein, le producteur jadis tout-puissant tombé de son piédestal après les révélations sur son comportement de prédateur sexuel dénoncé par plus de 100 actrices et collaboratrices, qui l'accusent d'actes allant du harcèlement au viol.

De grands noms d'Hollywood comme Kevin Spacey, Brett Ratner, ou Dustin Hoffman ont ensuite à leur tour été rattrapées par des scandales sexuels.

Les 5 finalistes dans les 24 catégories des Oscars seront annoncés mardi à partir de 5H22 (13H22 GMT) lors d'une cérémonie retransmise sur internet.

Avec AFP

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Trump rejette la menace d'une destitution, les démocrates débattent

Le président américain, Donald Trump, à la maison blanche, le lundi 22 avril 2019. REUTERS/Al Drago

Sûr de lui, le président américain Donald Trump affirme que le Congrès n'est "pas en mesure" de le destituer, un débat qui divise les démocrates après la publication du rapport d'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016.

Est-il inquiet face à la menace d'une procédure de destitution? "Pas du tout", a répondu lundi le républicain aux journalistes à la Maison Blanche.

"Seuls de graves délits ou infractions peuvent aboutir à une destitution", avait-il affirmé plus tôt sur Twitter. "Je n'ai commis aucun délit (pas de collusion, pas d'obstruction), donc vous n'êtes pas en mesure de me destituer".

Pourtant, l'idée fait son chemin chez les démocrates avec trois candidats à la Maison Blanche désormais favorables à une destitution, même si les chefs du parti et le premier dans les sondages, Bernie Sanders, repoussent encore cette éventualité potentiellement explosive.

Après 22 mois d'enquête, le procureur spécial Robert Mueller a conclu dans son rapport, publié jeudi, qu'il n'y avait pas eu d'entente entre l'équipe de campagne du républicain et Moscou.

Mais si M. Trump s'estime depuis totalement exonéré, ces conclusions ne l'ont pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, M. Mueller ayant montré que le président avait essayé de torpiller son enquête.

Les démocrates affirment qu'avec son rapport long de plus de 440 pages, le discret procureur spécial Robert Mueller leur a en fait laissé une feuille de route afin qu'ils poursuivent l'enquête au Congrès.

Mais si tous sont d'accord sur ce point, les opinions divergent autour de la possibilité de lancer contre Donald Trump une procédure de destitution, appelée "impeachment" aux Etats-Unis.

- Démocrates divisés -

Promettant d'agir face aux actes "sans scrupules" du milliardaire, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a tempéré lundi les espoirs de ceux qui souhaiteraient lancer une telle procédure.

Il est "important de savoir que les faits pouvant servir à obliger le président à rendre des comptes peuvent être obtenus hors des auditions organisées dans le cadre d'une destitution", a-t-elle pris soin de souligner dans une lettre aux élus démocrates de la Chambre.

Sa voix a un énorme poids: c'est à la Chambre, où les démocrates détiennent la majorité, que reviendrait de lancer le mécanisme en vue d'une destitution.

Mais c'est ensuite au Sénat, contrôlé par des républicains qui restent en grande majorité farouchement fidèles au président Trump, que se déroulerait le procès.

En l'état, il y a donc très peu de chances pour qu'une procédure de destitution aboutisse.

Mieux vaut donc que les électeurs se prononcent contre Donald Trump dans les urnes en novembre 2020, après une campagne portant avant tout sur les grands sujets qui les préoccupent, comme la santé, affirment les chefs démocrates.

Se disant "réaliste" sur cette situation, la sénatrice et candidate démocrate à la Maison Blanche Kamala Harris a pourtant annoncé lundi soir qu'elle soutenait la voie de la destitution, sur CNN.

Elle rejoint la sénatrice progressiste Elizabeth Warren qui, la première parmi les candidats, s'y était déclarée favorable dès vendredi.

Le petit candidat et ex-ministre Julian Castro soutient également cette voie.

Mais le sénateur Bernie Sanders, qui arrive en tête des sondages parmi les 19 candidats démocrates déclarés, a lui repoussé cette option lundi soir. "Au final, ce qui m'importe le plus c'est que Donald Trump ne soit pas réélu président", a-t-il expliqué sur CNN.

"Et si pendant toute l'année prochaine la seule chose dont le Congrès parle c'est +Trump Trump Trump et Mueller Mueller Mueller+ et nous ne parlons pas (...) des sujets qui concernent les citoyens ordinaires, j'ai peur que cela ne joue à l'avantage de Trump", a-t-il ajouté.

D'autres candidats démocrates ont esquivé le débat, ou affirmé, comme lui, préférer que la Chambre mène son enquête hors du cadre d'une procédure de destitution.

L'opposition n'a en tout cas pas attendu les conclusions du rapport Mueller pour multiplier les enquêtes parlementaires contre le président républicain.

Le président démocrate de la puissante commission judiciaire de la Chambre, Jerry Nadler, a ainsi annoncé lundi vouloir entendre publiquement Don McGahn, ancien conseiller juridique de la Maison Blanche, "un témoin clé des nombreux cas présumés d'entrave à la justice".

Avec AFP

La chef des démocrates repousse l'idée d'une destitution de Trump

La démocrate Nancy Pelosi donne un discours pour la journée sans femmes à Washington D.C., le 8 mars 2017.

La chef des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a tempéré lundi les espoirs des élus favorables à une procédure de destitution à l'encontre de Donald Trump après les conclusions de l'enquête russe, mettant en garde contre toute action qui pourrait apparaître trop partisane.

Après 22 mois d'enquête, le procureur spécial Robert Mueller a conclu, dans son rapport publié jeudi, qu'il n'y avait pas eu d'entente lors de la présidentielle américaine de 2016 entre l'équipe du républicain et Moscou.

Mais, si M. Trump se proclame depuis totalement exonéré, ces conclusions ne l'ont pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice.

M. Mueller a ainsi montré que Donald Trump avait essayé de torpiller son enquête, en voulant notamment le limoger.

Depuis, le débat agite les démocrates : ces conclusions justifient-elles d'ouvrir une procédure de destitution, appelée en anglais "impeachment", contre le président républicain ? Oui, affirment plusieurs parlementaires de l'aile gauche du parti, dont la sénatrice et candidate à l'élection présidentielle Elizabeth Warren.

Pour débattre de la marche à suivre, Nancy Pelosi devait organiser, à 17H00 (21H00 GMT), une conférence téléphonique avec les élus démocrates de la Chambre des représentants, où ils contrôlent la majorité.

C'est la Chambre qui serait chargée de voter une mise en accusation dans le cadre d'une procédure de destitution, puis il reviendrait au Sénat, à majorité républicaine, de faire le procès de Donald Trump.

Présidente de la Chambre, Mme Pelosi dénonce le comportement "sans scrupules" du président, dans une lettre adressée lundi aux parlementaires démocrates.

"Bien que nos opinions varient entre l'opportunité d'enquêter sur les conclusions du rapport Mueller ou de procéder directement à la destitution, nous sommes tous fermement d'accord sur le fait que nous devions avancer pour découvrir la vérité", précise-t-elle.

"Il est également important de savoir que les faits pouvant servir à obliger le président à rendre des comptes peuvent être obtenus hors des auditions organisées dans le cadre d'une destitution", prend-elle soin de souligner.

Elle conclut que "nous devons montrer aux Américains que nous avançons sans passion ou préjugés, en nous basant strictement sur la présentation des faits".

Les chefs démocrates craignent en effet de brouiller leur message électoral à l'horizon des élections présidentielles et parlementaires de 2020 avec une procédure explosive de destitution qui serait vouée à l'échec avec un Sénat républicain.

Donald Trump lui, en est convaincu : les démocrates n'ont aucune raison pour le destituer.

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