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Côte d'Ivoire

Les deux grands partis d'opposition présenteront des candidats à la présidentielle

Henri Konan Bédié, à droite, et le secrétaire exécutif du parti, Maurice Kacou Guikahue (à gauche), ex-président et président du parti démocrate ivoirien (Côte d'Ivoire), lors d'une réunion du bureau politique sur la proposition de la coalition RHDP Rasse

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ancien président Henri Konan Bédié et le Front populaire ivoirien (FPI) de l'ancien président Laurent Gbagbo présenteront des candidats à la présidentielle d'octobre 2020, ont-ils assuré lors d'une conférence de presse commune jeudi.

"Oui, le FPI aura un candidat en 2020. Les élections auront lieu et M. (Alassane) Ouattara quittera le pouvoir. Nous nous mobilisons pour ça", a déclaré Assoa Adou, secrétaire général du FPI, sans toutefois évoquer directement la situation de Laurent Gbagbo, en liberté conditionnelle en Belgique dans l'attente de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) sur un éventuel procès en appel.

Le retour de M. Gbagbo en Côte d'Ivoire est une des grandes inconnues de la politique ivoirienne. Acquitté en première instance par la CPI, M. Gbagbo doit attendre que la Cour statue sur l'appel du parquet qui a contesté l'acquittement.

Depuis 2011, le FPI s'est scindé en deux factions : d'un côté les "historiques" comme M. Adou, qui ont boycotté les scrutins en l'absence de M. Gbagbo, de l'autre des "rénovateurs" représentés par l'ancien Premier ministre Pascal Affi Nguessan, qui participent à la vie politique.

De son côté, le secrétaire exécutif du PDCI, Maurice Kakou Guikahué, a confirmé que son parti ne boycotterait pas le scrutin même si l'opposition n'obtient pas la réforme qu'elle désire de la Commission électorale indépendante (CEI).

"On va participer aux élections. Nous luttons pour que la CEI change - et ça va changer - mais si d'aventure ça ne changeait pas, nous allons partir aux élections" a-t-il précisé.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts, la présidentielle d'octobre 2020 s'annonce tendue en Côte d'Ivoire. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Le président Ouattara, 77 ans, entretient depuis plusieurs mois le mystère sur une éventuelle candidature, réservant sa décision pour 2020. Il a récemment affirmé qu'il serait candidat si ses rivaux historiques Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié se présentaient.

Bien que terminant son deuxième mandat, le président Ouattara estime avoir le droit de se représenter, en raison d'un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l'opposition.

La date butoir pour le dépôt des candidatures à la présidentielle a été fixée à juillet 2020.

Agé de 85 ans, l'ancien président Henri Konan Bédié (1993-1999) entretient lui aussi le doute sur sa candidature.

De son côté, Emmanuel Altit, l'avocat de l'ex-président Gbagbo, 74 ans, a demandé une libération sans condition de son client, émettant "l'hypothèse" qu'il puisse "poser sa propre candidature".

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Soro porte plainte à Paris contre le procureur ivoirien

L'ex-président de l'Assemblée National Guillaume Soro

L'ancien chef de la rébellion ivoirienne et ex-Premier ministre Guillaume Soro, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt sous l'accusation d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire", a déposé plainte à Paris contre le procureur d'Abidjan, ont fait savoir jeudi ses avocats.

"Les avocats de M. Guillaume Soro (...) ont déposé, une plainte auprès du Procureur de la République de Paris (...) pour des faits de captation illicite de la vie privée, diffusion illégale, de montage illicite et de tentative d'escroquerie au jugement", selon son cabinet de communication qui a également transmis le certificat de plainte déposée mercredi.

Ancien Premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, M. Soro, qui a annoncé sa candidature à la présidentielle d'octobre 2020, avait tenté le 23 décembre de revenir en Côte d'Ivoire, après six mois à l'étranger. Mais, après avoir appris qu'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt, Soro était reparti en avion vers l'Europe. Plusieurs de ses proches dont des députés ont été ensuite arrêtés.

"Cette plainte fait suite à la diffusion d'un enregistrement par le procureur de la République, Richard Adou, lors d'une conférence de presse au tribunal de première instance d'Abidjan, le 26 décembre et qui a motivé par ce dernier l'émission d'un mandat d'arrêt international contre M. Guillaume Soro", dit le communiqué.

Selon le certificat daté du 22 janvier, M. Soro a porté plainte "contre X" et contre le procureur Richard Adou mais aussi contre trois autres personnes qu'il soupçonne d'avoir participé à l'enregistrement de ses conversations.

Longtemps allié au président Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

Abidjan détaille les chefs d’accusations contre Guillaume Soro
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M. Soro, figure de la vie politique ivoirienne et populaire parmi la jeunesse, ambitionnait de bousculer l'échiquier politique ivoirien pour la présidentielle de 2020.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait 3.000 morts, le scrutin s'annonce tendu. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés

Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés
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Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés

Le parlement ivoirien à Abidjan, le 9 janvier 2017.

L'Assemblée nationale ivoirienne, où le pouvoir dispose d'une majorité absolue, a annoncé mardi avoir voté la levée de l'immunité parlementaire de cinq députés pro-Soro arrêtés après le retour avorté le 23 décembre de l'ex-chef rebelle Guillaume Soro, dont l'immunité a également été levée.

"L'immunité parlementaire des députés est levée suite à un vote au scrutin secret des membres du bureau de l'Assemblée nationale", selon le texte daté de lundi.

La levée d'immunité de Loukimane Camara, Kando Soumahoro, Alain Lobognon, Mamadou Soro, Soumaila Yao ainsi que de Guillaume Soro, a été votée après "une requête du groupe RHDP" (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), coalition soutenant le président Alassane Ouattara, précise le communiqué.

La justice ivoirienne accuse l'ex-Premier ministre et ex-président de l'Assemblée nationale d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire" pour s'emparer du pouvoir. M. Soro avait appris le 23 décembre qu'un mandat d'arrêt avait été lancé à son encontre alors qu'il était dans un vol le ramenant en Côte d'Ivoire après six mois d'absence à l'étranger. Il avait alors fait demi-tour tandis que les forces de l'ordre avaient arrêté certains de ses proches dont les cinq députés.

"C'est une situation totalement ubuesque. On baigne dans le non-droit, dans les vices de procédure. Un groupe parlementaire ne peut pas demander la levée de l'immunité de députés et encore plus le bureau de l'Asssemblée ne peut pas statuer sur la levée de l'immunité", a réagi Louis Ouattara, un proche de M. Soro.

Longtemps allié d'Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

Jusqu'à cette affaire, M. Soro était considéré comme un challenger sérieux pour la présidentielle par les analystes politiques, qui le disent populaire, notamment auprès de la jeunesse.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui fait 3.000 morts, la prochaine présidentielle s'annonce tendue. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

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