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Le vice-président gabonais reconnaît qu'Ali Bongo a fait un AVC

Ali Bongo Ondimba à Addis Ababa en Ethiopie le 29 janvier 2018.

Le vice-président du Gabon, Pierre Claver Maganga Moussavou, a reconnu que le président Ali Bongo Ondimba, malade et absent depuis le 24 octobre, avait fait un accident vasculaire cérébral (AVC), une première, aucune source officielle n'ayant jusqu'alors indiqué de quel mal il souffrait.

"Personne ne peut se réjouir de la mort ou de la maladie de quelqu'un d'autre, celui qui n'a jamais connu un AVC, qu'il prie Dieu pour qu'il n'en connaisse jamais", a déclaré M. Moussavou dans un discours prononcé samedi à Franceville (sud-est) en reférence à l'état de santé du chef de l'Etat.

"De toute façon, je ne le souhaite pas à qui que ce soit, pas même à mon pire ennemi", a-t-il ajouté devant plusieurs responsables la région du Haut-Ogooué, fief de la famille Bongo.

Le vice-président faisait partie d'une délégation de hauts responsables politiques gabonais qui se sont rendus mardi à Rabat pour y rencontrer le président Bongo qui s'y trouve en convalescence.

Hospitalisé à Ryad le 24 octobre, M. Bongo, 59 ans, y est resté plus d'un mois avant d'être transféré le 29 novembre à Rabat, d'abord dans un hôpital militaire, puis dans une résidence privée pour y poursuive sa convalescence et sa rééducation.

Le porte-parole de la présidence à Libreville, Ike Ngouoni, n'a communiqué qu'à deux reprises sur son état de santé, parlant d'abord de "fatique sévère", puis de "saignement".

A aucun moment, ni lui ni aucun autre dirigeant gabonais n'avaient dit le mal dont souffrait le chef de l'Etat. Seules des sources non officielles avaient parlé d'un AVC.

Deux vidéos sans son et une photo ont été publiées depuis l'arrivée du président gabonais au Maroc, sur lesquelles il apparaît toujours assis.

Son état de santé ayant suscité d'innombrables rumeurs, ces premières images depuis son hospitalisation en Arabie saoudite ont été très partagées sur les réseaux sociaux, avec parfois des doutes sur leur authenticité et des interrogations sur ses capacités à gouverner.

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Polémique autour de la nomination de Nourredine Bongo Valentin

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L'opposant Jean Ping dénonce la "monarchisation" du pays

L’opposant Jean Ping, au centre, au milieu de ses partisans et gardes du corps à Libreville, Gabon, 5 juillet 2017.

L'opposant gabonais Jean Ping, candidat malheureux à la présidentielle de 2016, a dénoncé mardi dans un discours à Libreville une "monarchisation de la République" après la nomination au sein de la présidence du fils aîné du chef de l'Etat Ali Bongo Ondimba.

Noureddin Bongo Valentin, âgé de 27 ans, a été nommé "coordinateur des affaires présidentielles" lors d'un conseil des ministres jeudi, poste où il sera chargé "d'assister le président de la République dans la conduite de toutes les affaires de l'Etat".

Une partie de l'opposition y voit une tentative de préparer l'après Ali Bongo, qui a été fortement affaibli par un accident vasculaire cérébral (AVC) fin octobre 2018.

Le chef de l'Etat - qui est longtemps resté en retrait de la scène politique mais s'affiche manifestement en meilleure forme depuis quelques semaines - avait lui-même succédé au terme d'une élection en 2009 à son père, Omar Bongo, qui dirigeait le pays depuis 42 ans.

"Cette nomination confirme, une fois de plus, la monarchisation de la République", a affirmé Jean Ping lors d'une conférence organisée dans sa résidence à Libreville.

M. Ping se présente comme "le président élu du Gabon" depuis l'élection présidentielle d'août 2016 qui a conduit à la réélection controversée d'Ali Bongo.

Alors que le pouvoir gabonais a orchestré en novembre une opération mains propres au cours de laquelle l'ex-chef de cabinet de la présidence, Brice Laccruche Alihanga et trois autres anciens ministres ont été mis sous les verrous, M. Ping a déclaré n'y voir qu'une "guerre ouverte entre les clans" qui se battent pour le pouvoir.

Après avoir concentré ses critiques sur M. Laccruche, dont l'influence avait grandi après l'accident du président, l'opposition dénonce désormais l'influence du fils aîné, mais également de la femme du président, Sylvia Bongo.

Le collectif Appel à Agir, qui a notamment réclamé sans succès un examen médical du président pour établir s'il était apte à diriger le pays, a affirmé dans un communiqué que la nomination de son fils était la preuve qu'il avait fait "le choix de la succession par la voie la plus détestable et la plus abjecte qui soit: le droit du sang, consacrant ainsi la dévolution monarchique".

Pour la présidence, Noureddin Bongo Valentin "a toutes les compétences requises", "l'expérience" ainsi que "la confiance absolue du chef de l'Etat qui est libre de choisir, sans exclusive, les personnes avec lesquelles il souhaite travailler", avait répondu le porte-parole du président, Jessye Ella Ekogha, à un journaliste lors d'une conférence de presse vendredi.

Le président Bongo n'a pas promu son fils comme "poulain"

Noureddin Bongo Valentin, fils du président du Gabon Ali Bongo Ondimba

Le chef de l'Etat gabonais Ali Bongo Ondimba n'a pas nommé son fils Noureddin à la tête des services de la présidence pour en faire son "poulain" pour la présidentielle de 2023 mais pour ses "compétences" et la "confiance absolue" qu'il a en lui, a expliqué vendredi son porte-parole.

Jeudi soir, M. Bongo, au pouvoir depuis 10 ans, a nommé en conseil des ministres son fils Noureddin Bongo Valentin, 27 ans, coordinateur général des Affaires présidentielles, chargé d'"assister le président de la République dans la conduite de toutes les affaires de l'Etat".

"Une volonté de présenter un poulain pour 2023, pour de futures échéances présidentielles ?", a répondu le porte-parole du président, Jessye Ella Ekogha, à un journaliste qui l'interrogeait ainsi lors d'une conférence de presse. "Noureddin Bongo Valentin est là pour accompagner le chef de l'Etat dans sa politique, il faut éviter toute fiction", a-t-il rétorqué en balayant cette accusation relayée par la presse d'opposition.

Ali Bongo, affaibli depuis un an par les suites d'un accident vasculaire cérébral (AVC), avait lui-même été promu sur le devant de la scène politique dans les années 2000, puis élu en 2009 après la mort de son père Omar Bongo, alors chef de l'Etat depuis 42 ans.

"Pourquoi M. Noureddin Bongo Valentin a-t-il été nommé à un tel poste ?", s'est interrogé le porte-parole de la présidence. "Un, il a toutes les compétences requises (...)" ainsi que "l'expérience" et, "deuxième raison, il dispose de la confiance absolue du chef de l'Etat qui est libre de choisir, sans exclusive, les personnes avec lesquelles il souhaite travailler".

La nomination de Noureddin Bongo jeudi survient un mois après le début d'une vaste opération anticorruption visant l'ancien tout-puissant directeur de cabinet de M. Bongo, Brice Laccruche Alihanga, limogé début novembre. L'opération Scorpion a conduit à l'arrestation d'une vingtaine de personnalités de premier plan, dont trois ministres, et à l'incarcération de 13 d'entre elles, soupçonnées de détournements de fonds publics entre autres.

M. Laccruche, qui a été interpellé mardi, est toujours en garde à vue.

Il avait été nommé il y a plus de deux ans à la tête de son cabinet par M. Bongo, mais alors que le chef de l'Etat se remettait de l'AVC qui l'a frappé en octobre 2018, M. Laccruche était devenu ces derniers mois le véritable homme fort du Gabon. Il avait fait nommer nombre de ses proches ministres ou à la tête d'institutions ou entreprises publiques, ou des services de sécurité. Tous ou quasiment ont été limogés depuis un mois, et sont derrière les barreaux pour certains.

Au Gabon, le fils d'Ali Bongo nommé "coordinateur des affaires présidentielles"

Noureddin Bongo Valentin, nouveau "coordinateur général des affaires présidentielles" au Gabon

En pleine redistribution des cartes au sommet du pouvoir gabonais, le président Ali Bongo Ondimba, qui avait succédé il y a dix ans à son père déjà au pouvoir depuis 42 ans, a appelé au grand jour son fils aîné pour l'épauler au sein de la présidence.

A l'issue d'un conseil des ministres, le gouvernement a créé jeudi le poste de "coordinateur général des affaires présidentielles", attribué à Noureddin Bongo Valentin, le fils du président. Sa mission: "assister le président de la République dans la conduite de toutes les affaires de l'Etat et veiller à la stricte application de ses décisions". Il dispose ainsi d'un cabinet.

Cette annonce intervient après le lancement, mi-novembre, d'une vaste opération anticorruption, baptisée "Scorpion", qui a mené à l'interpellation d'une vingtaine de hauts responsables de l'administration. Et surtout à celle de l'ancien tout puissant chef de cabinet de la présidence, Brice Laccruche Alihanga.

Devenu le véritable homme fort du pouvoir durant la longue convalescence de M. Bongo victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) il y a un an, M. Laccruche, âgé de 39 ans, a été limogé le 7 novembre à la surprise générale, après deux ans de services.

Le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 10 ans quand il a été élu après le décès de son père Omar Bongo, est alors considérablement affaibli par son AVC et disparaît de longs mois, en convalescence au Maroc puis s'affichant en public à de très rares occasions.

- Chute aussi vertigineuse que l'ascension -

La fulgurante carrière politique de M. Laccruche suscite alors de nombreuses critiques, dans l'opposition comme chez certains caciques du régime. Il se lance notamment dans une tonitruante "tournée républicaine" estivale à travers tout le pays. Il est alors présenté comme "le messager intime" d'Ali Bongo, loin du rôle et du rang d'un directeur de cabinet.

En quelques mois, M. Laccruche place ses proches à des postes clef au sein du gouvernement au gré de nombreux remaniements, des administrations publiques, et jusqu'à la tête des services de sécurité.

Mais la chute se révèle finalement bien plus vertigineuse que l'ascension. Sans crier gare, il est remercié et nommé à la tête d'un ministère sans pouvoir au lendemain de son limogeage comme chef de cabinet de M. Bongo. Plusieurs de ses proches sont interpellés, notamment son frère et son bras droit, Ike Ngouoni, alors porte-parole de la présidence. Tous sont soupçonnés de "détournement de fonds publics". Brice Laccruche est à son tour interpellé mardi, avec de deux de ses proches, devenus ministres, et limogés, comme lui, la veille.

- "Monarchisation du Gabon" -

Le président procède alors à de nombreux changements, au sein de l'appareil judiciaire, comme dans les services de sécurité.

Au même moment, l'opposition et les analystes avancent que Noureddin Bongo disposerait d'un bureau au palais présidentiel, tout près de celui de son père.

Face à ce bouleversement de la vie politique gabonaise, une partie de l'opposition continue, elle, d'affirmer que le président Bongo, qui multiplie depuis quelques semaines les apparitions, manifestement en meilleure forme, n'est plus en capacité de diriger le pays.

Le collectif d'opposants Appel à agir, qui demande une expertise sur la santé du président depuis mars, estime que "les impostures se succèdent à la tête du pays". Il dénonce "une monarchisation" du Gabon, affirmant, comme la presse d'opposition, que les récents bouleversements témoignent du "pouvoir grandissant de l'épouse", sylvia Bongo, "et du fils d'Ali Bongo"Noureddin.

Avec AFP

Brice Laccruche Alihanga interpellé pour corruption

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