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Les étudiants manifestent, refusent le dialogue prôné par le pouvoir

Etudiants manifestant à Alger le 11 juin 2019.

Des milliers d'étudiants et d'enseignants ont manifesté comme chaque mardi à Alger, avec pour mot d'ordre le rejet du dialogue réclamé par le président par intérim pour mettre fin à la crise politique née de la contestation inédite que connaît l'Algérie depuis le 22 février.

Désigné conformément à la Constitution le 9 avril, une semaine après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, pour assurer l'intérim à la tête de l'Etat durant 90 jours, Abdelkader Bensalah a appelé le 6 juin au "dialogue" afin de permettre l'organisation d'une présidentielle pour élire un nouveau chef de l'Etat.

Quelques jours auparavant, le Conseil constitutionnel avait constaté "l'impossibilité" d'organiser le scrutin le 4 juillet comme prévu, en l'absence de candidature recevable. Bien que la Constitution exige que M. Bensalah remette le pouvoir le 9 juillet, celui-ci a confirmé qu'il resterait en poste jusqu'à l'élection d'un nouveau président, ce dont l'a chargé le Conseil constitutionnel.

"Pas de dialogue avec le +gang+ (au pouvoir), Bensalah n'est pas président", ont scandé les étudiants qui ont défilé massivement dans les rues de la capitale pour un 16e mardi consécutif.

Avant tout scrutin, le mouvement de contestation réclame le départ du pouvoir des fidèles d'Abdelaziz Bouteflika - parmi lesquels figurent M. Bensalah - et des réformes politiques confiées à des institutions de transition.

"Nous sommes favorables au dialogue mais pas avec Bensalah. Il faut qu'il (le dialogue) soit mené par des personnalités honnêtes et crédibles", a expliqué à l'AFP Sara Abdelali, étudiante en droit.

"Nous ne sommes pas prêts à dialoguer avec M. Bensalah et avec le Premier ministre Noureddine Bedoui qui ont participé à la fraude électorale par le passé", a précisé Ayoub, 27 ans, étudiant en sciences islamiques.

Pour les contestataires, en voulant la tenue d'un scrutin rapide pour lequel ils n'offrent aucune garantie de transparence et d'équité, les piliers de l'appareil de M. Bouteflika ne cherchent qu'un moyen pour eux de se maintenir au pouvoir.

En raison du déploiement policier massif autour de la Grande poste, bâtiment emblématique du coeur d'Alger et point de ralliement des manifestations, les étudiants se sont rassemblés sur la Place des martyrs, vaste esplanade en contrebas de la Casbah, à environ 1,5 km de là.

Ils ont ensuite défilé sans incident au milieu d'un important dispositif policier.

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Le patron de l'armée rejette encore la transition réclamée par la contestation

Ahmed Gaïd Salah à Alger le 1er juillet 2018.

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée algérienne a encore rejeté lundi la mise en place d'institutions de transition, réclamée par le mouvement de contestation pour organiser la succession du président déchu Abdelaziz Bouteflika.

Samedi, une centaine d'organisations de la société civile ont proposé une transition de six mois à un an, dirigée par une instance présidentielle ou un personnalité consensuelle, avec un gouvernement chargé de gérer les affaires courantes et l'installation d'une commission indépendante chargée d'organiser la présidentielle devant élire un successeur à M. Bouteflika, qui a démissionné le 2 avril.

Devenu de facto l'homme fort du pays, le général Gaïd Salah, qui multiplie les déclarations publiques, a réitéré lundi "l'attachement résolu" de l'armée algérienne "aux solutions légales et constitutionnelles pour résoudre la crise que traverse l'Algérie".

"La priorité aujourd'hui consiste à accélérer l'élection d'un président de la République dans les délais possibles constitutionnellement et acceptables dans le temps", a-t-il poursuivi, rappelant que "ces délais ont atteint aujourd'hui leur limite". "Trouver ces voies qui mèneraient aux présidentielles ne peut se faire qu'à travers le dialogue", a-t-il souligné.

Le Conseil constitutionnel a récemment constaté "l'impossibilité", faute de candidats, d'organiser la présidentielle convoquée le 4 juillet par le chef de l'Etat par intérim, Abdelkader Bensalah et a chargé ce dernier d'organiser un nouveau scrutin.

Mais le mouvement de contestation inédit, qui agite l'Algérie depuis le 22 février et a contraint M. Bouteflika à démissionner après 20 ans au pouvoir, continue de refuser que ses fidèles toujours aux manettes organisent le scrutin devant élire son successeur et réclame leur départ, notamment celui de M. Bensalah et du général Gaïd Salah.

La Constitution prévoit que M. Bensalah assure l'intérim jusqu'au 9 juillet, délai à l'issue duquel il est censé remettre le pouvoir à un nouveau président élu. Mais les différents délais (convocation, candidatures, campagne...) prévus par la loi électorale rendent impossibles l'organisation d'un scrutin d'ici cette date.

Le général Gaïd Salah a également mis en garde le peuple contre ceux qui "continuent à faire montre d'une opposition fondée uniquement sur le dénigrement d'autrui ou la formulation de nouvelles revendications et de propositions guère adéquates (...) tendant sciemment à faire perdurer la crise".

"C'est au nouveau président seul que revient la tâche de traduire concrètement sur le terrain le programme détaillé et précis des réformes", a-t-il répété.

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