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Les auditions sur l’affaire Trump vues par les Camerounais


Sismondi Barlev Bidjocka dans le studio de Ris radio à Yaoundé, le 26 novembre 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Les Camerounais suivent avec un certain intérêt l’ouverture d’une procédure de destitution contre le Président Donald Trump. Au sein de l’opinion publique, on s’attarde notamment sur la personnalité du Président Trump et la manière dont le système politique américain diligente cette affaire.

Les médias locaux relayent désormais le déroulé de cette affaire, "on ne peut ne pas écrire sur le sujet, qui concerne Donald Trump, le président de la première puissance mondiale", explique à VOA Afrique, Faustin Njikam, directeur de publication de Tribune d’Afrique, un hebdomadaire panafricain d’informations.

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Le sujet Trump s’est imposé dans les salles de rédaction au Cameroun. Selon Faustin Njikam "Donald Trump est arrivé en politique, mais par le passé, il a été un homme d’affaires très puissant, lorsqu’on lie les deux faits, il ne peut pas avoir travaillé dans ces conditions sans avoir des amis au niveau des services de renseignements parfois tous les moyens sont bons lorsqu’il s’agit de rester au pouvoir mais en politique, il faut néanmoins savoir que l’on est sur un terrain impitoyable".

Spécialiste des questions internationales, le journaliste Sismondi Barlev Bidjocka, entrevoit plutôt dans la procédure actuelle, l’éternelle bataille pré- électorale entre démocrates et républicains, "c’est de bonne guerre, sauf que pour le cas de Donald Trump ça s’est su, parce qu’il était dans une guerre de renseignements avec ses concurrents démocrates, ces derniers ont pu montrer à Trump qu’ils peuvent autant utiliser les renseignements que lui", commente-t-il dans les locaux de RIS radio, dont il est le promoteur.

Cependant, "je ne pense pas que cette procédure puisse avoir de très grandes conséquences sur la fin de mandat, mais ça va quelque peu jouer là-dessus", relativise Sismondi Barlev Bidjocka.

Ailleurs comme en milieu estudiantin, on est impressionné par le système politique américain. Pour preuve, relate Alfred étudiant en histoire à l’université de Yaoundé 1, "l’image m’a marqué en voyant le Lieutenant-Colonel Alexander Vindman, membre du conseil de sécurité à la Maison Blanche, témoigner contre l’actuel locataire de la Maison Blanche".

Un avis que partage Albert, un étudiant en sociologue, "je salue là, la force de la loi, qui ne tient pas compte du fait que tel est Président de la république et l’autre un simple citoyen".

Au quartier Tsinga, à Yaoundé, un militant de l’opposition va plus loin dans son admiration, "on ne peut qu’apprendre des Etats-Unis, c’est l’exemple type de la démocratie, si les autres pays pouvaient copier cet exemple, on n’allait pas toujours attendre les élections pour chasser les dirigeants qui ont failli de cette manière".

Mais certains Camerounais trouvent désormais une réplique à Donald Trump pris selon eux dans son propre piège de donneur de leçon. Surtout au regard des relations entre le Cameroun et les Etats-Unis, marquées ces trois dernières années par des critiques acerbes de Washington vis-à-vis de Yaoundé, sur la crise anglophone et les accusations de violation de droits de l’homme, "Donald Trump n’est pas si propre que ça, ce qui -à mon sens- met à mal, la posture de grand conseiller, ou de donneur de leçons du président américain", soutient avec ironie un jeune employé du secteur informel.

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Le journaliste Sismondi Barlev Bidjocka est plus acerbe sur ce point de vue, "Donald Trump décide qui sort de l’AGOA, voilà la grande Amérique qui donne des leçons de démocratie aux autres mais qui n’est même pas en mesure d’appliquer les plus simples mesures de la démocratie, c’est assez étonnant, et je suis déçu par le silence des présidents africains qui ne réagissent pas vigoureusement quand de telles sorties se font", regrette-t-il.

Les autorités camerounaises se sont jusqu’ici abstenues de commenter la procédure en cours contre le président Donald Trump.

En rappel, le président américain est accusé d’avoir demandé à son homologue ukrainien, le 25 juillet dernier, d’enquêter sur le démocrate Joe Biden, qu’on dit bien placé pour le challenger lors de la présidentielle de novembre 2020.

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