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L'Afrique "prochain continent abolitionniste" de la peine de mort

Des membres de l'association de "Ensemble contre la peine de mort" simulent un prélèvement d'organes après l'exécution factice de condamnés à mort, à Paris, le 07 juillet 2008.

Sur les 55 pays du continent africains, 19 ont déjà totalement aboli la peine de mort, et 24 ne la pratiquent plus, bien qu'elle soit encore en vigueur, selon les données de l'association Ensemble contre la peine de mort (EPCM), qui organisait un congrès sur ce thème dans la capitale économique ivoirienne.

"Je vous implore tous de vous lever et de dire non à la peine de mort": avec l'Ougandaise Susan Kigula, des ex-condamnés ont plaidé à Abidjan pour la fin de la peine capitale en Afrique, perçu comme le "prochain continent abolitionniste".

"Chaque année depuis 10 ans, un pays africain abolit la peine de mort", explique à l'AFP Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d'EPCM. "C'est une tendance continue. Après l'Europe et l'Amérique du Sud, l'Afrique est le prochain continent abolitionniste", juge-t-il.

Toutefois, 12 pays africains pratiquent encore la peine capitale, 855 condamnations ont été prononcées et 68 personnes exécutées en 2016 en Afrique, selon les chiffres d'EPCM (Botswana, Egypte, Ethiopie, Guinée Equatoriale, Libye, Nigeria, Ouganda, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Tchad, Zimbabwe).

>> Lire aussi : Barrow s'engage à abolir la peine de mort en Gambie

Pour tous les acteurs de ce congrès qui a réuni environ 300 participants de 30 pays - ONG, politiques, organisations internationales - l'abolition est avant tout une question de courage politique, sur un continent où l'on voit régulièrement se produire une justice populaire expéditive, comme des lynchages de délinquants réels ou supposés.

"Si un gouvernement fait preuve de volonté politique pour abolir la peine de mort, l'opinion publique suit", estime Susan Kigula, qui a passé 15 ans dans le couloir de la mort dans son pays, accusée d'avoir tué son mari, bien qu'elle ait toujours clamé son innocence.

Libérée en 2016, mère de deux enfants, elle a passé pendant son incarcération un diplôme de droit de l'université de Londres, lancé une chorale de détenues et est devenu un symbole de la lutte contre la peine de mort en Ouganda, qui l'applique toujours.

Discrimination sociale

"Avec la peine de mort, les gens ne cherchent pas la justice mais la vengeance", s'insurge Kajeem, une des stars du reggae ivoirien, engagé dans cette lutte. Surtout, "avec la justice expéditive et les enquêtes bâclées pratiquées dans les pays africains, il n'est pas possible d'appliquer la peine de mort!".

"La peine de mort est discriminatoire, elle frappe avant tout les pauvres, qui n'ont pas les moyens de se défendre", rappelle M. Chenuil-Hazan. C'est donc d'abord "une discrimination sociale", avant même d'être une discrimination raciale, comme aux Etats-Unis où ce sont quasi exclusivement des Noirs qui sont condamnés.

>> Lire aussi : L'ONU "préoccupée" par les condamnations à mort en RDC

"La peine de mort est aussi un outil pour se débarrasser d'opposants politiques dans de nombreux régimes", poursuit-il. En fait "la question de la peine de mort est la porte d'entrée de tous les sujets de droits humains".

Sorti en 2016 après 18 ans passés dans le couloir de la mort au Kenya, pour un meurtre qu'il a toujours nié, Pete Ouko est convaincu qu'il faut d'abord agir sur les causes sociales du crime.

Devenu avocat pendant sa détention, diplômé de l'université de Londres, il a fondé une association pour aider les jeunes à ne pas tomber dans la délinquance et aider les condamnés à se réinsérer socialement.

Il est optimiste sur l'abolition de la peine de mort en Afrique. "Je vois un changement progressif dans l'attitude des gens", "les Kényans ne veulent plus de la peine de mort, dans tout le pays, pas seulement dans les villes", et "je crois que c'est le cas dans toute l'Afrique de l'Est".

Avec AFP

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Algérie: manifestation contre le patron du principal syndicat, figure du régime

Des employés de la ville installe le drapeau algérien et un poster du président Abdelaziz Bouteflika, à Alger, en Algérie, le 26 avril 2016.

Un millier de syndicalistes ont réclamé mercredi à Alger le départ du patron de l'UGTA, principale centrale syndicale d'Algérie, à qui ils reprochent ses liens avec le clan d'Abdelaziz Bouteflika, chassé du pouvoir début avril par une contestation inédite, a constaté un photographe de l'AFP.

Les manifestants se sont rassemblés devant le siège de l'Union générale des Travailleurs algériens (UGTA) pour exiger le départ d'Abdelamdjid Sidi Saïd, secrétaire général depuis 1997 de l'ancien syndicat unique et seule organisation syndicale considérée comme représentative par les autorités algériennes.

"Sidi Saïd, dégage", "Sidi Saïd fait partie de la mafia" au pouvoir, "Libérez le syndicat", pouvait on lire sur les pancartes brandis par les manifestants.

Abdelmadjid Sidi Saïd a longtemps été l'un des thuriféraires les plus enthousiastes d'Abdelaziz Bouteflika et fut des mois durant, au côté de la principale organisation patronale, l'un des principaux meneurs des partisans d'un 5e mandat de M. Bouteflika, perspective qui a fait descendre des milliers d'Algériens dans la rue.

Il a, comme d'autres piliers du régime, lâché M. Bouteflika en ralliant la proposition de l'armée de lancer un processus constitutionnel pour l'écarter du pouvoir.

Depuis le début le 22 février du mouvement de contestation du régime, son autorité a été fortement contestée au sein de l'UGTA, par les branches locales ou les syndicats affiliés. Il lui est reproché son autoritarisme, sa proximité affichée avec les cercles du pouvoir et une attitude conciliante avec la politique sociale de l'ex-président Bouteflika.

M. Sidi Saïd est considéré par les manifestants comme l'une des incarnations du "système" au pouvoir dont ils réclament la chute, au même titre que M. Bouteflika, que le Premier ministre Ahmed Ouyahia, depuis limogé, et que l'homme d'affaires Ali Haddad, chef du patronat contraint à la démission puis incarcéré.

Des centaines d'avocats ont aussi manifesté mercredi devant des tribunaux à Alger, à Blida, Béjaia et Tizi Ouzou et Chlef (nord), pour demander "le départ de toutes les personnalités qui représentent le système de gouvernance actuel", selon l'agence officielle APS.

"Les services de sécurité n'ont reçu aucune instruction de la part du gouvernement pour réprimer" les rassemblements, a pour sa part déclaré mercredi le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Hassane Rabehi à des journalistes.

Le Conseil de sécurité en quête d'une trêve en Libye

Le nouvel émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, à gauche, lors d’une conférence de presse aux côtés du Premier ministre du gouvernement libyen de l’accord national (GNA) Fayej Seraj, et ministre des affaires étrangères Taher Siala à Tripoli, L

La communauté internationale cherche à négocier un cessez-le-feu en Libye, après le lancement par le maréchal controversé Khalifa Haftar d'une offensive contre la capitale Tripoli, siège du gouvernement d'union (GNA) et cible de tirs de roquettes qui ont fait six morts.

Soumis par le Royaume-Uni à ses 14 partenaires du Conseil de sécurité de l'ONU, un projet de résolution réclamant un cessez-le-feu et un accès humanitaire inconditionnel aux zones de combats près de Tripoli, ne fait toujours pas l'unanimité, selon des diplomates à New York.

Le projet est toujours en négociations à New York. La Russie qui avait bloqué la semaine dernière un projet de déclaration du Conseil invitant les forces pro-Haftar à suspendre l'offensive continue à soulever des objections quant aux références critiquant le maréchal, selon l'un des diplomates.

"Ils étaient très clairs. Aucune référence nulle part", a dit ce diplomate.

Depuis le début le 4 avril de son offensive, l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar piétine au sud de la capitale, même si elle proclame des percées. Les combats ont fait en deux semaines au moins 189 morts dont des civils et 816 blessés, selon un dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM), a fait état mercredi de 25.000 déplacés, dont plus de 4.500 ces dernières 24 heures. "Nous avons constaté la plus forte augmentation de déplacements en un jour, avec plus de 4.500 personnes déplacées" par les combats.

Mardi soir, plusieurs roquettes ont frappé Tripoli, tuant six civils, dont trois femmes, dans les quartiers résidentiels d'Abou Slim et Al-Antissar, a indiqué mercredi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha).

- "Barbarie" -

Le maire du quartier d'Abou Slim, Abdelrahman Al-Hamdi, a confirmé le bilan de six morts, ajoutant que 35 autres personnes avaient été blessées.

Fayez al-Sarraj, le chef du GNA, reconnu par la communauté internationale, s'est rendu sur place dans la nuit.

Dans une vidéo diffusée par son service de presse, il a dénoncé "la sauvagerie et la barbarie" du maréchal Haftar qualifié de "criminel de guerre".

Il a ajouté que son gouvernement présenterait mercredi "tous les documents à la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité".

Selon lui, il est "de la responsabilité juridique et humanitaire du Conseil de sécurité et de la communauté internationale, de tenir ce criminel responsable de ses actes".

Dans un communiqué, le commandement de l'ANL du maréchal Haftar a toutefois démenti être à l'origine des tirs contre Tripoli. Il a accusé des "milices terroristes qui contrôlent la capitale de tirer aveuglément des roquettes de type Grad et des obus" sur la ville.

L'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, a "condamné avec la plus grande fermeté les bombardements, rappelant que la responsabilité d'actes pouvant constituer des crimes de guerre incombe non seulement aux auteurs des attaques aveugles, mais également à ceux qui les ont commandés", selon Stéphane Dujarric, le porte-parole de l'ONU à New York.

- "Positions irréconciliables" -

La veille, la procureure de CPI Fatou Bensouda a prévenu qu'elle n'hésiterait "pas" à élargir ses enquêtes pour "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité" en Libye.

Jusqu'à présent, le maréchal Haftar ne veut pas entendre parler d'un cessez-le-feu. Et Fayez al-Sarraj refuse tout processus politique en l'absence d'un cessez-le-feu et d'un retrait sur les lignes d'avant le début de l'offensive. "Des positions irréconciliables", note un diplomate à l'ONU.

Au Conseil de sécurité, "tout le monde veut éviter une guerre civile longue avec beaucoup de victimes civiles", indique un autre diplomate.

Avec le risque d'enlisement dans ce pays pétrolier en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, il est probable que les belligérants cherchent à se réarmer auprès de leurs soutiens.

L'ANL veut légitimer son offensive en la présentant comme une guerre contre le "terrorisme". "Nous nous battons pour toute l'humanité, pas seulement pour la Libye. Nous voulons débarrasser la capitale des terroristes", a dit son porte-parole Ahmad Al-Mesmari.

Le GNA a lui démenti que ses forces comptaient des personnes accusées de "terrorisme" dans leurs rangs, accusant le maréchal Haftar de vouloir "vendre son agression" à la communauté internationale.

M. Salamé semble du même avis. L'offensive de Khalifa Haftar "ressemble davantage à un coup d'Etat qu'à une lutte antiterroriste", a-t-il déclaré dans une interview à la BBC.

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