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Côte d'Ivoire

Le principal parti d'opposition refuse de siéger à la nouvelle commission électorale

L'ancien président ivoirien, Henri Konan Bédié, président du PDCI, lors d'un rassemblement au stade Félix Houphouët-Boigny, à Abidjan, le 22 octobre 2016.

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), principal mouvement d'opposition, a annoncé jeudi qu'il refusait de siéger à la nouvelle Commission Electorale Indépendante (CEI) censée organiser la présidentielle de 2020.

L'autre grand parti d'opposition, le Front populaire ivoirien (FPI) avait fait de même lundi, et un important groupe d'organisations de la société civile, le GPATE, avait lui aussi fait connaître mercredi son refus d'y siéger.

Le PDCI refuse de siéger à la nouvelle Commission Electorale Indépendante
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Le PDCI, associé à quatre petits partis d'opposition "décide de n'envoyer aucun représentant pour siéger au sein de la Commission Electorale Indépendante", selon un communiqué signé du numéro deux du parti Maurice Kakou Guikahué.

Le PDCI estime "non consensuelle et décriée par tous" la loi électorale adopté par l'Assemblée nationale le 30 juillet, instituant la nouvelle CEI.

Le PDCI et les partis associés au communiqué "réitèrent leur disponibilité pour des discussions inclusives, afin d'aboutir à un organe électoral impartial et crédible, pour des élections justes et véritablement démocratiques", selon le communiqué.

A la suite d'un arrêt en 2016 de la Cour africaine des droits de l'homme jugeant l'ancienne CEI ivoirienne "déséquilibrée" et non-indépendante, le gouvernement ivoirien a lancé un processus de réforme au début de l'année.

La nouvelle CEI doit comprendre 15 membres, contre 17 auparavant : un représentant du président de la République, un du ministre de l'Intérieur, six de la société civile, six des partis politiques - équitablement répartis entre le pouvoir et l'opposition -, et un représentant du Conseil supérieur de la magistrature.

La société civile et l'opposition militent pour une "CEI équilibrée" de 15 représentants équitablement repartis : cinq pour l'opposition, cinq pour la mouvance présidentielle et cinq pour la société civile.

La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de l'élection présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne, qui s'était soldée par plus de 3.000 morts après le refus du président Laurent Gbagbo d'admettre sa défaite face à l'actuel chef d'Etat, Alassane Ouattara.

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Le mandat d'arrêt de la CPI contre Simone Gbagbo a été levé

Le mandat d'arrêt de la CPI contre Simone Gbagbo a été levé
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La CPI annule le mandat d'arrêt contre Simone Gbagbo

L'ancienne première dame de Côte d'Ivoire Simone Gbagbo dans un tribunal à Abidjan, le 31 mai 2016.

Simone Gbabgo n'est plus poursuivie par la justice internationale: le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale contre l'ex-Première dame ivoirienne, accusée de crimes contre l'humanité lors de la crise de 2010-2011 a été levé.

"La Chambre considère qu'il est approprié de décider que le mandat d'arrêt contre Simone Gbagbo cesse d'être effectif", écrit la CPI, répondant à une demande du procureur, dans une décision de 7 pages, datée du 19 juillet et rendue publique jeudi soir.

"Bonne nouvelle pour Mme Simone Gbagbo (...), elle pourra désormais librement voyager à travers le monde entier", a réagi son avocat Ange Rodrigue Dadjé, dans une déclaration transmise à l'AFP.

"Cette levée du mandat vient boucler définitivement les poursuites dont faisaient l'objet les Gbagbo devant la CPI", a-t-il ajouté.

Simone Gbagbo était réclamée depuis 2012 par la CPI pour quatre chefs de crimes contre l'humanité, à savoir meurtre, viol, autres actes inhumains et persécution, commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011.

Cette crise, née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de 2010 face à Alassane Ouattara, avait fait plus de 3.000 morts.

En mars dernier, la CPI avait définitivement acquitté Laurent Gbagbo, également poursuivi pour crimes contre l'humanité et il avait pu faire son retour en Côte d'Ivoire le 17 juin, après dix ans d'absence.

Contrairement à son époux, Simone Gbagbo n'avait jamais été livrée à la CPI. Abidjan a toujours estimé être en mesure de la poursuivre pour les mêmes crimes que ceux lui étant reprochés par la Cour.

Elle avait été condamnée en mars 2015 à 20 ans de prison à Abidjan pour atteinte à la sûreté de l'Etat.

Insuffisant aux yeux de la justice internationale qui estimait que la Côte d'Ivoire "ne prenait pas de mesures tangibles" pour juger Mme Gbagbo pour les mêmes crimes que ceux allégués par la CPI.

Elle avait finalement été libérée le 8 août 2018, après sept ans de détention, à la suite d'une amnistie décrétée par le président Alassane Ouattara afin de favoriser la réconciliation nationale.

Divorce

Une réconciliation qui se poursuit depuis le retour de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire.

Mardi, il a été reçu à la présidence par son ancien rival Alassane Ouattara, pour la première fois depuis plus de dix ans.

La rencontre s'est déroulée dans une atmosphère chaleureuse: les deux hommes se sont donné l'accolade, tenu la main et échangé plusieurs éclats de rire.

"Cette crise a créé des divergences mais cela est derrière nous", a notamment affirmé M. Ouattara.

Mais si la réconciliation nationale avance en Côte d'Ivoire, la rupture est désormais consommée au sein du couple Gbagbo.

A peine rentré en Côte d'Ivoire, l'ancien président a demandé le divorce d'avec son épouse en raison de son "refus réitéré depuis des années de consentir à une séparation à l'amiable".

Le couple est marié depuis 1989 et a deux filles ensemble.

Laurent Gbagbo a effectué son retour en Côte d'Ivoire avec Nady Bamba, une ex-journaliste de 47 ans, sa compagne depuis le début des années 2000 à laquelle il est uni par un mariage coutumier.

Reste à savoir si Simone Gbabgo, 72 ans, va désormais décider d'embrasser une carrière politique seule, après avoir formé un redoutable tandem avec l'ancien président au pouvoir de 2000 à 2011.

Rencontre Gbagbo-Ouattara: les prisonniers politiques au menu des échanges

Rencontre Gbagbo-Ouattara: les prisonniers politiques au menu des échanges
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Conférence de presse conjointe d'Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo

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Accolade historique à Abidjan entre les anciens rivaux Gbagbo et Ouattara

Le président de la Côte d'Ivoire Alassane Ouattara (au centre) pose avec l'ancien président Laurent Gbagbo (à gauche) au palais présidentiel d'Abidjan, le 27 juillet 2021.

Une accolade et des sourires:le président ivoirien Alassane Ouattara a reçu son prédécesseur Laurent Gbagbo mardi dans une atmosphère de réconciliation, pour leur première rencontre depuis leur duel à l'élection de 2010 qui avait débouché sur une crise meurtrière.

"Comment tu vas Laurent? Content de te voir", a lancé M. Ouattara à M. Gbagbo en l'accueillant sur le perron du palais présidentiel à Abidjan où les deux hommes se sont donné l'accolade et ont avancé main dans la main.

Ils doivent tous deux s'exprimer devant la presse, après un entretien en tête à tête d'une trentaine de minutes.

Après un premier contact téléphonique au début du mois, cette rencontre doit constituer un geste de plus vers l'apaisement de la vie politique ivoirienne, dans la continuité du retour de M. Gbagbo le 17 juin.

"Le simple fait de voir Ouattara et Gbagbo ensemble est perçu comme un acte d'apaisement et un image forte offerte aux Ivoiriens dans leur quête de paix et de réconciliation nationale", notait mardi le journal d'opposition Notre Voie.

"Rendez-vous de l'espoir?" s'interrogeait le quotidien pro-gouvernement Fraternité Matin qui espère que la rencontre "ouvrira de nouvelles perspectives pour une paix durable".

Leur dernier tête-à-tête remonte au 25 novembre 2010, date à laquelle ils s'étaient affrontés dans un débat télévisé quelques jours avant le second tour de la présidentielle.

Cette élection avait débouché sur une grave crise faisant 3.000 morts, née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite.

Ce dernier avait ensuite été arrêté et poursuivi devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité.

- "Décrisper l'atmosphère" -

Mais depuis le retour, grâce au feu vert du président Ouattara, de son ancien rival, définitivement acquitté par la justice internationale, le mot réconciliation est sur toutes les lèvres.

"Laurent Gbagbo est dans un esprit d'ouverture, de dialogue et de réconciliation", assure à l'AFP Franck Anderson Kouassi, porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), son parti.

"C'est une visite de courtoisie à son aîné (...) si cela peut permettre de décrisper l'atmosphère politique, tant mieux", a commenté de son côté Justin Katinan Koné, porte-parole de M. Gbagbo, 76 ans.

"Il n'y a jamais eu d'interruption du dialogue dans notre pays et il se poursuivra parce que telle est la volonté du gouvernement", a relevé le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly.

Le gouvernement avait également laissé entendre qu'il ne ferait pas appliquer la condamnation de M. Gbagbo à vingt ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pendant les événements de 2010-2011.

Une perspective qui ne plait pas à tout le monde, à l'image d'Issiaka Diaby, président du Collectif des victimes de Côte d'Ivoire.

"Nous sommes ici pour dénoncer l'exécution sélective des décisions de justice en Côte d'Ivoire. Nous estimons que la réconciliation ne peut pas se résumer à la rencontre de deux citoyens, il faut la vérité, la justice", a-t-il déclaré mardi à l'occasion d'un hommage aux victimes de la crise, au cimetière de Williamsville, un quartier d'Abidjan.

L'apaisement entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo n'a rien d'évident, tant l'histoire entre les deux hommes reste intimement marquée par les violences post-électorales de 2010-2011.

"Les deux protagonistes de la crise vont se rencontrer, ce n'est pas totalement anodin! La rencontre ne va pas effacer les divergences abyssales entre eux, mais c'est une évolution de cette relation", souligne l'analyste politique Rodrigue Koné à l'AFP.

Difficile en tout cas d'imaginer M. Gbagbo rester discret dans le jeu politique ivoirien. Depuis son retour, il s'est déjà affirmé comme un opposant politique de premier plan à Alassane Ouattara, 79 ans.

Très vite, il était allé rencontrer Henri Konan Bédié, un autre ancien président, désormais poids lourd de l'opposition et n'avait pas manqué d'égratigner M. Ouattara.

Il l'avait notamment appelé à "respecter les textes", en référence à sa réélection en 2020 pour un troisième mandat controversé, au cours d'une présidentielle boycottée par l'opposition qui jugeait ce nouveau mandat inconstitutionnel.

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