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Côte d'Ivoire

Le FPI refuse de participer à la nouvelle commission électorale

Le président du Front populaire ivoirien (Front populaire ivoirien - FPI), Pascal Affi N'Guessan, lors du congrès du parti, le 27 juillet 2018.

Le Front populaire ivoirien (FPI, opposition) a annoncé lundi son refus de siéger au sein de la nouvelle Commission électorale en Côte d'Ivoire, censée organiser la présidentielle de 2020, estimant qu'elle n'offre pas "de garantie d'impartialité".

"Nous avons été sollicité par le gouvernement pour désigner un représentant à la Commission électorale indépendante (CEI), nous avons répondu que nous ne nous sentons pas concernés", a affirmé à l'AFP Pascal Affi N'Guessan, président d'une faction du FPI.

"Nous avons refusé d'envoyer un représentant parce que cette loi ne correspond ni à l’esprit, ni à la lettre de la réforme telle que sollicitée", a poursuivi M. Affi qui dirige le camp opposé aux membres restés fidèles à l'ancien président Laurent Gbagbo, fondateur du parti et récemment acquitté par la Cour pénale internationale (CPI).

La faction d'Affi N'Guessan est actuellement la seule reconnue par les autorités pour représenter le FPI à la CEI.

Selon la loi adoptée le 30 juillet par l'Assemblée nationale, la CEI doit comprendre 15 membres, contre 17 auparavant: un représentant du président de la République, un du ministre de l'Intérieur, six de la société civile, six des partis politiques - équitablement répartis entre le pouvoir et l'opposition, et un représentant du Conseil supérieur de la magistrature.

La société civile et l'opposition militent pour une "CEI équilibrée" qui équivaudrait à 15 représentants équitablement repartis: cinq pour l'opposition, cinq la mouvance présidentielle et cinq pour la société civile.

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La Cour africaine des droits de l'Homme avait rendu en 2016 un arrêt jugeant l'ancienne CEI déséquilibrée et enjoignant le gouvernement ivoirien d'en changer la composition.

La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de la présidentielle de 2020, qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne, qui s'était soldée par plus de 3.000 morts après le refus du président Laurent Gbagbo d'admettre sa défaite face à l'actuel chef d'Etat, Alassane Ouattara.

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La télémédecine révolutionne la prise en charge des malades du coeur

Utilisation d'une tablette tactile dans le service pionnier de télémédecine dédié aux maladies cardiaques de l'hôpital de Bouaké, en Côte d'Ivoire le 20 juin 2019.

"Un ouf de soulagement !" pour les malades du coeur en Côte d'Ivoire : le développement de la télémédecine, qui permet d'effectuer à distance des diagnostics et de prescrire des traitements, change la donne en simplifiant la prise en charge des patients.

"Entre le transport, la nourriture et l'hébergement", qui s'ajoutent au coût de la consultation (3 à 5.000 francs CFA, soit 4,50 à 7,50 euros), venir régulièrement à l'hôpital pour faire soigner son fils cardiaque de 19 ans occasionne des frais élevés pour Catherine Coulibaly, alors que la famille n'a que des revenus modestes.

La vie de plusieurs milliers de patients comme la famille Coulibaly a changé avec la mise en place d'un service pionnier de télémédecine au Centre hospitalier universitaire de Bouaké, en train de s'étendre à tout le nord de la Côte d'Ivoire.

La télémédecine, "c'est un ouf de soulagement pour la population de Bouaké, de Boundiali, de Korhogo, de tout le monde", témoigne Auguste Dosso, président de l'association "P'tit coeur", qui aide les familles des petits cardiaques.

A l'origine du projet, le docteur Florent Diby, cardiologue au CHU de Bouaké, a créé une ONG, "Wake Up Africa", pour promouvoir dans son pays la technologie de la télémédecine, déjà largement utilisée dans le monde mais très peu en Afrique de l'Ouest.

Améliorer les soins aux patients cardiaques est en effet devenu une question de santé publique dans cette région.

- Explosion des maladies cardiovasculaires -

"On observe dans notre pratique quotidienne une émergence des maladies cardiovasculaires. On pense que c'est dû aux changements de mode de vie: l'urbanisation qui rend la population plus sédentaire, la hausse de la consommation de tabac, les changements dans l'alimentation, le stress... Il y a une explosion des maladies comme l'hypertension ou le diabète", autrefois des maladies de pays riches, explique le Dr Diby.

"Un quart de la population ivoirienne est aujourd'hui touchée par l'hypertension, contre seulement 13% dans les années 1980", précise-t-il. Soit un taux comparable à la France. Mais seulement moins de la moitié des malades ivoiriens sont traités, faute d'infrastructure de soins suffisantes.

"90% des infarctus peuvent être diagnostiqués par la télémédecine. Pour nous cardiologues, c'est une technologie révolutionnaire", se félicite le Dr Diby.

Les unités de cardiologie bien équipées sont rares en Côte d'Ivoire (Abidjan, Yamoussoukro et Bouaké), d'où l'idée de miser sur la médecine à distance.

En pratique, ni le médecin ni le patient ne se déplacent plus. Le patient cardiaque réalise un examen, comme un électrocardiogramme, avec l'aide d'un technicien dans un centre de santé local, relié par ordinateur au service de cardiologie du CHU de Bouaké. Le cardiologue du CHU peut voir les résultats en temps réel, les interpréter, délivrer un diagnostic et prescrire un traitement.

Lancé il y a cinq ans, le projet mené par Wake Up Africa a déjà permis de relier dix centres de santé. Il entre désormais dans une nouvelle phase, avec l'objectif de relier un pool de sept cardiologues de Bouaké à 20 centres de santé et donc de couvrir une large partie du nord et de l'ouest de la Côte d'Ivoire.

- 'Un projet stratégique' -

Le service de cardiologie du CHU de Bouaké a soigné l'an dernier 4.800 patients dans ses locaux, et autant grâce au réseau de télémédecine. Avec l'extension du réseau, ce sont 14.000 patients de plus par an qui pourront être pris en charge, se réjouit le Dr Diby.

"La télémédecine permet de résoudre le problème des déserts médicaux et du manque d'expertise médicale" dans le pays. Elle offre donc "un meilleur accès au soins pour les patients", particulièrement pour les familles qui devaient engager des frais importants pour venir à l'hôpital, explique le Dr Diby.

Quelque 45% de la population ivoirienne vit sous le seuil de pauvreté, selon la dernière estimation de la Banque mondiale, en 2017. Et le salaire minimum mensuel - pas toujours respecté - ne se monte qu'à 60.000 FCFA (90 euros), dans ce pays où il n'existe pas d'assurance maladie publique.

Expertise France, l'agence française de coopération technique internationale, subventionne l'extension du réseau de télécardiologie à hauteur de 185.000 euros pour payer le matériel informatique nécessaire (ordinateurs, tablettes, logiciels d'intelligence artificielle, connexion internet).

"C'est un projet stratégique. Dans cette région, la télémédecine est une solution d'avenir", estime l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire Gilles Huberson.

Au CHU de Bouaké, le service de cardiologie, devenu trop exigu, va se développer grâce à la création d'un Institut de cardiologie de 12.000 m2, qui devrait ouvrir ses portes d'ici deux à trois ans.

Le Dr Diby prône maintenant une extension de la télémédecine à d'autres spécialités médicales : neurologie, ORL, néphrologie, psychiatrie... non seulement en Côte d'Ivoire mais dans toute l'Afrique de l'Ouest.

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