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République du Congo

Les ex-Ninjas toujours en stand-by dans le Pool

Des ex- rebelles Ninjas réclament leur réinsertion socio-économique, 20 juin 2019 à Kinkala, Congo-Brazzaville. (VOA/Arsène Séverin)

Au Congo-Brazzaville, les ex-combattants Ninjas attendent toujours leur réinsertion socio-économique, malgré la signature de l'accord de paix en décembre 2018. Ils sont des centaines à languir dans les villages, faute d'activités lucratives.

Les ex-Ninjas appellent les autorités à accélérer le processus de leur prise en charge.

Désarmés et cheveux rasés, on reconnaît désormais ces ex-combattants Ninjas par des petits groupes qu'ils forment dans les villages, ou par les motos dites "Jakarta" que de rares ex-miliciens fortunés utilisent pour se déplacer. Ils vivent, pour la plupart, dans une grande misère.

Brazzaville: les ex-combattants ninjas attendent toujours leur réinsertion socio-économique
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L'ex-combattant Kongo Bololo s'interroge sur l'effectivité de l'accord de paix signé avec le gouvernement, à Sofico au Congo-Brazzaville, le 4 août 2019. (VOA/Arsène Séverin)
L'ex-combattant Kongo Bololo s'interroge sur l'effectivité de l'accord de paix signé avec le gouvernement, à Sofico au Congo-Brazzaville, le 4 août 2019. (VOA/Arsène Séverin)

"Depuis qu'on est sorti de la guerre, cela fait déjà trois ans, aucune assise. Cela nous fait pitié. Je ne sais pas l'accord qu'on a signé entre le pasteur Ntumi et le gouvernement, si c'est un vrai accord ou un faux. Nous avons remis les armes au gouvernement ou à l'armée, jusqu'aujourd'hui, aucune assistance", se plaint Koko Bololo, un ex-Ninja bien connu dans la zone de Ninzi.

Dieudonné Goma, un autre ex-combattant ajoute : "Depuis la fin des hostilités, nous n'avons rien. Les jeunes manquent d'activités et ne peuvent subvenir aux besoins de première nécessité de leur famille".

Malgré les travaux agricoles dans des champs, l'ex-Ninja Oussama ne s'en sort pas. "Nos familles nous ont abandonnés parce que nous aurions fait du tord au pays. Mais à bien voir, nous avons correctement agi. Pour manger, je fais l'agriculture, mais je ne peux pas avoir une bonne vie seulement en cultivant les champs", indique-t-il.

Les populations qui côtoient ces jeunes constatent la pauvreté des ex-combattants Ninjas, en stand-by depuis trois ans, attendant leur réinsertion socio-économique.

"Ils ont parfois des champs et fabriquent l'huile de palme, mais ils doivent aller dans les villages lointains. Je les vois souvent avec les bidons d'huile sur la tête, avec les enfants, marchant. En tout cas, ils sont en difficulté", reconnaît Carole Diankouika, une habitante de Sofico, à Lombolo.

Assistant aux travaux de réhabilitation d'une piste agricole à Lombolo, le sous-préfet de Mindouli estime que les petits boulots peuvent permettent aux ex-Ninjas de subsister en attendant de pouvoir entreprendre d'autres activités dans l'avenir.

A la suite de l'accord de paix signé en décembre 2018 avec le gouvernement, les ex-miliciens Ninjas ont été démobilisés et désarmés. Aujourd'hui, ils s'impatientent de voir que leur réintégration n'a toujours pas lieu. Ané Philippe Bibi, l'un des porte-paroles du pasteur Ntumi relativise.

"Nous avons dit, à plusieurs reprises, que pour le DDR, nous avons déjà organisé deux aspects les plus importants, à savoir la démobilisation et le désarmement des ex-combattants, à hauteur de 8.007 armes qui ont été ramassées, ce n'est pas rien", a expliqué, poursuivant qu'il ne restait plus que le grand "R", que les autorités doivent rapidement mettre en oeuvre.

Pour leur part, lee gouvernement et ses partenaires continuent de rechercher les 12 milliards de francs CFA nécessaires à la réinsertion des ex-combattants dans le Pool.

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Le Congo en déconfinement progressif à partir de lundi

Jour de marché à Brazzaville en plein confinement, ici au marché Total de Bacongo, le 15 mai 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Le Congo va procéder à partir de lundi à un "déconfinement progressif et par paliers", en maintenant la fermeture des frontières et l'isolement des deux principales villes, Brazzaville et Pointe-Noire, du reste du pays.

Décrétée fin mars face aux premiers cas de coronavirus importés d'Europe, "la fermeture des frontières aériennes, terrestres, fluviales et maritimes" demeure en place, sauf pour le transport des marchandises, a indiqué samedi le Premier ministre Clément Mouamba.

Les bars, restaurants, hôtels restent fermés. Le couvre-feu de 20h à 5h du matin est maintenu "dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire".

Classée en "zone 1", la capitale Brazzaville et la capitale pétrolière Pointe-Noire, qui concentrent 97% des 412 cas officiellement enregistrés au total (dont 15 décès et 110 guéris), sont coupées du reste du pays.

"La reprise du transport aérien des passagers entre Brazzaville et Pointe-Noire est différée à une date ultérieure", a précisé le Premier ministre.

Dans les deux villes, le gouvernement a décidé "la reprise du travail aux heures aménagées par les employeurs, sans enfreindre le couvre-feu, pour les activités non indispensables".

"Pour ce qui concerne le déconfinement dans la zone 2, qui regroupe les départements indemnes d'infection ou très peu infectées, toutes les mesures restrictives sont levées, à l'exception du couvre-feu", ajoute le Premier ministre. Les déplacements vers Brazzaville et Pointe-Noire sont interdits.

Les cours reprendront uniquement pour les classes d'examens (CM2, 3e et terminale). "La reprise des cours pour les autres classes est reportée au mois de septembre 2020". L'université reste fermée.

Le Congo-Brazzaville compte environ cinq millions d'habitants. Ce pays déjà très endetté anticipe une récession de 9% en 2020 et table sur des revenus pétroliers divisés par deux.

Brazzaville amorce son déconfinement dans la confusion, "comme dans une tour de Babel"

Jour de marché à Brazzaville en plein confinement, ici au marché Total de Bacongo, le 15 mai 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Au Congo-Brazzaville, le confinement s'achève officiellement le 16 mai. Dans plusieurs quartiers de la capitale congolaise, les habitants se plaignent de l'insuffisance voire de la cacophonie de l'information sur cette maladie.

La capitale de la République du Congo, Brazzaville, amorce son déconfinement samedi.

Le gouvernement du Premier ministre Clément Mouamba continue d'appeler la population à respecter les mesures barrière et d'autres consignes édictées par les autorités sanitaires. Mais dans les quartiers, la confusion règne.

Élus locaux et citoyens tentent de comprendre les messages contradictoires qui émanent des autorités centrales de la riposte contre la pandémie.

Un incident particulier a retenu l’attention.

"La coordination nationale de la gestion de la pandémie nous publie les chiffres de 341 cas positifs, 90 guéris et 11 décès. Ces chiffres sont bouleversés dans la même soirée par le comité technique qui publie 391 cas confirmés, 87 guéris et 15 décès. Qui croire des deux?", s'interroge Rock, un habitant du quartier Makélékélé.

Sur la connaissance de Covid-19, une partie de la population, particulièrement celle qui habite les quartiers périphériques, dit ne pas avoir assez d'informations.

C’est le cas de Koumou, qui habite au quartier Ngamakosso dans la commune de Talangaï.

"On ne sait plus ce qui se passe et qu'est-ce qui ne va pas. Nous voulons savoir comment se fait la prise en charge des malades de covid-19", indique-t-il, un peu affolé.

Pour sa part, Sorel, un autre Brazzavillois, affirme n'avoir jamais vu passer une équipe de sensibilisation dans son quartier Intendance, à Talangaï.

"J'aurais voulu que la coordination prenne l'initiative d'envoyer les gens avec les mégaphones afin de faire la sensibilisation de proximité. Cette communication ne doit pas seulement se limiter ici et en peu de temps, elle doit être permanente, tant que la maladie est encore là", suggère-t-il.

Même les dirigeants des municipalités déplorent la gestion chaotique de la pandémie à Brazzaville. Certains dénoncent le fait qu'ils aient été mis à l'écart.

"La manière la plus idéale de donner ces chiffres, ce sera peut-être de faire avec les maires. A Ouenze je suis à 25 cas. Dans mon fort intérieur, je dois savoir, d'où viennent les 25, ils sont dans quel secteur", indique Marcel Nganongo, maire de la commune de Ouenze.

Samedi le Premier ministre devrait donner les détails sur son plan qui marque la fin du confinement total dans le pays. Beaucoup risquent de n’y prêter aucune attention, refroidis par le manque de coordination gouvernementale qui a caractérisé la gestion de la crise au Congo.

C’est le cas d’Esther, qui ne mâche pas ses mots: "On a l'impression de vivre dans une tour de Babel. Nous sommes déçus", conclut-elle.

Brazzaville sort du confinement samedi
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Brazzaville sort du confinement samedi

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COVID-19: Plus de 1.000 cas en RDC, hausse significative à Brazzaville

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Les autorités congolaises demandent au FMI une aide d'urgence

Denis Sassou Nguesso lors d'une visite à Paris en France.

Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, a demandé jeudi une aide d'urgence de 300 à 500 millions de dollars au Fonds monétaire international (FMI), qui souhaite de son côté que Brazzaville restructure sa dette auprès de deux négociants pétroliers.

"Au Fonds monétaire, nous demandons une aide qui peut aller vers 300, 400, 500 millions de dollars, pourquoi pas. Nous maintenons le contact avec les autorités du Fonds monétaire", a déclaré le président congolais dans un entretien à la chaîne France 24 et Radio france internationale (RFI).

"Notre Parlement vient d'approuver un collectif budgétaire qui réduit notre budget de moitié", a rappelé M. Sassou Nguesso sur les impacts de la pandémie du coronavirus dans son pays d'environ cinq millions d'habitants.

Le troisième pays pétrolier d'Afrique (310.000 barils/jour) anticipe une division par deux du prix du baril (de 50 à 25 dollars) en raison de la chute mondiale de la demande avec l'arrêt d'une partie de l'activité mondiale.

Le Congo-Brazzaville avait déjà été sévèrement touché par une première chute des cours en 2014, qui avait creusé sa dette.

En juillet dernier, le FMI avait accordé à Brazzaville 448,6 millions de crédit sur trois ans avec un premier décaissement de 44,9 millions de dollars.

Le FMI a gelé une deuxième tranche de crédit en décembre 2019, demandant notamment à Brazzaville de restructurer la partie de sa dette contractée auprès des négociants pétroliers suisses Glencore et Trafgiura, sous la forme d'emprunts gagés sur des remboursements en pétrole.

"Nos négociations avec les traders vont dans la bonne direction. Nous pensons que le FMI tient compte de tous ces éléments là et approuvera la demande d'aide d'urgence que nous avons formulée", a estimé le président congolais qui cumule 35 ans de pouvoir.

"Nous avons confiance, nous pensons que nous allons conclure avec Trafigura et Glencore", a-t-il insisté.

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