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Les étudiants en grève pour réclamer le paiement de la bourse au Tchad


Les étudiants tchadiens face à la police à N'Djamena, Tchad, 27 septembre 2018. (VOA/ André Kodmadjingar)

Trois semaines après la rentrée, les étudiants tchadiens renouent avec la grève. Ils ont suspendu les cours pour revendiquer de meilleures conditions d’études.

Supprimées en 2016 pour une période de 18 mois pour être injectées dans les œuvres universitaire, la bourse d’étude des étudiants internes et les primes de recherche ont toujours été à l’origine des débrayages des étudiants et professeurs, occasionnant ainsi l’élasticité de l’année académique.

Deux ans après cette promesse, les jeunes Tchadiens décident après 72 heures de préavis, de passer à la vitesse supérieure. Ils affirment poursuivre leurs études supérieures dans des conditions très difficiles.

Frédéric Raïkina Béaloum, le secrétaire général de l’union nationale des étudiants tchadiens à N'Djamena, Tchad, 27 septembre 2018. (VOA/ André Kodmadjingar)
Frédéric Raïkina Béaloum, le secrétaire général de l’union nationale des étudiants tchadiens à N'Djamena, Tchad, 27 septembre 2018. (VOA/ André Kodmadjingar)

"Les universités fonctionnent, sur le plan national, sans restaurant, sans bus, ni bibliothèque, ni laboratoire. Rien ne fonctionne. Depuis la reprise des cours, on constate qu’il y a que deux ou trois bus qui circulent alors que sur le plan national, nous avons au moins une trentaine de bus. L’université de N’Djamena a 22 bus. Mais jusque-là, il y a seulement quatre ou cinq bus qui circulent. Nous revendiquons aussi les bourses d’équipement de l’année 2015-2016 qui, jusque-là, restent impayées. Maintenant, les étudiants sont dans la rue, c’est pour dire que les cours sont suspendus jusqu’à la satisfaction totale", prévient Frédéric Raïkina Béaloum, le secrétaire général de l’union nationale des étudiants tchadiens.

Les employés du Centre national des oeuvres universitaires (CNOU) accusent quatre mois d’arriérés de salaires. Ils menacent, eux aussi, d’observer un arrêt de travail à partir de lundi prochain pour exiger le paiement de leur dû. Pour Djamadjibeye Ngaressem, porte-parole des agents contractuels du CNOU, la situation est intenable.

Hamid Haroun, le DG du Centre national des œuvres universitaires du Tchad, le 27 septembre 2018. (VOA/ André Kodmadjingar)
Hamid Haroun, le DG du Centre national des œuvres universitaires du Tchad, le 27 septembre 2018. (VOA/ André Kodmadjingar)

"Jusqu’à lundi, si rien ne fait, nous irons en grève illimitée. Le chauffeur qui transporte les étudiants n’a pas touché son salaire depuis quatre mois. Beaucoup de nos collègues sont renvoyés à la maison, certains n’ont même pas de carburant pour sortir. Il y a donc beaucoup de difficultés sociales. Ce qui est aberrant, c’est que quand les gens sont en grève, on les paye normalement mais nous (ce n’est pas le cas pour nous), on a travaillé pendant le temps de grève, nous ne sommes jamais allés en grève. Cette fois, on est dépassé", affirme M. Ngaressem.

Le directeur général du CNOU assure les étudiants et le personnel de son institution que les démarches sont en cours pour décanter la situation. Hamid Haroun les invite à une prise de conscience.

Les étudiants tchadiens revendiquent la mise en circulation de leur bus à N'Djamena, Tchad, 27 septembre 2018. (VOA/ André Kodmadjingar)
Les étudiants tchadiens revendiquent la mise en circulation de leur bus à N'Djamena, Tchad, 27 septembre 2018. (VOA/ André Kodmadjingar)

"Les étudiants ont, certes, déposé un préavis de grève et on a pu quand même mettre les bus en marche. Pour le restaurant, les prestataires vont, au fur et mesure, préparer à manger pour les étudiants. N’oubliez pas que ce sont 42.000 étudiants qui doivent être restaurés deux fois par jour et on a 27 sites de restaurant. Le chef de l’Etat a instruit qu’on mette l’électricité et l’eau au campus de Toukra et après, on fera le reste. Donc on attend", explique M. Haroun.

Ces étudiants dénoncent également le taux d’inscription qui passe de 28.000 à 50.000 francs Cfa pour les nouveaux et de 1.000 Cfa à 28.000 Cfa pour les anciens. Ils disent ne pas comprendre que le gouvernement supprime la bourse et augmente les droits universitaires.

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