Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Côte d'Ivoire

Rencontre entre Gbagbo et Bédié à Bruxelles

L'ancien chef de l'armée Philippe Mangou, à droite de Laurent Gbagbo, à Abidjan, le 7 août 2009.

La première rencontre depuis 10 ans entre les deux anciens ennemis les ex-présidents ivoiriens Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, lundi à Bruxelles, annonce sans doute la création d'un front contre le camp de l'actuel président Alassane Ouattara pour la présidentielle de 2020.

Bédié (1993-1999, 85 ans) et Laurent Gbagbo (2000-2011, 74 ans), qui attend en Belgique une décision de la Cour pénale internationale, se sont rencontrés lundi à Bruxelles pour la première fois depuis 2010 et la crise post-électorale qui avait fait plus de 3.000 morts après le refus de Gbagbo d'admettre sa défaite face à Ouattara.

Ironie: Bédié avait apporté son soutien à l'actuel président Alassane Ouattara contre Gbagbo au deuxième tour de la présidentielle de 2010. Il a été un allié du président Ouattara, son parti, le PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire), participant activement à la coalition au pouvoir jusqu'en 2018. Cette coalition a explosé parce que le président Bédié estimait que la coalition devait soutenir un candidat du PDCI en 2020.

"Cette rencontre augure probablement d'une alliance électorale. Il y a des zones de désaccord forcément mais on tait ces zones pour s'unir contre Ouattara. C'est du +Tout sauf Ouattara+ ou son successeur", estime le consultant Yves Ouya. "Historiquement, deux partis ont besoin de s'allier contre le troisième pour gagner".

"Le +Tout sauf Ouattara+ est une évidence pour les gens du FPI (Front populaire ivoirien, le parti de Gbagbo) depuis 2010. Pour le PDCI, ils s'estiment floués et veulent désormais être au pouvoir sans le parti de Ouattara", explique-t-il.

"Cette rencontre a un fort écho car les gens sont inquiets qu'il y ait un remake de 2010", souligne M. Ouya. "Là on se retrouve 10 ans après avec les mêmes, avec juste un glissement d'un parti vers l'autre. C'est un échec de génération".

Lors de leur entretien, Henri Konan Bédié "s'est particulièrement réjoui de l'acquittement du président Laurent Gbagbo et lui a vivement souhaité un retour rapide en Côte d'Ivoire", selon un communiqué commun signé de leurs deux partis.

Acquitté par la Cour pénale internationale, M. Gbagbo, qui était poursuivi pour crimes contre l'humanité, est actuellement en liberté conditionnelle à Bruxelles en attendant un éventuel procès en appel.

- Réforme de la commission électorale -

Les deux anciens chefs d'Etat ont demandé "la libération de tous les prisonniers politiques, civils et militaires, et le retour en sécurité de tous les exilés".

"Dans le cadre de l'organisation d'élections justes, transparentes et équitables en 2020", les deux hommes "ont appelé le gouvernement à procéder à une réforme profonde de la Commission électorale indépendante (CEI) afin qu'elle puisse contribuer significativement à la consolidation de la paix sociale en Côte d'Ivoire".

L'actuelle réforme de la CEI, qui doit être entérinée dans les prochains jours par l'Assemblée nationale, est décriée par l'opposition qui juge qu'elle ne présente pas les garanties d'indépendance suffisantes.

La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne.

Pour Jean Alabro, politologue, cette alliance, "même si elle ne donne pas lieu à un pacte électoral", montre que les opposants "ne veulent pas forcément une belle mariée mais le départ de Ouattara. Ca envoie un signal à tous ceux qui veulent son départ. C'est une dynamique qui se met en marche pour faire partir Ouattara ou son successeur".

Du côté du pouvoir ou de la coalition Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), aucune réaction n'était disponible dans l'immédiat.

Toutes les actualités

Rencontre Gbagbo-Ouattara: les prisonniers politiques au menu des échanges

Rencontre Gbagbo-Ouattara: les prisonniers politiques au menu des échanges
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:30 0:00

Conférence de presse conjointe d'Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo

Conférence de presse conjointe d'Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:58 0:00

Accolade historique à Abidjan entre les anciens rivaux Gbagbo et Ouattara

Le président de la Côte d'Ivoire Alassane Ouattara (au centre) pose avec l'ancien président Laurent Gbagbo (à gauche) au palais présidentiel d'Abidjan, le 27 juillet 2021.

Une accolade et des sourires:le président ivoirien Alassane Ouattara a reçu son prédécesseur Laurent Gbagbo mardi dans une atmosphère de réconciliation, pour leur première rencontre depuis leur duel à l'élection de 2010 qui avait débouché sur une crise meurtrière.

"Comment tu vas Laurent? Content de te voir", a lancé M. Ouattara à M. Gbagbo en l'accueillant sur le perron du palais présidentiel à Abidjan où les deux hommes se sont donné l'accolade et ont avancé main dans la main.

Ils doivent tous deux s'exprimer devant la presse, après un entretien en tête à tête d'une trentaine de minutes.

Après un premier contact téléphonique au début du mois, cette rencontre doit constituer un geste de plus vers l'apaisement de la vie politique ivoirienne, dans la continuité du retour de M. Gbagbo le 17 juin.

"Le simple fait de voir Ouattara et Gbagbo ensemble est perçu comme un acte d'apaisement et un image forte offerte aux Ivoiriens dans leur quête de paix et de réconciliation nationale", notait mardi le journal d'opposition Notre Voie.

"Rendez-vous de l'espoir?" s'interrogeait le quotidien pro-gouvernement Fraternité Matin qui espère que la rencontre "ouvrira de nouvelles perspectives pour une paix durable".

Leur dernier tête-à-tête remonte au 25 novembre 2010, date à laquelle ils s'étaient affrontés dans un débat télévisé quelques jours avant le second tour de la présidentielle.

Cette élection avait débouché sur une grave crise faisant 3.000 morts, née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite.

Ce dernier avait ensuite été arrêté et poursuivi devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité.

- "Décrisper l'atmosphère" -

Mais depuis le retour, grâce au feu vert du président Ouattara, de son ancien rival, définitivement acquitté par la justice internationale, le mot réconciliation est sur toutes les lèvres.

"Laurent Gbagbo est dans un esprit d'ouverture, de dialogue et de réconciliation", assure à l'AFP Franck Anderson Kouassi, porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), son parti.

"C'est une visite de courtoisie à son aîné (...) si cela peut permettre de décrisper l'atmosphère politique, tant mieux", a commenté de son côté Justin Katinan Koné, porte-parole de M. Gbagbo, 76 ans.

"Il n'y a jamais eu d'interruption du dialogue dans notre pays et il se poursuivra parce que telle est la volonté du gouvernement", a relevé le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly.

Le gouvernement avait également laissé entendre qu'il ne ferait pas appliquer la condamnation de M. Gbagbo à vingt ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pendant les événements de 2010-2011.

Une perspective qui ne plait pas à tout le monde, à l'image d'Issiaka Diaby, président du Collectif des victimes de Côte d'Ivoire.

"Nous sommes ici pour dénoncer l'exécution sélective des décisions de justice en Côte d'Ivoire. Nous estimons que la réconciliation ne peut pas se résumer à la rencontre de deux citoyens, il faut la vérité, la justice", a-t-il déclaré mardi à l'occasion d'un hommage aux victimes de la crise, au cimetière de Williamsville, un quartier d'Abidjan.

L'apaisement entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo n'a rien d'évident, tant l'histoire entre les deux hommes reste intimement marquée par les violences post-électorales de 2010-2011.

"Les deux protagonistes de la crise vont se rencontrer, ce n'est pas totalement anodin! La rencontre ne va pas effacer les divergences abyssales entre eux, mais c'est une évolution de cette relation", souligne l'analyste politique Rodrigue Koné à l'AFP.

Difficile en tout cas d'imaginer M. Gbagbo rester discret dans le jeu politique ivoirien. Depuis son retour, il s'est déjà affirmé comme un opposant politique de premier plan à Alassane Ouattara, 79 ans.

Très vite, il était allé rencontrer Henri Konan Bédié, un autre ancien président, désormais poids lourd de l'opposition et n'avait pas manqué d'égratigner M. Ouattara.

Il l'avait notamment appelé à "respecter les textes", en référence à sa réélection en 2020 pour un troisième mandat controversé, au cours d'une présidentielle boycottée par l'opposition qui jugeait ce nouveau mandat inconstitutionnel.

Les Ivoiriens dans l'attente d'une poignée de main Gbagbo-Ouattara

Des Ivoiriens regardent un débat présidentiel télévisé entre le président Laurent Gabgbo et son adversaire Alassane Ouattara, le 25 novembre 2010 à Abidjan.

Leur dernière poignée de mains remonte à plus de dix ans: c'était le 25 novembre 2010 à Abidjan, lors de leur débat diffusé en direct sur la RTI, chaîne nationale. Ce mardi, la Côte d'Ivoire dans son ensemble attend de voir si, au nom de la réconciliation nationale prônée par leurs deux camps, les deux hommes parviendront à se serrer à nouveau la main.

En effet, le président ivoirien Alassane Ouattara et son prédécesseur Laurent Gbagbo doivent se rencontrer mardi, une première depuis leur duel qui avait débouché sur une violente crise.

Après un premier contact téléphonique au début du mois de juillet, ce face-à-face prévu au palais présidentiel à Abidjan devrait constituer un geste de plus vers l'apaisement de la vie politique en Côte d'Ivoire, dans la continuité du retour de M. Gbagbo dans le pays le 17 juin.

"Laurent Gbagbo est dans un esprit d'ouverture, de dialogue et de réconciliation", assure à l'AFP Franck Anderson Kouassi, porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de M. Gbagbo.

"Il ne peut pas exclure quelle que rencontre que ce soit avec un acteur majeur de la politique, cela va dans la droite ligne de notre disposition d'esprit que de rencontrer le président Ouattara", 79 ans, ajoute-t-il.

"C'est une visite de courtoisie à son aîné (...) si cela peut permettre de décrisper l'atmosphère politique, tant mieux", a commenté de son côté Justin Katinan Koné, porte-parole de M. Gbagbo, 76 ans, appelant toutefois "à ne pas donner plus de relief à cette rencontre qu'elle n'en a".

"Il n'y a jamais eu d'interruption du dialogue dans notre pays et il se poursuivra parce que telle est la volonté du gouvernement", a estimé le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly.

Depuis le retour de Laurent Gbagbo, acquitté par la justice internationale de crimes contre l'humanité, le mot réconciliation est sur toutes les lèvres.

Elle n'est pourtant pas évidente, tant l'histoire entre les deux hommes reste intimement marquée par les violences post-électorales de 2010-2011.

"Pas anodin"

Cette crise, née de la contestation des résultats de la présidentielle, a fait plus de 3.000 morts. Au final, Alassane Ouattara avait prêté serment et M. Gbagbo, au pouvoir depuis 2010, s'était retrouvé à la Cour pénale internationale (CPI).

Définitivement acquitté par la CPI, Laurent Gbagbo a pu rentrer en Côte d'Ivoire grâce au feu vert de son ancien rival, toujours au nom de la "réconciliation nationale".

Le parti de Ouattara dénonce une "alliance de dupes" entre Gbagbo et Bédié
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:55 0:00


Le gouvernement avait également laissé entendre qu'il ne ferait pas appliquer la condamnation de M. Gbagbo à vingt ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pendant les événements de 2010-2011.

"Les deux protagonistes de la crise vont se rencontrer, ce n'est pas totalement anodin! La rencontre ne va pas effacer les divergences abyssales entre eux, mais c'est une évolution de cette relation: le face-à-face est une reprise de parole en direct", souligne l'analyste politique Rodrigue Koné à l'AFP.

Selon lui, le camp du président en exercice "interprète cette rencontre comme une reconnaissance de la légitimité et de la légalité d'Alassane Ouattara par Laurent Gbabgo. De façon aussi visible et officielle cela n'avait pas encore été acté. C'est symboliquement très important".

Difficile cependant d'imaginer Laurent Gbagbo rester discret dans le jeu politique ivoirien. Depuis son retour, il s'est déjà affirmé comme un opposant politique de premier plan à Alassane Ouattara.

Très vite, il était allé rencontrer Henri Konan Bédié, un autre ancien président, désormais poids lourd de l'opposition et il n'avait pas manqué d'égratigner M. Ouattara.

Il l'avait notamment appelé à "respecter les textes", en référence à sa réélection en 2020 pour un troisième mandat controversé, au cours d'une présidentielle boycottée par l'opposition qui jugeait ce nouveau mandat inconstitutionnel.

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, chantres de la réconciliation
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:15 0:00

Tabaski: après la fête, les prix du mouton chutent

Tabaski: après la fête, les prix du mouton chutent
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:18 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG